Fermer



BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 22/02/2011

BEH n°06/2011

22/02/2011

Télécharger Télécharger Acrobat Reader

Le numéro (pdf- 1,28 Mo)

 
  •  

    Christelle Mazuet
    Auteur correspondant : Michel Popoff (mpopoff@pasteur.fr)
    Centre national de référence des bactéries anaérobies et botulisme, Institut Pasteur, Paris, France

    Résumé

    En France, 22 foyers de botulisme confirmé impliquant 45 personnes ont été identifiés et 2 foyers (2 cas) ont été cliniquement suspectés dans la période 2007-2009. Le botulisme était majoritairement de type B (31 cas) et plus rarement de type A (8 cas) ou E (3 cas). Les formes les plus graves étaient dues au toxinotype A. L’origine du botulisme était alimentaire dans 89% des cas, à l’exception de 4 cas de botulisme infantile et d’un cas de botulisme par blessure accidentelle. L’origine alimentaire a été identifiée dans 7 foyers (jambon dans 4 foyers, terrine de sanglier, confiture familiale de potiron, produit industriel « enchilladas ») et fortement suspectée dans 2 autres (terrine de sanglier et poisson fumé sous vide). Bien que rare, le botulisme est toujours présent en France avec des formes inhabituelles et graves qui justifient le maintien de sa surveillance.

    Mots-clés : botulisme, botulisme infantile, botulisme par blessure, Clostridium botulinum, toxine botulique
  •  

    Frédéric Sorge (freedso@gmail.com)
    Groupe de pédiatrie tropicale (GPTrop). Département de pédiatrie, Hôpital Necker-Enfants malades, AP-HP, Paris, France

    Résumé

    Contexte – Durant l’épidémie de chikungunya sur l’île de La Réunion en 2005-2006, les recommandations de mesures de protection antimoustique individuelle par répulsifs à l’attention des jeunes enfants ont varié. Afin de mesurer la fréquence et d’identifier les modalités d’usage, le spectre et l’incidence des effets indésirables des produits insectifuges cutanés chez le jeune enfant, le Groupe de pédiatrie tropicale et les professionnels de la petite enfance de l’île ont réalisé une enquête transversale rétrospective (étude « Insectifuge nourrisson Réunion 2009 – INR 2009 »).
    Matériel-méthodes – La population cible était les enfants de moins de 30 mois séjournant sur l’île durant l’épidémie de chikungunya. Le questionnaire a été testé de façon aléatoire auprès de parents d’enfants consultant et d’élèves infirmières mères. L’enquête s’est déroulée en face-à-face avec les parents dans des centres de PMI et des crèches des quatre régions principales de l’île du 15/03 au 15/04/2009. Les items étaient sociodémographiques, médicaux, et caractérisaient l’usage des insectifuges et des moustiquaires chez les enfants. La méthode de sélection a été exhaustive. Les données de la préenquête ont été incluses dans l’analyse des résultats. Une description des variables a été effectuée en termes de prévalence avec un volet analytique et comparaisons de moyennes, médianes et tests du Chi2 (p<0,05).
    Résultats – 382 enfants de moins de 30 mois représentatifs de la population cible ont été inclus. Au moins un insectifuge cutané a été appliqué chez 74 % de ces nourrissons pour les protéger des piqûres de moustiques durant la journée pendant l’épidémie de chikungunya. Les principales substances insectifuges utilisées étaient l’IR3535® (77 %) et le citriodiol (17 %). Ces produits ont été appliqués plus d’une fois par jour chez 79% des enfants. La durée médiane d’usage de ces produits par enfant se situait entre 3 et 6 mois. Des effets secondaires cutanés bénins (7,9 %) et allergiques généraux (1,8 %) ont été observés. Trois enfants ont eu des convulsions fébriles après application d’insectifuge (1,1 %), sans que l’imputabilité à ces produits puisse être déterminée. Les facteurs favorisant l’usage de produit insectifuge chez l’enfant étaient un âge >6 mois, un père en activité professionnelle, un logement avec jardin et une résidence située à l’est de l’île (p<0,01). Soixante-dix pour cent (70 %) des enfants étaient également protégés par moustiquaire durant la journée. La prévalence estimée du chikungunya était de 8,2 % (±4 %).
    Discussion – Une observance pragmatique des recommandations nationales concernant l’usage de produits insectifuges chez le jeune enfant a été constatée. Des pratiques d’usage non recommandées ont été identifiées en termes d’âge limite d’usage, de nombre d’applications quotidiennes et de durée d’utilisation. En complément de la protection par moustiquaire, l’usage des produits insectifuges pourrait avoir contribué à la faible prévalence du chikungunya dans cette population. Des études complémentaires seraient nécessaires pour le confirmer.
    Conclusion – Ces données montrent qu’en période épidémique, l’IR3535® et le citriodiol ont été très largement utilisés pour protéger l’enfant de moins de 2 ans ½ et cette pratique a été bien tolérée. Les mésusages rendent nécessaire une évaluation objective de leurs conséquences et une information adéquate des professionnels de santé et des parents sur la protection antivectorielle des jeunes enfants.

