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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 07/05/2012

BEH Hors-série/2012

07/05/2012
Risques microbiologiques alimentaires dans les produits d’origine animale : surveillance et évaluation

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Le numéro (pdf- 1,42 Mo)

 
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    Le Comité de rédaction BEH 

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    Véronique Vaillant (v.vaillant@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    En France, la surveillance des maladies infectieuses d’origine alimentaire repose sur plusieurs systèmes : la déclaration obligatoire (DO), les Centres nationaux de référence (CNR), des réseaux de biologistes et des réseaux de cliniciens volontaires. Ses principaux objectifs sont de suivre les tendances évolutives des maladies surveillées, de décrire les caractéristiques des cas, de détecter des épidémies ou des phénoménes émergents. Neuf maladies d’origine alimentaire et les toxi-infections alimentaires collectives (Tiac) sont à DO, et 14 CNR contribuent à la surveillance de 17 agents à transmission alimentaire. Les principales limites de ces systèmes sont liées au fait qu’ils ne recensent qu’une partie des cas survenant en population générale. La proportion de cas identifiés par chacun d’entre eux dépend de la nature du système et de la maladie surveillée. Elle varie suivant les caractéristiques des cas et impacte ainsi la représentativité des surveillances. Elle peut aussi évoluer au cours du temps, pouvant compromettre le suivi des tendances. La diversité et la complémentarité de ces systèmes permet cependant de disposer de données grâce auxquelles il est possible d’évaluer l’impact des mesures de prévention ou de contrôle existantes et de les adapter ou orienter vers de nouvelles mesures.

    Mots-clés : Maladies d’origine alimentaire, surveillance épidémiologique, France
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    Bertrand Lombard (bertrand.lombard@anses.fr) et al,
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Laboratoire de sécurité des aliments, Maisons‑Alfort, France

    La surveillance des microorganismes à différents stades de la chaîne alimentaire est un outil important de maîtrise de la sécurité sanitaire des aliments. Les deux systèmes principaux, les contrôles officiels (notamment plans de surveillance et plans de contrôle) mis en oeuvre par les pouvoir publics, et les autocontrôles effectués par les opérateurs de la chaîne alimentaire, sont présentés tels qu’ils sont établis au niveau français. Les évolutions sont ensuite envisagées, avec le lancement de l’Observatoire de l’alimentation.

    Mots-clés : Surveillance, aliments, microorganismes
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    Lisa A. King (l.king@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – En France, la surveillance des infections humaines à Campylobacter est basée sur un réseau de laboratoires volontaires. Elle permet de décrire les caractéristiques épidémiologiques de la maladie, de détecter les cas groupés et de surveiller la résistance aux antibiotiques.
    Matériel-méthodes – Un cas est défini par l’isolement d’une souche de Campylobacter dans un prélèvement biologique. Les laboratoires volontaires participants envoient chaque souche isolée au Centre national de référence (CNR) des Campylobacters et Hélicobacters pour caractérisation de l’espèce et de la sensibilité aux antibiotiques.
    Résultats – Le nombre annuel de souches reçues au CNR a augmenté de 97 % entre 2003 et 2010. L’âge médian des personnes infectées était de 24 ans (extrêmes : 0 mois-100 ans). En moyenne, 25 % des souches isolées par an l’ont été chez des enfants âgés de moins de 6 ans, et 45 % des souches ont été isolées chaque année entre juin et septembre. La résistance aux quinolones a atteint 49 % pour C. jejuni et 79 % pour C. coli en 2010.
    Conclusion – Les données de surveillance 2003-2010 montrent une augmentation du nombre de cas d’infections à Campylobacter depuis 2003, un pic estival marqué et une résistance élevée et croissante aux quinolones.

