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Infections virales et pratiques à risques chez les usagers de drogues

Publié le 26/05/2011

Les enquêtes chez les usagers de drogues - méthodologie

Cette enquête transversale a été menée au sein de structures implantées dans des régions globalement concernées par l'usage de drogues, qui déclaraient  comme activité principale la distribution de seringues, à un seuil supérieur à 1000 seringues par an. Au total, sur les 76 PES dont l'activité représentait  95% des seringues délivrées par l'ensemble des PES, 60 ont participé à l'étude. Les critères d'inclusion étaient définis par la demande de seringues pour un usage personnel. Le taux de participation des UD était de 50 % ( n=1 004) et l'enquête a pu être réalisée durant une semaine, les questionnaires étaient auto-administrés ou passés avec l’aide d’un membre de l’équipe en cas de difficulté de compréhension, ils portaient sur les caractéristiques sociodémographiques des UDIV, l’ancienneté de l’usage, les consommations de produits, les comportements à risque liés à l’usage intraveineux de drogues et à la sexualité, et les contacts avec le dispositif de soins spécialisés en toxicomanie dans les derniers six mois.

Pour tenir compte de la variabilité du taux de participation selon les centres, des prévalences pondérées et leurs intervalles de confiance à 95% ont été calculés pour les différentes variables.Trois pratiques à risques liées à l'injection et la sexualité ont été étudiées par une régression logistique : 1/ le partage de seringue (combinant prêt et emprunt) ; 2/ le partage du reste du matériel (utilisation commune du produit, de l’eau, de la cuiller et du coton) dans le dernier mois ; et 3/ la non utilisation de préservatif lors du dernier rapport sexuel sans tenir compte des statuts VIH des partenaires. Une analyse de classification caractérisant les consommations des différentes substances (héroïne, cocaïne, etc.), a permis de séparer l'échantillon en groupes homogènes et distincts d'usagers et d'aboutir ainsi à une typologie des usagers en fonction de leur consommation.

Les sujets inclus dans l’enquête sont des UD ayant injecté ou sniffé au moins une fois dans la vie, les deux voies d’administration exposant aux risques infectieux. Les usagers exclusifs d’alcool ou de cannabis sont donc exclus de l’enquête.

Par ailleurs, les lieux de recrutement du volet épidémiologique de l’enquête étant constitués des structures spécialisées pour les UD (haut et bas seuil) et des médecins généralistes prescrivant des traitements de substitution aux opiacés (TSO), la population d’étude s’inscrit dans la définition de l’usage dit problématique. Ils ont recours à des dispositifs d’aide en lien avec leur usage et sont dans des usages réguliers, voire des situations de dépendance.

Le recueil des données s’est déroulé de septembre à décembre 2004 par le biais d’un questionnaire socio-comportemental administré à l’usager de drogues par un enquêteur professionnel. De plus, un auto-prélèvement de sang était réalisé au doigt pour les données de séroprévalence du VIH et VHC. Les sujets inclus sont des UD volontaires. Cette enquête s’est déroulée dans plusieurs villes (Lille, Strasbourg, Paris, Bordeaux, Marseille) et le recrutement des UD s’est effectué dans l’ensemble de la chaîne thérapeutique spécifique (Centre de soins spécialisés pour toxicomanes, Centres de post-cure, Appartements thérapeutiques, Sleep-in, Boutiques, Programmes d’Echange de Seringues, Equipes de rue) et chez les médecins généralistes prescripteurs de traitements de substitution aux opiacés.

Durant le temps du recueil d’information de l’étude Coquelicot, les enquêteurs ont orienté les UD qui le souhaitaient vers les intervenants spécialisés afin de favoriser la démarche de dépistage. Le Comité consultatif de protection des personnes dans le cadre de la Recherche biomédical (CCPPRB) de Créteil a émis un avis favorable pour l’étude.

Une base de sondage des structures spécialisées pour chaque ville par demi-journée d'ouverture a été constituée, suivie d’un tirage au sort par sondage aléatoire. Au sein de chaque service, les UD étaient tirés au sort également de manière aléatoire, à l'exception des sites d’hébergements où tous les usagers étaient interrogés. Pour les médecins généralistes, un sondage aléatoire à deux degrés a été appliqué dans chaque ville. Au premier degré, un sondage aléatoire simple des médecins prescripteurs, avec stratification sur le volume de prescription de TSO (gros/moyen prescripteurs) a été mis en place. Puis au second degré, tous les UD étaient interrogés. 

La méthode utilisée pour détecter des anticorps contre le VIH et le VHC s’inspire de celle utilisée au cours des études réalisées chez les femmes enceintes, Prevagest et Prevadav (voir Pour en Savoir plus). L’analyse des buvards a été réalisée par le Centre National de Référence VIH de Tours à partir de tests Elisa pour le VIH et le VHC.

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