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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 19/07/2011

BEH n°29-30/2011 

19/07/2011

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Le numéro (pdf- 1,52 Mo)

 
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    Alexis Armengaud (alexis.armengaud@ars.sante.fret al.
    Cellule interrégionale d’épidémiologie de Marseille, France

    Résumé

    Une micro-algue dinoflagellé benthique potentiellement toxique du genre Ostreopsis s’est développée récemment au nord de la Méditerranée. L’inhalation d’embruns marins contaminés a été responsable d’une épidémie en 2005 à Gênes, avec admission aux urgences de 225 personnes et 20 hospitalisations (syndromes respiratoires fébriles et irritations cutanées). En septembre 2006 à Marseille, des baigneurs et plongeurs fréquentant une calanque des îles du Frioul ont présenté des symptômes en lien avec Ostreopsis. Depuis 2007, la Direction générale de la santé a mis en oeuvre un dispositif associant une surveillance épidémiologique et environnementale, ainsi qu’une gestion préventive du risque lié à la présence d’Ostreopsis dans les eaux de baignade. Ce dispositif couvre le littoral méditerranéen et fait intervenir des partenaires tels que l’Ifremer, le Centre antipoison de Marseille, les Agences régionales de santé et les Cellules interrégionales d’épidémiologie de Marseille et de Montpellier. Une cellule d’aide à la décision, associant experts, évaluateurs et gestionnaires du risque, propose des mesures de prévention aux maires et aux préfets concernés. Compte tenu de la persistance d’inconnues sur les causes de survenue de blooms (fortes efflorescences) d’Ostreopsis et sur les niveaux de concentration dans l’eau de mer de cette algue pouvant présenter un risque pour la santé, cette surveillance exploratoire a évolué entre 2007 et 2010. En l’absence de survenue de syndromes respiratoires fébriles collectifs liés à une exposition à des embruns marins contaminés par Ostreopsis, les symptomatologies observées en lien avec Ostreopsis se sont avérées bénignes et comparables à celles observées avec les méduses. La surveillance balnéaire a été associée à des actions de recherche notamment sur le risque toxique alimentaire (bio-accumulation de palytoxine et dérivés dans les produits de la mer et particulièrement les oursins).

    Mots-clés : surveillance épidémiologique, prévention sanitaire, Ostreopsis
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    Christine Campèse (c.campese@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Résumé

    Depuis 2005, une diminution régulière du taux d’incidence de la légionellose en France s’était amorcée. En 2010, avec 1 540 cas, on assiste à une augmentation de 28 % du nombre de cas par rapport à 2009, soit un taux d’incidence en France métropolitaine de 2,4 pour 100 000 habitants. L’augmentation a été plus importante pendant les mois d’août et septembre et dans les régions Est de la France. L’âge médian des cas était de 62 ans, le sexe-ratio homme/femme de 3,2 et la létalité de 11,7 %. La majorité des cas a été diagnostiquée par un test de détection urinaire et une souche a été isolée chez 282 cas (18 %). Une exposition à risque était rapportée pour 34 % d’entre eux. Aucune épidémie (plus de 10 cas) n’a été identifiée en 2010. Ce bilan des cas de légionellose de 2010 montre que la tendance à la baisse observée ces dernières années s’est inversée. Des études complémentaires sont en cours pour documenter cette augmentation. Les investigations rapides et systématiques ont probablement limité le nombre de cas groupés mais n’ont cependant pas permis d’identifier les sources de contamination de ces épisodes. Il est donc important de maintenir la sensibilisation de l’ensemble des partenaires afin de documenter les caractéristiques des sources de contamination et améliorer ainsi le contrôle de cette maladie par la mise en oeuvre rapide des mesures de contrôle et de prévention.

    Mots-clés : légionellose, épidémiologie, surveillance, France
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    Yaya Barry et al.
    Auteur correspondant : Linda Lasbeur (l.lasbeur@invs.sante.fr)
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Résumé

    Introduction – L’objectif de ce travail était de mesurer et de caractériser les décès par accident de la vie courante (AcVC) en France de 2000 à 2008.
    Méthodes – Les résultats ont été établis à partir d’une liste « accidents » issue des causes externes de traumatismes de la Classification internationale des maladies, 10ème révision, et exprimés en effectifs, en taux bruts et en taux standardisés sur l’âge.
    Résultats – En 2008, il y a eu 19 703 décès par AcVC en France métropolitaine (taux standardisé de 25,1/100 000). Une surmortalité masculine a été retrouvée, de 32,7/100 000 chez les hommes vs. 18,9/100 000 chez les femmes, soit un rapport hommes/femmes de 1,7. Les deux tiers des décès par AcVC sont survenus chez les 75 ans et plus. Les chutes (11,3/100 000), les suffocations (3,8/100 000), les noyades (1,5/100 000), les intoxications (2,0/100 000) et les accidents par le feu (0,7/100 000) ont été les principales causes de décès par AcVC. Entre 2000 et 2008, le taux de mortalité par AcVC a diminué de 2,8 % par an. Cette diminution, variable selon les types d’AcVC, a été observée surtout chez les moins de 15 ans (-5,7 % par an). Sur les trois dernières années, les effectifs de décès par AcVC ont augmenté : +2,8 % de 2006 (18 549) à 2007 (19 061 décès), et +3,4 % de 2007 à 2008. Cette augmentation s’explique uniquement par l’évolution démographique (plus de personnes âgées) : en effet les taux de mortalité standardisés sont restés stables, autour de 25/100 000.
    Conclusion – Les AcVC restent une cause importante de décès en France. De nombreux décès pourraient être évités par des mesures de prévention et de réglementation adaptées.

