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Les outre-mer

Publié le 20/03/2015 - Dernière mise à jour le 24/11/2015

Polynésie française

Contexte

Population

La Polynésie française est composée de cinq archipels et d’un total de 118 îles (dont 67 habitées réparties dans le sud de l'océan Pacifique sur une superficie aussi vaste que celle de l’Europe. 268 270 polynésiens (2012) [1] occupent les 3673 km² de terres émergées que compte la Polynésie, avec en moyenne 64 habitants au km².

Statut et implication

La Polynésie française est une collectivité d’outre-mer dont l’autonomie est clairement inscrite dans les textes législatifs. A ce titre, elle est compétente dans la plupart des domaines, à l’exception de ceux attribués expressément à l’Etat français (missions régaliennes).

Historique des relations avec l'InVS

La Polynésie française et l’Institut de veille sanitaire sont liés par des conventions de collaborations depuis 2003. Conclues pour une durée de trois ans, celles-ci prévoient les modalités de la coopération et les domaines prioritaires sur lesquels elles portent. Aussi, dès 2003, le renforcement du registre des cancers, la surveillance des maladies transmissibles, l’assistance pour faciliter la réponse aux alertes et aux urgences sanitaires et l’étude des maladies liées au surpoids ont été les domaines choisis. La santé environnement a fait l’objet d’une coopération renforcée à partir de 2007.

La collaboration entre la Polynésie française et l’InVS revêt différentes formes : missions d’expertise, appui scientifique, technique et d’évaluation, échanges réguliers (par courriels, téléconférences, rencontres).

En 2014, une nouvelle convention était en cours d’élaboration.

Situation sanitaire

Organisation du système de soins

Le dispositif de soins polynésien compte un centre hospitalier territorial, un hôpital psychiatrique, 3 hôpitaux généraux, 3 établissements médico-chirurgicaux privés, 1 centre de rééducation, vingt-huit centres médicaux et dispensaires urbains ou ruraux et 21 infirmeries.

Organisation de la veille sanitaire

La veille sanitaire est gérée par le Bureau de la veille sanitaire de la Direction de la santé publique. C’est ainsi la Polynésie française qui assure la surveillance et l’observation permanentes de l’état de santé de la population, le recueil et le traitement des données relatives à l’état de santé de la population à des fins épidémiologiques et l’évaluation de tout risque susceptible de nuire à la santé.

Santé de la population

Les grands indicateurs sanitaires révèlent un état de santé global de la population satisfaisant, avec une espérance de vie à la naissance de 74,3 ans en 2007. La situation épidémiologique montre une évolution de l’état de santé de la population vers une prédominance des problèmes de santé liés aux modes de vie et aux conditions environnementales, avec une persistance des maladies infectieuses et de certaines pathologies tropicales.

A l’émergence des phénomènes comportementaux et sociaux défavorables à la santé s’ajoutent la précarisation de certaines populations dans des zones urbaines, une fragilisation de la solidarité traditionnelle et des problèmes de santé environnementale insuffisamment maîtrisés.

Actualités / Publications

Dr Patrick Howell, Ministre de la santé polynésien en visite à l’Institut de veille sanitaire - 30 octobre 2015.

Surveillance syndromique en Polynésie française. Inform'ACTION, 2011.

STEPwise approach to chronic disease risk factor surveillance. 2010.

La grippe A(H1N1)2009 dans les territoires français du Pacifique : bilan de la vague épidémique pendant l’hiver austral. BEHWeb 2009;3.

Enquête santé 2010 en Polynésie française : surveillance des facteurs de risques des maladies non transmissibles.

Épidémiologie de la dengue et stratégies de lutte en Polynésie française, 2006-2008. Numéro thématique. Polynésie française : une situation particulière.

Problématiques sanitaires en Polynésie française : entre modernité et traditions. Editorial Numéro thématique. Polynésie française : une situation particulière.

Évaluation de la prévalence de la filariose lymphatique en 2008 en Polynésie française. Numéro thématique. Polynésie française : une situation particulière.

Alimentation et corpulence en Polynésie française. Numéro thématique. Polynésie française : une situation particulière.

L'alcoolisme en Polynésie française. Numéro thématique. Polynésie française : une situation épidémiologique particulière.

French Polynesia and health databank 2012.

Les conduites addictives des adolescents polynésiens. Enquête Ecaap 2009. Editions Inpes.

Bulletins de surveillance sanitaire en Polynésie française.

Bulletins d’informations sanitaires, épidémiologiques et statistiques (BISES).

Emergence du virus zika en Polynésie française. 15e Journées Nationales d’Infectiologie, Bordeaux, juin 2014.

Recrudescence de cas de leptospirose au début de 2010 en Polynésie française. Inform’Action, SCP, 2010.

La tuberculose en Polynésie française : particularités épidémiologiques et évolution du programme de lutte. 1er Forum International Veille Sanitaire et Réponse en Territoires Insulaires. La Réunion, juin 2013.

