Fermer



BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 22/11/2011

BEH n°42/2011 

22/11/2011

Télécharger Télécharger Acrobat Reader

Le numéro (pdf- 1,37 Mo)

 
  •  

    Alain Giami (a.giami@inserm.fr) et al.
    Inserm, Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations, U1018, Équipe Genre, santé sexuelle et reproductive, Le Kremlin-Bicêtre, France

    Résumé

    Introduction - Peu de données fiables sont disponibles en France sur la population trans. Une enquête a été réalisée en 2010 auprès de personnes trans, afin de déterminer leurs caractéristiques sociodémographiques, leurs parcours de soins et leurs situations vis-à-vis du VIH/sida.
    Matériel et méthodes - Un questionnaire a été élaboré et diffusé de juillet à octobre 2010, en collaboration avec des associations identitaires et des professionnels de santé hospitaliers et libéraux.
    Résultats - Au total, 381 personnes ont répondu de façon anonyme au questionnaire auto-administré et l’ont renvoyé. Le sexe de l’état-civil à la naissance et l’identification de genre constituaient les principaux indicateurs permettant de dessiner différents profils, parcours de soins et situations par rapport au VIH/sida. Les profils sociodémographiques différaient selon le sexe de l’état-civil à la naissance. Les parcours de soins variaient aussi selon cette notion, mais surtout selon l’identification de genre exprimée par les individus eux-mêmes. Le statut sérologique vis-à-vis du VIH était fortement déterminé par le sexe de l’état-civil à la naissance : seules les male-to-female (MtF) étaient touchées par le VIH, et plus encore lorsqu’elles étaient d’origine étrangère et avaient eu une expérience du travail sexuel.
    Discussion-conclusion - Cette enquête, innovante par son mode de recrutement des individus en partenariat avec leurs principaux réseaux de socialisation et par l’utilisation de catégories d’identification de genre, met en évidence l’hétérogénéité de la population trans et la nécessité de prendre en compte les différences entre ses sous-groupes. Les résultats confirment la gravité de l’épidémie du VIH/sida chez les MtF et éclairent sur les difficultés d’accès aux soins en France.

    Mots-clés : transgenre, caractéristiques sociodémographiques, parcours de soins, VIH-sida
  •  

    Odile Picard et al.
    Auteur correspondant : Nadia Valin (nadia.valin@sat.aphp.fr)
    AP‑HP, Hôpital Saint‑Antoine, Service de maladies infectieuses et tropicales, Paris, France 

    Résumé

    Introduction - En France, environ 40 000 personnes ignoreraient qu’elles sont infectées par le VIH. L’utilisation des tests rapides d’orientation et de diagnostic (TROD) pourrait faciliter le dépistage. Cette étude évalue la faisabilité et l’acceptabilité de l’utilisation des TROD ainsi que leur impact sur le rendu des résultats dans un centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG).
    Patients et méthodes - Entre janvier 2010 et janvier 2011, un TROD a été proposé, en même temps qu’un test sérologique Elisa, à tous les consultants déclarant que leur dernier rapport sexuel non protégé remontait à plus de 3 mois.
    Résultats - Pendant la période de l’étude, 3 179 consultants se sont présentés au CDAG ; 2 448 TROD ont été réalisés, dont 15 positifs (0,5 %). Le résultat du TROD a été rendu à 97,6 % des consultants alors que le taux de rendu des sérologies Elisa était de 78 % l’année précédente. Aucun faux négatif n’a été identifié avec le TROD, et 2 des TROD positifs n’ont pas été confirmés par Elisa ; 79,3 % des consultants sont venus rechercher l’ensemble des résultats des examens sérologiques faits lors de la consultation initiale.
    Discussion-conclusion - Les TROD permettent d’obtenir un résultat rapide avec une bonne sensibilité et spécificité. D’autres expériences devront être menées pour évaluer l’intérêt de l’utilisation des TROD dans des populations méconnaissant leurs risques ou situées à l’écart des centres de dépistage.

    Mots-clés : VIH, centre de dépistage, tests de dépistage rapides
  •  

    Mathias Bruyand (mathias.bruyand@isped.u-bordeaux2.fr) et al.
    Inserm U897, Bordeaux, France 
    Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (Isped), Université Bordeaux Segalen, Bordeaux, France

    Résumé

    Contexte - Une surveillance passive renforcée des cas de grippe A(H1N1) a été mise en place pendant la saison 2009-2010 chez les patients vivant avec le VIH (PVVIH) de la Cohorte ANRS CO3 Aquitaine.
    Matériels et méthodes - Chaque semaine, les 20 médecins hospitaliers impliqués devaient signaler spontanément les cas suspects cliniquement et les diagnostics de grippe A(H1N1) confirmés par RT-PCR. Pour évaluer la performance de ce système, les résultats ont été secondairement confrontés à deux autres sources d’information : le laboratoire de virologie du CHU de Bordeaux et le système d’information Gecsa/Corevih.
    Résultats - Entre novembre 2009 et avril 2010, 13 cas suspects et 3 cas de grippe A(H1N1) confirmés biologiquement ont été signalés parmi 3 336 PVVIH en cours de suivi. Ces données sont cohérentes avec les 6 cas confirmés biologiquement par le laboratoire de virologie et les 6 diagnostics colligés en routine dans la base de données de la Cohorte Aquitaine pendant cette période.
    Discussion-conclusion - Ce système de surveillance hospitalier concernant des patients vivant avec le VIH a montré sa capacité à intégrer rapidement une nouvelle cause de morbidité. Il pourrait être reconduit en cas de nouvelle menace épidémique au sein de cette population.

