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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 29/11/2011

BEH n°43-44/2011

29/11/2011
Numéro thématique – L’infection à VIH-sida en France en 2009-2010 : découvertes de séropositivité, admissions en ALD et pathologies inaugurales de sida

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Le numéro (pdf- 3,25 Mo)

 
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    François Dabis
    Université de Bordeaux, Isped, Centre Inserm U897-Épidémiologie-Biostatistique ; CHU Bordeaux, Corevih Aquitaine, Bordeaux, France

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    Françoise Cazein (f.cazein@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Résumé

    Cet article présente, pour la période 2003 à 2010, des données sur l’activité de dépistage du VIH en France à partir de l’enquête LaboVIH, et sur les découvertes de séropositivité, à partir de la déclaration obligatoire de l’infection à VIH et de la surveillance virologique menée par le Centre national de référence du VIH.
    Le nombre de sérologies VIH réalisées en France est stable depuis 2006, environ 5 millions par an. En 2010, le nombre de sérologies confirmées positives est estimé à environ 10 800. La proportion de sérologies positives pour 1 000 tests est nettement plus élevée en Île-de-France, en Guyane et en Guadeloupe que dans les autres régions.
    Le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité en 2010 est estimé à environ 6 300 (IC95% [5914-6616]), nombre stable par rapport à 2009. Ce nombre a augmenté depuis 2003 chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Le diagnostic très tardif (<200 CD4/mm3 ou stade sida) concernait 30% des diagnostics en 2010, et le diagnostic précoce (>500 CD4 sans sida) 36%. Les praticiens de ville réalisent plus de diagnostics précoces que les médecins hospitaliers.
    La généralisation du dépistage et sa proposition répétée aux personnes les plus exposées, si elles réduisent la part des diagnostics tardifs de l’infection, devraient permettre d’améliorer la prise en charge des personnes atteintes. La surveillance fournit des indicateurs qui permettront de suivre l’application de ces recommandations.

    Mots-clés : VIH, surveillance, déclaration obligatoire, surveillance virologique, France
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    Florence Lot (f.lot@invs.sante.fr)
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Résumé

    Cet article présente une description des pathologies inaugurales de sida les plus fréquentes entre 2003 et 2010, à partir de la notification obligatoire du sida.
    Le nombre de cas de sida se stabilise autour de 1 500 cas annuels depuis 2007, en raison de la part importante des personnes ne découvrant leur séropositivité qu’au moment du diagnostic de sida et n’ayant pas pu bénéficier d’une prise en charge adaptée (6 personnes sur 10 en 2010).
    Le délai médian entre la découverte de la séropositivité et l’entrée dans le sida est près de 2 fois plus court chez les personnes n’ayant pas bénéficié d’un traitement par rapport à celles qui en ont bénéficié (respectivement 5,9 et 10,2 ans).
    La pathologie inaugurale la plus fréquente est désormais la pneumocystose pulmonaire, suite à une augmentation du nombre de cas depuis 2007. Les autres pathologies inaugurales de sida sont, par ordre de fréquence décroissante : la tuberculose, la toxoplasmose cérébrale, la candidose oesophagienne, la maladie de Kaposi et les lymphomes non-hodgkiniens. Toutes ces pathologies ont diminué depuis 2003, notamment la tuberculose, en lien avec la diminution du nombre de cas de sida chez les personnes nées à l’étranger.
    Même si ces données sur les personnes développant un sida ne constituent qu’un sous-échantillon très particulier de la population des séropositifs, elles montrent une fois encore l’importance d’un dépistage précoce.

    Mots-clés : Sida, pathologie inaugurale, surveillance, notification obligatoire
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    Josiane Pillonel (j.pillonel@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Résumé

    Introduction – L’objectif de cette étude est de comparer les admissions en affection de longue durée pour le VIH (ALD7) avec les découvertes de séropositivité VIH chez les 15 ans et plus sur la période 2003-2009, afin d’évaluer l’apport de données médico-administratives pour la surveillance du VIH en France.
    Méthodes – Les données d’ALD proviennent des trois principaux régimes d’assurance-maladie (CnamTS, MSA et RSI), couvrant 96% des assurés. Ont été analysées les admissions en ALD7 dont le diagnostic correspond à une infection par le VIH. Le nombre de découvertes de séropositivité VIH est estimé à partir de la déclaration obligatoire du VIH en prenant en compte les délais de déclaration et la sous-déclaration. Les données de l’ALD7 et les découvertes de séropositivité VIH ont été comparées au niveau national et régional ou départemental.
    Résultats – Les nombres annuels d’admissions en ALD et de découvertes de séropositivité sont proches, avec un total de respectivement 48 000 et 49 000 sur la période 2003-2009. Cependant, le nombre estimé de découvertes de séropositivité tend à diminuer, tandis que le nombre d’admissions en ALD est stable. L’analyse par sexe et classe d’âge montre quelques disparités de tendances ou de nombres, plus marquées chez les femmes et les 15-34 ans. Les tendances par région et par département francilien et d’Outre-mer sont en partie concordantes. En 2009, les admissions en ALD sont plus nombreuses que les découvertes de séropositivité pour la totalité des régions. Le ratio nombres d’ALD7/découvertes de séropositivité diminue significativement lorsque la proportion de personnes nées à l’étranger augmente.
    Discussion – Sur 2003-2009, les nombres d’admissions en ALD7 et de découvertes de séropositivité sont relativement concordants malgré certaines disparités, probablement liées à une divergence des champs de ces données : couverture incomplète par l’ALD de l’ensemble des personnes résidant en France, dont une partie des personnes nées à l’étranger, admissions en ALD ne correspondant pas nécessairement à de nouveaux diagnostics. Les données d’ALD7 constituent cependant un bon « proxy » des découvertes de séropositivité VIH au niveau national, alors que les données régionales sont à interpréter avec prudence.

