Fermer



Mésothéliomes

Publié le 12/01/2012 - Dernière mise à jour le 22/05/2017

Aide-mémoire 

Le mésothéliome est un cancer touchant les séreuses, essentiellement la plèvre (85 à 90 % des cas), de façon moindre, le péritoine (8 à 10 %), et de manière exceptionnelle, le péricarde ou la vaginale testiculaire (<1 %). Son diagnostic est complexe et s’appuie notamment sur un réseau d’experts en anatomie pathologique. Son pronostic est sombre avec une survie moyenne de un an.

Une forte attente gouvernementale

Les ministères chargés de la santé, de l’environnement et du travail ont précisé leurs attentes par rapport à la surveillance des mésothéliomes comme dispositif sentinelle pour la thématique amiante.

Le plan cancer 2014-2019 prévoit, dans son action 12.4, le soutien du « dispositif de surveillance épidémiologique des mésothéliomes, le développement des enquêtes d’exposition et le suivi du processus de reconnaissance médico-sociale ».

Le plan santé environnement 2015-2019, vise parmi ses 10 mesures phares à « mieux connaitre et réduire l’exposition à l’amiante d’origine naturelle ».

Le plan santé travail 2016-2020 dans son action 1.9, vise à « faire face aux enjeux liés à la dégradation de l’amiante dans les bâtiments pendant les 40 prochaines années », notamment en améliorant la connaissance des expositions des travailleurs et en développant des actions d’information et de prévention ciblées. La prévention des expositions des travailleurs à l’amiante est une des préoccupations importantes de la Direction générale du travail en matière de santé et sécurité au travail. Cette prévention fait également l’objet d’un plan d’actions ciblées du système d’inspection du travail.

Un renforcement de la surveillance

Les mésothéliomes et leurs expositions sont toujours un problème de santé publique. Dans ce contexte, la poursuite de leur surveillance épidémiologique intégrant les enquêtes d’exposition et le suivi de leur reconnaissance médico-sociale est essentielle afin d’orienter les actions de santé publique, et notamment les actions de prévention, en France.

Un rapport issu du travail d’un groupe d’experts animé par Santé publique France, présente la problématique actuelle de la surveillance des mésothéliomes et de leurs expositions et proposent des éléments d’évolution et de modernisation, tenant compte des enjeux pour les prochaines années.

En savoir plus : Chérié-Challine L, Gilg Soit Ilg A, Grange D, Bousquet P-J, Lafay L. Dispositif national de surveillance des mésothéliomes intégrant la surveillance de leurs expositions : état des lieux des systèmes, enjeux de surveillance et recommandations. Saint-Maurice : Santé publique France, 2017. 185 p.

Incidence

Selon le Programme national de surveillance du mésothéliome pleural (PNSM), l’incidence des mésothéliomes de la plèvre continue d’augmenter chez les hommes et encore plus chez les femmes. Les dernières analyses montrent une augmentation de l’incidence observée du mésothéliome pleural entre les périodes 1998-2000 et 2009-2011 de +15% chez l’homme et de +69% chez la femme pour atteindre sur la période 2009-2011 un nombre de cas annuels compris entre 695 et 789 chez l’homme, et entre 245 et 283 chez la femme. Ainsi, sur la période 2009-2011, le nombre total annuel moyen de mésothéliomes pleuraux en France varie entre 940 et 1072. En considérant que la plèvre représente entre 85 et 90% de l’ensemble des sites de mésothéliomes, on peut considérer que le nombre total de ces cancers toutes localisations confondues survenant annuellement en France est actuellement compris entre 1000 et 1200 cas.

Expositions professionnelles et environnementales

Le mésothéliome est un bon marqueur de l’exposition passée à l’amiante à l’échelle populationnelle, l’amiante étant, en l’état actuel des connaissances, le seul facteur avéré de mésothéliome. Selon le PNSM (étude cas-témoins menée entre 1998 et 2002), la part des mésothéliomes pleuraux attribuable à une exposition professionnelle à l’amiante atteint 75 % à 92 % chez les hommes et seulement 25 % à 58 % chez les femmes. Ainsi, de nombreuses questions subsistent concernant les facteurs d’exposition, en particulier chez les femmes et les personnes atteintes d’un mésothéliome localisé hors plèvre.

En tenant compte du fait que le délai moyen entre l’exposition à l’amiante et la survenue d’un mésothéliome est de 30 à 40 ans, on peut considérer que les cas liés à une utilisation professionnelle de l’amiante vont perdurer pendant encore environ deux décennies. Parallèlement, on assiste à un déplacement de la problématique « amiante professionnelle » des métiers d’utilisation et de transformation de l’amiante vers les métiers d’intervention sur des matériaux contenant de l’amiante (désamiantage, BTP…), et de la problématique « amiante en population travail » vers une problématique « amiante en population générale » avec des expositions environnementales qu’il y a lieu de mieux comprendre. En effet, des expositions résiduelles à l’amiante (bâtiment, sites pollués, affleurements naturels d’amiante), de nouveaux modes d’exposition (désamiantage) ou facteurs de risques (fibres minérales artificielles, fragments de clivage) sont aujourd’hui suspectés.

Reconnaissance médico-sociale

Les travaux visant à estimer le taux de réparation en maladie professionnelle montre une sous-réparation importante. En 2012, entre 52 % et 70 % des cas de mésothéliomes attribuables à une exposition professionnelle à l’amiante et relevant du régime général de sécurité sociale (RGSS) auraient été indemnisées au titre du tableau 30. Le PNSM révèle notamment que parmi les affiliés du RGSS, 26 % des sujets présentant un mésothéliome ne font aucune démarche (déclaration en maladie professionnelle, demande d’indemnisation auprès du Fond d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva)).

Haut de page