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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 28/06/2011

BEH 25/2011

28/06/2011

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Le numéro (pdf- 662,58 Ko)

 
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    Stéphanie Vandentorren (s.vandentorren@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Résumé

    De nombreux facteurs (polluants environnementaux ou bien facteurs nutritionnels ou infectieux) agissent dès la période in utero et périnatale et vont impacter la santé future des enfants. La cohorte Elfe (Étude longitudinale française depuis l’enfance) permettra d’analyser ces expositions, et d’évaluer leur impact sur la santé de 20 000 enfants, nés en 2011 et suivis jusqu’à l’âge adulte. Une étude pilote, réalisée en octobre 2007 sur plus de 500 naissances, a montré un taux de réalisation de 80% des prélèvements biologiques en maternité. Cette étude a permis de tester les procédures de collecte afin d’en tirer des enseignements scientifiques pour dimensionner l’étude au niveau national, en particulier pour le dosage des polluants émergents, comme le bisphénol A (BPA) ou les phtalates.
    Les phtalates et le BPA sont des perturbateurs endocriniens qui peuvent induire des effets sur le développement et la reproduction. Cette étude pilote est une première estimation de l’imprégnation maternelle à ces substances en maternité dans deux régions françaises. Les concentrations médianes urinaires en BPA, MEHP et ses métabolites (5-OH-MEHP and 5-oxo-MEHP) sont similaires à celles retrouvées dans d’autres études, mais les concentrations élevées et les différences mises en évidence selon le type d’accouchement suggèrent une exposition particulière en maternité.
    L’hypothèse soulevée est celle d’une contamination par le matériel médical.
    Ces résultats doivent être pris en compte pour la mise en place d’études de biosurveillance dans cette population. Ils mettent aussi en évidence une voie d’exposition, via les dispositifs médicaux, des femmes enceintes et de leurs nouveau-nés lors de longs séjours hospitaliers (unité de soins intensifs en néonatalogie ou en gynécologie-obstétrique).

    Mots-clés : bisphénol A, phtalates, biosurveillance, grossesse, exposition maternelle
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    Delphine Viriot (d.viriot@invs.sante.fr) et al.
    Cellule interrégionale d’épidémiologie Languedoc-Roussillon, Institut de veille sanitaire, Montpellier, France
    Programme de formation à l’épidémiologie de terrain – Profet

    Résumé

    Objectifs – Le samedi 20 février 2010, les pompiers de l’Hérault signalaient à la Délégation territoriale de l’Hérault de l’Agence régionale de santé (DT34-ARS) une quinzaine de personnes présentant douleurs abdominales, nausées et vomissements parmi les participants au cocktail servi lors d’un match de rugby au stade Yves du Manoir à Montpellier.
    Méthodes – L’investigation de ce signalement a été réalisée conjointement par les équipes de veille sanitaire de l‘ARS et de la Cellule interrégionale d’épidémiologie Languedoc-Roussillon (Cire LR) afin de confirmer l’épisode, d’identifier l’origine de la contamination et d’orienter les mesures de gestion.
    Une enquête de type cas-témoins a été menée à l’aide d’un questionnaire standardisé. Parallèlement, des analyses biologiques et une enquête vétérinaire ont été réalisées avec prélèvements de plats-témoins et inspection des locaux du traiteur et du stade.
    Résultats – Au total, 94 cas et 110 témoins ont été identifiés parmi les participants au cocktail. L’enquête épidémiologique a mis en évidence deux vagues épidémiques, l’une précoce et l’autre plus tardive, avec des symptomatologies distinctes et des durées médianes d’incubation respectivement de 3h30 et 30h.
    Les résultats des investigations épidémiologiques, biologiques et vétérinaires étaient en faveur d’une intoxication des cas précoces par ingestion de minijambonneau contaminé par Staphylococcus aureus (OR : 3,75 ; IC95% [1,91-7,35] p=0,001) et d’une intoxication des cas tardifs par consommation d’huîtres contaminées par norovirus (OR : 32,22 ; IC95%[7,09-146,34] p<0,001).
    Conclusion – Cette investigation a permis d’identifier les aliments et les agents pathogènes responsables de cette toxi-infection alimentaire collective. Cet épisode a été l’occasion de souligner l’importance du respect des pratiques d’hygiène en restauration collective et de la mise en place de mesures de contrôle précoces dès lors que les résultats des investigations épidémiologiques ou vétérinaires sont connus.