    Mots-clés : chikungunya, enfant, nourrisson, insectifuge, moustique
  •  

    Dans l’article « Évaluation épidémiologique de la rougeole en Europe en 2008 » (Mp Muscat et collp), la figure 1 page 438 était erronée (la Serbie n’aurait pas dû y figurer) (voir pdf).

  •  
 
  •  

    Christelle Mazuet
    Auteur correspondant : Michel Popoff (mpopoff@pasteur.fr)
    Centre national de référence des bactéries anaérobies et botulisme, Institut Pasteur, Paris, France

    Summary

    In France, 22 outbreaks of botulism involving 45 cases were identified and 2 outbreaks (2 cases) were clinically suspected between 2007-2009. Type B botulism was predominant (31 cases), followed by type A (8 cases), and type E (3 cases). The most serious forms were due to type A botulism. The source of botulism was foodborne in most of the cases (89%), with the exception of 4 cases of infant botulism and one case of wound botulism. All type A botulism including 3 cases of infant botulism were very severe. The origin has been identified in 7 outbreaks (ham in 4 outbreaks, boar-meat product, home-made pumpkin jam, industriel food product called “enchiladas”) and suspected in two other outbreaks (boar-meat product and vacuum packed smoked fish). Although rare, botulism is still present in France, with unusual and severe forms, justifying continued surveillance.

    Key words : botulism, infant botulism, wound botulism, Clostridium botulinum, botulinum toxin
  •  

    Frédéric Sorge (freedso@gmail.com)
    Groupe de pédiatrie tropicale (GPTrop). Département de pédiatrie, Hôpital Necker-Enfants malades, AP-HP, Paris, France

    Summary

    Background – The population of Reunion Island (France) faced a chikungunya virus epidemic in 2005-06. The personal protection for children was based on repellents and impregnated mosquito-net and clothes during day time. There was no clear international consensus on the use of repellents in young children. Little is known about practices and effects of topical repellent use in this target population. The Tropical Pediatric Group (GPTrop) together with the island’s professionals conducted a retrospective crosssectional survey to measure frequency of topical repellent use, identify and describe the repellent substances used, to measure the frequency of repellent side effects and identify the factors influencing repellent use in infants.
    Material-Methods – The target population consisted of children under 30 months of age living in Reunion during the chikungunya epidemic and consulting a health center (PMI) or staying in kinder-garten of the 4 main island regions from 15/03 to 15/04/2009, through face to face interviews. The data collected included socio-demographic, medical and repellents used pattern. The selection method was exhaustive. Data from the pre-survey were included in the analysis of results. A study of variables was descriptive and analytic in terms of prevalence, with a comparison of means, medians, and Chi2 tests (p<0.05).
    Results – The study included 382 children representative of the target population. 74% of children were protected with at least one insect repellent during the chikungunya epidemic. IR3535® (77%) and citriodiol (17%) were the most commonly used active ingredients. Repellent application occurred more than once daily in 79% of children. Median length of repellent use was between 3-6 months. Mild cutaneous side effects (7.9 %) and general allergic reactions (1.8%) were reported. Three children had febrile seizures after repellent application (1.1%) without evidence based imputability. Inciting factors of repellent use in children were being above 6 months of age, having an employed father, living in a house with garden and being located in the East of the island (p<0.01). Seventy per cent (70%) of children were also protected by mosquito-net during day time. The estimated chikungunya prevalence was 8.2% (±4%).
    Discussion – Pragmatic compliance of national recommendations on repellent use in young children and infants was observed. Non-recommended practices were identified in terms of under age limit use, number of daily applications and subchronic length of use. In addition to mosquito net protection, repellents use may have contributed to reduce chikungunya prevalence in the studied population. Further studies are needed to confirm this hypothesis.
    Conclusion – These data show that during this epidemic, repellents IR3535® and citriodiol were largely used on young children with good tolerance. Misuse practices prompt objective assessment of the risks related to this practices and a proper training of health professionals and educational outreach to change parents use patterns in young children.

    Key words : chikungunya, child, infant, insect repellent, mosquito
Consulter tous les numéros Haut de page