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Hépatite E

Publié le 19/09/2014

Données épidémiologiques

Depuis 2002, la surveillance de l’hépatite E par le Centre national de référence (CNR) révèle une augmentation du nombre de personnes testées et du nombre de cas autochtones. L’augmentation du nombre de cas autochtones diagnostiqués pourrait être due à une augmentation réelle du nombre de cas. Toutefois elle semble surtout liée au recours plus fréquent à un diagnostic d’hépatite E par les cliniciens ce dont témoigne l’augmentation du nombre d’échantillons reçus au CNR sans augmentation de la proportion de cas diagnostiqués parmi les personnes testées.

Entre 2011 et 2013, une augmentation importante (x10) du nombre de patients testés a été constatée. Les raisons pourraient être dues d’une part à la nomination d’un nouveau CNR ayant un réseau de laboratoires différents de celui du CNR précédant et d’autre part à la disponibilité et à un recours accru de tests commerciaux pour le diagnostic d’une infection aiguë.

Le tableau 1 distingue les cas importés d’hépatite aigüe E (séjour en zone d’endémie dans les 3 mois avant le diagnostic) des cas autochtones ou de contexte épidémiologique non précisé.

Les cas autochtones diagnostiqués d’hépatite E sont plutôt des hommes, âgés de plus de 55 ans en moyenne. Les cas diagnostiqués résident dans toutes les régions métropolitaines mais avec une prédominance dans le sud. Le génotype 3f est le génotype prédominant circulant (tableau 2).

  •  

    Les estimations de séroprévalence anti-VHE sont variables d’une étude à l’autre et dépendent de la sensibilité du test utilisé et de la population d’étude. Les études les plus récentes avec un test hautement sensible ont des estimations de prévalence plus élevées, par exemple les donneurs de sang en région Midi-Pyrénées (2003-2004 vs 2010).

    Etudes de séroprévalence de l'hépatite E, France, 2003-2012

    Région d'étude

    Année d'étude

    Source de données

    Population d'étude

    Séroprévalence

    Tests utilisés IgG anti-VHE

    Références bibliographiques

    Ile-de-France, Pays de la Loire

    Non documentée

    Inra/Afssa/ENVA

    Donneurs de sang N=1 988

    3,2 %

    EIA HEV (Genelabs, Disgnostics)

    Boutrouille A et al 2007

    Midi-Pyrénées

    2003-2004

    CHU Toulouse

    Donneurs sang
    (18-64 ans)
    N=529

    16,6 %

    EIA HEV (Genelabs Diagnostics)

    Mansuy JM et al 2008

    2010

    CHU Toulouse

    Donneurs sanga
    N=512 (18-64 ans)
    Enfants (2-4 ans)
    N=188

    52,5 % [48,2-56,8]

    Wantai HEV IgG EIA
    (Wantai Biologic Pharmacy Enterprise

    Mansuy JM et al 2011

    Métropole

    2009-2010

    InVS
    Etude Séro-Inf

    Population générale (6-49 ans) N=5 400

    4,9 % [4,1-5,8]

    Adaltis EIAgen HEV IgG® assay Adaltis

    Lepoutre A et al 2013

    Champagne-Ardenne, Bourgogne/Franche-Comté, Alsace, Lorraine

    2002-2003 et 2011

    Inra/MSA

    Forestiers N=593

    Témoins (professionnels non exposée) N=135

    31 %

    19 %

    HEV ELISA (MP Biomedicals SAS

    Carpentier A et al 2012

    Départements du Nord-Ouest, Nord, Nord-Est, Sud-Ouest, Sud-Est, Corse

    2011-2012

    MSA

    Eleveurs de porc N=306
    Employés secteur tertiaire N=322
    Forestiers N=231

    44 %
    26 %
    36 %

    HEV ELISA (MP Biomedicals SAS)

    Chaussade H et al 2013

    Marseille

    2003, 2005, 2006

    CHU (Marseille)

    Sans abri dans 2 structures d’accueil N=490

    11,6 %
    [8,9-14-8]

    EIAgen HEV kits (Adaltis Italia Spa)

    Kaba M et al 2010

    Marseille

    2011-2012 (15 mois)

    CHU (Marseille)

    Expatriés d’une même entreprise N=43

    30,2 %
    48,8 %

    Adaltis
    Wantai

    Vernier M et al 2013

    aen utilisant les prélèvements des donneurs de sang testés en 2003-2004.