    Mots-clés : toxi-infection alimentaire collective, restauration collective, enquête cas-témoins, norovirus, Staphylococcus aureus
 
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    Stéphanie Vandentorren (s.vandentorren@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France 

    Summary

    Exposure to environmental pollutants, nutritional or infectious factors plays an important role during and after pregnancy, and will impact the outcome of children’s health. The ELFE cohort study (a French representative study of 20,000 children born in 2011 and followed from birth to adulthood) will contribute to analyze these types of exposure. A pilot study initiated in October 2007 and including more than 500 children, showed an acceptance rate of 80% for biological samples. This pilot study tested the collection procedures in order to validate the protocol, particularly about the body burden of emerging pollutants – such as bisphenol A (BPA) and phthalates.
    Exposures to phthalates and BPA proved to cause developmental and reproductive toxicity. This study reports the first assessment of exposures to both contaminants in pregnant women in two French districts. The median urinary concentrations of BPA, MEHP and its metabolites (5-OH-MEHP and 5-oxo-MEHP) were similar to those found in other studies, but the high concentrations and differences in types of delivery suggested exposure at maternity ward. Contamination with medical supplies is the hypothesis which was raised. These results should be considered when developing biomonitoring studies in this population. They highlight a route of exposure through medical devices, for pregnant women and their newborns during long hospital stays (neonatal intensive care or gynecology-obstetrics units).

    Key words : bisphenol A, phthalates, biomonitoring, pregnancy, maternal exposure
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    Delphine Viriot (d.viriot@invs.sante.fr) et al.
    Cellule interrégionale d’épidémiologie Languedoc-Roussillon, Institut de veille sanitaire, Montpellier, France
    Programme de formation à l’épidémiologie de terrain – Profet

    Summary

    Background – On Saturday 20 February 2010, the local fire and rescue service from the Hérault district reported to the Regional Health Agency (DT34-ARS) about 15 cases presenting abdominal pain, nausea and vomiting among the participants at a cocktail served at a rugby match at the Yves du Manoir Stadium in Montpellier (France).
    Material and methods – Investigations were conducted jointly by the teams of the Regional Health Agency and the Languedoc-Roussillon epidemiological unit (Cire LR) to confirm the episode, identify the origin of contamination, and guide control measures.
    A case-control study was conducted using a standardized questionnaire.
    Meanwhile, laboratory tests and a veterinary investigation were performed with samples from control-dishes, and an inspection of both the local caterer and the stadium.
    Results – Ninety-four cases and 110 controls were interviewed among the people taking part in the cocktail party. Two successive epidemic events were identified with different symptoms and incubation periods respectively equal to 3h30 and 30h.
    The results of epidemiological, biological and veterinary investigations showed poisoning of the early cases due to the consumption of knuckle of ham pieces contaminated by Staphylococcus aureus (OR=3.75 ; CI=[1.91-7.35] p=0.001) and poisoning of late cases due to consumption of oysters contaminated by norovirus (OR=32.22 ; CI=[7.09-146.34] p<0.001).
    Conclusion – In this investigation, food and pathogens at the origin of the contamination were identified. This outbreak stresses the importance of respecting the hygiene measures in collective catering and defining first management measures as soon as the results of the investigation are known.

    Key words : collective foodborne outbreak, collective catering, case-control study, norovirus, Staphylococcus aureus
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