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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 14/06/2011

BEH 23-24/2011

14/06/2011
Numéro thématique - Assistance médicale à la procréation

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Le numéro (pdf- 1,56 Mo)

 
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    Pr Pierre Jouannet
    Centre de Recherche Sens, Éthique, Société (UMR 8137), CNRS-Université Paris Descartes, Paris, France

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    François Thépot (francois.thepot@gmail.com)
    Embryologiste et généticien

    Résumé

    Les nombreuses questions éthiques, sociales et médicales suscitées par l’assistance médicale à la procréation (AMP), ont conduit le législateur à définir en 1994 en France les conditions d’accès aux actes d’AMP et les modalités de leur réalisation. Le dispositif a été complété par la création en 2005 d’une autorité de régulation indépendante, l’Agence de la biomédecine, dont les missions principales relèvent d’un accès équitable à des soins de qualité. En 2008, 121 515 cycles de traitement ont été réalisés en France toutes techniques confondues. Ils ont conduit à la naissance de 20 136 enfants, soit 2,4% de l’ensemble des naissances. Aujourd’hui, l’objectif prioritaire est d’améliorer la qualité des résultats, c’est-à-dire de maîtriser autant que possible les risques et les contraintes de l’AMP tout en maintenant les meilleures chances d’obtenir une grossesse et une naissance. La spécificité du dispositif de régulation en France, avec toutes ses contraintes, porte à s’interroger sur sa pertinence et son avenir dans l’environnement international.

    Mots-clés : assistance médicale à la procréation, cadre législatif, cadre réglementaire, France
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    Ann Pariente-Khayat (ann.parientekhayat@biomedecine.fr) et al.
    Agence de la biomédecine, Saint-Denis La Plaine, France

    Résumé

    En France, le dispositif de vigilance relatif à l’assistance médicale à la procréation (AMP vigilance) a été récemment mis en place pour surveiller les incidents relatifs aux gamètes, embryons, tissus germinaux utilisés à des fins thérapeutiques ou à des fins de préservation de la fertilité, et les effets indésirables observés chez les donneurs de gamètes ou chez les personnes qui ont recours à l’AMP. Débuté en février 2007 par une phase test, le dispositif a été complètement installé après la publication du décret de juin 2008 après transposition des directives européennes. La loi de bioéthique d’août 2004 a confié sa mise en oeuvre à l’Agence de la biomédecine De février 2007 à fin décembre 2010, 855 notifications ont été rapportées à l’Agence de la biomédecine : elles sont réparties en 70 % d’effets indésirables et 30 % d’incidents. Dans 78 % des signalements, il s’agit d’effets indésirables ou d’incidents graves. Sur la base de ces résultats, l’Agence de la biomédecine a recommandé des mesures correctives et préventives et a mis en place des actions spécifiques d’information des professionnels et des patients. Les enjeux à venir sont de mieux faire connaître le dispositif, de faciliter la déclaration et le retour d’information vers les professionnels.

    Mots-clés : assistance médicale à la procréation, vigilance, sécurité des soins
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    Virginie Rozée (virginie.rozee@ined.fr)
    Institut national d’études démographiques, Paris, France

    Résumé

    Introduction – Les disparités législatives et médicales régissant le recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP) dans le monde, y compris en Europe, créent un réel recours transnational. Cet article présente les premiers résultats d’une étude réalisée en France, Belgique, Grèce et Espagne, dont l’objectif est d’identifier et de comprendre les circuits transnationaux empruntés par les Français pour recourir à un AMP à l’étranger.
    Méthodes – Cette étude est basée sur des données quantitatives et qualitatives que nous recueillons actuellement dans les centres médicaux de trois pays européens identifiés comme étant les principales destinations des Français souhaitant bénéficier d’une AMP à l’étranger (Belgique, Espagne et Grèce). À ce jour, 39 auto-questionnaires ont été recueillis et 52 entretiens réalisés en Grèce et en Belgique.
    Premiers résultats – Les circuits transnationaux liés à l’AMP sont essentiellement déterminés par les caractéristiques sociodémographiques des futurs parents et par la technique médicale sollicitée.
    Discussion et conclusion – Le recours transnational observé concerne aussi bien les exclus de l’AMP que des couples qui auraient toute légitimité à être pris en charge en France. Ce recours témoigne donc de nouvelles attentes mais aussi de demandes insatisfaites en matière de traitement d’infertilité en France.

