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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 08/03/2011

BEH n°08-09/2011

08/03/2011
Numéro thématique – Inégalités sociales de santé / Special issue – Social health inequalities

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Le numéro (pdf- 1,90 Mo)

Coordination scientifique du numéro / Scientific coordination of the issue: Thierry Lang, Université Paul Sabatier, Inserm, UMR 1027, Toulouse, France et pour le comité de rédaction du BEH : Isabelle Grémy, Observatoire régional de santé d’Île-de-France, Paris, France, et Eric Jougla, Inserm-CépiDc, Le Vésinet, Franc

 
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    Thierry Lang,
    Université Paul Sabatier, Inserm, UMR 1027, Toulouse, France

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    Alexis Montaut (alexis.montaut@sante.gouv.fr) et al.
    Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), Paris, France

    Résumé

    Introduction – L’enquête Handicap-Santé en Ménages, réalisée en 2008, permet d’analyser les inégalités sociales de santé au travers de divers indicateurs déclaratifs : santé perçue, limitations fonctionnelles, déterminants de santé, recours aux dépistages.
    Méthode – L’enquête s’appuie sur un échantillon de 23 700 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans ou plus et vivant à domicile. Un modèle logistique permet de comparer les risques de santé selon la catégorie sociale (CS) pour chacun des indicateurs de santé étudié.
    Résultats – À âge égal, les ouvriers et ouvrières ont respectivement 3 et 4 fois plus de risques de juger leur état de santé altéré que les cadres. Après 60 ans, les ouvriers déclarent aussi deux fois plus souvent des incapacités et deux fois plus de difficultés pour rester autonomes dans les activités du quotidien que les cadres.
    Discussion – Quel que soit l’indicateur étudié, un gradient social oppose les cadres et professions intermédiaires aux employés et ouvriers. Ce gradient est toutefois moins prononcé chez les femmes en termes de recours aux dépistages, probablement parce qu’elles sont plus proches du système de soins. Ces inégalités de santé s’expliquent en partie par des conditions de travail différentes : la CS reflète une position sociale mais aussi un environnement, des modes de vie et des comportements liés à la santé.

    Mots-clés : inégalités sociales de santé, santé perçue, limitations fonctionnelles, incapacités, déterminants de santé
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    Annette Leclerc (annette.leclerc@inserm.fr) et al.
    Épidémiologie des déterminants professionnels et sociaux de la santé, U1018, Inserm, Villejuif, et Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, France

    Résumé

    Face au constat d’inégalités sociales de santé objectivées par l’existence de gradients en fonction de la situation sociale présente, du revenu ou du niveau d’études, l’objectif est ici de s’interroger sur le rôle explicatif que peut jouer le « travail » au sens large, selon deux composantes que sont les expositions professionnelles et le statut vis-à-vis de l’emploi (y compris chômage ou absence d’emploi). Sans viser à l’exhaustivité, la démarche consiste à présenter quelques exemples illustrant la façon dont les expositions professionnelles et les conditions de travail (ou de non-travail) peuvent avoir des conséquences du point de vue des inégalités sociales de santé. Concernant le rôle des expositions professionnelles, les troubles musculosquelettiques (TMS) constituent une dimension de santé où les expositions, principalement biomécaniques, expliquent une part importante des inégalités sociales observées. Travailler dans des conditions défavorables du point de vue du statut de l’emploi (insécurité d’emploi, contrats précaires…) est aussi péjoratif pour la santé et contribue à l’existence d’inégalités. Quelques exemples documentent les effets différés des expositions professionnelles, au-delà de l’âge d’activité, qu’il s’agisse de mortalité générale, de cancer, ou de santé musculosquelettique. Au-delà d’interventions ciblées sur une pathologie ou un facteur professionnel, une réflexion plus globale serait nécessaire sur les liens entre formation, expositions professionnelles et gestion des carrières, et sur le rôle positif que peut jouer le médecin du travail sur la réduction des inégalités sociales de santé.

