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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 10/07/2012

BEH n°29-30/2012

10/07/2012
Numéro thématique – Connaissances, perceptions et attitudes vis-à-vis des hépatites virales B et C en France

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Le numéro (pdf- 480,67 Ko)

 
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    Michel Bonjour
    SOS Hépatites Fédération, Asud. Vice-président du comité de suivi et de prospective du Plan national hépatites virales B et C 2009-2012

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    Cécile Brouard (c.brouard@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Cet article décrit les connaissances, perceptions et pratiques de dépistage et de vaccination de la population générale vis-à-vis du virus de l’hépatite B (VHB), en comparaison de celles mesurées pour le VIH.
    Méthodes – Un module sur l’hépatite B a été intégré dans l’enquête KABP (Knowledge, Attitudes, Beliefs and Practices) VIH/sida, réalisée en 2010 par téléphone auprès d’un échantillon aléatoire de 9 014 personnes de 18-69 ans résidant en France métropolitaine.
    Résultats – Les modes de transmission sexuelle et par usage de drogue sont moins connus pour le VHB (respectivement 69,7 % et 89,9 %) que pour le VIH (99,4  et 99,1 %). Le recours déclaré au test de dépistage du VHB (27,4 %) au cours de la vie, 2 fois moins fréquent que pour le VIH (61,3 %), est plus souvent retrouvé en analyse multivariée chez les personnes nées en zone de forte endémicité VHB (OR=2,1 [IC95 %:1,5-2,9] par rapport à celles nées en zone de faible endémicité) et chez celles déclarant avoir pris de la drogue par voie intraveineuse (OR=2,2 [IC95 %:1,2-4,2]). La vaccination anti-VHB est déclarée par près d’un répondant sur deux (47 %), sans différence significative en analyse multivariée chez ces deux groupes à risque.
    Conclusion – Ces résultats témoignent de la nécessité d’améliorer les connaissances de la population générale sur le VHB, afin de renforcer les pratiques de dépistage et de vaccination, notamment vis-à-vis des personnes à risque.

    Mots-clés : Hépatite B, connaissances, perceptions, pratiques, dépistage, prévention
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    Arnaud Gautier (arnaud.gautier@inpes.sante.fr) et al.
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, Saint-Denis, France

    Introduction – En France, la vaccination contre l’hépatite B des populations ciblées par les recommandations vaccinales (personnes à risque, nourrissons, enfants et adolescents) reste insuffisante. Cette enquête a pour objectif d’évaluer et suivre l’évolution des opinions et pratiques des médecins généralistes (MG) vis-à-vis de la vaccination contre l’hépatite B, ces derniers ayant un rôle central en matière de prévention.
    Méthode – L’enquête a été réalisée par téléphone et Internet, entre novembre 2008 et janvier 2009, auprès d’un échantillon constitué par sondage aléatoire simple de 2 083 MG exerçant une activité libérale. Les résultats sont comparés aux données des exercices précédents.
    Résultats – La grande majorité des MG interrogés (88,3 %) déclare être vaccinée contre l’hépatite B. Plus de 9 médecins sur 10 (94,0 %) se disent favorables à la vaccination pour les adultes à risque, 78,7 % pour les adolescents et 68,0 % pour les nourrissons. L’augmentation de la proportion de MG se déclarant très favorables à la vaccination des nourrissons, amorcée depuis 1998, est particulièrement importante entre 2003 et 2009 (+15 points). Plus d’un tiers des MG (36,2 %) indique proposer « de façon systématique » le vaccin hexavalent pour vacciner les nourrissons, et 21,3 % « souvent ». Près des deux tiers des MG proposant le vaccin hexavalent ont le sentiment que son remboursement a permis d’améliorer la couverture vaccinale contre l’hépatite B dans leur patientèle.
    Discussion – Les opinions des MG vis-à-vis de la vaccination des nourrissons évoluent favorablement. Cette évolution est concomitante au remboursement du vaccin hexavalent et s’accompagne d’une importante progression de la couverture vaccinale chez les nourrissons. La réduction du nombre d’injections et la simplification du calendrier vaccinal qu’offre ce vaccin combiné sont certainement parmi les facteurs clés de cette meilleure adhésion.