    Mots-clés : assistance médicale à la procréation, circuits transnationaux, don de sperme, don d’ovocyte, gestation pour autrui
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    Élise de La Rochebrochard (roche@ined.fr) et al.
    Institut national d’études démographiques, Paris, France
    Inserm, CESP U1018, Le Kremlin-Bicêtre, France
    Univ Paris-Sud, UMRS 1018, Le Kremlin-Bicêtre, France

    Résumé

    Introduction – L’objectif est de mesurer les chances, pour un couple débutant un traitement par fécondation in vitro (FIV) dans un centre d’AMP, de finalement réaliser son projet parental grâce aux traitements, suite à une conception naturelle ou à l’adoption d’un enfant.
    Méthodes – Une étude de cohorte rétrospective a été menée dans huit centres d’AMP en France auprès de 6 507 couples ayant réalisé une première FIV dans le centre en 2000-2002. Le parcours de ces couples a été reconstitué à partir des bases de données des centres d’AMP et d’une enquête postale menée en 2008-2010 auprès des couples, qui a permis de collecter 2 321 questionnaires.
    Résultats et conclusion – Le traitement par FIV dans le centre d’AMP d’inclusion a permis à 41 % des couples d’avoir un enfant. Parmi les couples n’ayant pas eu d’enfant durant le traitement dans le centre d’inclusion, 49 % ont réalisé leur projet parental dans les années qui ont suivi (39% selon une estimation basse). Au final, 70 % des couples (64 % selon l’estimation basse) ont réalisé leur projet parental durant ou après le traitement par FIV : 48 % grâce aux traitements médicaux (FIV ou autre), 11 % suite à une conception naturelle et 11% en adoptant un enfant.

    Mots-clés : assistance médicale à la procréation, enquête épidémiologique de suivi, naissance, France
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    Pierre Jouannet (pierre.jouannet2@gmail.com) et al.
    Centre de Recherche Sens, Éthique, Société (UMR 8137), CNRS-Université Paris Descartes, Paris, FranceCentre de Recherche Sens, Éthique, Société (UMR 8137), CNRS-Université Paris Descartes, Paris, France

    Résumé

    Depuis 20 ans, on assiste à une augmentation régulière des taux de naissances obtenus après fécondation in vitro (FIV). Malgré la réduction progressive du nombre d’embryons transférés, les taux de naissances gémellaires restent très élevés dans de nombreux pays, ce qui n’est pas sans risque pour la santé des mères et des enfants. Le transfert sélectif d’un seul embryon, choisi selon des critères morphologiques stricts, associé à un programme de congélation embryonnaire efficace pourrait permettre d’éviter les naissances multiples sans diminuer les chances d’avoir un enfant, au moins chez les femmes les plus jeunes et les plus fertiles.

    Mots-clés : FIV, taux de naissance, naissances multiples, transfert mono-embryonnaire
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    Catherine Patrat (catherine.patrat@bch.aphp.fr) et al.
    Hôpital Bichat-Claude Bernard, AP-HP, Paris, France