    Mots-clés : épidémiologie, mortalité, causes médicales de décès, accidents de la vie courante  
 
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    Alexis Armengaud (alexis.armengaud@ars.sante.fret al.
    Cellule interrégionale d’épidémiologie de Marseille, France

    Summary

    Ostreopsis is a marine benthic dinophyte microalgae potentially toxic that recently developed in the northern part of the Mediterranean Sea. In 2005, 225 people suffered from febrile respiratory syndromes and skin disorders in an outbreak that occurred in Genoa, Italy, leading to 20 hospital admissions. In September 2006, in Marseilles, France, a few people also presented various symptoms related to the presence of Ostreopsis, after swimming and diving around the Frioul islands, a short distance offshore Marseilles. In France, since 2007, the Ministry of Health has set up a system combining epidemiological and environmental surveillance, together with the prevention of health problems related to the presence of Ostreopsis in sea waters. That system covers the whole French Mediterranean coastline and involves several institutions such as Ifremer, the Poison Control Centre in Marseilles, the Regional health authorities and the Inter-regional epidemiological Units for the southern regions of France. Upon alert, a specific task force, comprising scientists and experts in risk evaluation and management, provides ad-hoc recommendations to the concerned local decision-makers (e.g. Mayors, State representatives). Due to a limited knowledge of a number of parameters - e.g., causes of blooming Ostreopsis, toxicity threshold of Ostreopsis concentrations in sea waters - the surveillance system has evolved between 2007 and 2010. In the absence of collective respiratory syndromes with fever related to an exposure to marine spray contaminated by Ostreopsis, different types of symptomatology observed in link with Ostreopsis proved to be benign and comparable with those observed with jellyfishes. A research program is currently associated with surveillance activities, in order to gradually improve the system on scientific evidence in particular concerning toxic food risk (e.g., oral toxicity levels of palytoxin and similar toxins accumulating in seafood products, especially sea urchins).

    Key words : epidemiologic surveillance, health prevention, Ostreopsis
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    Christine Campèse (c.campese@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Summary

    Since 2005, the surveillance of Legionnaires’ disease (LD) has shown a decrease of the incidence in France. In 2010, the number of cases sharply increased (28%), with 1,540 cases notified (incidence rate of 2.4 per 100,000 population). The increase was higher during August and September, and in the eastern regions of France. The median age of cases was 62 years, male to female sex-ratio was 3.2, and case fatality rate was 11.7%. The majority of cases were diagnosed by urinary antigen detection and isolates were available for 282 cases (18%). Specific environmental exposures during the incubation period were reported for 34% of cases. No outbreak (more than 10 cases) was identified in 2010. These results indicate that the decreasing trend observed in recent years has reversed. Further studies are underway to investigate this increase. Rapid and systematic investigations of cases probably limited the numbers of clusters, but did not allow the identification of source of infection for these episodes. It is therefore important to maintain the awareness of all partners of the importance of characterizing infection sources, as well as improving disease control by the rapid implementation of control and prevention measures.

    Key words : legionnaires’ disease, epidemiology, surveillance, France
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    Yaya Barry et al.
    Auteur correspondant : Linda Lasbeur (l.lasbeur@invs.sante.fr)
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Summary

    Introduction – The aim of this study was to measure and characterize deaths due to home and leisure injuries (HLI) in France from 2000 to 2008.
    Methods – The results were drawn from a list of causes of deaths using the external causes of injury codes of the International Classification of Diseases, 10th Revision (ICD-10) expressed in numbers, crude death rates, and ageadjusted death rates.
    Results – In 2008, 19,703 deaths due to HLIs occurred in Metropolitan France (age adjusted death rate 25.1/100,000). The age-adjusted death rate was 1.7 times higher for males than for females (32.7/100,000 versus 18.9/100,000). Two third of home and leisure injuries related deaths occurred in persons aged 75 or over. Falls (11.3/100,000), suffocations (3.8/100,000),
    drowning (1.5/100,000), poisonings (2.0/100,000), and fire accidents (0.7/100,000) were the leading causes of home and leisure injuries-related deaths. The home and leisure injuries death rate decreased by 2.8% per year over the period 2000 to 2008. This decrease, depending on the type of home and leisure injuries, was highest among people under 15 years of age (-5.7% per year). The number of home and leisure injuries-related deaths increased over the last three years: +2.8% between 2006 (18,549) and 2007 (19,061 deaths), and +3.4% between 2007 and 2008. This increase is explains only by demographic changes (more elderly persons), as the age-adjusted death rates remained stable at around 25/100,000.
    Conclusion – Home and leisure injuries remain a significant cause of death in France. A great number of those deaths could be avoided with adapted prevention and regulation measures.

    Key words : epidemiology, mortality, medical causes of death, home and leisure injuries
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