    Mots-clés : Surveillance, Campylobacter, France, antibiorésistance
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    Lisa A. King (l.king@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

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    Isabelle Kempf (Isabelle.kempf@anses.fr) et al,
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Laboratoire de Ploufragan-Plouzané, France

    Depuis une dizaine d’années, la surveillance de la résistance aux antibiotiques de Campylobacter est organisée par la Direction générale de l’alimentation dans les filières avicoles, porcines et bovines françaises, et sa réalisation a été confiée aux laboratoires de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). À partir des prélèvements effectués dans les abattoirs selon un plan d’échantillonnage représentatif des filières de production, des souches de Campylobacter jejuni et C. coli sont isolées et identifiées et les concentrations minimales inhibitrices des antibiotiques d’intérêt sont déterminées. Pour les volailles, la résistance aux macrolides reste toujours très faible pour C. jejuni et généralement inférieure à 20 % pour C. coli, mais la résistance aux fluoroquinolones a augmenté régulièrement et atteignait 51 % pour C. jejuni et près de 70 % pour C. coli en 2010. Pour la filière porcine, en 2009, 34 % et 45 % des souches de C. coli étaient résistantes à la ciprofloxacine et à l’érythromycine respectivement. Chez les bovins, la résistance aux fluoroquinolones s’est fortement accrue, passant, de 2002 à 2006, de 29,7 % à 70,4 %. La résistance à la gentamicine est rare dans les trois filières. Les données de cette surveillance alimentent le rapport annuel européen sur l’antibiorésistance des bactéries zoonotiques et indicatrices.

    Mots-clés : Campylobacter, antibiorésistance, surveillance
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    Marianne Chemaly et al,
    Auteur correspondant : Martine Denis (martine.denis@anses.fr)
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), LNR Campylobacter, Laboratoire de Ploufragan-Plouzané, Ploufragan, France

    Campylobacter a pour réservoir le tube digestif des animaux des filières de production animale, oiseaux domestiques et mammifères. La voie essentielle de transmission à l’Homme de cette bactérie zoonotique est la consommation de denrées contaminées, consommées crues ou insuffisamment cuites, et les contaminations croisées lors de la manipulation des viandes pendant la préparation des repas. L’objectif de cet article est de présenter une synthèse des connaissances sur l’épidémiologie de Campylobacter dans trois filières majeures de production des viandes : avicole, porcine et bovine, et de faire un point sur la réglementation européenne et nationale concernant ce germe zoonotique.

    Mots-clés : Campylobacter, volailles, porcs, bovins, réglementation
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    Hubert Brugère (h.brugere@envt.fr) et al,
    Inserm, UMR1043, Toulouse, France
    Université de Toulouse, INP-École nationale vétérinaire de Toulouse, France

    Les Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) sont des agents pathogènes responsables d’infections humaines aux manifestations cliniques variées. Celles-ci vont de la diarrhée aqueuse bénigne à la colite hémorragique et au syndrome hémolytique et urémique (SHU). Le SHU est la principale cause d’insuffisance rénale aiguë chez les jeunes enfants. Les principaux modes de transmission des STEC à l’Homme sont la consommation d’aliments et d’eaux contaminés, la transmission interhumaine et le contact avec des animaux porteurs (bovins en particulier). Si tous les STEC ne sont pas pathogènes pour l’Homme, certaines souches dénommées E. coli entérohémorragiques (EHEC) sont responsables d’infections humaines graves. Cinq sérotypes dominants d’EHEC ont été recensés jusqu’à présent en Europe (O157:H7, O26:H11, O103:H2, O111:H8 et O145:H28), mais il existe un grand nombre d’autres sérotypes de STEC plus rarement impliqués dans des cas humains ou des épidémies. Ce fut le cas très récemment du sérotype O104:H4, responsable de deux épidémies en Allemagne et en France.
    Cet article a pour objet de définir les propriétés des souches EHEC, avec une attention particulière aux principaux sérotypes responsables d’infections humaines. Cet article résumera l’état actuel des connaissances sur les divers éléments pouvant concourir à la virulence des STEC et à leur dangerosité pour l’Homme.

