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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 20/12/2011

BEH n°49-50/2011

20/12/2011

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Le numéro (pdf- 1,95 Mo)

 
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    Judith Martin-Fernandez (martin@u707.jussieu.fr) et al.
    Inserm, UMRS707, Équipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins, Paris, France
    Université Pierre et Marie Curie-Paris 6, Paris, France

    Résumé

    Introduction – L’insécurité alimentaire est la situation où l’accès des individus à des aliments sains, nutritifs et socialement acceptables est, pour des raisons financières, restreint, inadéquat ou incertain. Le but de ce travail était d’en estimer la prévalence dans l’agglomération parisienne et de la comparer avec celles précédemment obtenues en France avec d’autres outils, ainsi que de connaître les caractéristiques des ménages en insécurité alimentaire.
    Méthodes – Ce travail porte sur les données de la troisième vague de la cohorte « Santé, inégalités, ruptures sociales » (SIRS 2010). Cette cohorte interroge 3 000 adultes représentatifs de la population de l’agglomération parisienne depuis 2005. L’insécurité alimentaire a été estimée à l’aide de l’échelle HFSS, qui permet de distinguer les ménages en sécurité alimentaire, en insécurité alimentaire modérée et sévère. Le niveau de revenu étant un déterminant majeur de l’insécurité alimentaire, nous avons stratifié les analyses multiniveaux sur 3 classes de revenus (≤791€ ; 791-1 166€ ; >1 166€/UC).
    Résultats – En 2010, environ 94% des ménages vivant dans l’agglomération parisienne étaient en situation de sécurité alimentaire. Les 6,3% (IC95% [5,0-8,0]) restants ont vécu une situation d’insécurité alimentaire dans l’année précédente et environ 2,5% des ménages habitant dans l’agglomération parisienne ont vécu une situation d’insécurité alimentaire sévère. Selon le niveau de revenu, différentes caractéristiques à l’échelon du ménage sont apparues comme associées à la situation d’insécurité alimentaire. Concernant les ménages en dessous du seuil de pauvreté, le fait d’avoir un enfant de moins de 3 ans dans le ménage est associé péjorativement au fait d’avoir vécu une situation d’insécurité alimentaire (OR=2,11, p=0,03). Concernant les ménages ayant davantage de revenus, le type de ménage semble très fortement associé à l’insécurité alimentaire.
    Conclusions – L’insécurité alimentaire existe en France et, s’il s’agit d’un événement intrinsèquement lié au niveau de revenu, il est nécessaire d’en connaître mieux les déterminants pouvant vulnérabiliser des ménages déjà fragiles.

    Mots-clés : Insécurité alimentaire, prévalence, caractéristiques socioéconomiques et territoriales, Paris
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    Jean-Jacques Moulin (jean-jacques.moulin@cetaf.cnamts.fr) et al.
    Centre technique d’appui et de formation des Centres d’examens de santé (Cetaf), Saint‑Etienne, France
    Service de santé du travail, CHU Saint‑Etienne, Saint-Etienne, France

    Résumé

    Un partenariat entre Services de santé au travail (SST) et Centres d’examens de santé de l’Assurance maladie (CES) a été expérimenté entre 2008 et 2010, dans l’objectif de faciliter l’accès à la prévention et aux soins des travailleurs en situation de vulnérabilité sociale. Le score Epices, score individuel de précarité, a permis l’identification des travailleurs vulnérables pendant la visite de médecine du travail et la proposition du bilan de prévention des CES.
    Au total, 32 SST et 20 CES ont participé à l’expérimentation ; 192 médecins du travail ont administré le questionnaire dans un échantillon aléatoire de 15 692 salariés. Plus de 27% des travailleurs ont été identifiés comme vulnérables (4 272) et près du quart de ces derniers ont bénéficié du bilan de prévention (1 015). Comparés aux travailleurs non vulnérables, les travailleurs de l’expérimentation ont un état de santé dégradé pour la plupart des indicateurs : comportements à risque, non recours aux soins, santé perçue et mesurée (OR statistiquement significatifs et compris entre 1,50 et 3,00). Une enquête de satisfaction a montré une évaluation positive de l’expérimentation. Ces résultats justifient de proposer l’extension du partenariat, pour faciliter l’accès à la prévention et contribuer au maintien dans l’emploi des travailleurs vulnérables.

    

    Mots-clés : Précarité, travailleurs vulnérables, accès aux soins, prévention, santé au travail, épidémiologie
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    Maxime Esvan (m.esvan@invs.sante.fr) et al.
    Cellule de l’Institut de veille sanitaire en région Bretagne (Cire Ouest), Rennes, France
    Programme de formation à l’épidémiologie de terrain – Profet, Institut de veille sanitaire, Saint‑Maurice, France
    École des hautes études en santé publique, Rennes, France

    Résumé

    Contexte – Le 12 janvier 2011, une contamination d’un réseau d’alimentation en eau potable par de l’éthylène glycol (EG) s’est produite dans un immeuble de Rennes abritant un centre commercial et d’affaires. Une investigation a été menée afin de documenter l’exposition à l’EG, d’en évaluer les effets sur la santé et d’évaluer la bonne application d’une recommandation de non consommation d’eau.
    Méthode – La connaissance par les usagers de l’immeuble de la contamination du réseau, les quantités d’eau consommées et la survenue de signes cliniques ont été recueillis par questionnaire auprès des usagers. Les résultats d’analyses des teneurs en EG dans les eaux ont été utilisés pour construire deux scénarios d’évolution des teneurs en EG et pour calculer les doses d’exposition à l’EG.
    Résultats – Au total, 204 personnes ont répondu au questionnaire. La quasi‑totalité (96,7%) des personnes a été prévenue de la contamination, dont 10,8% dès le 12 janvier. Plus d’une personne sur deux a consommé de l’eau pendant la période de contamination. Chez celles‑ci, les moyennes géométriques d’EG absorbée étaient de 8,9 mg/kg ou de 6,4 mg/kg selon les cas. Un quart des personnes ayant consommé de l’eau pendant la période de contamination a déclaré souffrir d’au moins un symptôme cohérent avec une intoxication à l’EG.
    Conclusion – Les doses d’exposition calculées sont supérieures à la valeur toxicologique de référence de l’EG. Une alerte plus précoce et généralisée aurait vraisemblablement diminué le nombre de personnes exposées.