  •  

    En 2010, les cas d’hépatite E autochtones confirmés par le CNR ont été interrogés sur leurs expositions dans les 2 à 10 semaines avant le début de la maladie. Des données cliniques, biologiques et épidémiologiques ont été recueillies pour 139 cas autochtones.

    Près de trois-quarts (74 %) des cas étaient des hommes, l’âge médian était de 55 ans [étendue 18-86], 65 % étaient domiciliés dans le sud de la France et 59 % déclaraient avoir une pathologie sous-jacente. L’ARN du VHE a été détecté dans le sang ou les selles pour 89 % des cas et les génotypes les plus fréquents étaient 3f (74 %) et 3c (14 %).
    Les produits à base de foie de porc cru ont été consommés par 39 % des cas. Ces produits étaient des figatelles pour 80 % d’entre eux et du foie de porc pour 20 %. Les figatelles ont été consommées crues ou peu cuites par 83 % (34/41) des consommateurs. La consommation de produits à base de foie de porc cru pendant la période d’incubation était plus fréquente parmi les cas résidant dans le sud de la France (47 %) que ceux résidant dans le nord (25 %). Par ailleurs, 56 % des cas ont consommé des coquillages dont 72 % ont consommé des moules.

    Ces résultats suggèrent qu’en France la consommation de produits à base de foie cru de porc peut être un facteur de risque d’hépatite E. Une étude cas-témoins, prévue en 2014, est nécessaire pour estimer la fraction de cas attribuable à leur consommation. De plus, elle pourrait identifier d’autres facteurs de risque d’hépatite E entrainant la mise en place de mesures supplémentaires de prévention.

  •  

    Caractéristiques des épisodes de cas groupés d'hépatite E, France, 2005-2013

    Région

    Année

    Source des données

    Population

    Nombre de cas autochtones confirmés

    Source suspectée

    Références bibliographiques

    Paca

    2005-2006

    Ddass, CNR

    Zone géographique définie : plaine du Gapeau (var) N=NDa

    N=6 Symptomatiqueb (6)

    Environnementale (eau, légumes souillés)

    Nicand E et al, BEH 2009 ; rapport interne Ddass 83

    Paca

    2007

    Cire Sud

    Repas commun familial N=4

    N=3 Symptomatiqueb (1)

    Figatelli consommés crus

    Rapport investigation InVS (non publié)

    Paca

    2007-2009

    AP-HM, Marseille

    Repas commun familial N=18

    N=7 Symptomatiqueb (2)

    Figatelli consommés crus

    Colson P et al, JID 2010

    Métropole

    2008-2009

    CNR

    Cas isolés/groupés familiaux N=NDa

    N=10

    Figatelli, saucisses de foie de porc, charcuterie corse

    Rapports CNR (2008-2010)

    Paca

    2009

    Cire Sud

    Repas commun N=4

    N=1 Symptomatiqueb (1)

    Figatelli consommés crus

    Point interne Cire Sud (15/04/2009)

    Midi-Pyrénées

    2011

    Cire Midi-Pyrénées

    Personnel bloc opératoire N=59

    N=7 Symptomatiquea (0) avec atteinte neurologique

    Non identifiée

    Rapport InVS disponible sur site InVS

    Paca

    2011

    Cire Sud, AP-HM,
    Marseille

    Cas isolés/groupés familiaux diagnostiqués par deux hôpitaux N=NDa

    N=11 Symptomatiqueb (8)

    Figatelli consommés crus

    Backx A, ESCAIDE Conference, 2011

    Franche-Comté

    2012

    Cire Bourgogne/
    Franche-Comté

    Ehpadc (Territoire de Belfort) N=132 lits et 90 employés

    N=4 (2 résidents, 2 personnes) Symptomatiqueb (1)

    Non indentifée

    Rapport investigation InVS (non publié) ; Rapport CNR 2012

    Centre

    2013

    Cire Centre

    Repas commun festif N=15

    N=2 Symptomatiqueb (1)

    Jambon fumé 'maison' par l'un des convives et consommé cru

    Rapport investigation InVS non publié

    anon documenté ; bprésence d’un ictère ; cétablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

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