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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 30/05/2011

BEH 20-21/2011

30/05/2011
Numéro thématique - Journée mondiale sans tabac, 31 mai 2011

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Le numéro (pdf- 682,01 Ko)

 
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    Claude Evin
    Directeur général de l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France

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    François Beck (francois.beck@inpes.sante.fr) et al.
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), Saint-Denis, France
    Cermes3 - Équipe Cesames (Centre de recherche Médecine, sciences, santé, santé mentale, société, Université Paris Descartes/CNRS UMR 8211/Inserm U988/EHESS), Paris, France

    Résumé

    Les Baromètres santé de l’Inpes permettent d’observer de façon régulière des indicateurs de surveillance épidémiologique en population générale. Il s’agit d’enquêtes aléatoires réalisées par téléphone, représentatives de la population de France métropolitaine âgée de 15 à 75 ans. La dernière enquête, menée en 2010 auprès de plus de 27 000 individus, montre l’augmentation récente du tabagisme en France, alors qu’il était en baisse depuis plus de 20 ans. L’ensemble des résultats s’avère néanmoins contrasté : la proportion des fumeurs de plus de 10 cigarettes par jour est en baisse, tandis que la proportion des fumeurs quotidiens apparaît en augmentation par rapport à 2005, en particulier chez les femmes âgées de 45 à 65 ans. Cette hausse du tabagisme s’explique à la fois par le fait que les femmes de cette génération ont été les premières à rentrer véritablement dans le tabagisme, et par le fait qu’elles arrêtent de fumer moins souvent que leurs aînées. D’autre part, le contexte de lutte contre le tabagisme apparaît plus centré sur le tabagisme passif qu’entre 2000 et 2005, période caractérisée par de fortes hausses des prix. Toutefois, l’interdiction de fumer dans les lieux à usage collectif, et notamment sur les lieux de travail (2007), a pu contribuer à la diminution du nombre de cigarettes fumées quotidiennement par les fumeurs.

    Mots-clés : tabagisme, tabac, genre, population générale, surveillance, inégalités sociales de santé
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    Catherine Hill (catherine.hill@igr.fr)
    Institut Gustave Roussy, Villejuif, France

    Résumé

    Les effets sur la santé du tabagisme passif ont été récemment mis en doute. Or, les données disponibles qui permettent de conclure à la réalité de ces effets sont considérables. Les principaux effets sont, chez l’adulte, une augmentation d’environ 25% des risques de cardiopathie ischémique et de cancer du poumon. Chez les enfants, l’exposition à la fumée de tabac augmente le risque de mort subite du nourrisson, d’infections respiratoires, d’otites et d’asthme. Avant l’interdiction de fumer dans les lieux publics, le tabagisme passif était la cause de plusieurs centaines de décès chaque année en France. La récente législation réduisant l’exposition à la fumée de tabac est une bonne mesure si elle est respectée.

    Mots-clés : tabagisme passif, fumée de tabac environnementale, risques pour la santé, métaanalyse
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    Daniel Thomas (daniel.thomas@psl.aphp.fr)
    Institut de cardiologie, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris, France

    Résumé

    Les bénéfices cardio-vasculaires du sevrage tabagique dépendent directement de la prévalence du tabagisme, de son impact sur la mortalité et la morbidité cardiovasculaires et de l’ampleur de la prise en charge de ce facteur. Le tabagisme est un facteur de risque cardio-vasculaire majeur, souvent sous-estimé. Il est le facteur essentiel et souvent isolé des accidents cardio-vasculaires aigus des sujets jeunes. Il intervient sans seuil d’intensité ni de durée de consommation. Les mécanismes en cause sont essentiellement la thrombose et le spasme, rapidement réversibles à l’arrêt du tabagisme. Le sevrage tabagique peut apporter un bénéfice cardio-vasculaire rapide et très important :
    - en prévention primaire, en évitant les accidents les plus précoces et les plus injustes ;
    - en prévention secondaire, en réduisant de 30 à 50 % les événements cardio-vasculaires.
    Ayant par ailleurs le meilleur rapport coût/bénéfice en prévention cardio-vasculaire, la prise en charge de ce facteur de risque doit donc figurer comme une priorité parmi les démarches de prévention cardio-vasculaire.

    Mots-clés : tabagisme, sevrage tabagique, risque cardio-vasculaire, prévention primaire, prévention secondaire
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    Gérard Dubois (dubois.gerard@chu-amiens.fr)
    Hôpital Nord, Amiens, France

    Résumé

    Certains traitements de la dépendance tabagique sont d’une efficacité scientifiquement prouvée mais qui peut paraître limitée. Les meilleurs permettent un arrêt total d’au moins 6 mois chez au mieux 35% des fumeurs. Leur efficience, entendue ici comme leur impact sur la prévalence tabagique, peut donc être questionnée. En fait, une telle stratégie s’impose si l’on veut enrayer la pandémie tabagique dans la première moitié de ce siècle. C’est la raison pour laquelle elle est incluse dans la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), sous la forme d’un article spécifique, l’article 14, dont les modalités ont été adoptées en novembre 2010.

