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Peste

Publié le 13/10/2017

Epidémie de peste à Madagascar - Ce qu'il faut savoir

Quel est le contexte actuel à Madagascar ?

Une épidémie de peste est en cours à Madagascar depuis le 23 août 2017, date de début des symptômes du premier malade identifié. Cette épidémie a été détectée le 11 septembre 2017 et notifiée à l’Organisation Mondiale de la Santé le 13 septembre 2017.

Le dernier bilan notifié par l'OMS le 9 octobre 2017 fait état de 387 cas suspects, probables ou confirmés de peste (cas suspects et confirmés) et de 45 décès. Parmi eux, 277 sont des cas de peste pulmonaire, 106 des cas de peste bubonique, 1 cas de peste septicémique et 3 cas pour lesquels la forme de la maladie n’est pas décrite. Sur 277 cas testés, 38 ont été confirmés par l'Institut Pasteur de Madagascar, 113 sont classés comme probables suite à un test de diagnostic rapide positif et 123 ont des prélèvements en attente de résultats.

La peste est une maladie endémique à Madagascar, avec environ 400 cas – majoritairement de forme bubonique – signalés annuellement, principalement pendant la saison épidémique qui s’étend de septembre à avril. L’épidémie actuelle se distingue des épidémies précédentes par une proportion inhabituellement élevée de formes pulmonaires à risque de transmission interhumaine, et par la survenue de cas dans des centres urbains dont Antananarivo et Toamasina, majorant le risque de diffusion de la maladie.

Les autorités malgaches collaborent avec l’OMS et ses réseaux de partenaires pour contrôler cette épidémie. Les stratégies de contrôle incluent l’identification et le traitement précoce des cas, l’identification, le traitement préventif et le suivi des personnes ayant été en contact avec ces cas, des mesures d’assainissement afin de diminuer la population de rongeurs, la lutte contre les puces – vecteur de la maladie, et une information de la population et des personnels de santé.

Qu'est-ce que la peste ?

La peste est une maladie infectieuse causée par une bactérie : Yersinia pestis. Cette bactérie existe dans de nombreuses régions du monde, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique. La France est exempte de peste depuis 1945.

Les rongeurs sont les réservoirs animaux les plus importants, mais d’autres animaux comme les chats, les chiens, les lapins, les lièvres, peuvent être infectés, ainsi que l’Homme.

Sa gravité est liée à son mode de transmission qui peut être respiratoire ou au travers de vecteurs animaux. La gravité concerne surtout la forme pulmonaire.

Comment se transmet la peste ?

La peste se transmet entre rongeurs et à d’autres animaux par l’intermédiaire des puces des rongeurs.

L’infection humaine se produit le plus souvent après piqûre par des puces infectées par la bactérie.

Elle peut également survenir par contact direct lors de la manipulation d’animaux infectés ou de produits biologiques contaminés.

Enfin, l’infection humaine peut également survenir par voie respiratoire, à l’occasion d’un contact rapproché avec un malade atteint de peste pulmonaire, par l’inhalation de gouttelettes contenant des bactéries émises lors de la toux.

Quels sont les symptômes de la peste ?

La peste se présente principalement sous trois formes cliniques :

  • La peste bubonique : elle fait suite à une piqûre de puce infectée. L’incubation est de 1 à 7 jours. Elle se manifeste par l’apparition brutale d’une fièvre, de frissons, d’une altération de l’état général, et de ganglions inflammatoires (bubons) douloureux dans la zone de piqûre des puces. Sans traitement la bactérie peut disséminer dans l’organisme et 50 à 60 % des malades atteints de peste bubonique non traitée décèdent ; la mise en route précoce d’un traitement antibiotique approprié est déterminante pour améliorer le pronostic. Cette forme clinique n’est pas directement contagieuse d’une personne à une autre à moins sauf s’il y a un contact direct avec le pus des bubons.
  • La peste pulmonaire : elle peut faire suite à une infection directe du système respiratoire par l’inhalation de gouttelettes contenant des bactéries (peste pulmonaire primaire) ou à l’ensemencement des poumons à la suite d’une dissémination de la bactérie dans la circulation sanguine (peste pulmonaire secondaire). L’incubation est de 1 à 4 jours, mais souvent inférieure à 24 heures. Elle se manifeste par une fièvre, des maux de tête, une sensation de malaise général, et un tableau de pneumonie rapidement évolutive avec essoufflement, douleurs thoraciques, toux, avec ou sans production de crachats striés de sang. Elle peut entrainer une insuffisance respiratoire et un choc. Sans traitement, cette forme est le plus souvent mortelle ; la mise en route précoce d’un traitement antibiotique approprié est déterminante pour améliorer le pronostic. Cette forme est hautement transmissible d’une personne à l’autre et nécessite un isolement strict et des mesures de protection respiratoire afin de prévenir des cas secondaires.
  • La peste septicémique : elle traduit la dissémination de la bactérie dans la circulation sanguine. Elle fait le plus souvent suite à une peste bubonique, mais peut être la première manifestation de la maladie. Elle se manifeste par l’apparition brutale d’une forte fièvre, de frissons, d’une sensation de malaise général avec douleurs abdominales, puis installation rapidement progressive d’une défaillance de plusieurs organes (cœur, reins, foie). Cette forme peut entraîner une méningite, un état de choc ou une coagulation intravasculaire disséminée : la peau et d’autres tissus peuvent devenir noirs, surtout au niveau des doigts, des orteils et du nez. Sans traitement, cette forme est systématiquement mortelle ; la mise en route précoce d’un traitement antibiotique approprié est déterminante pour améliorer le pronostic. La mortalité des formes septicémiques traitées reste toutefois élevée, proche de 40 à 50 %. Cette forme clinique n’est pas directement contagieuse d’une personne à une autre sauf si elle fait suite à une forme bubonique et qu’il y a un contact direct avec le pus des bubons.

