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Mésothéliomes

Publié le 22/05/2017

Programme national de surveillance des mésothéliomes

Le Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) a été initié en 1998 à la demande de la Direction des relations du travail (aujourd’hui Direction générale du travail) et de la Direction générale de la santé. Il associe plusieurs équipes aux compétences complémentaires coordonnées par la Direction santé travail de Santé publique France. Il constitue un système de surveillance épidémiologique des effets de l’amiante sur la santé de la population française, par le suivi permanent des tumeurs primitives de la plèvre.

Principaux objectifs du PNSM :

  • d’estimer l’incidence du mésothéliome en France et son évolution ;
  • d’étudier la proportion de mésothéliomes en France attribuables à une exposition à l’amiante, notamment d’origine professionnelle ;
  • de contribuer à la recherche d’autres facteurs étiologiques éventuels (fibres céramiques réfractaires, laines minérales, radiations ionisantes…) ;
  • de contribuer à améliorer le diagnostic anatomopathologique du mésothéliome ;
  • d’évaluer les processus d’indemnisation du mésothéliome de la plèvre : reconnaissance en maladie professionnelle et recours auprès du Fond d’indemnisation des victimes de l’amiante, depuis 2002.

Le PNSM repose sur l’enregistrement exhaustif, depuis le 1er janvier 1998, des mésothéliomes pleuraux incidents dans un nombre restreint de départements. Actuellement, 21 départements (10 centres locaux) couvrent le programme et représentent environ 17 millions de personnes, soit environ 30 % de la population française. Les caractéristiques socioprofessionnelles et démographiques de la population couverte par le PNSM sont proches de celles de la France entière.

La direction santé travail de Santé publique France assure la coordination générale de l’ensemble du programme, et en particulier du Centre pilote.

Le centre pilote est au cœur du dispositif. Il assure l’animation du réseau de partenaires, réceptionne l’ensemble des données des différents centres locaux et nationaux et en redirige une partie à ces mêmes acteurs, selon leurs besoins spécifiques.

Le recueil des cas concerne les mésothéliomes de la plèvre, diagnostiqués depuis 1988 et survenant chez des personnes résidents dans un des 21 départements couverts par le programme.

Pour chaque nouveau cas de mésothéliomes signalé :

  • une procédure standardisée de confirmation du diagnostic (anatomopathologique et/ou clinique) est systématiquement mise en œuvre (par le centre anatomopathologique et par le centre clinique) ;
  • parallèlement, sans attendre la confirmation du diagnostic, et sous réserve d’un avis favorable de leur médecin, les cas sont enquêtés par les centres locaux, en face à face, à l’aide d’un questionnaire standardisé d’exposition.

Ce questionnaire permet le recueil :

  • en particulier de la reconstitution du calendrier professionnel, des domiciles et des établissements scolaires fréquentés ainsi qu’une description détaillée des tâches réalisées au cours de l’emploi, des travaux de bricolage réalisés ou encore des tâches réalisées lors des formations techniques ;
  • d’informations sur des activités spécifiques d’exposition (professionnelle et extra-professionnelle) à l’amiante et aux autres facteurs étiologiques (contact avec des produits contenant de l’amiante, réalisation d’opération de nettoyage industriel ou dans le BTP, lavage ou repassage de vêtements de travail, port de vêtement contre la chaleur ou contre le feu, séjour dans des locaux floqués, séjour à proximité d’une source polluante (usine, chemin de fer, route …) ;
  • la notion le contact du cas avec des facteurs spécifiques (source radioactive, fibre de carbone, fibre de kevlar, fibre de céramique réfractaire, fibre ou laine minérales, amiante… ;
  • les antécédents médicaux personnels et familiaux.

L’analyse du questionnaire réalisée par un hygiéniste industriel et un médecin du travail permet d’évaluer l’exposition professionnelle et extra-professionnelle à l’amiante et aux autres facteurs (laines minérales, radiations ionisantes et fibres céramiques réfractaires).

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    Paca (06, 13, 2A, 2B, 83) : Philippe Astoul, Philippe Malfait, Elodie Marchand ; Basse-Normandie (14, 50, 61) : Bénédicte Clin-Godard, Pauline Malherbe ; Aquitaine (24, 33, 40, 47, 64) : Patrick Brochard, Fabienne Vidou, Céline Gramond ; Doubs (25) : Anne-Sophie Woronoff, Valérie Queuche ; Isère (38) : Marc Colonna, Anne-Marie Aude ; Bas-Rhin (67) : Michel Velten, Cécile Dufour ; Haut-Rhin (68) : Emilie Marrer, Valérie Beck; Seine-Maritime (76) : Véronique Merle, Blandine Wurtz ; Ile-de-France (93, 94) : Jean-Claude Pairon, Julia Benoist, Soizick Chamming’s.

    carte_centres_locaux_mesotheliome

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    schema_organisation_PNSM

Quel est le bénéfice pour le patient et pour la santé publique ?

L’évaluation des expositions professionnelles à l’amiante est résumée dans un compte-rendu qui est adressé au médecin traitant du cas afin qu’il oriente son patient vers une reconnaissance en maladie professionnelle en cas d’exposition professionnelle connue, et dans tous les cas vers une demande d’indemnisation auprès du Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante.

La connaissance des métiers et secteurs à risque ainsi que la connaissance des sources d’exposition notamment environnementales sont des éléments utiles pour orienter les actions de prévention.

Une évaluation des processus d’indemnisation des mésothéliomes pleuraux est réalisée, en effectuant d’une part, l’étude de la reconnaissance en maladie professionnelle des cas de mésothéliome enregistrés dans le PNSM relevant du Régime général de la Sécurité sociale et, d’autre part, le suivi du nombre de sujets indemnisés par le fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva) pour les cas enregistrés à partir de 2005, quel que soit leur régime de protection sociale. Les facteurs associés à la prise en charge médico-sociale des mésothéliomes pleuraux inclus dans le programme sont ainsi étudiés. Toutes ces connaissances doivent permettre d’orienter les actions de sensibilisation des patients et des médecins pour améliorer le taux de reconnaissance en maladie professionnelle et de demande au Fiva.

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