    Mots-clés : travail, emploi, inégalités de santé
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    Emmanuelle Cambois (cambois@ined.fr) et al.
    Institut national d’études démographiques, Paris, France

    Résumé

    Contexte – L’allongement de l’espérance de vie (EV) s’accompagne d’attentes grandissantes pour une participation sociale active des plus âgés, en particulier sur le marché du travail. Cependant, la participation sociale est conditionnée en partie par l’état de santé. À partir des indicateurs d’espérance de vie en santé (EVS), cette étude vise à évaluer l’(in)égalité des chances de participation sociale après 50 ans dans le contexte français de 2003.
    Méthode – L’enquête santé française de 2003 permet d’aborder différentes dimensions de la mauvaise santé susceptibles de compromettre la participation sociale : limitations fonctionnelles (LF), limitations d’activité globales (GALI), restrictions d’activité pour les soins personnels (RADL), mauvaise santé perçue (SP). On calcule les EVS à 50 ans, 65 ans et entre les âges de 50 et 65 ans, pour se concentrer sur la fin d’activité professionnelle, pour 6 catégories socioprofessionnelles.
    Résultats – L’EV50 des ouvriers atteint 27 ans, la moitié étant vécue avec des LF vs. un tiers de l’EV50 des cadres, qui est plus longue de 5 ans. Les EVS50 suivent le même gradient socioprofessionnel que les EV50. Les inégalités d’EVS sont largement présentes après 65 ans, mais elles existent aussi bien avant cet âge, y compris pour les problèmes de santé les plus sévères (RADL). Enfin, entre 50 et 65 ans, les femmes des catégories socioprofessionnelles les moins qualifiées n’ont pas plus d’années de vie en bonne santé que les hommes, malgré leur EV plus longue.
    Conclusion – Les EVS attestent d’une large période critique du point de vue de la santé après 50 ans, en particulier dans les PCS manuelles et peu qualifiées. Il existe de grandes inégalités dans les chances de vivre en bonne santé durant la retraite, mais aussi dans les chances d’atteindre la retraite en bonne santé et sans incapacité. Ces résultats interrogent sur la possibilité d’une augmentation générale de la participation sociale, et en particulier au travail, dans les conditions sociales et sanitaires actuelles. Les EVS s’avèrent des indicateurs pertinents pour débattre de ces questions.

    Mots-clés : espérances de vie en santé, inégalités sociales, incapacité, âges de fin de vie active, France
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    Grégoire Rey (gregoire.rey@inserm.fr)
    Inserm, CépiDc, Le Vésinet, France

    Résumé

    Introduction – Les indicateurs de désavantage social permettent une surveillance en routine des inégalités de santé. Cette étude définit un indicateur et évalue son association avec la mortalité par cause de décès sur l’ensemble de la France métropolitaine.
    Méthodes – L’indicateur de désavantage social FDep99 est défini à l’échelle communale comme la première composante d’une analyse en composante principale de quatre variables. L’association spatiale entre désavantage social et mortalité est étudiée selon la tranche d’unité urbaine, la région et la cause de décès, sur la période 1997-2001.
    Résultats – FDep99 représente 68 % du total de l’inertie du nuage de points. Sa construction est insensible à la tranche d’unité urbaine considérée. Il est positivement et quasi-linéairement associé au niveau de mortalité, le SMR (ratio de mortalité standardisé) étant de 24 % plus élevé pour les communes du quintile le plus désavantagé par rapport à celles du quintile le moins désavantagé. L’association est similaire au sein de chaque tranche d’unité urbaine et de chaque région. Elle est positive pour la quasi-totalité des causes de décès, et plus forte pour les hommes.
    Conclusion – La méthode de construction de l’indice proposé permet de résumer l’hétérogénéité socioéconomique du territoire sans lien a priori avec la mortalité. L’indice permet une observation en routine des inégalités sociales de santé ; il fait actuellement l’objet d’investigations complémentaires.