    Mots-clés : STEC, EHEC, SHU, facteurs de virulence, shigatoxines, stx, eae
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    Nathalie Jourdan-Da Silva (n.jourdan@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint–Maurice, France

    Les infections à Salmonella sont une des principales causes d’infections bactériennes d’origine alimentaire.
    Cet article décrit les tendances récentes et les évolutions des sérotypes de Salmonella étudiées au Centre national de référence des Salmonella (CNR-Salm) de 2002 à 2010, ainsi que les caractéristiques des principales épidémies de salmonellose détectées durant cette période en France.
    Entre 2002 et 2010, une baisse globale de 20 % du nombre d’enregistrements de Salmonella au CNR, liée à une diminution importante du nombre de souches de sérotype Enteritidis mais aussi de sérotype Typhimurium, ainsi que l’émergence des variants monophasiques de Typhimurium détectée par le système de surveillance ont été observés. Sur la même période, 26 épidémies majeures de salmonellose ont fait l’objet d’investigations poussées.
    Malgré une diminution notable du nombre d’infections à Salmonella, l’émergence de nouveaux sérotypes, la multiplicité des réservoirs de Salmonella et le développement des résistances des souches aux antibiotiques incitent au maintien de la vigilance afin d’adapter les recommandations et les mesures de contrôle.

    Mots-clés : Salmonellose, tendances épidémiologiques, France, souche monophasique, S. Typhimurium
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    Nathalie Jourdan-Da Silva (n.jourdan@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

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    Corinne Danan (corinne.danan@agriculture.gouv.fr) et al,
    Direction générale de l’alimentation (DGAL), Bureau des zoonoses et de la microbiologie alimentaires, Paris, France

    En Europe, la prévention des toxi-infections alimentaires causées par Salmonella repose avant tout sur une politique de «Santé publique vétérinaire ». Ainsi, dès l’amont de la chaîne alimentaire, les professionnels mettent en place des procédures basées sur l’HACPP et les bonnes pratiques d’hygiène accompagnées d’un système de surveillance dans le cadre des autocontrôles. Par ailleurs, les autorités de contrôle mettent en place des dispositifs de surveillance, orientés prioritairement vers les filières animales considérées comme les réservoirs principaux en Salmonella. La collaboration entre les différents acteurs privés et publics contribue à la réactivité du système en cas de gestion d’aliments non conformes. D’un point de vue de la surveillance épidémiologique, le dispositif actuel est l’un des plus complets pour un agent responsable de zoonoses d’origine alimentaire. Cet article décrit les dispositifs existants en France et présente les données de surveillance les plus récentes dans les différents secteurs de la chaîne alimentaire.

    Mots-clés : Salmonella, aliment, surveillance, plan de surveillance, plan de contrôle, autocontrôles, alerte
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    Véronique Vaillant (v.vaillant@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Les coquillages filtrent des volumes d’eau importants afin de satisfaire leurs exigences nutritionnelles et ingèrent ainsi le phytoplancton, mais concentrent également les micro-organismes présents dans l’eau naturellement (vibrions, phycotoxines) ou d’origine fécale rejetés en mer par voie hydrique (virus entériques, entérobactéries, protozoaires). L’analyse des données issues des systèmes contribuant à la surveillance des toxi-infections liées à la consommation de coquillages et des investigations d’épidémies publiées montre que, en France, les toxi-infections liées à la consommation de coquillages sont principalement d’origine virale, dues majoritairement aux norovirus et secondairement au virus de l’hépatite A (VHA). Le risque lié aux phycotoxines apparaît faible et celui lié aux entérobactéries et aux vibrions très faible. La déclaration obligatoire (DO) des Tiac reste le système le plus performant pour la surveillance et la détection d’effets sanitaires liés à la consommation de coquillages. Cette DO pourrait être renforcée dans les zones conchylicoles, d’une part en augmentant son exhaustivité par une sensibilisation des déclarants potentiels dans la zone surveillée et, d’autre part, en augmentant le nombre et la qualité des investigations. En termes de prévention, les systèmes de surveillance du milieu et des coquillages adaptés aux risques phycotoxiniques et bactériologiques pourraient être complétés par une approche préventive des contaminations fécales, basée principalement sur la sécurisation des systèmes d’assainissement et le partage entre les partenaires des signaux d’alerte permettant de suspecter ou anticiper une contamination du milieu, afin que des mesures de sauvegarde des coquillages puissent être mises en oeuvre par les conchyliculteurs.

