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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 12/06/2012

BEH n°24-25/2012

12/06/2012
Numéro thématique - Tuberculose en France : la vigilance reste nécessaire

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Le numéro (pdf- 727,42 Ko)

 
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    Hans L. Rieder
    Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires, France ; Institut de médecine sociale et préventive, Université de Zurich, Suisse

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    Delphine Antoine (d.antoine@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Les données présentées concernent les cas de tuberculose maladie déclarés en France au cours de l’année 2010.
    Le nombre de cas de tuberculose déclarés en 2010 était de 5 187 (8,1/105), soit une baisse de 1,7 % par rapport à 2009 (8,2/105). Comme les années précédentes, les régions avec les plus forts taux de déclaration étaient l’Île-de-France (16,3/105) et la Guyane (15,9/105). Les taux de déclaration dans toutes les autres régions étaient inférieurs à 10 nouveaux cas pour 100 000 habitants. Les taux de déclaration étaient élevés (>50/105) parmi les personnes sans domicile fixe et celles nées à l’étranger, notamment dans des pays à forte prévalence de tuberculose.
    Les données de surveillance de la tuberculose témoignent d’une baisse des cas déclarés en 2009 et en 2010. Cependant, l’augmentation des taux de déclaration dans un certain nombre de départements franciliens, même si elle est très limitée, et les taux élevés retrouvés dans certains groupes de population doivent inciter à ne pas relâcher les efforts de lutte antituberculeuse dans un contexte de fortes disparités.

    Mots-clés : Tuberculose, épidémiologie, surveillance, France
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    Jean-Paul Guthmann (jp.guthmann@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Le vaccin BCG par multipuncture a été retiré du commerce en 2006 et l’obligation vaccinale a été remplacée, en 2007, par une recommandation forte de vaccination des enfants à risque. L’Institut de veille sanitaire est chargé de suivre l’impact de cette décision sur l’épidémiologie de la tuberculose et sur les niveaux de couverture vaccinale (CV) des enfants à risque.
    Méthode – Les données de la déclaration obligatoire de la maladie en 2010 concernaient les enfants nés depuis 2006. Nous avons analysé les données de vente de vaccins, celles issues des certificats de santé de l’enfant et les données issues d’enquêtes de CV par sondage.
    Résultats – Le nombre de cas de tuberculose chez les enfants de moins de 5 ans, en 2010, est stable par rapport à la période 2000-2005. Le nombre de cas a augmenté hors Île-de-France (IdF), où la part des sujets vaccinés parmi les cas diminue. Le nombre de formes graves reste très faible. Les ventes de vaccins sont très inférieures à celles observées en 2005, stables depuis 2007 en dehors de l’IdF, alors qu’elles sont en lente progression en IdF depuis 2008. Les données provisoires des certificats de santé montrent que 79 % des enfants âgés de 9 mois d’IdF nés en 2010 avaient été vaccinés par le BCG. Hors IdF, les études montrent des niveaux de CV parmi les enfants à risque très insuffisants (32 % parmi les enfants vus en médecine générale ; 62 % en PMI).
    Conclusion – Les données ne montrent pas d’impact des nouvelles modalités de vaccination au-delà de ce qui était attendu. Cependant, les niveaux de CV des enfants à risque sont insuffisants et impliquent de renforcer l’information sur les nouvelles modalités vaccinales.

    Mots-clés : Tuberculose, BCG intradermique, enfants, couverture vaccinale, France
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    Nicolas Veziris (nicolas.veziris@upmc.fr) et al.
    UPMC Université Paris 06, EA 1541, ER 5, Laboratoire de bactériologie-hygiène, Paris, France
    AP-HP, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Centre national de référence des mycobactéries et de la résistance des mycobactéries aux antituberculeux, Laboratoire de bactériologie-hygiène, Paris, France

