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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 06/12/2011

BEH n°45-46/2011

06/12/2011

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Le numéro (pdf- 3,77 Mo)

 
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    Sandrine Coquet (sandrine.coquet@ars.sante.fr) et al.
    Cellule de l’Institut de veille sanitaire en région (Cire) Aquitaine, Bordeaux, France

    Résumé

    Le passage de la tempête Klaus dans la partie sud‑ouest de la France, en janvier 2009, a privé d’électricité environ 1,7 million d’abonnés et entraîné une augmentation sans précédent d’intoxications au monoxyde de carbone (CO). Une surveillance spécifique quotidienne a permis de décrire ces accidents domestiques et les circonstances de leur survenue, ainsi que de cibler des actions de prévention.
    Un cas était défini comme une intoxication au CO domestique accidentelle survenue entre le 24 et le 30 janvier 2009 dans les régions Aquitaine, Midi‑Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Les informations ont été recueillies à partir des questionnaires médico‑environnementaux du système de surveillance des intoxications au CO. Le nombre d’intoxications et leurs caractéristiques ont été confrontés aux données recueillies durant les hivers 2006 à 2008.
    Au décours de la tempête, 109 épisodes d’intoxications au CO (4 attendus) ont été rapportés, impliquant 295 personnes (14 attendues) dont 4 décès. Les communes rurales, les maisons individuelles et celles équipées de chauffage électrique ont été les plus touchées. Les intoxications étaient majoritairement (74%) liées à l’utilisation de groupes électrogènes comme source palliative d’électricité.
    Cette étude a montré une augmentation du nombre de cas ainsi que des circonstances spécifiques de survenue d’intoxications au CO en lien avec des coupures d’électricité. Cette épidémie a donné lieu à l’élaboration ultérieure d’un plan de prévention intégrant des supports d’information visant la population générale, des actions à destination des loueurs-vendeurs de groupes électrogènes et l’intégration de messages de prévention dans les vigilances de Météo-France.

    Mots-clés : Intoxication au monoxyde de carbone, événement climatique exceptionnel, groupe électrogène, prévention
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    Jean-Paul Demoncheaux (jp.demoncheaux@voila.fr) et al.
    Centre médical interarmées des éléments français au Sénégal, Dakar, Sénégal

    Résumé

    Contexte – Le 26 novembre 2010, plusieurs cas de scombrotoxisme ont été détectés parmi les militaires français stationnés à Dakar, Sénégal. Cette intoxication chimique due à une grande quantité d’histamine dans l’aliment consommé est souvent confondue avec une réaction allergique.
    Méthode – Une étude cas‑témoins a été menée auprès des 237 convives du repas incriminé afin de confirmer la nature et d’identifier l’origine de cette intoxication. Des analyses bactériologiques et chimiques du repas témoin incriminé ont été réalisées.
    Résultats – L’enquête épidémiologique a permis d’identifier 71 cas. Parmi les autres rationnaires, 78 témoins ont été échantillonnés. Les symptômes habituels du scombrotoxisme ont été observés chez les cas : érythème (85,9%), céphalées (83,1%), pouls faible et rapide (59,1%), diarrhée (47,9%). Ces symptômes sont apparus de quelques minutes à 3 heures après le repas. La plupart des patients se sont rapidement rétablis avec l’administration d’un traitement antihistaminique et/ou symptomatique. Le thon a été le seul aliment associé significativement à la maladie (OR 36,3 ; IC95% [6,3-210,0]), avec un risque de maladie augmentant avec la quantité de thon consommée. Aucune contamination par des bactéries pathogènes n’a été détectée sur le repas témoin. En revanche, la concentration en histamine relevée dans l’échantillon de thon était de 4 900 mg/kg, soit 50 fois la limite autorisée par la réglementation européenne.
    Conclusion – Cette intoxication alimentaire collective à l’histamine est unique de par le nombre élevé de personnes intoxiquées et le diagnostic de certitude apporté par les analyses chimiques des aliments à l’origine de l’intoxication.

    Mots-clés : Scombrotoxisme, intoxication alimentaire, histamine
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    Isabelle Parent du Châtelet (i.parent@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint‑Maurice, France