    Mots-clés : Toxi-infections alimentaires, coquillages, phycotoxines, risques biologiques, surveillance épidémiologique, déclaration obligatoire, France
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    Véronique Goulet (v.goulet@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    La listériose humaine est une maladie bactérienne qui se transmet par l’ingestion d’aliments contaminés. C’est une maladie à déclaration obligatoire. Un questionnaire alimentaire standardisé est complété par l’Agence régionale de santé pour chaque cas déclaré et transmis à l’Institut de veille sanitaire (InVS). Le Centre national de référence des Listeria (CNRL), situé à l’Institut Pasteur, contribue à la surveillance en caractérisant et génotypant les souches envoyées par les laboratoires. Ce typagepermet de détecter rapidement les cas infectés simultanément avec une souche du même génotype, et à l’InVS de rechercher une source alimentaire commune dans les interrogatoires des cas signalés par le CNRL. En cas de suspicion d’une source commune, les investigations complémentaires sont effectuées par la Direction générale de l’alimentation (DGAL) et ses services départementaux. Depuis 2001, six investigations ont permis d’identifier une source commune et d’éviter une épidémie. Depuis 2006, l’incidence reste stable autour de 0,5 cas/ 100 000 d’habitants, avec chaque année environ 300 cas, 50 décès et une douzaine de morts foetales ou de mort-nés. Les formes materno-néonatales représentent 15 % des cas avec un ratio de 5 cas/100 000 naissances. L’incidence actuelle est proche de celle rapportée par la plupart des pays européens où l’on observe également une stabilité de l’incidence depuis 2007.

    Mots-clés : Listériose, surveillance, incidence, France
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    Sophie Roussel et al,
    Auteur correspondant : Anne Brisabois (anne.brisabois@anses.fr)
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Laboratoire de sécurité des aliments, Laboratoire national de référence pour Listeria monocytogenes, Maisons-Alfort, France

    Listeria monocytogenes est une bactérie ubiquitaire largement répandue dans l’environnement, transmise à l’Homme suite à l’ingestion d’aliments contaminés et à l’origine de cas rares mais graves chez l’Homme. Cette situation justifie la mise en place d’une surveillance de la bactérie dans les principales filières de transformation des produits carnés, laitiers, des produits de la mer et des produits végétaux. Ces filières constituent les principales sources de contamination des aliments notamment en production agroalimentaire, soit à partir des matières premières, soit à partir de l’environnement où des souches peuvent devenir résidantes. Les plans nationaux de surveillance et de contrôle récents ont permis de cibler les filières de transformation les plus à risque. L’ensemble des mesures mises en place par l’industrie agroalimentaire et les autorités, tant dans le domaine de la surveillance que de la gestion en cas de non-conformité, contribue à la maîtrise de la contamination et à la réduction de l’exposition des populations. De plus, les analyses de caractérisation des souches isolées des aliments permettent une surveillance moléculaire des populations de souches circulant dans ces filières, une possible identification de l’aliment contaminé et apportent également des éléments complémentaires dans l’investigation épidémiologique des cas, et plus généralement dans l’évaluation du risque.

    Mots-clés : Listeria monocytogenes, aliments, surveillance, typage 
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    Sabrina Cadel Six (sabrina.cadelsix@anses.fr) et al,
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Laboratoire de sécurité des aliments de Maisons-Alfort, Unité Caractérisation et épidémiologie bactérienne, Maisons-Alfort, France

    Devant le nombre croissant de toxi-infections alimentaires collectives (Tiac) associées à Bacillus cereus, une caractérisation phénotypique et génotypique des isolats provenant d’aliments suspectés a été réalisée et analysée, en lien avec les signes cliniques des cas déclarés.
    Entre 2006 et 2010, 55 foyers déclarés ont été enquêtés. La combinaison des différents marqueurs recherchés (hémolysine, amidon, production de toxines Nhe et Hbl, détection des gènes ces, cspA, cyt K1 et cyt K2), a permis de classer les 279 isolats analysés en 19 profils différents. Certains de ces profils ont pu être associés à l’un des sept groupes phylogénétiques précédemment décrits chez B. cereus sensu lato. L’ensemble de ces résultats a confirmé i) le potentiel diarrhéique ou émétique de la plupart des souches, ii) l’implication des groupes III et IV, V ou II dans les foyers de Tiac alors que les souches du groupe VI ne semblent pas pathogènes, iii) l’émergence de souches du groupe VII particulièrement virulentes.
    Cette étude souligne l’intérêt de la caractérisation des souches en lien avec les informations épidémiologiques disponibles, afin d’améliorer la surveillance des Tiac à Bacillus cereus.