    La résistance aux antituberculeux est apparue dès les débuts de leur utilisation. Actuellement, en France, le principal facteur de risque de résistance reste le fait d’avoir déjà reçu des antituberculeux. La résistance à l’isoniazide est de 18 % dans la population déjà traitée contre 5 % dans la population n’ayant jamais reçu d’antituberculeux. La fréquence de la multirésistance passe de 9 à 1 % selon qu’elle elle mesurée dans une population ayant ou pas reçu des antituberculeux. Les patients qui posent des problèmes de prise en charge et dont le pronostic est aggravé sont principalement les patients multirésistants, qui ne représentent heureusement qu’une cinquantaine de cas par an en France. Cette résistance peut être évitée en respectant des principes simples de prise en charge, rappelés dans cet article. Si elle n’a pu être évitée, il faut savoir la diagnostiquer précocement en ayant recours à des outils moléculaires. La prise en charge de ces cas bénéficie de l’expertise d’équipes spécialisées tant sur le plan diagnostique, bactériologique, que sur le plan thérapeutique.

    Mots-clés : Tuberculose, médicaments antituberculeux, résistance
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    Arthur Fournier (arthur.fournier@paris.fr) et al.
    Département de Paris, BVCT - Cellule Tuberculose/Clat 75, Paris, France

    Le Centre de lutte antituberculeuse de Paris (Clat 75) est aujourd’hui constitué d’une cellule de coordination et de quatre centres médico-sociaux. Les données présentées sont celles recueillies dans le cadre des activités du Clat 75 pour les cas de tuberculose résidant à Paris en 2010.
    Le taux de déclaration de tuberculose maladie des résidents parisiens était de 22,7/105 en 2010, soit trois fois supérieur au taux national (8,1/105). Il a diminué d’environ 60 % en 8 ans (54,1/105 en 2002). En 2010, les sujets en situation de précarité ou de grande précarité représentaient 26 % des cas ; 73 % des patients étaient nés à l’étranger, dont la moitié en Afrique subsaharienne.
    L’organisation du Clat 75 a été profondément modifiée au cours des dernières décennies pour mieux contrôler la maladie. Les enquêtes autour des cas ont été généralisées. L’action de dépistage radiologique itinérant a été adaptée aux populations les plus exposées, particulièrement les personnes vivant dans des foyers de migrants et/ou dans une grande précarité. La prise en charge des cas en situation de précarité a été renforcée, en collaboration avec les services hospitaliers et le Samu social.
    La tuberculose demeure un problème de santé publique à Paris, comme d’une façon générale dans les grandes zones urbaines. Si les indicateurs épidémiologiques sont encourageants, le Clat 75 doit cependant poursuivre la modernisation et l’adaptation de ses activités à la situation épidémiologique des populations à risque, en s’insérant dans une dynamique régionale.

    Mots-clés : Tuberculose, prise en charge, dépistage, Paris, France
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    Andreas Sandgren (andreas.sandgren@ecdc.europa.eu) et al.
    Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Stockholm, Suède

    La tuberculose pédiatrique, qui est une pathologie dont les enfants souffrent encore aujourd’hui en Europe, mérite une attention particulière. En 2010, 3 035 cas de tuberculose pédiatrique (0-14 ans) ont été déclarés et le taux de déclaration variait de 0,0/100 000 à 25,3/100 000 selon les États-membres de l’Union européenne/Espace économique européen (UE/EEE). Les cas pédiatriques représentaient 4,1 % des 73 996 cas de tuberculose déclarés en 2010. Les cas de tuberculose pédiatrique confirmés par la culture représentaient 23,0 % des cas et seuls 11,5 % avaient eu un test de sensibilité aux antituberculeux. La tendance générale à la baisse des cas déclarés dans l’UE/EEE au cours des dix dernières années, décrite précédemment, se confirme, mais on observe encore une hétérogénéité entre les différents États membres, avec des pratiques diagnostiques variables. Des mesures doivent par conséquent être prises pour améliorer la prise en charge clinique des enfants atteints de tuberculose et enrayer la transmission de la maladie, notamment aux enfants, dans l’UE/EEE.