    Mots-clés : désavantage social, mortalité, analyse écologique, cause de décès
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    Emmanuelle Cadot et al.
    Auteur correspondant : Pierre Chauvin (chauvin@u707.jussieu.fr)
    Inserm, UMRS 707, Équipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins ; UPMC, Université Paris 6, Paris, France

    Résumé

    Objectif – L’objectif de ce travail était d’estimer l’association entre certaines caractéristiques du contexte de résidence et l’obésité, une fois pris en compte l’âge, le sexe et le statut socio-économique des personnes résidant dans l’agglomération parisienne.
    Méthodes – Les analyses ont été conduites à partir des données recueillies en 2005 par la cohorte SIRS (Santé, inégalités et ruptures sociales), auprès d’un échantillon aléatoire de 3 023 individus représentatif de la population adulte francophone de Paris et de la première couronne. L’obésité est définie par un IMC supérieur ou égal à 30, à partir de données déclaratives. Les caractéristiques de l’environnement de résidence ont été mesurées à l’Iris ou dans un rayon de 500 mètres, selon la disponibilité des sources extérieures. Les analyses ont fait appel à un système d’information géographique et à des modèles de régression multiniveau.
    Résultats – Après ajustement sur l’âge, le sexe, le niveau d’éducation et le niveau de revenus, il existe des associations fortes et significatives entre le risque d’obésité et le niveau de revenus moyen des ménages de l’Iris de résidence, la proportion d’habitants avec un niveau d’études supérieur, la distance moyenne aux magasins alimentaires de détail les plus proches, la proportion d’établissements de restauration rapide parmi les restaurants et le nombre de commerces et de service de voisinage.
    Discussion-conclusion – Une telle approche d’ "épidémiologie contextuelle" apparaît riche d’enseignements pour des maladies comme l’obésité – où des modèles multiniveau permettent de confronter l’« effet » des caractéristiques individuelles à celui des caractéristiques du contexte de résidence – à l’heure où se développent une réflexion et des actions politiques territoriales en matière de santé.

    Mots-clés : inégalités sociales, obésité, environnement de résidence
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    Nathalie Guignon (nathalie.guignon@sante.gouv.fr)
    Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), Paris, France

    *Cet encadré reprend les principaux résultats de l’article : Guignon N, Collet M, Gonzalez L. La santé des enfants en grande section de maternelle en 2005-2006. Études et Résultats 2010;(737).
    Disponible sur : http://www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr/IMG/pdf/er737.pdf

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    Damien Bricard
    Auteur correspondant : Florence Jusot (florence.jusot@dauphine.fr
    Université Paris-Dauphine, Leda-Legos, Paris, France
    Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), Paris, France

    Résumé

    Objectif – Étudier l’influence du milieu social d’origine et du tabagisme des ascendants sur le tabagisme à l’âge adulte.
    Méthodes – Cette étude s’appuie sur un échantillon de 2 173 hommes et 3 083 femmes ayant répondu aux questions sur le milieu d’origine introduites dans l’enquête Santé et protection sociale (ESPS) en 2006.
    Résultats – Le risque d’être fumeur est plus élevé parmi les personnes dont le père était fumeur et, chez les femmes, parmi celles dont la mère était fumeuse. Le tabagisme est également lié au milieu social d’origine, les personnes dont le père était ouvrier ayant plus de risques d’être fumeuses. L’influence de la profession du père est essentiellement indirecte, par le biais du niveau d’éducation du descendant qui, à son tour, influence le tabagisme. Chez les femmes, le tabagisme est plus fréquent parmi celles ayant connu des épisodes de précarité durant leur enfance mais également parmi celles dont la mère occupait un emploi qualifié. Les enfants d’agriculteurs ont un risque réduit d’être fumeurs.
    Discussion-conclusion – L’influence à long terme du milieu d’origine sur le tabagisme suggère la mise en oeuvre de politiques de prévention auprès des parents à risque et des milieux les plus modestes, ou de leurs enfants, en complément d’interventions visant à améliorer l’égalité des chances à l’école.