    Mots-clés : Bacillus cereus, toxi-infections alimentaires, souches, caractérisation 
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    Martine Denis (martine.denis@anses.fr) et al,
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Laboratoire de Ploufragan-Plouzané, France

    Yersinia enterocolitica est un agent zoonotique responsable de gastro-entérites dans les pays tempérés et froids, incluant la France. Les symptômes sont principalement la diarrhée, la fièvre et les douleurs abdominales. Y. enterocolitica est transmissible par la voie oro-fécale et ses principaux réservoirs sont les animaux. Le porc est considéré comme le principal réservoir de biotypes pathogènes pour l’Homme. Les porcs ne développent pas de signes cliniques, mais ils portent Y. enterocolitica dans leur cavité orale, sur la langue et les amygdales, ainsi que dans les noeuds lymphatiques, et ils excrètent ce germe dans les fèces. Au niveau des élevages, Y. enterocolitica peut persister sur les amygdales des porcs même après l’arrêt de l’excrétion fécale de la bactérie. À l’abattoir, l’ablation de la langue et des amygdales en même temps que l’ensemble trachée-poumons-foie-coeur, suivie de la fente de la carcasse et de l’enlèvement de la tête, favorise la contamination de la carcasse et des organes. Il est préférable de laisser la tête intacte avec la langue à l’intérieur jusqu’à la fin du processus de découpe. En raison de leur nature psychrotrophe, les souches pathogènes de Y. enterocolitica présentes dans la viande et les sous-produits peuvent se multiplier pendant leur conservation.

    Mots-clés : Yersinia enterocolitica, porc, prévalence, amygdales, France 
 
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    Le Comité de rédaction BEH-BE

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    Véronique Vaillant (v.vaillant@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    In France, surveillance of foodborne illnesses is based on multiple systems: mandatory notification, national reference centres (NRC), laboratory and physician based networks. The main objectives of surveillance are to follow temporo-spatial trends, describe the characteristics of cases, and detect outbreaks or emerging phenomenon. Nine foodborne illnesses and foodborne outbreaks are mandatory notifiable, and 14 NRCs contribute to the surveillance of 17 foodborne pathogens. The main limits of these systems are related to their lack of sensitivity. The proportion of cases identified depends on the nature of the system and on the disease under surveillance. It varies according to the characteristics of cases and has an impact on the representativeness of the surveillance. It can also vary over time, and may therefore compromise the monitoring of trends. Diversity and complementarity of these systems, however, provide data needed for assessing the impact of existing measures of prevention or control and for guiding their adaptation.

    Key words : Foodborne illness, epidemiological surveillance, France
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    Bertrand Lombard (bertrand.lombard@anses.fr) et al,
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Laboratoire de sécurité des aliments, Maisons‑Alfort, France

    The surveillance of microorganisms, at different steps of the food chain, is an important tool to control food safety. The two main systems, official controls (in particular monitoring and control plans), implemented by public authorities, and own checks performed by food business operators, are presented, as settled in France. Trends are then envisaged, with the launching of the Food surveillance board.

