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Données épidémiologiques

Publié le 16/08/2017 - Dernière mise à jour le 28/08/2017

Tularémie - Données épidémiologiques 2016

Du 1er janvier au 31 décembre 2016, 101 fiches de DO de tularémie ont été transmises à Santé publique France dont 99 répondaient à la définition de cas. L’année 2016 a donc dépassé 2015, année déjà marquée par un pic épidémique durant l’hiver 2014-2015. L'année 2016 s’inscrit ainsi dans la poursuite d’une tendance à la hausse du nombre de cas identifiés par la surveillance (figure 1).

Figure 1

Distribution des cas de tularémie déclarés en France, par année de déclaration (données du 1er semestre seulement pour 2017)

Distribution des cas de tularémie déclarés en France, par année de déclaration (données du 1er semestre seulement pour 2017)

Nombre de cas déclarés et distribution spatio-temporelle

La distribution des dates de début des cas déclarés en 2016 montre que l’excès de cas observé en 2016 est un phénomène a priori distinct de celui de 2014/2015 et qui ne s’inscrit pas dans sa continuité (figure 2). Deux pics de cas sont donc survenus pendant deux années successives, ce qui est inédit pour la France.

Figure 2

Distribution des cas de tularémie déclarés en France en 2015 et 2016 par mois de début des signes cliniques

Distribution des cas de tularémie déclarés en France en 2015 et 2016 par mois de début des signes cliniques

Au plan régional, la Nouvelle Aquitaine a enregistré le plus grand nombre de cas en 2016. Ce résultat n’est pas inattendu compte tenu du fait que cette nouvelle région comprend plusieurs départements connus comme enzootiques et endémiques pour la tularémie : Charente, Charente Maritime, Deux-Sèvres (figure 3).

Figure 3

Distribution par région de résidence des cas de tularémie déclarés en France en 2016

Distribution par région de résidence des cas de tularémie déclarés en France en 2016

Caractéristiques des patients

Parmi les 99 patients, 73 étaient des hommes. Les cas étaient âgés de 2 à 86 ans (médiane et moyenne 48 ans). Les cas résidaient dans 11 nouvelles régions françaises (figure 3).

Du point de vue clinique, 43 patients ont présenté une forme ganglionnaire de tularémie, 25 une forme ulcéro-ganglionnaire, 13 une forme typhoïdique, 10 une forme pleuropulmonaire, 6 une forme oro-pharyngée et 2 patients une forme oculaire.

Soixante-seize cas avaient présenté de la fièvre et 79 des adénopathies. Parmi les 79 patients présentant des adénopathies, les ganglions atteints étaient les ganglions axillaires (n=33), inguinaux (n=19), de la sphère ORL (n=13), médiastinaux (n=13), épitrochléens (n=3), sous-claviculaires (n=2), et non précisés pour 4. Un patient pouvait présenter plusieurs atteintes ganglionnaires. Parmi les 25 patients présentant une forme ulcéro-ganglionnaire, la localisation de l’ulcère était renseignée pour 24 et concernait la main pour 15 patients, la jambe pour 6 et le dos ou le cou pour 3.

Quarante cas ont été hospitalisés.

Diagnostic biologique

Le diagnostic biologique de l’infection a été obtenu par sérologie pour 71 patients, par amplification génique pour 31 patients, par isolement d’une Francisella pour 12 patients et par spectrométrie pour 1 cas.

Les souches isolées provenaient d’hémocultures (n=4), de biopsies ganglionnaires (n=4), de prélèvement de lésions cutanées (n=1), d’une ponction de liquide de collection (n=1) et d’une ponction de liquide articulaire (n=1). L’échantillon n’était pas précisé pour une souche. Les amplifications géniques positives avaient été obtenues à partir de biopsies de ganglion pour 27 patients, de ponctions d’abcès pour 3 patients et d’un échantillon non précisé pour 1.

Les 40 diagnostics sérologiques réalisés étaient une réaction d’agglutination pour 34 patients, une technique immuno-enzymatique pour 29 et une réaction d’immunofluorescence pour 16 (plusieurs techniques possibles pour chaque patient).

Expositions à risque

Les expositions à risque recueillies sur la fiche de DO concernent les 15 jours précédant le début des symptômes. Trente-deux patients parmi les 99 avaient manipulé des lièvres, 6 des lapins, 4 un sanglier, 4 des cervidés et 22 avaient eu un contact volontaire ou accidentel avec des rongeurs ou leurs déjections.

Dix-sept patients rapportaient une morsure de tique.

Vingt-quatre patients rapportaient des expositions professionnelles susceptibles de les exposer à Francisella tularensis (8 cultivateurs, 6 paysagistes et jardiniers, 3 éleveurs, 3 vétérinaires, 2 viticulteurs, 1 garde-forestier et 1 garde-chasse).

Soixante-et-un patients rapportaient des activités les mettant en contact avec de la terre. Soixante-huit cas rapportaient des loisirs de plein air. La nature de ces loisirs était renseignée pour 51 cas, principalement la chasse (22/51 ; 43 %), des activités sportives à pied en forêt (trail, randonnées ou jogging) (15/51 ; 29 %) et le jardinage (13 ; 25 %).

Un cas avait été contaminé en Turquie et tous les autres en France.

Seize cas appartenaient à 6 clusters : 3 clusters étaient liés à la préparation ou au dépeçage d’un lièvre, 1 cluster est survenu chez des personnes travaillant au contact d’animaux atteints de tularémie sans protections dans un zoo. Enfin, 2 clusters sont survenus dans le cadre d’activités sportives en plein air : 3 cas lors d’une même course d’orientation en Pays de la Loire et 3 lors d’une course de VTT dans la région Grand Est.

Pour 10 cas, sporadiques et résidant en zone rurale, aucune exposition à risque n’a pu être retrouvée par l’interrogatoire et l’origine précise de leur contamination reste indéterminée.

Conclusion

L’année 2016 est marquée par un pic de cas en apparence distinct de celui enregistré en 2014/2015. Il est possible que les informations diffusées au cours du pic de 2015 aient suscité la réalisation d’un plus grand nombre de diagnostic spécifique de tularémie. L’année 2016 s’inscrit dans une tendance plus longue d’augmentation du nombre de cas identifiés par la surveillance sans qu’il soit possible de faire la part entre l’amélioration de la surveillance vs une augmentation réelle de l’incidence.

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