    Mots-clés : Mycobacterium tuberculosis, enfants, pédiatrie, épidémiologie, santé publique
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    Philippe Fraisse (philippe.fraisse@chru-strasbourg.fr)
    Groupe tuberculose de la Société de pneumologie de langue française ; Centre de lutte antituberculeuse, Service des actions de prévention sanitaire, Strasbourg, France

    Chez des patients atteints de tuberculose nés à l’étranger, on constate que le délai moyen de survenue d’une tuberculose depuis le séjour le plus récent à l’étranger est en moyenne inférieur à 4 ans alors que le délai depuis la première arrivée en France est de 10 ans. Parmi les patients nés en France, 30 % avaient séjourné à l’étranger. Soixante-dix pour cent des patients disaient ne pas avoir été en contact avec un malade atteint de tuberculose. De tels résultats complètent certaines connaissances épidémiologiques apportées par la déclaration obligatoire (DO) de la tuberculose concernant les populations migrantes et les personnes nées en France.

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    Dans l’article « Impact épidémiologique de la suspension de l’obligation vaccinale par le BCG et mesure de la couverture vaccinale » (J-P. Guthmann et coll.) une erreur s’est glissée dans la première phrase du paragraphe « Discussion -conclusion », page 290.

 
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    Hans L. Rieder
    Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires, France ; Institut de médecine sociale et préventive, Université de Zurich, Suisse

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    Delphine Antoine (d.antoine@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    The results presented here are those of tuberculosis cases reported in France in 2010. A total of 5,187 tuberculosis cases were reported in 2010 (8.1/105). The notification rate declined by 1.7% compared to 2009 (8.2/105). As in previous years, the regions with the highest tuberculosis rates were the Ile-de-France region (Paris and suburb) and French Guiana (respectively 16.3/105 and 15.9/105). Notification rates in all other regions were below 10 new cases per 100,000 inhabitants. Notification rates were high (>50/105) in the homeless population and in persons born abroad, especially those from high tuberculosis prevalence countries. Tuberculosis surveillance data showed a decline in notified cases in 2009 and 2010. However, increase in reported rates in a number of districts of the Ile-de-France region, although limited, and high tuberculosis rates in some population groups, call for vigilance. In a context of strong disparities, tuberculosis control efforts should continue to be strengthened.

    Key words : Tuberculosis, epidemiology, surveillance, France
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    Jean-Paul Guthmann (jp.guthmann@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – The BCG vaccination by multipuncture method was removed from the French market in 2006. In 2007, the mandatory BCG vaccination for all children was replaced by a strong recommendation to vaccinate only children considered at high risk of tuberculosis. The French Institute for Public Health Surveillance (InVS) is in charge of following the impact of this policy change on the epidemiology of tuberculosis and vaccination coverage levels in children at risk.
    Methods – Data on tuberculosis cases, a mandatorily notifiable disease in France, which concerns children born since 2006, were analysed in 2010. We analysed vaccine sales data, vaccine data from health certificates, and data collected through vaccination coverage random surveys.
    Results – The number of tuberculosis cases in children under five years of age remained stable compared to 2000-2005. Cases increased outside the Île-de-France region, where the proportion of vaccinated individuals among cases decreased. The number of severe cases remains very low. Vaccine sales were far below the levels observed in 2005, stable since 2007 outside the Île-de-France region, while in slight progress in the Île-de-France since 2008. Provisional health certificates data show that 79% of children from the Île-de-France region born in 2010 and aged 9 months old, were vaccinated with BCG. Outside Île-de-France, survey data show low levels of vaccination coverage among children at risk (32% for children followed by a GP; 62% for those followed at a maternal and child health clinic).
    Conclusions – The impact of the new vaccination policy is not beyond what was expected. However, vaccination coverage levels in high risk children are insufficient, which underlines the need for strengthening the information on new vaccination guidelines.