    Key words : Surveillance, food, microorganisms
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    Lisa A. King (l.king@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – In France, surveillance of human Campylobacter infections is based on a network of voluntary laboratories. This surveillance enables the follow-up of epidemiological characteristics of the infection, the detection of outbreaks and the surveillance of the resistance of Campylobacter to antibiotics.
    Methods – A case is defined as the isolation of Campylobacter from a biological sample. Voluntary participant laboratories send each Campylobacter strain isolated to the National Reference Centre (NRC) for Campylobacter and Helicobacter for species identification and evaluation of antimicrobial susceptibility.
    Results – Between 2003 and 2010, the annual number of isolates received by the NRC increased by 97%. The median age of cases was 24 years (extremes: 0 month-100 years). On average, 25% of strains isolated each year were from children under 6 years old, and 45% of strains were isolated each year from June to September. Resistance to quinolone antibiotics was 49% for C. jejuni and 79% for C. coli in 2010.
    Conclusion – Surveillance data for 2003-2010 show an increase in the number of Campylobacter infections since 2003, a notable summer peak in infections, and a high and rising level of resistance to quinolone antibiotics.

    Key words : Surveillance, Campylobacter, France, antibiotic resistance
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    Lisa A. King (l.king@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

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    Isabelle Kempf (Isabelle.kempf@anses.fr) et al,
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Laboratoire de Ploufragan-Plouzané, France

    Monitoring of Campylobacter antimicrobial resistance has been conducted by the General Directorate for Food (Ministry of Agriculture) since 2000 in poultry, swine and bovine production,and is performed by laboratories from the French Agency for Food, Environmental and Occupational Health Safety (ANSES). Strains of Campylobacter jejuni and C. coli are isolated and identified from production representative samples collected in slaughterhouses. The minimum inhibitory concentrations of important antimicrobials are determined. For poultry, resistance to macrolides is rare for C. jejuni and is usually lower than 20% for C. coli, but resistance to fluoroquinolones has increased regularly up to 51% for C. jejuni and close to 70% for C. coli in 2010. For pigs, in 2009, 34% and 45% of C. coli strains were resistant to ciprofloxacin and erythromycin respectively. In bovines, from 2002 to 2006, resistance to fluoroquinolones increased dramatically from 29.7% à 70.4%. Resistance to gentamicin is rare in the three animal productions. Data from this monitoring are included in the annual European report on antimicrobial resistance in zoonotic and indicator bacteria.

    Key words : Campylobacter, antimicrobial resistance, monitoring
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    Marianne Chemaly et al,
    Auteur correspondant : Martine Denis (martine.denis@anses.fr)
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), LNR Campylobacter, Laboratoire de Ploufragan-Plouzané, Ploufragan, France

    Campylobacter is commonly found in the digestive tract of domestic birds and mammals. The main way of transmission to man of this zoonotic microorganism is the consumption of contaminated or insufficiently cooked food, and the cross contaminations during the handling of meats for cooking. The objective of this article is to update the knowledge on the epidemiology of Campylobacter in three major animal production sectors: poultry, pork and bovine, and to describe the state of the art about the European Union and national regulations regarding Campylobacter.

    Key words : Campylobacter, poultry, pig, bovine, regulation
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    Hubert Brugère (h.brugere@envt.fr) et al,
    Inserm, UMR1043, Toulouse, France
    Université de Toulouse, INP-École nationale vétérinaire de Toulouse, France

    Shiga toxin-producing Escherichia coli (STEC) are enteropathogens causing human infections with a broad spectrum of clinical outcomes. These range from watery diarrhoea to haemorrhagic colitis and the haemolytic uraemic syndrome (HUS). HUS is the leading cause of acute renal failure in young children. Transmission of STEC to humans occurs through consumption of contaminated food or water and through direct contact from person to person or from infected animals (cattle in particular). Although not all STEC are pathogenic for humans, some strains named enterohaemorrhagic E. coli (EHEC) however are responsible for severe illnesses. Five major EHEC serotypes have been identified until now in Europe (O157:H7, O26:H11, O103:H2, O111:H8 and O145:H28), but a large number of other STEC serotypes that are less frequently involved in human cases or outbreaks are also known. This was the case recently of serotype O104:H4 that caused two HUS outbreaks in Germany and France.
    The aim of this article was to define the properties of EHEC strains, with a particular focus on the major serotypes causing human diseases. This paper will summarize the current state of knowledge about the diverse STEC attributes that may contribute to their virulence and pathogenic potential for humans.

