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Infection à VIH et sida

Publié le 22/01/2013 - Dernière mise à jour le 27/03/2018

Aide-mémoire

Contexte mondial

  • 36,7 [30,8-42,9] millions de personnes vivaient avec le VIH en 2016 dans le monde, dont 53 % étaient sous traitement antirétroviral (Onusida 2017).
  • 1,8 [1,6– 2,1] millions de personnes se sont contaminées au cours de l’année 2016, nombre en diminution depuis 2010 :  -11 % chez les adultes et -47 % chez les enfants.
  • 1 [0,8-1,2] million de décès en lien avec le sida en 2016, nombre en diminution depuis 2005 : -48 %.

Prévalence du VIH

En France, le nombre de personnes vivant avec le VIH a augmenté régulièrement depuis le début de l’épidémie, en raison du nombre annuel de nouvelles contaminations par le VIH toujours supérieur à celui du nombre de personnes séropositives qui décèdent chaque année. Il a été estimé à 153 400 fin 2013 [IC 95% : 150 300-156 200]1 . Ce nombre est néanmoins probablement sous-estimé et serait compris entre 155 000 et 205 000 personnes.

1 Costagliola D. Epidémiologie de l’infection à VIH en France (juillet 2017). Prise en charge médicale des personnes vivant avec le VIH. Recommandations du groupe d’experts sous la direction du Pr Philippe Morlat et sous l’égide du CNS et de l’ANRS (https://cns.sante.fr/wp-content/uploads/2017/10/experts-vih_epidemio.pdf)

Incidence du VIH

En France l’incidence du VIH, c’est-à-dire le nombre de contaminations dans l’année, est estimée par deux méthodes. L’une développée par Santé publique France, est basée sur le nombre de personnes diagnostiquées à l’état d’ « infection récente », c’est-à-dire en moyenne dans les 6 mois suivant la contamination.  Avec cette méthode, l’incidence du VIH est estimée à environ 5 800 [5275-6333] personnes en 2013 et 5 700 [5129-6189]  en 2014, soient 13 nouvelles contaminations pour 100 000 personnes de 18 à 69 ans.
Environ la moitié (51 %) de ces contaminations est liée à des rapports sexuels entre hommes, 48 % à des rapports hétérosexuels, et 1 % à l’échange de seringue entre usagers de drogues.  L’incidence a globalement diminué entre 2003 et 2014, depuis 2003 pour les hétérosexuels, et seulement depuis 2008 chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH).

Une autre méthode, développée par l’Inserm UMRS 1136, est basée sur les rétro-calculs à partir des cas diagnostiqués et l’estimation du délai entre contamination et diagnostic. Avec cette méthode, l’estimation de l’incidence est un peu plus élevée en 2013 avec près de 7 100 [6368-7774] personnes. 

Dépistage du VIH

En France en 2016, 5,4 millions de sérologies VIH ont été réalisées par les laboratoires de ville et hospitaliers (BEH : Dépistage de l'infection par le VIH en France, 2003-2016), en progression de +4 % par rapport à 2013. La proportion de sérologies confirmées positives était de 2.0 pour 1000 sérologies réalisées.
 Le nombre de tests rapides d’orientation diagnostique (TRODs) réalisés par les associations de santé communautaires était beaucoup plus faible, environ 56 000 en 2016, mais avec un taux de positivité plus élevé : 8.7 pour 1000 tests.
 Les autotests VIH sont disponibles en pharmacie depuis septembre 2015. Près de 75 000 autotests ont été vendus au cours de l’année 2016.

Diagnostics d’infection VIH

Près de 6000 personnes ont découvert leur séropositivité en 2016. En 2016, 37 % de ces diagnostics étaient précoces (au stade de primo-infection ou avec plus de 500 CD4) et 27 % étaient au stade avancé de l’infection VIH (au stade sida ou avec moins de 200 CD4), ce qui représente une perte de chance pour ces personnes en retardant leur accès aux traitements antirétroviraux. Ce retard au diagnostic est lié à un recours insuffisant au dépistage : 43 % des découvertes de séropositivité en 2016 concernaient des personnes déclarant n’avoir jamais été testées auparavant pour le VIH. Ceci souligne l’importance du dépistage du VIH, qui doit être promu pour permettre d’atteindre le premier des objectifs de l’ONUSIDA (90 % de personnes infectées diagnostiquées), dans la lutte contre l’épidémie.