Surveillance spatiale et temporelle de la leptospirose en Polynésie française. 1er Forum international veille sanitaire et réponse en territoires insulaires. La Réunion, juin 2013.

Emergence du virus Zika en Polynésie française, novembre 2013. Bulletin de veille sanitaire, Cire Antilles Guyane, août 2014.

[1] Recensement 2012, Institut de la statistique de la Polynésie française.

Faits marquants

2012

La Direction de la santé de la Polynésie française a sollicité l’InVS en décembre 2012, pour une analyse complémentaire d’une étude d’impact traitant de la pollution des sols et des eaux et de l’évaluation des risques pour l’atoll d’Hao. L’atoll, objet de la demande d’appui, est situé dans l’archipel des Tuamotu et a accueilli le Centre d’Expérimentation du Pacifique (CEP) de la France de 1963 à 2000. L’InVS, a indiqué pouvoir dans un premier temps apporter un appui. Préalablement, il a été indiqué qu’un bilan précis de la situation environnementale de l’atoll et son interaction avec la population était nécessaire. En effet, au vu des éléments communiqués à l’InVS, on ne pouvait pas exclure formellement qu’une menace pesait sur la santé des habitants de l’atoll d’Hao, en particulier pour les jeunes enfants et les femmes enceintes (intoxication par un ou plusieurs agents chimiques dangereux). La priorité était donc de lever ces incertitudes, les informations dont l’InVS disposait alors ne permettant pas de rejeter l’existence d’un risque sanitaire potentiellement grave.

2009

Deux rapports ont été produits en 2009 sur l’évaluation du système de surveillance de la grippe, de la dengue et du dispositif de lutte antivectorielle.

Une première mission s’est déroulée en juin 2009, période pandémique H1N1. L’objectif était alors d’apporter un appui technique pour adapter et renforcer la surveillance épidémiologique de la dengue et de la grippe A/H1N1-2009, et le dispositif de lutte anti-vectorielle. Les limites en termes de ressources, à la fois humaines et financières,  couplées aux crises sanitaires de l’époque rendaient impératif de procéder à des choix dans les priorités du ministère de la Santé polynésien. Les principales recommandations issues de cette mission portaient d’une part sur le renforcement de la surveillance sentinelle, de la surveillance de laboratoire, et d’autre part sur l’amélioration des procédures de lutte anti-vectorielle. L’InVS a conseillé la Polynésie quant à la mise en place d’un système de surveillance des syndromes fébriles (grippe/dengue) qui tienne compte des spécificités locales.

Une seconde mission s’est déroulée en septembre 2009 en situation post-pandémie, dans le prolongement de la mission de juin. Cette mission avait pour but de recueillir des informations concernant la dynamique de l’épidémie, les facteurs de risques, les caractéristiques des malades et la gestion de la crise. Ces éléments devant permettre de bénéficier de l’expérience acquise par les autorités et les équipes sanitaires afin d’en tirer des enseignements pour la gestion de la vague épidémique quand elle se développera en métropole et dans d’autres territoires ultramarins.

Suite à cette mission, un document de recommandations visant au renforcement de la surveillance sentinelle épidémiologique clinique et virologique de la dengue et de la grippe en Polynésie française a été produit.

2007

De par l’origine ethnique et les modifications rapides de mode de vie que connaissent ses habitants, la Polynésie française appartient aux zones géographiques à forte prévalence de diabète et à fort potentiel d’aggravation de la prévalence. Aussi, une évaluation du système de surveillance des maladies liées au surpoids, telles que le diabète, a été confiée par la Direction de la santé du territoire de la Polynésie française à l’InVS en 2007. Celle-ci avait pour objectif d’évaluer les dispositifs existants afin de doter la collectivité d’un système de surveillance, d’identifier les partenaires nécessaires, de déterminer l’aide technique que pourrait apporter l’InVS et enfin la nécessité de partenariats avec la métropole au sein de la zone pacifique.

Le rapport établit suite à la mission a démontré que le diabète constitue un réel problème de santé publique en Polynésie française, la prévalence y étant élevée. Une grande partie de la population diabétique semblait alors en dehors du système de soins, soit pour des raisons de non-dépistage ou d’absence de suite donnée au dépistage, soit du fait d’une prise en charge exclusive ou partielle par la médecine traditionnelle.

2004-2006

Entre 2004 et 2006, plusieurs missions ont eu lieu concernant l’organisation du système de surveillance et d’alerte polynésien. Celles-ci visaient notamment l’évaluation des dispositifs existants, de la performance du système d’alerte et des partenariats (internes et externes, y compris avec l’InVS). Parmi les recommandations formulées, la principale était de créer, au sein de la Direction de la Santé, un pôle de santé publique intégrant, sous une coordination unique, la surveillance des maladies transmissibles et chroniques / santé environnementale (contrôle vectoriel, zoonose, qualité de l’eau et des aliments).

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