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COSMOP : surveillance de la mortalité selon l'activité professionnelle

Publié le 12/04/2018

Premiers résultats

Exploitation des données issues de l’Echantillon Démographique Permanent (EDP)

Cet échantillon au 100e de la population vivant en France a été mis en place en 1968 par l’Insee, avec pour objectif initial de constituer une vaste base de données longitudinale représentative des personnes vivant en France. Les sources d’information sont principalement constituées par les bulletins de recensement et les bulletins d’état civil récoltés pour chacun des sujets inclus. L’échantillon a été élargi plus récemment au 25e (à partir de 2004 pour l’état civil et 2008 pour le recensement). De par sa méthode de construction et de suivi, cet échantillon peut être considéré comme représentatif de la population, et intègre tous les types de travailleurs (salariés, indépendants, exploitants agricoles, etc.). Les principales limites de cette base sont relatives à l'absence d'informations professionnelles au cours des périodes intercensitaires.

La direction santé travail a dans un premier temps exploité, à titre de faisabilité, les données de cet échantillon (version 1968-1990). La cause médicale principale des décès recensés a été recherchée auprès du CépiDc de l'Inserm. Les résultats de cette exploitation ont fait l'objet d'un rapport en 2006.

Chez les hommes, le secteur industriel se distinguait par une tendance à des excès de mortalité (sauf dans la construction électrique et électronique). Cette surmortalité concernait diversement les pathologies cancéreuses, non cancéreuses et les morts violentes selon l’industrie considérée. Dans le secteur tertiaire en revanche, les hommes présentaient plutôt des taux comparables ou inférieurs à l’ensemble des autres secteurs, à l’exception notable des secteurs du commerce alimentaire et de l’hôtellerie-restauration, pour lesquels des excès de décès par cancer digestif et par certaines pathologies non cancéreuses et morts violentes étaient observés. Le secteur agricole, quant à lui, se distinguait par une sous-mortalité par cancer et par cardiopathie ischémique, contrastant avec une surmortalité pour d’autres pathologies non cancéreuses et pour les suicides.

Exploitation des données issues du Panel DADS

Le Panel DADS a été constitué par l'accumulation, depuis 1976, des déclarations annuelles de données sociales (DADS) d’un échantillon de salariés inclus selon leur date d’anniversaire (échantillon au 1/24e). Le champ d’exploitation des DADS par l'Insee recouvre l’essentiel des secteurs privé et semi-public et représente environ 80 % des emplois salariés.

En 2002, le champ de ce panel a été élargi au 1/12, soit 8 % de la population salariée en France.

La direction santé travail de Santé publique France a exploité les données du Panel dans sa version 1976-2002. Le statut vital des personnes a été recherché dans le répertoire national d'identification des personnes physiques (RNIPP) et la cause médicale principale des décès recensés auprès du CépiDc de l'Inserm.

Deux principaux indicateurs ont été calculés : les risques relatifs permettant des comparaisons entre sous-groupes et les taux de mortalité permettant de dresser des bilans de mortalité par cause de décès, et ce, selon différents critères d’exposition :

  • avoir versus ne jamais avoir exercé dans le secteur d’activité ;
  • avoir sa dernière activité professionnelle connue dans le secteur ;
  • avoir son activité professionnelle dans le secteur l’année considérée.

Des taux de mortalité ont été calculés sur l’ensemble de la population active afin de disposer de données de référence pour étudier la mortalité des travailleurs.

Les résultats ont fait l'objet d'un rapport général en 2018.

Les résultats obtenus étaient globalement cohérents avec les observations issues du premier échantillon. Sur la période étudiée, certains secteurs apparaissaient plus à risque de décès, particulièrement certaines industries (telles que l’industrie alimentaire, textile, le travail du bois, l’industrie des produits minéraux et celle du métal), le secteur de la construction, les services auxiliaires des transports, l’hôtellerie restauration. Dans les secteurs de services, les risques relatifs de décès étaient moindres, à l’exception notable des services auxiliaires des transports, des services aux entreprises, et de la santé et action sociale. L’étude de la mortalité par cause a montré que les excès de risque de décès selon la cause n’étaient pas les mêmes dans tous les secteurs. Ainsi, des excès de mortalité par tumeur maligne étaient retrouvés dans l’industrie des produits minéraux et celle du métal, dans la construction, les services auxiliaires des transports, l’hôtellerie restauration et les services aux entreprises, ce dernier étant essentiellement représenté par les travailleurs de l’intérim. La mortalité accidentelle concernait quant à elle davantage les secteurs de la construction, du commerce et de la réparation automobile et des transports terrestres tandis que les secteurs marqués par une surmortalité par suicides étaient les secteurs des services aux entreprises, de l’administration publique et de la santé et de l’action sociale.

Des analyses thématiques ont par ailleurs permis de produire des résultats pour la mortalité par suicide et la mortalité cardiovasculaire.

Rapports thématiques :

Dossier COSMOP : surveillance de la mortalité selon l'activité professionnelle

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