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Fièvre Q

Publié le 26/06/2013

Aide-mémoire

La fièvre Q (FQ) ou coxiellose est une zoonose bactérienne due à la bactérie Coxiella burnetti. Elle affecte l’homme, les ruminants (vaches, moutons et chèvres), les carnivores (chiens, chats) et les oiseaux. Elle est présente sur l’ensemble des continents et îles, à l’exception de la Nouvelle-Zélande.

Réservoirs

La plupart des mammifères et les oiseaux peuvent être infectés par Coxiella burnetti et être une source de bactéries pour l’homme. Cependant, ce sont les ruminants, et occasionnellement les chats, qui sont le plus souvent à l’origine des infections humaines. Les ruminants peuvent excréter la bactérie dans les selles, dans les sécrétions vaginales ou dans le lait.
Une fois rejetée dans l’environnement, la bactérie peut résister de nombreuses semaines, y compris dans des conditions difficiles telles que le froid ou des sols acides, et être à l’origine de nouvelles infections humaines. Elle peut également être déplacée par le vent jusqu’à 4 km de distance. Un contact direct avec des animaux n’est donc pas indispensable pour contracter la maladie.

Mode de transmission

La plupart des infections humaines se produisent par voie respiratoire, en inhalant la bactérie, ou par contact direct avec des animaux infectés (chez les vétérinaires ou les personnes intervenants professionnellement dans les élevages).
La contamination par consommation de lait cru issus d’animaux infectés fait débat depuis de nombreuses années. En bref, des cas anecdotiques de contamination par le lait ont été rapportés dans les années 50 aux USA, mais ces contaminations n’ont pas abouti au développement de la maladie et l’infection est restée silencieuse (asymptomatique). Actuellement, le risque de contamination par consommation de lait est considéré comme quasiment nul par les autorités sanitaires françaises et européennes.

  • Plus d'informations sur les sites de l'ECDC et de l'EFSA.

La transmission par les tiques a été évoquée mais reste anecdotique par rapport à la contamination respiratoire.
La transmission de personne à personne a également été évoquée lors de soins obstétricaux et de transfusion, mais n’a jamais été clairement démontrée.

Manifestations cliniques

La fièvre Q est une maladie affectant surtout des personnes âgées de 30 à 70 ans. Elle est classée comme maladie professionnelle au régime général et au régime agricole.
L’infection par la bactérie Coxiella burnetti ne s’accompagne de symptômes immédiats que chez 60 % des personnes infectées, après une période d’incubation de 3 semaines en moyenne.
La fièvre Q chez l’homme peut se présenter sous une forme aiguë ou chronique.
La forme aiguë peut se présenter sous différentes formes. Un syndrome "pseudo-grippal" avec une fièvre élevée (jusqu’à 40°C) constitue le tableau le plus fréquent. Il évolue en général vers la guérison en quelques jours à quelques semaines.
Une autre forme fréquente est une pneumonie en général peu grave, mais qui peut durer plusieurs semaines. La fièvre Q aiguë peut aussi se manifester par une hépatite sans ictère (=sans jaunisse) et en général sans signes digestifs (sans vomissement ou diarrhée). L’évolution se fait généralement vers la guérison en 2 à 3 semaines.
Plus rarement, la fièvre Q aiguë peut se manifester par une péricardite, une myocardite, ou des atteintes du système nerveux (méningo-encéphalites).
Chez l’enfant, la fièvre est de plus courte durée que chez l’adulte (7 à 10 jours) et les symptômes digestifs (diarrhée, vomissement, anorexie) sont plus fréquents (jusqu’80 % des cas). Une éruption cutanée est présente dans 50 % des cas. Les signes respiratoires (pneumonie) sont plus modérés que chez l’adulte.
Le passage à une forme chronique de fièvre Q survient chez 1 à 5 % des cas de FQ aiguë. Les manifestations de la fièvre Q chronique incluent principalement les infections de prothèses de valves cardiaques, les infections d’anévrismes et les endocardites. Il s’agit d’infections rares, mais graves.
La maladie est potentiellement plus grave chez certains groupes de population, en particulier en cas d’immunosuppression, durant la grossesse ou chez les personnes souffrant de lésions des valves cardiaques ou de lésions vasculaires (anévrismes). Chez ces personnes, il existe un risque de forme chronique de fièvre Q, en particulier de développer une endocardite (atteinte de la paroi interne du cœur). Les femmes enceintes infectées par la fièvre Q ont, par ailleurs, un risque accru d’avortement ou de naissance d’enfants prématurés.

Diagnostic de laboratoire

Le diagnostic est réalisé le plus souvent par des tests sérologiques (immunofluorescence) qui détectent les anticorps dirigés contre la bactérie. Ces tests permettent de distinguer les infections aiguës (anticorps dits de phase II) des infections chroniques (anticorps dits de phase I). L’interprétation des résultats peut parfois s’avérer difficile et nécessiter plusieurs prélèvements successifs.
Le diagnostic peut aussi être établi par PCR (=amplification génique), ou par la mise en culture de prélèvements de lésions vasculaire ou de lésions d’endocardite pour isoler la bactérie. En revanche, la mise en culture de prélèvements de sang est le plus souvent négative.

Traitement

Le traitement repose sur l’antibiothérapie, adaptée par le médecin en fonction de la forme clinique et des éventuels facteurs de risque de gravité.

Prévention

La prévention de l’infection repose sur le respect des bonnes pratiques d’hygiène dans les élevages infectés pour éviter la diffusion de la bactérie dans l’environnement, et sur dans le cas des professionnels de l’élevage pour éviter leur propre contamination au contact des animaux excréteurs.
La chimio-prophylaxie suite à une exposition à la bactérie n’est pas recommandée. Il n’existe pas de vaccin disponible pour les personnes en France.

Dossier Fièvre Q

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