    Résumé

    On estime actuellement que 2 à 3% des enfants nés en France ont été conçus par assistance médicale à la procréation (AMP). Le suivi de ces enfants, à court et moyen terme, suscite donc un questionnement, du fait des caractéristiques même des patients pris en charge (âge, infertilité) et des moyens médicaux et techniques utilisés. L’interprétation des résultats est délicate, dans la mesure où il est difficile d’étudier un facteur isolément et que de nombreux éléments confondants peuvent fausser les conclusions. L’analyse des données de la littérature existante sur le sujet fait l’objet de cet article. D’après celles-ci, il semble acquis que l’AMP est associée à un risque modéré de prématurité (OR de 1,93 à 2,04), d’hypotrophie (OR de 1,40 à 1,77) et de mortalité néonatale (OR de 1,68 à 2,40) par rapport à des enfants conçus naturellement, sans que l’origine de ce risque soit identifiée (infertilité ? procédures cliniques et biologiques ?). Il existe aussi une augmentation significative du taux de malformations congénitales (OR de 1,35 chez les singletons), touchant principalement le système cardiovasculaire, urogénital ou musculosquelettique, et des maladies épigénétiques chez les enfants conçus par AMP par rapport à la population générale. Mais, même si ces taux sont plus élevés que chez les enfants conçus naturellement, les risques absolus restent modérés et rassurants. Les données à plus long terme sont satisfaisantes, avec un développement staturo-pondéral et psychomoteur similaire à celui des enfants conçus naturellement. Il est nécessaire de poursuivre le suivi de ces enfants pour avoir une idée précise de leur développement à l’âge adulte, et notamment de leur fertilité. 

    Mots-clés : santé, développement, enfants, AMP
 
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    Pr Pierre Jouannet
    Centre de Recherche Sens, Éthique, Société (UMR 8137), CNRS-Université Paris Descartes, Paris, France

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    François Thépot (francois.thepot@gmail.com)
    Embryologiste et généticien

    Summary

    The ethical, social and medical questions raised by the assisted reproductive technologies (ART) led the French legislator to define in 1994 the ART access and implementation terms. The regulatory dispositions are completed by an independent regulation authority created in 2005, the French Biomedicine Agency, that is in charge of the security and quality of the ART procedure. During 2008, 121,515 ART treatment cycles were performed in France, all techniques included. They gave birth to 20,136 children, 2.4% of all the newborns. Nowadays, the main priority is to improve the results quality which means to control as best as possible the ART risks and constraints while maintaining the best chance of achieving a pregnancy and birth. The specificity of the French ART framework has to be discussed in regard of the quality and the accessibility of those treatments in the international context.

    Key words : assisted reproductive technologies, regulation, France
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    Ann Pariente-Khayat (ann.parientekhayat@biomedecine.fr) et al.
    Agence de la biomédecine, Saint-Denis La Plaine, France

    Summary

    In France, ART vigilance is a mandatory vigilance system which has been set up to monitor the adverse events regarding the use of gametes, embryos and germinal tissues for therapeutic purposes or preservation of fertility, and the adverse reactions which may occur in persons who are treated with ART (assisted reproductive technologies). Started in 2007 with a ministerial decree, the system was set up and fully operational in June 2008, following the transposition of the European directives. According to the 2004 bioethics law, the French Biomedicine Agency is responsible for the management of this system at national level. A total of 855 incidents were registered at the French Biomedicine Agency from February 2007 to December 2010. These incidents consist of 70% of adverse reactions, and 30% of adverse events. 78% of the incidents were serious ones. Based on these figures, the Agency developed specific actions to inform patients and health professionals, and recommended corrective and preventive
    measures. The challenge for the Agency will be to further promote this system among health professionals, to facilitate the reporting of incidents, and to develop the feedback information, while maintaining the trust of health professionals in the system.

    Key words : assisted reproductive technologies, vigilance, safety of care
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    Virginie Rozée (virginie.rozee@ined.fr)
    Institut national d’études démographiques, Paris, France

    Summary

    Introduction – There are legal and medical disparities in access to assisted reproductive technologies (ART) between various countries of the world, including in Europe, resulting in true cross-border fertility care. This article is part of an ongoing survey in France, Belgium, Greece and Spain. Its purpose is to examine transnational paths taken by French people in order to use ART.
    Methods – The survey uses quantitative and qualitative data collected directly in foreign ART services in three countries that we have identified as being among the main European destinations of French patients (Belgium, Spain, and Greece). We have already collected 39 self-administrated questionnaires, and conducted 52 interviews in Greece and Belgium.
    Preliminary results – Transnational ART paths are largely determined by the socio-demographic characteristics of the future parents and the medical care being sought.
    Discussion and conclusion – Cross-border fertility care observed concerns both excluded people from ART and French people who could legitimately use ART in France. It sheds light on new expectations, but also unsatisfied demands in terms of infertility care in France.