    Mots-clés : grippe A(H1N1), épidémie, VIH, surveillance, cohorte
 
  •  

    Alain Giami (a.giami@inserm.fr) et al.
    Inserm, Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations, U1018, Équipe Genre, santé sexuelle et reproductive, Le Kremlin-Bicêtre, France

    Summary

    Introduction - Data on the transgender population in France are scarce. The French National Institute of Health and Medical Research (INSERM) carried out a survey on transgender individuals in order to identify their socio-demographic characteristics, their medical and psychological transition processes, and their situation regarding HIV infection.
    Material and methods - A questionnaire was developed and disseminated from July to October 2010 in partnership with transgender NGOs, public hospital practitioners and private practice practitioners.
    Results - Overall, 381 individuals responded the self-administered questionnaire and sent it back anonymously to the research team. Sex assigned at birth and gender identification, which was expressed by the individuals in their own words, were the two key variables that enabled to outline different profiles, medical transition processes and situations regarding HIV infection. Socio-demographic profiles of the transgender population vary according to the sex assigned at birth, and the participation in the medical transition process also varies according to the sex at birth, but mainly according to gender identification. The HIV serological status is strongly determined by the sex at birth: male-to-females (MtF) are exclusively infected by HIV, especially when they were born abroad and when they experienced sex work.
    Discussion-conclusion - This survey is innovative insofar as it used a sampling methodology that was based on partnerships with the transgender individuals’ main networks of socialization, and partly focused its analyze on gender identification categories. The results highlight the diversity of the transgender population and the necessity, in future research, to take into account the differences between its subgroups. They also confirm the severity of the HIV epidemic among the MtF. Finally, this study brings into light the problems related to the French medical protocol for the transgender, and the difficulties of health care access in this population.

    Key words : transgender, socio-demographical characteristics, access to health-care, HIV/AIDS
  •  

    Odile Picard et al.
    Auteur correspondant : Nadia Valin (nadia.valin@sat.aphp.fr)
    AP‑HP, Hôpital Saint‑Antoine, Service de maladies infectieuses et tropicales, Paris, France 

    Summary

    Introduction - In France, approximately 40,000 persons are unaware of their seropositivity. The use of rapid tests could facilitate HIV screening. This study evaluates the feasibility, the acceptance and the return rate of HIV rapid testing within an anonymous HIV counselling and testing program.
    Patients and methods - From January 2010 through January 2011, a rapid HIV test was proposed to each consultant whose last sexual intercourse occurred over 3 months ago. All patients were also tested for HIV by conventional enzyme immunoassay (EIA).
    Results - During the study period, 3,179 consultants attended anonymous HIV testing, 2,448 rapid tests were performed, and 15 were positive (0.5%); 97.6% got their results versus 78% of those who were tested with standard EIA tests the year before. No false negative HIV rapid test was found, although two rapid tests were positive, without being confirmed by Elisa. Among the 3,179 consultants, 79.3% returned to get all the results from the serological tests made at the initial consultation.
    Discussion-conclusion - Rapid HIV testing is feasible in an anonymous HIV counseling and testing program with a high sensitivity and specificity, and with a higher rate of patients receiving their results. Other studies should be conducted in order to evaluate the use of rapid HIV testing in other populations, such as those unaware of their HIV-transmission risk or residing far away from testing centers.

    Key words : HIV, HIV testing centre, rapid test
  •  

    Mathias Bruyand (mathias.bruyand@isped.u-bordeaux2.fr) et al.
    Inserm U897, Bordeaux, France 
    Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (Isped), Université Bordeaux Segalen, Bordeaux, France

    Summary

    Background - Passive and enhanced hospital-based surveillance of the H1N1 influenza epidemic was implemented in the ANRS CO3 Aquitaine Cohort of people living with HIV during the 2009-2010 season.
    Materials and methods - provided by two other information sources: the virology laboratory of the Bordeaux University Hospital and the database of the GECSA/COREVIH information system.
    Results - Between November 2009 and April 2010, among 3,336 HIV-infected patients, 13 clinically suspected cases and 3 confirmed cases were notified. This was consistent with both the 6 virologically confirmed cases in HIV-infected patients identified in the virology department and the 6 case reports routinely identified in the database of the cohort during this surveillance.
    Discussion-conclusion - This hospital surveillance system about patients living with HIV has shown its ability to quickly integrate a new cause of morbidity. It could be reactivated in case of new epidemic threat in this population.

    Key words : A(H1N1) influenza, epidemic, HIV, surveillance, cohort
Consulter tous les numéros Haut de page