    Mots-clés : tabac, sevrage tabagique, dépendance tabagique, traitement
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    Emmanuel Brunner (secretaire.general@dnf.asso.fr)
    Association "Les Droits des non-fumeurs", Paris, France

    Résumé

    Depuis les interdictions de fumer dans les lieux à usage collectif de 2007 et 2008, les terrasses des cafés et restaurants se sont multipliées et sont de plus en plus souvent cloisonnées, notamment en hiver. L’association "Les Droits des non-fumeurs" a réalisé des mesures de pollution de l’air par les particules fines et le monoxyde de carbone (CO) sur 111 terrasses de cafés ou de restaurants et à l’intérieur de ces mêmes établissements, dans huit villes en France en 2008. Les taux de CO mesurés restent faibles dans l’ensemble des lieux testés, à l’exception des bars à chicha. La pollution particulaire aux terrasses varie de 5 000 particules par cm3 (soit 5 kpt/cm3) à 164 kpt/cm3, avec une moyenne à 58,7 kpt/cm3 si la terrasse accueille des fumeurs et 15,3 kpt/cm3 si elle n’en accueille pas. À l’intérieur des établissements, la pollution est quasiidentique, bien que l’interdiction de fumer ait été respectée lors de nos mesures : 22,7 kpt/cm3 si la terrasse est non-fumeurs et 60,0 kpt/cm3 si elle accueille au moins un fumeur. Ces mesures permettent de déterminer que la configuration de la terrasse - à l’air libre (30,8 kpt/cm3), seulement couverte (55,4 kpt/cm3), ou couverte et close par des cloisons verticales (113,6 kpt/cm3) - influence fortement la quantité de polluants dans l’air ambiant, tant sur la terrasse qu’à l’intérieur de l’établissement.

    Mots-clés : tabac, pollution de l’air, restaurant, café, terrasses, tabagisme passif
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    Karine Gallopel-Morvan (karine.gallopel@univ-rennes1.fr) et al.
    Institut de gestion de Rennes, Centre de recherche en économie et management, UMR CNRS 6211, Université de Rennes 1, Rennes, France

    Résumé

    Introduction – Le paquet de cigarettes est un outil marketing pour l’industrie du tabac. Pour combattre ce phénomène, l’Organisation mondiale de la santé préconise la mise en place des paquets de cigarettes standardisés dont la couleur, la forme et la typographie seraient identiques pour toutes les marques.
    Méthode – Afin d’évaluer la pertinence de cet outil, un paquet de cigarettes standardisé et un paquet actuel de la marque leader en France sont testés sur un échantillon représentatif de 836 Français fumeurs et nonfumeurs âgés de 18 ans et plus, interrogés en face à face à domicile.
    Résultats – Le paquet standardisé est jugé négativement par une majorité des répondants (terne, ne donne pas envie d’être acheté). Il est également perçu comme étant plus efficace que le paquet actuel pour informer sur la dangerosité des cigarettes, donner envie de ne pas commencer à fumer et diminuer sa consommation de tabac ou arrêter.
    Discussion – Cette étude suggère que le paquet de cigarettes est un support publicitaire efficace. Il est donc essentiel de réfléchir à la mise en place du paquet de cigarettes standardisé en France pour réduire l’attractivité des produits du tabac et lutter plus efficacement contre le tabagisme.

    Mots-clés : paquets de cigarettes standardisés, tabac, prévention
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    Philippe de Bruyn (philippe.de-bruyn@sante.gouv.fr) et al.
    Direction générale de la santé, Paris, France

 
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    Claude Evin
    Directeur général de l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France

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    François Beck (francois.beck@inpes.sante.fr) et al.
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), Saint-Denis, France

    Summary

    Every five years, the Health Barometer from the National Institute for Prevention and Health Education (INPES) measures epidemiological monitoring indicators in the general population. These random surveys are conducted through phone interviews based on a representative sample of the 15-75 year old population living in France. The last survey, conducted in 2010 with more than 27,000 interviewees, shows a recent increase in smoking in France, whereas it had been decreasing for more than 20 years. However, the whole set of the results shows very different trends. The proportion of smokers smoking more than 10 cigarettes a day is decreasing, but the proportion of daily smokers is higher than in 2005 especially in women aged 45 to 65. The increase in these women is due both to the fact that women of that generation have been the first women really concerned by smoking, and that they are fewer to quit than their elders. Moreover, the French tobacco control policy has been more focused on passive smoking, compared to the 2000-2005 period, when prices strongly increased. However, the smoking ban in public places, and particularly in workplaces (2007) might have contributed to the decrease of the number of cigarettes smoked per day.