    Key words : assisted reproductive technologies, transnational paths, sperm donation, oocyte donation and surrogacy
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    Élise de La Rochebrochard (roche@ined.fr) et al.
    Institut national d’études démographiques, Paris, France
    Inserm, CESP U1018, Le Kremlin-Bicêtre, France
    Univ Paris-Sud, UMRS 1018, Le Kremlin-Bicêtre, France

    Summary

    Introduction – The objective of the study was to evaluate the probability for a couple beginning an in vitro fertilization (IVF) treatment in an ART (assisted reproductive technologies) centre of finally succeeding in their parental project through treatment, natural conception or adoption of a child.
    Methods – A retrospective cohort study was carried out in eight ART centres in France including 6,507 couples who had a first IVF attempt in the centre in 2000-2002. The long-term outcome of these couples was analysed from the databases of the ART centres, and based on a mail survey carried out in 2008-2010 among the couples, which yielded 2,321 questionnaires.
    Results and conclusion – The IVF treatment in the inclusion ART centre enabled 41% of the couples to have a child. Among the couples who had no child during treatment in the centre of inclusion, 49% succeeded in their parental project in the following years (39% according to a low estimation). Finally, 70% of the couples (64% according to the low estimation) succeeded in their parental project during or after IVF treatment, 48% after medical treatment (IVF or other), 11% by natural conception, and 11% through
    adoption.

    Key words : assisted reproductive technologies, epidemiological follow-up study, birth, France
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    Pierre Jouannet (pierre.jouannet2@gmail.com) et al.
    Centre de Recherche Sens, Éthique, Société (UMR 8137), CNRS-Université Paris Descartes, Paris, France

    Summary

    For the last 20 years, birth rates after in vitro fertilization (IVF) have been increasing steadily. Although the number of transferred embryos was reduced, twin birth rates remain high in most countries with deleterious consequences for mother and child health. Elective transfer of a single embryo selected according to strict morphological criteria associated to an efficient freezing embryo program could reduce the risk of multiple births without lowering the chance of having a child, at least in younger and most fertile women.

    Key words : IVF, birth rate, multiple births, single embryo transfer
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    Catherine Patrat (catherine.patrat@bch.aphp.fr) et al.
    Hôpital Bichat-Claude Bernard, AP-HP, Paris, France

    Summary

    Around 2% to 3% of children born in France are conceived by assisted reproductive technologies (ART). The short or medium term follow-up of these children raises several questions, due to the characteristics of the patients (age, infertility), and to the clinical or biological procedures used. The results should be interpreted with caution, as it is difficult to study each factor alone, and as many other events can bias the conclusions. According to the data from the existing literature, ART is likely to be associated with a moderate risk of prematurity (OR: 1.93-2.04), foetal hypotrophy (OR: 1.40-1.77) and neonatal complications (OR: 1.68-2.40), compared to naturally conceived children without the identification of this risk (infertility? clinical and biological procedures?). There is also increasing evidence that ART-conceived children present more epigenetic diseases and congenital malformations (OR: 1.35 in singletons), mainly concerning cardiovascular, urogenital and musculoskeletal systems, than naturally conceived children.
    Nevertheless, even if these rates are higher than in naturally conceived children, absolute risks remain moderate and reassuring. Follow up at longer term is encouraging, with correct growth and psychomotor development of these children, but the follow up must be continued in order to have precise data on their development in adulthood and namely on their fertility.

    Key words : health, development, children, ART, follow-up
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