    Mots-clés : Ethylène glycol, pollution de l’eau, intoxication, eau potable, évaluation des expositions
 
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    Judith Martin-Fernandez (martin@u707.jussieu.fr) et al.
    Inserm, UMRS707, Équipe de recherche sur les déterminants sociaux de la santé et du recours aux soins, Paris, France
    Université Pierre et Marie Curie-Paris 6, Paris, France

    Summary

    Introduction – Food insecurity (FI) is the situation where, because of financial reasons, people’s access to healthy, nutritional and “socially acceptable” food is limited, inadequate or uncertain. The objective of this study was to estimate the prevalence of FI in Paris and its suburbs, and to compare it with former estimated prevalence at a national level with other tools, and to identify the characteristics of FI households.
    Methods – This study is based on data from the third wave of the “Santé, Inégalités, Ruptures Sociales” cohort study (SIRS 2010). Since 2005, 3,000 adults representative of the population in Paris (France) and its suburbs have been surveyed in this cohort. FI was investigated by means of the HFSSM, which is used to characterise households experiencing food insecurity (moderate to severe). Since income level is a major determinant of food insecurity, we stratified the multilevel analyses to establish three income categories (≤791€ ; 791-1,166€ ; >1,166€/CU).
    Results – In 2010, approximately 94% of the households in Paris and its suburbs experienced food security. The remaining 6.3% (95%CI [5.0-8.0]) faced FI the previous year. About 2.5% of the households experienced severe FI. Depending on the income level, different household characteristics emerged as being associated with FI. As for households living below the poverty line, the presence of a child under 3 years of age in a household was strongly associated with FI (OR=2.11; p=0.03). In the case of higher-income households, once adjusted for income, the type of household appeared to be strongly associated with FI.
    Conclusions – Food insecurity exists in France, and even though it is intimately linked to income level, its prevalence in the most underprivileged households should be taken into consideration in social assistance policies.

    Key words : Food insecurity, prevalence, socioeconomic factor, spatial factor, Paris
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    Jean-Jacques Moulin (jean-jacques.moulin@cetaf.cnamts.fr) et al.
    Centre technique d’appui et de formation des Centres d’examens de santé (Cetaf), Saint‑Etienne, France
    Service de santé du travail, CHU Saint‑Etienne, Saint-Etienne, France

    Summary

    A partnership between Occupational Health Services (OHSs) and Health Examination Centers (HECs) of the French Medical Health Insurance was experimented from 2008 to 2010. The aim was to improve the access of vulnerable workers to health care and prevention. The EPICES index, an individual deprivation index based on 11 binary questions, was used to detect vulnerable workers and propose them to undergo the health assessment in HECs.
    The experiment included 32 OHSs and 20 HECs, the questionnaire was administrated by 192 occupational physicians in a random sample of 15,692 workers. More than 27% of them were identified as vulnerable (4,272). Of these, about a quarter (1,015) underwent a health assessment in HECs. When comparing vulnerable workers to non vulnerable ones, significant excesses were observed for all health indicators: health behaviors, access to health care, self perceived health and health indicators (OR ranged between 1.50 and 3.00). A qualitative study showed a positive evaluation of the experiment by workers and physicians. It is proposed to maintain and extend this partnership between OHSs and HECs, in order to improve the access to prevention of vulnerable workers and contribute to avoid unemployment.

    Key words : Deprivation, vulnerable workers, access to health care, prevention, health at work, epidemiology
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    Maxime Esvan (m.esvan@invs.sante.fr) et al.
    Cellule de l’Institut de veille sanitaire en région Bretagne (Cire Ouest), Rennes, France
    Programme de formation à l’épidémiologie de terrain – Profet, Institut de veille sanitaire, Saint‑Maurice, France
    École des hautes études en santé publique, Rennes, France

    Summary

    Context and objectives – On 12 January 2011, contamination of a tap water system with ethylene glycol (EG) occurred in a building located in a shopping and business centre in Rennes (France). An investigation was conducted to document the doses of absorbed EG, evaluate the health effects, and assess the proper implementation of a recommendation of no water use.
    Methods – Knowledge of contamination of the system by users, the amount of water consumed, and the onset of clinical signs were collected by questionnaire from people who worked in the building during the contamination. Analysis of EG levels in water were used to construct two scenarios of evolution of the levels of EG during contamination and to calculate dose of exposure to EG.
    Results – A total of 204 persons responded to the questionnaire. Almost everybody was warned of the contamination (96.7%), including 10.8% from the day of the contamination. More than one in two had drunk water during the contamination period. The geometric mean of absorbed EG was 8.9 mg/kg with the first case and 6.4 mg/kg with the second. A quarter of those who drank water during the contamination period reported having at least one symptom consistent with EG poisoning.
    Conclusion – The calculated concentrations are above the toxicological reference value of EG. A general and earlier warning would likely have reduced the number of people exposed.

    Key words : Ethylene glycol, water pollution, poisoning, tap water, exposure assessment
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