Rapporté à la population, le nombre de découvertes de séropositivité VIH est de 90 par million d’habitants. Ce taux est beaucoup plus élevé en Guyane (907), Guadeloupe (238), Martinique (172), Ile-de-France (206) et Mayotte (183).

Diagnostics de sida

En 2016, environ 900 personnes ont développé une pathologie inaugurale de sida. La plupart (77 % en 2016) n’avaient pas bénéficié de traitement antirétroviral avant leur diagnostic de sida, le plus souvent parce que leur infection à VIH n’avait pas été diagnostiquée avant l’apparition du sida.

Populations exposées

La population la plus touchée est celle des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), caractérisés par une incidence du VIH élevée, l’absence de diminution des diagnostics d’infection VIH et une augmentation des IST.

  • environ 2 900 contaminations par le VIH en 2014
  • environ 2 600 découvertes de séropositivité en 2016, nombre stable depuis 2013 après une tendance à l’augmentation. Un quart d’entre eux n’avait pas été testé pour le VIH avant leur diagnostic, et 18 % étaient diagnostiqués à un stade avancé de l’infection
  • les infections à gonocoque et les infections ano-rectales à Chlamydia trachomatis continuent à augmenter dans cette population en 2016
  • pour cette population il est important de mobiliser l’ensemble des outils de prévention disponibles : le préservatif, le dépistage répété du VIH (incluant les TRODs et les autotests) et des autres IST, la prophylaxie pré- et post-exposition, le traitement précoce des personnes diagnostiquées séropositives.

Les femmes et hommes nés à l’étranger, contaminés par rapports hétérosexuels sont également très touchés par le VIH, même si le nombre de contaminations par le VIH est en diminution dans cette population depuis 2003.

  • environ 1 500 contaminations par le VIH en 2014
  • environ 2 300 découvertes de séropositivité en 2016, dont 80 % de personnes nées en Afrique subsaharienne et 63 % de femmes. 40 % des hommes et 32 % des femmes ont été diagnostiqués trop tardivement, à un stade avancé de la maladie
  • parmi les personnes nées en Afrique subsaharienne ayant découvert leur séropositivité en 2016, un tiers des hommes et un quart des femmes étaient infectées par un VIH de sous-type B, quasi inexistant en Afrique, indiquant une probable contamination en France, après la migration. Ce résultat conforte les conclusions de l’étude Parcours, qui montrait une contamination par le VIH après leur arrivée en France pour 35 à 49 % des migrants d’Afrique subsaharienne vivant en Ile-de-France.

Les femmes et hommes nés en France, contaminés par rapports hétérosexuels : diffusion limitée du VIH

  • près de 1 200 contaminations en 2014
  • environ 900 découvertes de séropositivité en 2016, dont 46 % de femmes. Plus d’un tiers de ces personnes (37 %) ont 50 ans ou plus. Un tiers des hommes et un quart des femmes ont été diagnostiqués à un stade avancé de l’infection.

Les usagers de drogues injectables (UDI) : des contaminations par le VIH qui persistent

  • environ 60 contaminations chez les UDI en 2014
  • environ 70 découvertes de séropositivité en 2016, dont 59 % chez des personnes nées à l’étranger, notamment en Europe de l’Est et du Centre. Ils sont souvent diagnostiqués trop tardivement (43 % au stade avancé de l’infection)
  • l'enquête Coquelicot 2011-2013 a montré une persistance de l’exposition au risque d’infection à VIH parmi les UDI : un quart d’entre eux déclaraient partager leur seringue.

Dossier Infection à VIH et sida

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