    Résumé

    Introduction – Le taux d’incidence annuel des infections invasives à méningocoque (IIM) se situe, depuis plus de vingt ans, entre 1 et 2 cas pour 100 000 habitants. Les résultats de la surveillance épidémiologique pour l’année 2010 sont présentés ici.
    Matériels et méthodes – Le suivi épidémiologique des IIM en France repose sur les données de déclaration obligatoire (DO) transmises à l’Institut de veille sanitaire et sur les résultats de typage des souches invasives par le Centre national de référence des méningocoques. Le taux estimé d’exhaustivité de la DO en France métropolitaine est estimé supérieur à 90% depuis 2005.
    Résultats – L’incidence globale des IIM est en diminution depuis 2008. En 2010, 522 cas ont été déclarés dont 510 en France métropolitaine conduisant à un taux d’incidence corrigé pour la sous‑notification de 0,89 pour 100 000 habitants. Les groupes d’âges les plus touchés sont les moins de 1 an, les 1-4 ans et les 15-19 ans. La baisse d’incidence entre 2009 et 2010 a été significative pour les IIM liées au sérogroupe C. Le sérogroupe B reste prédominant en France (74% des cas). L’incidence des IIM W135 est restée stable. Le sérogroupe Y a augmenté mais ne dépassait pas 5% des cas. La létalité des IIM en 2010 était de 10% (53 décès). La proportion des cas déclarés avec un purpura fulminans était de 26% (130 cas), la létalité étant de 23% pour ces cas contre 6% pour les autres (p<0,001). En 2010, 55% des souches invasives circulantes appartenaient à trois complexes clonaux (ST-41/44, ST-32 et ST-11).
    Conclusion – Les IIM restent en France majoritairement liées aux méningocoques de sérogroupe B ; la baisse de l’incidence des IIM C a débuté depuis 2003 et devrait se poursuivre du fait de l’introduction du vaccin conjugué méningoccique C dans le calendrier vaccinal en 2010.

    Mots-clés : Surveillance épidémiologique, infections invasives à méningocoques, France
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    Romain Freund et al.
    François Goffinet (francois.goffinet@cch.aphp.fr)
    Inserm U953, Recherche épidémiologique en santé périnatale et santé des femmes et des enfants, Université Pierre-et-Marie-Curie, Paris, France
    Université Paris Descartes, Faculté de médecine, Paris, France

    Résumé

    Contexte – En octobre 2009, le gouvernement français a organisé une campagne de vaccination nationale et gratuite contre la grippe pandémique A(H1N1), ciblant en particulier les femmes enceintes. Cette analyse a pour objectif d’étudier les déterminants associés à la non-vaccination des femmes enceintes.
    Méthode – Entre le 12 octobre 2009 et le 3 février 2010, 882 femmes enceintes ont été aléatoirement incluses dans une cohorte prospective conduite dans 3 maternités parisiennes (cohorte Coflupreg).
    Résultats – Parmi les 822 femmes incluses, 555 (62,9%) n’ont pas été vaccinées jusqu’à l’accouchement. Les déterminants associés à cette non‑vaccination étaient : l’origine géographique (Afrique subsaharienne, odd ratio ajusté ORa=5,4 [2,3-12,7], Afrique du Nord, ORa=2,5 [1,3-4,7] et Asie, ORa=2,1 [1,7-2,6] comparées à la France et à l’Europe) et la catégorie socioprofessionnelle (artisans, commerçants et chefs d’entreprise, ORa=2,3 [2,0-2,6], professions intermédiaires, ORa=1,3[1,0-1,6], employés et ouvriers, ORa=2,5 [1,4-4,4] comparées aux cadres et professions intellectuelles supérieures).
    La probabilité d’être vaccinée était plus élevée chez les femmes ayant été vaccinées contre la grippe saisonnière dans les cinq années précédentes (ORa=0,6 [0,4-0,8]) et chez celles ayant arrêté de fumer (ORa=0,6 [0,4‑0,8]).
    Conclusion – Dans cette cohorte, la couverture vaccinale antigrippale A(H1N1) était faible, particulièrement chez les femmes enceintes d’origine étrangère non‑européenne et chez celles appartenant aux catégories socioprofessionnelles moins favorisées.
    Afin d’améliorer leur efficacité, les futures campagnes de vaccination pourraient être adaptées à ces populations.

    Mots-clés : Grippe, A(H1N1), vaccin, grossesse, promotion de la santé, disparités d’accès aux soins
 
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    Sandrine Coquet (sandrine.coquet@ars.sante.fr) et al.
     Cellule de l’Institut de veille sanitaire en région (Cire) Aquitaine, Bordeaux, France

    Summary

    Storm Klaus hit south‑western France in January 2009 and caused power outages which affected 1.7 million households and an unprecedented increase in the number of carbon monoxide (CO) poisoning cases. Specific daily surveillance contributed to describe these domestic accidents and their origin, and to target prevention efforts.
    A case was defined as an unintentional domestic CO poisoning that occurred between 24 to 30 January 2009 in the Aquitaine, Midi‑Pyrénées, and Languedoc-Roussillon regions. Data were collected from medico‑environmental questionnaires issued by the French CO Poisoning Surveillance System. The number of poisoning cases and their characteristics were compared with data collected during the 2006-2008 winters.
    Overall, 109 storm‑related CO poisoning incidents were reported (4 anticipated), involving 295 people (14 anticipated), including 4 fatalities. Rural communities, individual houses, and homes equipped with electric heating were the most affected. The majority of poisoning cases (74%) were linked to the use of gasoline-powered generators.
    This study showed an increased number of cases, as well as specific circumstances of onset of CO poisoning related to power outages. This outbreak resulted in the subsequent development of a prevention plan including information material targeting the general population, actions aimed at renters and sellers of generators, and the integration of prevention messages in the weather forecasts issued by Météo‑France.