    Key words : STEC, EHEC, HUS, virulence factors, Shiga toxins, stx, eae
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    Nathalie Jourdan-Da Silva (n.jourdan@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint–Maurice, France

    Salmonella infections are a major cause of bacterial foodborne infections.
    This article describes recent trends and developments of Salmonella serotypes studied at the National Reference Center for Salmonella (NRC-Salm) from 2002 to 2010, and the characteristics of major outbreaks of salmonellosis detected during this period in France.
    Between 2002 and 2010, an overall decline of 20% of the number of records at the NRC-Salm, linked to a decrease in the number of strains of serotype Enteritidis but also serotype Typhimurium, and the emergence of monophasic variant of Typhimurium detected by the monitoring system were observed. Over the same period, 26 major outbreaks of salmonellosis were extensively investigated.
    Despite a decrease in the number of Salmonella infections, the emergence of new serotypes, the multiple reservoirs of Salmonella and the development of resistant strains to antibiotics encourage the maintenance of vigilance to adapt recommendations and control measures.

    Key words : Salmonellosis, epidemiological trends, France, monophasic serotype, S. Typhimurium
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    Nathalie Jourdan-Da Silva (n.jourdan@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint–Maurice, France

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    Corinne Danan (corinne.danan@agriculture.gouv.fr) et al,
    Direction générale de l’alimentation (DGAL), Bureau des zoonoses et de la microbiologie alimentaires, Paris, France

    The prevention of foodborne diseases caused by Salmonella is based on a veterinary public health policy in Europe. Thus, food business operators implement procedures based on HACCP together with the application of good hygiene practice from the primary sector. This must be completed by a monitoring system based on own controls. Furthermore, control authorities develop surveillance systems in the main veterinary reservoir for Salmonella. Collaboration between the different public and private actors contribute to the reactivity of the system in the case of non-compliant products. From an epidemiosurveillance point of view, the current system can be considered as one of the most comprehensive related to a foodborne zoonotic agent. This article describes current surveillance systems in France and presents recent data in the different sectors of the food chain.

    Key words : Salmonella, food, monitoring, surveillance plan, control plan, own controls, alert
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    Véronique Vaillant (v.vaillant@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Shellfish filter large volumes of water to meet their nutritional requirements and thus ingest phytoplankton, but also concentrate microorganisms naturally present in water (vibrios, phycotoxins) or of fecal origin (enteric viruses, enterobacteria, protozoan). The analysis of data from systems contributing to the surveillance of foodborne illnesses associated with shellfish consumption and from published outbreak investigations shows that, in France, foodborne illnesses associated with shellfish consumption are mainly of viral origin, mostly due to norovirus followed by hepatitis A virus. The risk linked to phycotoxins appears low and the one related to enterobacteria and vibrios very low. The mandatory notification (MN) of foodborne outbreaks remains the most effective system for the surveillance and detection of health effects associated with shellfish consumption. MN could be enhanced in shellfish growing areas, by increasing its completeness by the mean of raising awareness among potentially notifying persons, and by increasing the quantity and quality of investigations. In terms of prevention, the environmental and shellfish monitoring suitable for bacterial and phycotoxinic risks could be reinforced by a preventive approach to fecal contamination. This approach could be based primarily on securing the sanitation system and also on sharing information allowing to suspect or anticipate environmental contamination among concerned partners so that sellfish safety measures could be implemented by shellfish farmers.

    Key words : Foodborne illnesses, shellfish, phycotoxins, biological risks, epidemiological surveillance, mandatory notification, France
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    Véronique Goulet (v.goulet@invs.sante.fr) et al,
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Human listeriosis is a mandatory notifiable bacterial foodborne disease. A questionnaire on food consumption is completed by the regional department in charge of public health and transmitted to the French Institute for Public Health Surveillance (InVS). The National Reference Centre for Listeria (NRCL) located at the Paris Pasteur Institute also contributes to the surveillance by characterizing and genotyping strains sent by hospital laboratories. This typing is useful to rapidly detect cases infected with strains of the same genotype, and for the InVS to search for a common foodborne source by analysing the interviews of cases identified by the NRCL. If a common source is suspected, investigations are made by the Ministry of Agriculture’s services. Since 2001, six investigations have contributed to identifying a common source and preventing an outbreak. Since 2006, the incidence is relatively stable at around 0.5 cases/100,000 inhabitants with 50 deaths each year and around 12 foetal deaths or stillborn. Maternoneonatal cases represent 15% of cases of listeriosis with an annual ratio of 5 cases/100,000 births. Incidence in France is similar to the one observed in the majority of European countries where incidence has also been stable since 2007.