    Mots-clés : Affection de longue durée, découvertes de séropositivité VIH, déclaration obligatoire, France
 
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    François Dabis
    Université de Bordeaux, Isped, Centre Inserm U897-Épidémiologie-Biostatistique ; CHU Bordeaux, Corevih Aquitaine, Bordeaux, France

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    Françoise Cazein (f.cazein@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Summary

    This article summarizes information for France in the period 2003-2010 on HIV testing from the LaboVIH survey and new diagnoses of HIV infection from the mandatory case reporting and virological surveillance conducted by the National Reference Center for VIH.
    The number of HIV testing performed in France has been stable since 2006 with approximately five millions tests per year. Among these tests, 10,800 were found positive in 2010. Relative to the other regions, the proportion of positive tests for 1,000 was far higher for Paris area, French Guiana and Guadeloupe.
    We estimated that 6,300 persons (CI95% [5,914-6,616]) were newly diagnosed in 2010, with no difference compared to 2009. However this figure is increasing in men who have sex with men since 2003. In 2010, 30% of diagnoses were considered as very late (less than 200 CD4/mm3 or AIDS stage) and 36% were considered as early diagnoses (more than 500 CD4). Community-based practitioners tend to make more early diagnoses than hospital-based physicians.
    Expanding HIV testing and repeating HIV tests among most-at-risk population should reduce the number of late diagnoses and thus improve care for HIV infected subjects. The surveillance system provides indicators to monitor this strategy.

    Key words : HIV, surveillance, mandatory reporting, virological surveillance, France
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    Florence Lot (f.lot@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Summary

    This article presents data on the most commonly AIDS indicative diseases diagnosed through 2003-2010 based on AIDS case mandatory reporting.
    The number of AIDS cases was estimated to be around 1,500 each year since 2007, greatly due to persons who are unaware of their HIV infection until AIDS diagnosis and could not benefit from appropriated care (6/10 persons in 2010).
    Median delay between HIV diagnosis and AIDS diagnosis was twice shorter in persons who did not received any antiretroviral treatment than in persons who received treatment (respectively 5.9 and 10.2 years).
    Pneumocystis pneumonia is the most commonly AIDS indicative disease diagnosed since 2007. The other AIDS indicative diseases frequently diagnosed were tuberculosis, toxoplasmosis of brain, Kaposi’s sarcoma, non-Hodgkin’s lymphoma. All theses diseases have been decreasing since 2003, especially tuberculosis, mainly explained by the decrease in the number of AIDS cases diagnosed among people born abroad.
    These data focused on a very special sub-sample of HIV infected persons (AIDS clinical stage), nevertheless they underline the need for early screening.

    Key words : AIDS, indicative diseases, surveillance, mandatory notification
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    Josiane Pillonel (j.pillonel@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Summary

    Introduction – The objective of this study is to compare severe and costly long term disease (LTD) for HIV (LTD7) with new HIV diagnoses among people aged 15 years and older over the 2003-2009 period to assess the contribution of medical-administrative data to HIV surveillance in France.
    Methods – Data on LTD7 are issued from the three major health insurance schemes (CNAMTS, MSA and RSI), that cover 96% of insured people in France. Only new LTD7 agreements corresponding to a diagnosis of HIV infection were analyzed. The number of new HIV diagnoses is estimated from the HIV case mandatory reporting taking into account reporting delays and underreporting. LTD7 and new HIV diagnoses were compared at national and regional or departmental level.
    Results – Annual numbers of new LTD7 and new HIV diagnoses are close, with a total of respectively 48,000 and 49,000 on the 2003-2009 period. Nevertheless, the estimated number of new HIV diagnoses tends to decrease while the number of new LTD7 is stable. Analysis by gender and age shows some differences in trends or numbers, more marked in women and in the 15-34 years age group. Trends by region or by district in the Paris area and overseas territories are partly concordant. In 2009, numbers of new LTD7 are higher than new HIV diagnoses for all regions. The ratio ‘new LTD7/new HIV diagnoses’ significantly decreases when the proportion of people born in foreign countries increases.
    Discussion – Over the 2003-2009 period, numbers of new LTD7 and new HIV diagnoses are relatively consistent, despite some discrepancies, probably related to a divergence in data fields: incomplete coverage by the LTD of all persons residing in France, including those born abroad, new LTD7 not necessarily corresponding to new HIV diagnoses. However, LTD7 data constitute a good “proxy” for new HIV diagnoses at the national level while the regional data should be interpreted with caution.

    Key words : Severe and costly long term disease, new HIV diagnosis, case mandatory reporting, France
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