    Key words : smoking, tobacco, gender, population survey, surveillance, social inequalities
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    Catherine Hill (catherine.hill@igr.fr)
    Institut Gustave Roussy, Villejuif, France

    Summary

    The health consequences of passive smoking have been recently questioned. There is overwhelming evidence demonstrating these consequences. Themain consequences for adults are increases of about 25% in the risk of coronary heart disease and in the risk of lung cancer. In children, exposure topassive smoking increases the risk of Sudden Infant Death Syndrome, respiratory infections, otitis media and asthma onset. Until the recent smoking ban in public places, passive smoking was the cause of several hundred deaths each year in France. The recent legislation reducing the exposure of the population to tobacco smoke is a good measure provided it is enforced.

    Key words : passive smoking environmental tobacco smoke, health risks, metaanalysis
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    Daniel Thomas (daniel.thomas@psl.aphp.fr)
    Institut de cardiologie, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris, France

    Summary

    Cardiovascular benefits of smoking cessation depend directly on the prevalence of smoking, its impact on cardiovascular mortality and morbidity and extent of support for this factor. Smoking is a major cardiovascular risk factor, often underestimated. It is the essential and often unique factor for acute cardiovascular accidents in young adults. It intervenes without threshold of intensity or duration of consumption. The mechanisms involved are mainly thrombosis and spasm, rapidly reversible after smoking cessation. Smoking cessation may provide a fast and very important cardiovascular benefit:
    - in primary prevention, by avoiding the most premature and the most inequitable accidents;
    - in secondary prevention, by reducing from 30 to 50% the cardiovascular events.
    Furthermore, having the best cost/effectiveness ratio in cardiovascular prevention, the management of this risk factor should therefore be included as a priority in cardiovascular prevention approaches.

    Key words : smoking, smoking cessation, cardiovascular risk, primary prevention, secondary prevention
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    Gérard Dubois (dubois.gerard@chu-amiens.fr)
    Hôpital Nord, Amiens, France

    Summary

    Some treatments of tobacco dependence have a proven, but seemingly limited efficacy. The best ones allow complete cessation for at least 6 months for 35% of smokers at best. Their efficiency, i.e. their impact on smoking prevalence is therefore questionable. In fact, such a strategy is compelling to control the tobacco pandemic during the first half of this century. This is why it is included in the WHO Framework Convention on Tobacco Control (FCTC) under a specific article, the article 14, which guidelines were adopted in November 2010.

    Key words : smoking, smoking cessation, tobacco dependence, treatment
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    Emmanuel Brunner (secretaire.general@dnf.asso.fr)
    Association "Les Droits des non-fumeurs", Paris, France

    Summary

    Since the 2007 and 2008 smoking bans in collective places, cafés and restaurants terraces have multiplied, and become increasingly enclosed, especially during winter. The non-smoker’s rights association performed measures of air pollution by thin particles and carbon monoxide (CO) inside 111 cafés or restaurants and their terraces, in eight cities in France in 2008. The rates of CO measured are low in all spaces tested, with the exception of shisha bars. Terraces pollution by particles varies from 5,000 particles per cm3 (5 kpt/cm3) to 164 kpt/cm3 with an average of 58.7 kpt/cm3 if smokers are allowed in the terraces, and 15.3 kpt/cm3 if they are not allowed. Inside those premises, pollution is almost identical, although the smoking ban has been observed during the test: 22.7 kpt/cm3 if the terrace is non-smoking and 60.0 kpt/cm3 if there is at least one smoker. These measures show that the configuration of the terrace - in open air (30.8 kpt/cm3) only covered (55.4 kpt/cm3), or closed and covered by vertical closures (113.6 kpt/cm3) - has a strong influence on air pollution, both on the terrace and inside.

    Key words : tobacco, air pollution, restaurant, cafe, terrace, passive smoking
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    Karine Gallopel-Morvan (karine.gallopel@univ-rennes1.fr) et al.
    Institut de gestion de Rennes, Centre de recherche en économie et management, UMR CNRS 6211, Université de Rennes 1, Rennes, France

    Summary

    Introduction – As the tobacco industry has been stripped of most of the marketing mix, the cigarette pack has become an increasingly important marketing tool. It is possible however to reduce the attractiveness of the pack through plain packaging, which involves removing the pack design elements and leaving only the health warning and brand name in standardised font and size.
    Method – To investigate this tool, a quantitative study based on face to face interviews was conducted in France among a representative sample of 836 individuals (smokers and non smokers, aged 18 and above). A current cigarette pack and a plain pack of the French leading brand were compared.
    Results – Results indicated that plain packaging reduces the appeal of the pack (dull appearance, reduces the desire to buy). Compared to a current pack, the plain pack was associated with greater awareness of smoking danger and reported to facilitate intentions to reduce consumption, to quit, or not to start among non-smokers.
    Discussion – Our study highlights that the tobacco pack is an effective promotion tool. The plain packaging certainly has the potential to reduce the attractiveness of tobacco industry products and to help fighting against tobacco use.

    Key words : tobacco plain packaging, smoking, prevention
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    Philippe de Bruyn (philippe.de-bruyn@sante.gouv.fr) et al.
    Direction générale de la santé, Paris, France
     

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