La peste peut-elle être transmise à partir d'une personne malade ?

Oui, lorsqu’une personne est atteinte de peste pulmonaire, elle peut émettre dans l’air des gouttelettes contenant des bactéries, en particulier lors de la toux. Si ces gouttelettes sont inhalées par une autre personne, elles peuvent infecter cette personne et causer une peste pulmonaire. Cette transmission d’une peste pulmonaire d’une personne à une autre nécessite toutefois un contact direct et rapproché avec la personne malade.

Quelle est la durée d'incubation de la peste ?

Une personne développe habituellement des symptômes de peste bubonique 1 à 7 jours après une piqûre de puce infectée. Pour les personnes exposées à la peste par voie respiratoire, les symptômes de peste pulmonaire apparaissent 1 à 4 jours après l’exposition, mais le plus souvent dans les 24 heures.

En cas de peste bubonique non traitée, la bactérie peut rapidement disséminer dans l’organisme par la circulation sanguine, et entrainer une forme septicémique ou bien atteindre les poumons et entrainer une forme pulmonaire.

Comment diagnostique-t-on la peste ?

La première étape est l’évaluation médicale attentive des symptômes et du contexte pouvant amener à suspecter le diagnostic de peste (voyage en zone de transmission connue de peste, notion de piqûre de puces dans une région où sévit la peste, de contact avec un malade de peste ou avec ses produits biologiques).

Une fois le diagnostic suspecté, divers prélèvements peuvent être réalisés (crachat, sang, aspiration du pus d’un bubon) et envoyés à un laboratoire de bactériologie pour analyses complémentaires. Les premiers résultats peuvent être connus en quelques heures si des tests de diagnostic rapide sont disponibles. La confirmation finale peut prendre 24 à 48 heures. Le traitement doit être débuté dès la suspicion clinique, et après la réalisation des prélèvements.

Comment traite-t-on la peste ?

La peste peut être traitée efficacement avec des antibiotiques.

En cas de suspicion clinique de peste chez une personne, cette personne doit être hospitalisée et le traitement mis en place le plus rapidement possible. La létalité (% de décédés chez les malades) dépend de la rapidité avec laquelle le traitement antibiotique est débuté après le début des symptômes.

Toute personne suspecte de peste pulmonaire doit être isolée avec des mesures de protection respiratoire (port d’un masque) afin de prévenir la survenue de cas secondaires.

La streptomycine, les tétracyclines et les fluoroquinolones sont les antibiotiques de référence pour le traitement de la peste. Ce sont des antibiotiques parfaitement efficaces s’ils sont administrés à temps.

Existe-t-il un vaccin contre la peste ?

Non, il n’existe actuellement pas de vaccin commercialisé contre la peste.

Existe-t-il des moyens de prévention ?

La prévention repose sur la lutte contre les piqures de puces dans région où sévit la peste, et par des mesures de protection contre les gouttelettes émises lors de la toux par un malade atteint de peste pulmonaire (port d’un masque). Pour les personnels de santé amenés à prendre en charge des cas de peste, des précautions standard (gants, masque, lunettes de protection, nettoyage des surfaces) permettent d’éviter la transmission.

Pour les personnes ayant été en contact avec un cas avéré de peste, un traitement antibiotique sera donné dès que possible afin de prévenir le développement de l’infection.

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