    Key words : Tuberculosis, intradermal BCG, children, immunization coverage, France
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    Nicolas Veziris (nicolas.veziris@upmc.fr) et al.
    UPMC Université Paris 06, EA 1541, ER 5, Laboratoire de bactériologie-hygiène, Paris, France
    AP-HP, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Centre national de référence des mycobactéries et de la résistance des mycobactéries aux antituberculeux, Laboratoire de bactériologie-hygiène, Paris, France

    Drug resistance emerged very quickly after the early use of antituberculous drug. Currently, in France, the main risk factor for resistance remains the fact of having previously been treated for tuberculosis. Resistance to isoniazid reaches 18% among previously treated cases as compared to 5% among cases that have never received anti-TB drugs. The frequency of multidrug resistance (MDR) increases from 1 to 9% depending on whether the cases have received previous antituberculous treatment. These MDR cases that represent 50 cases each year in France are difficult to treat and have the worse prognosis. Drug resistance can be avoided by adhering to basic management principles, which are recalled in this manuscript. If drug resistance can not be avoided, early diagnosis as well as the use of molecular tools, are therefore of paramount importance The management of MDR cases benefits from the expertise of expert teams in diagnostics, bacteriology and therapeutics.

    Key words : Tuberculosis, anti-tuberculosis drugs, resistance
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    Arthur Fournier (arthur.fournier@paris.fr) et al.
    Département de Paris, BVCT - Cellule Tuberculose/Clat 75, Paris, France

    The tuberculosis (TB) Centre (CLAT) of Paris is currently composed by one coordination unit and four TB health centres. Data presented were collected as part of the activities of the CLAT on tuberculosis cases living in Paris. The notification rate of tuberculosis disease in persons living in Paris was 22.7/105 in 2010; three times higher than the national rate (8.1/105). The tuberculosis rate decreased by about 60% in 8 years (54.1/105 in 2002). Data collected in 2010 showed that 26% of TB cases were reported in persons identified as being in a precarious situation and 73% of the patients were born abroad, half of them in sub-Saharan Africa. The organisation of the CLAT 75 has changed considerably over the last decades to improve TB control. Contacts investigations have been generalised. Mobile x-ray screening has been adapted to populations most exposed to TB, especially those living in migrant homes and / or in deprived situations. The follow-up of deprived and homeless patients has been reinforced in collaboration with hospitals and the SAMU Social (non governmental organisation for homeless population).
    Tuberculosis remains a public health problem in Paris, as well as in major urban areas. Although the epidemiological data are encouraging, the CLAT 75 must continue to modernise and adapt its activities to the epidemiological situation of populations at risk while fitting into a regional dynamics.

    Key words : Tuberculosis, health care, screening, France
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    Andreas Sandgren (andreas.sandgren@ecdc.europa.eu) et al.
    Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Stockholm, Suède

    Childhood tuberculosis (TB) deserves more attention as children are still suffering from the disease in Europe. In 2010, 3,035 notified paediatric cases (0-14 years old) were reported and paediatric case notification rates ranged from 0.0/100,000 to 25.3/100,000 across European Union/European Economic Area (EU/EEA) Member States. Paediatric cases accounted for 4.1% out of the 73,996 TB cases notified in 2010. Confirmation by culture was achieved in 23.0% of the paediatric cases, and only 11.5% of all paediatric TB cases were tested for drug susceptibility testing. This confirms the overall declining trend of notification over the last decade previously described for the EU/EEA, but there is still a continued heterogeneity among countries with some sub-optimal diagnostic practises in the EU/EEA. Therefore, further action is needed to improve the clinical management of children with TB, and to stop the transmission of TB, in particular to children, within the borders of the EU/EEA.

    Key words : Mycobacterium tuberculosis, children, paediatrics, epidemiology, public health
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    Philippe Fraisse (philippe.fraisse@chru-strasbourg.fr)
    Groupe tuberculose de la Société de pneumologie de langue française ; Centre de lutte antituberculeuse, Service des actions de prévention sanitaire, Strasbourg, France

    Among foreign-born patients, we observed that the mean duration between the last stay in their country of birth and the onset of tuberculosis was less than 4 years on average, although the delay from first arrival in France was about 10 years. Among the patients born in France, 30% had stayed in a foreign country. Seventy per cent of patients were not aware of a previous contact with another patient affected with tuberculosis. Such results provide some additional information to the one collected within the mandatory notification of the epidemiology of tuberculosis migrant population and in people born in France.

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