    Key words : Carbon monoxide poisoning, unusual meteorologcial event, generator, prevention
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    Jean-Paul Demoncheaux (jp.demoncheaux@voila.fr) et al.
    Centre médical interarmées des éléments français au Sénégal, Dakar, Sénégal

    Summary

    Context – On 26 November 2010, an outbreak of scombroid fish poisoning occurred among the French Armed Forces in Dakar, Senegal. This chemical intoxication, due to high histamine concentration in fish, is often confused with allergic reactions.
    Methods – A case‑control study was undertaken among lunch attendees (237 guests) in order to confirm the nature and identify the origin of this outbreak. Chemical and bacteriological analyses were performed on food samples.
    Results – Seventy‑one cases were identified and 78 controls were randomly selected from lunch attendees. The usual symptoms for scombroid fish poisoning were observed in cases: flushing (85.9%), headache (83.1%), rapid/weak pulse (59.1%), and diarrhoea (47.9%). Symptoms occurred from within a few minutes up to three hours following the meal. Most patients quickly recovered with antihistamine and/or symptomatic treatment. Tuna was the only food item positively associated with illness (OR 36.3; 95%CI [6.3-210.0]), with a risk of illness increasing with the quantity of fish consumed. No bacteriological contamination was found in leftover food, but histamine concentration in tuna was found to be 4,900 mg/kg, almost 50-fold higher than the concentration allowed by European regulations.
    Conclusion – The uniqueness of this collective food poisoning is due to the large size of scombroid fish poisoning case series and the chemical identification of the contaminated food items.

    Key words : Scombroid fish poisoning, histamine poisoning, food‑borne disease
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    Isabelle Parent du Châtelet (i.parent@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint‑Maurice, France

    Summary

    Introduction – For more than twenty years in France, incidence rates of invasive meningococcal disease (IMD) have been varying between 1 and 2 cases per 100,000 inhabitants. We describe the epidemiology of IMD in France in 2010.
    Materials and methods – In France, epidemiological follow‑up of IMD is based on mandatory notification of cases to the French Institute for Public Health Surveillance and microbiological characterization of invasive strains at the National Reference Centre for meningococci. The completeness of mandatory notification system is estimated at >90% since 2005.
    Results – The incidence of the IMD has been decreasing in France since 2008. In 2010, 522 cases were reported among whom 510 in France mainland, corresponding to an incidence of 0.89 per 100,000 population (after correction for under-reporting). The most affected age groups were the <1, 1-4 and 15-19 year‑olds. The decreasing of incidence between 2009 and 2010 was significant for serogroup C IMD. Serogroup B remains the predominant serogroup (74% of the cases in 2010). Serogroup W135 incidence remained stable and serogroup Y IMD increased in 2010, but represented only 5% of the cases. The fatality rate of IMD was 10% (53 deaths). The proportion of cases reported with hemorrhagic fulminant septicaemia was 26% (130 cases), the fatality rate being 23% among these cases versus 6% for the other (p<0,001). In 2010, 55% of the invasive strains belonged to three main clonal complexes (ST-41/44, ST-32 and ST-11).
    Conclusion – The majority of IMD cases are due to serogroup B meningococci. A decrease in C IMD incidence has been observed since 2003. With the introduction of the conjugate C in the French immunization schedule in April 2010, this trend should be confirmed.

    Key words : Surveillance, invasive meningococcal disease, France
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    Romain Freund et al.
    François Goffinet (francois.goffinet@cch.aphp.fr)
    Inserm U953, Recherche épidémiologique en santé périnatale et santé des femmes et des enfants, Université Pierre-et-Marie-Curie, Paris, France
    Université Paris Descartes, Faculté de médecine, Paris, France

    Summary

    Introduction – In October 2009, the French government organized a nationwide, free of charge vaccination campaign against pandemic influenza A(H1N1), targeting mainly pregnant women. The study objective was to evaluate factors associated with non‑vaccination in pregnant women.
    Methods – Between 12 October 2009 and 3 February 2010, 882 pregnant women were randomly included in a prospective cohort conducted in three maternity hospitals in Paris (COFLUPREG cohort).
    Results – Among the 822 women included, 555 (62.9%) did not get vaccinated until delivery. Determinants associated with non‑vaccination were: geographic origin (Subsaharan African origin, adjusted Odd Ratio, aOR=5.4[2.3-12.7], North African origin, aOR=2.5[1.3-4.7] and Asian origin, aOR=2.1[1.7-2.6] compared to French and European origins) and socio‑professional categories (farmers, craftsmen and tradesmen, aOR=2.3[2.0-2.6], intermediate professionals, aOR=1.3[1.0-1.6], employees and manual workers, aOR=2.5[1.4-4.4] compared to managers and intellectual professionals).
    The probability of receiving pandemic influenza vaccine was higher among women vaccinated against seasonal flu in the five previous years (aOR=0.6 [0.4‑0.8]) and among those who stopped smoking (aOR=0.6[0.4-0.8]).
    Conclusion – In this cohort, vaccine coverage against A(H1N1) influenza was low, in particular in pregnant women from non‑European countries and those belonging to a less advantaged socio‑economic status. To improve their effectiveness, future vaccination campaigns should be more specifically tailored for these populations.

    Key words : Influenza, A(H1N1), vaccine, pregnancy, health promotion, healthcare disparities
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