    Mots-clés : tabagisme, milieu social d’origine, éducation, population générale
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    Thierry Lang (lang@cict.fr)
    Université Paul Sabatier, Inserm, UMR 1027, Toulouse, France

 
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    Thierry Lang,
    Université Paul Sabatier, Inserm, UMR 1027, Toulouse, France

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    Alexis Montaut (alexis.montaut@sante.gouv.fr) et al.
    Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), Paris, France

    Summary

    Aim – The Disability and Health Survey in Households, conducted in 2008, provides several declarative health indicators (self-perceived health, functional limitations, health determinants and prevention), leading to social health inequalities
    Methods – Based on a 23,700 representative sample of French population over 18 years old living in households, the survey is used to provide comparisons between social groups (SG) for each indicator, using logistic regression models.
    Results – Men and women of lower-status occupations have respectively 3 and 4 times more chance of not stating a good self-perceived health, compared to men and women in high socioeconomic positions and of the same age. After 60, workers of lower-status occupations state twice more frequently disabilities and twice more frequently difficulties to remain autonomous in daily activities than higher status workers.
    Discussion – Whatever the indicator used, a social gradient is observed in the relationship between socioeconomic status and health. This gradient has a lower magnitude when considering screenings for women, maybe because they are closer to the health system than men. The differences between working conditions partly explain these social inequalities but social levels also reflect different ways of life, risky behaviours and health practices.

    Key words : social inequalities, perceived health, functional limitations, disabilities, health determinants
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    Annette Leclerc (annette.leclerc@inserm.fr)
    Épidémiologie des déterminants professionnels et sociaux de la santé, U1018, Inserm, Villejuif, et Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, France

    Summary

    In response to health inequalities evidenced by gradients based on social status, income or education level, the aim of this article is to document the potential role of work-related conditions to explain social inequalities in health. Work is considered here from two points of view: the first one is the role of occupational exposure, the second one is related to employment status, including unemployment. The approach, even if it is not aimed at being exhaustive, consists in giving some examples illustrating the various effects dealing with the contribution of these factors in the active life and beyond retirement. One of the examples is musculoskeletal disorders, for which specific occupational
    exposures “explain” a large part of the prevalence differences between social categories. Several examples deal with employment status, which has various negative consequences, especially on mental health. A part of the inequalities observed at older ages are also linked with occupational exposures earlier in the active life. Actions focussing on specific health dimensions or working conditions would have positive effects on the reduction of social inequalities in health. More global actions are also needed, based on a better knowledge on the interactions between education, working conditions, and work legislation including conditions
    for retirement.

    Key words : working conditions, employment, inequalities in health
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    Emmanuelle Cambois (cambois@ined.fr)
    Institut national d’études démographiques, Paris, France

    Summary

    Context – Increasing life expectancy (LE) raises expectations for social participation of the seniors, in particular at work. However, social/work participation requires a good health status. Using health expectancies (HE), this paper aims to show how HEs can help assessing (un)equal chances for social/work participation after age 50 in the French context in 2003.
    Method – In the 2003 French health interview survey, we considered several health and disability dimensions likely to jeopardize work/social participation: functional limitations (LF); general activity limitations (GALI); personal-care activity restrictions (RADL); poor self-perceived health (SP). We computed HEs, at ages 50, 65 and between ages 50 and 65 to focus on late working ages, in 6 occupational classes.
    Findings – Male manual workers’ LE50 is 27 years and half is spent with FL vs a third of the 5-year-longer LE in highly-qualified occupations. The HE’s occupational gradient generally follows the LE’s one. Differentials remain after age 65, but already exist below this age, even for RADL. Despite longer LE, women have no more healthy years to live than men in manual/unskilled occupations.
    Conclusion – HEs illustrate large critical periods regarding health after age 50, especially in unskilled/manual occupations. There are large unequal chances of remaining healthy during retirement, but also of reaching retirement age in good health and without disability. These results question the possibility of an overall increasing social participation of the seniors in today’s social and health conditions. HEs are useful indicators to debate and monitor such issues.