    Key words : Listeriosis, surveillance, incidence, France
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    Sophie Roussel et al,
    Auteur correspondant : Anne Brisabois (anne.brisabois@anses.fr)
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Laboratoire de sécurité des aliments, Laboratoire national de référence pour Listeria monocytogenes, Maisons-Alfort, France

    Listeria monocytogenes (L.m) is a ubiquitous bacteria, environment widespread, transmitted to humans following ingestion of contaminated food and causing rare but serious cases in humans. This situation justifies the establishment of a surveillance of the bacteria in the main sectors of meat processing, dairy, seafood and vegetables that are the main sources of food contamination especially in food processing plants either from raw materials, or from the environment where strains may reside. National plans for surveillance and control enabled processing sector targets most at risk. However, all the measures implemented by the food industry and the authorities may contribute to prevent L.m contamination and to reduce population exposure. In addition, analysis of characterization of strains isolated from foods in different contexts presented allow a molecular surveillance of populations of strains circulating in these sectors, a possible identification of the contaminated food and also providing additional elements in the epidemiological investigation of cases, and more generally in the evaluation of risk.

    Key words : Listeria monocytogenes, food products, surveillance, typing
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    Sabrina Cadel Six (sabrina.cadelsix@anses.fr) et al,
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Laboratoire de sécurité des aliments de Maisons-Alfort, Unité Caractérisation et épidémiologie bactérienne, Maisons-Alfort, France

    With the growing number of foodborne outbreaks associated with Bacillus cereus, a phenotypic and genotypic characterization of isolates from suspected food, in relation to clinical signs of reported cases, was implemented and analysed.
    Between 2006 and 2010, 55 reported outbreaks were investigated. The combination of several markers (hemolysin, starch, production of Hbl and Nhe toxins, detection of ces, cspA, cyt K1 and cyt K2 genes), allowed to classify the 279 isolates tested into 19 different profiles. Some of these profiles could be associated with one of the seven phylogenetic groups described within B. cereus sensu lato. All these results confirmed i) the diarrheal or emetic potential of most strains ii) the involvement of groups III and IV, V or II in foodborne outbreaks while strains of group VI do not seem to be pathogen, iii) the emergence of strains of group VII particularly virulent.
    This study stresses the importance of monitoring the outbreaks potentially associated with Bacillus cereus, and of comparing results of strain characterization with epidemiological and clinical information.

    Key words : Bacillus cereus, foodborne diseases, strain characterization
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    Martine Denis (martine.denis@anses.fr) et al,
    Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Laboratoire de Ploufragan-Plouzané, France

    Y. enterocolitica is a common cause of acute enteritis in temperate and cold countries worldwide, including France. The main symptoms of human yersiniosis are diarrhea, fever and abdominal pain. Pigs are considered the principal reservoir for the types of Y. enterocolitica pathogenic to humans. Pigs do not develop clinical signs, but they do carry Y. enterocolitica in the oral cavity, on tongue and tonsils, and in lymph nodes, and they excrete this bacterium in their feces. Even after fecal shedding has stopped, Y. enterocolitica has been shown to persist in the tonsils. In the standard slaughter procedure, which involves the removal of the tongue with the tonsils attached, together with pluck set (trachea, lungs, liver and heart), followed by carcass splitting and head removal, the carcass and the pluck set may readily become contaminated with bacteria from the tonsils. Leaving the tongue in the unsplit head until the end of the process is recommended. Due to the psychrotrophic nature of Y. enterocolitica, pathogenic strains present in meat and meat products can multiply during storage.

    Key words : Yersinia enterocolitica, pig, prevalence, tonsils, France
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