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Herpès B (Herpès simien, herpès virus cercopithecine 1, virus B, CHV1)

Publié le 15/09/2006 - Dernière mise à jour le 25/09/2006

L’infection à herpès simien est une zoonose transmissible à l’homme par les singes du genre Macaque. La transmission se fait par la salive d’un animal infecté. La maladie est fréquente et bénigne chez le singe mais très rare et grave chez l’homme, mortelle dans 80 % des cas en l’absence de traitement. Des séquelles neurologiques peuvent persister. Un traitement rapide après le contact contaminant avec le singe (morsure, griffure, projections de salives ou contact avec des prélèvements biologiques) est donc indispensable. Réalisé le plus tôt possible après le contact contaminant, il limite la gravité de la maladie.
L’infection à herpès simien n’a jamais à ce jour été diagnostiqué chez l’homme en France mais des contacts avec des singes porteurs du virus ont déjà été rapportés, nécessitant la prise en charge médicale des personnes exposées au virus.

Agent et mode de transmission

Le virus herpès simien est rencontré fréquemment chez les singes d’Asie et d’Afrique. Le virus est absent chez les singes des Amériques. L’île de Madagascar est également indemne.

La primo-infection par l’herpès simien chez le singe macaque est le plus souvent bénigne mais peut être suivie d’un portage asymptomatique. Les situations de stress telles que le transport, l’arrivée dans un nouvel environnement ou la détention dans des conditions inappropriées, favorisent l’excrétion de virus par un singe porteur asymptomatique et donc augmente les risques de transmission.

La transmission à l’homme s’effectue par morsure, griffure ou contact avec des sécrétions de l’animal (salive, sécrétions oculaires…). Plus rarement, des transmissions à l’homme ont été décrites lors de la manipulation d’objets inertes (cage) ayant été en contact avec le singe précédemment, ou lors de la manipulation d’ossements de singes.

Situation internationale

A ce jour, 36 cas ont été documentés chez l’homme dans le monde entier. Toutes ces personnes travaillaient avec des singes dans des laboratoires de recherche et étaient originaires des USA, du Canada et du Royaume-Uni. Aucun cas n’a été décrit lors de contact avec des singes non captifs, dans la nature.

Situation française et dispositif de surveillance

En France, aucun cas humain n’a été décrit à ce jour.
En revanche, quelques cas d’infection asymptomatique ont été rapportés chez des singes, le plus souvent importés illégalement comme animaux de compagnie.

L’importation d’animaux est soumise à une réglementation stricte et la détention de singes par les particuliers est interdite. En outre, les singes sont des animaux sauvages (non domestiques), ce qui les rend tout à fait inadaptés à une fonction d’animal de compagnie (risque de morsures graves et de transmission de maladies). Outre l’herpès simien, plusieurs maladies peuvent être transmises par les singes,: rage, tétanos, pasteurelloses, salmonelloses, shigelloses, grippe, tuberculose etc. Cette liste n’est pas exhaustive. Une consultation médicale est donc recommandée après un contact à risque (cf supra) afin d’évaluer si un traitement est nécessaire (antibiotique, rappel de vaccination antitétanique). En cas de morsures graves ou du visage ou des mains, une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire.

Symptômes et traitement

Chez l’homme, l’incubation de la maladie est de 3 jours à 5 semaines (délai entre l’infection et le début de la maladie).
Les premiers symptômes sont la fièvre, des douleurs diffuses et une modification de sensibilité des extrémités. Une paralysie ascendante peut suivre et aboutir à un tableau de méningo-encéphalite chez 89 % des cas. La létalité (pourcentage de décès parmi les malades) est de 62 % des personnes atteintes, mais atteint 80 % pour les personnes qui n’avaient pas reçu de traitement.
Les personnes ayant survécu à l’infection présentent des séquelles neurologiques graves constituant un handicap. Des rechutes ont été observées chez des personnes dont le traitement avait été interrompu trop tôt.

Le traitement recommandé repose sur le nettoyage des plaies et zones de contacts et sur l’administration précoce d’antiviraux. En cas de morsure, griffure, léchage d’une peau lésée ou d’une muqueuse, surtout en zone d’endémie, une action rapide est indispensable. Il faut, en urgence, laver soigneusement la plaie ou le point de contact avec de l'eau et du savon, rincer abondamment et désinfecter, et consulter un médecin.

Après un contact avec le virus, le traitement antiviral recommandé spécifiquement pour prévenir une infection par le virus herpès simien est de 3 semaines. Le traitement après apparition des symptômes dure plusieurs mois. L’aciclovir, le valaciclovir ou le ganciclovir peuvent être utilisés.

Recommandations aux voyageurs

La règle est de ne pas approcher les singes, même familiers, et de ne pas les caresser et de consulter rapidement en cas de morsure ou de griffure.

L’importation d’animaux domestiques ou sauvages est strictement interdite (sanctions pénales et financières lourdes), sauf s’ils répondent aux conditions réglementaires d’importation (espèces dont le commerce est autorisé, et statut sanitaire et vaccinal faisant l’objet d’un certificat officiel). 

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