    Key words : health expectancies, social inequalities, disability, older working ages, France
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    Grégoire Rey (gregoire.rey@inserm.fr
    Inserm, CépiDc, Le Vésinet, France

    Summary

    Introduction – Deprivation indexes allow the monitoring of socioeconomic inequalities in health. This study creates a deprivation index and evaluates its association with mortality by cause of death over the whole mainland France territory.
    Methods – The deprivation index, “FDep99”, was developed at the “ commune” level as the first component of a principal component analysis of four variables. The spatial association between FDep99 and mortality was studied by degree of urbanicity, “region”, and cause of death, over the period 1997-2001.
    Results – FDep99 accounted for 68% of the total variation and its building is insensitive to the degree of urbanicity. It is positively and quasi-linearly associated to mortality, the standardized mortality ratio (SMR) is 24% higher for the communes of the most deprived quintile than for those of the least deprived quintile. The association is similar for each degree of urbanicity and region. It is positive for almost all causes of death and significantly greater for men.
    Conclusions – The deprivation index proposed reflects a major part of spatial socioeconomic heterogeneity, without any a priori link with general mortality. The index may be routinely used to observe health inequalities, it is currently the subject of complementary investigations.

    Key words : deprivation, mortality, ecological analysis, cause of death
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    Emmanuelle Cadot et al.
    Auteur correspondant : Pierre Chauvin (chauvin@u707.jussieu.fr)
    Inserm, UMRS 707, Équipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins ; UPMC, Université Paris 6, Paris, France

    Summary

    Objectives – The aim of this study was to estimate the associations between some neighborhood characteristics and obesity, after adjustment on gender, age and socioeconomic status, in the Paris metropolitan area.
    Methods – We used the data collected by the SIRS cohort in 2005 among a random sample of 3,023 individuals, representative of French-speaking adults of Paris and its suburbs. Obesity was defined as a BMI equal or superior to 30, based on declarative data. Neighborhood characteristics were estimated by neighborhood or in a 500m radius, according to the availability of the external sources. Analysis used a geographic information system and multilevel regression models.
    Results – Once adjusted on age, gender, education level and income, we estimated strong and significant associations between obesity and neighborhood levels of income or education, as well as the mean distance to closest food retail stores, the proportion of fast-foods among the total number of restaurants and the number of local shops and services available.
    Discussion-conclusion – Such a “contextual epidemiological” approach seems meaningful for diseases like obesity – where multilevel models are able to distinguish between individual and neighborhood characteristics “effects” – at the time when health political reflections and actions are increasingly adapted on a territorial basis.

    Key words : social inequalities, obesity, neighborhood characteristics
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    Nathalie Guignon (nathalie.guignon@sante.gouv.fr)
    Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), Paris, France

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    Damien Bricard
    Auteur correspondant : Florence Jusot (florence.jusot@dauphine.fr
    Université Paris-Dauphine, Leda-Legos, Paris, France
    Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes), Paris, France

    Summary

    Objective – To study the influence of social background and parental smoking on adult smoking.
    Methods – This study is based on a sample of 2,173 men and 3,083 women surveyed in the 2006 Health, Health Care and Insurance Survey (ESPS survey).
    Results – Adult smoking is strongly associated with father’s smoking and, among women, with mother’s smoking. The probability of being a smoker is also higher among those whose father was a manual worker. The influence of the father’s occupation is mainly indirect: the father’s occupation influences the/his descendant’s education level which is itself associated to tobacco consumption. In addition, smoking is more frequent among women who have experienced adverse life events during their childhood and also among women whose mother had a higher occupation. Finally, descendants of farmers have a lower risk of smoking.
    Discussion-conclusion – The long term impact of family background on adult smoking suggests the implementation of health promotion policies targeting at-risk and disadvantaged parents or their children alongside with policies aiming at improving equality in educational opportunities.

    Key words : smoking, family background, education, lifecourse, population survey
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    Thierry Lang (lang@cict.fr)
    Université Paul Sabatier, Inserm, UMR 1027, Toulouse, France

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