    Mots-clés : Hépatite B, vaccination, médecins généralistes
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    Mathilde Coudray (mcoudray@sis-association.org) et al.
    Observatoire SIS Association, Montpellier, France

    Introduction – En France, l’hépatite C concerne plus de 220 000 personnes sous sa forme chronique. Elle reste néanmoins méconnue du grand public. Peu de données sont disponibles, tant sur les personnes concernées que sur l’impact de la maladie sur leur vie.
    Méthode – Hépatites info service (HIS) est un dispositif téléphonique pour toutes interrogations sur les hépatites virales. L’enquête consiste en un questionnaire accessible sur le site Internet de HIS ou via un numéro vert. L’échantillon se compose de 165 participants.
    Résultats – La quasi-totalité (96 %) des participants sous traitement au moment de l’enquête ou par le passé en ont indiqué des effets indésirables particulièrement lourds : 26 % ont dû arrêter le traitement précocement et 69,2 % ont été en arrêt maladie. La fatigue est en tête de la longue liste de ces troubles, qui ont un impact important sur l’état psychologique.
    Discussion-Conclusion – Les caractéristiques des participants sont proches des données de surveillance nationale de l’hépatite C de l’Institut de veille sanitaire. Cette étude met en évidence une multiplicité des profils de personnes atteintes et de leurs difficultés. La prise en compte de cette diversité implique une prise en charge globale.

    Mots-clés : VHC, traitement, prévention, perception
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    Catherine Enel (enelc@orange.fr) et al.
    Registre des hépatites virales de Côte-d’Or et du Doubs, Faculté de médecine de l’Université de Bourgogne, Dijon, France

    Introduction – Le dépistage et le traitement de l’hépatite chronique virale C en France demeurent insuffisants. L’élaboration de stratégies efficaces pour augmenter le nombre de personnes infectées prises en charge passe par une bonne compréhension des représentations qu’elles ont de leur maladie et de son traitement.
    Méthode – Une étude qualitative menée en Bourgogne entre 2006 et 2008 a consisté en des entretiens menés auprès de 11 personnes atteintes d’hépatite virale C, avant et après traitement.
    Résultats – L’analyse des entretiens montre une évolution des représentations dans le temps, teintées du discours médical dans les entretiens pré-traitement et davantage personnalisées dans les entretiens post-traitement. Elle révèle le choc du diagnostic, les raisons d’acceptation de la prise en charge propres à chaque personne et fonction de ses représentations, et le vécu difficile du traitement.
    Discussion-conclusion – Pour améliorer la prise en charge des patients porteurs d’une infection à VHC et pour faire tomber les barrières existantes, l’intervention d’un professionnel en éducation thérapeutique apparaît indispensable.

    Mots-clés : Hépatite C, représentations, traitement, étude qualitative
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    Dominique Larrey (dom-larrey@chu-montpellier.fr)
    Service d’hépato-gastroentérologie et transplantation, Hôpital Saint-Eloi, CHU Montpellier ; Inserm U1040-IRB, Montpellier, France

    Introduction – Les échecs du traitement INF-PEGa2a/b et ribavirine dans l’hépatite chronique C sont principalement dus à une mauvaise observance et aux effets secondaires. Aucune étude prospective n’avait encore validé l’impact réel de l’éducation thérapeutique.
    Objectif – Évaluer l’impact des consultations infirmières systématiques sur l’observance et l’efficacité du traitement par bithérapie dans l’hépatite chronique C.
    Patients et méthodes – Il s’agit d’une étude multicentrique, prospective avec randomisation en deux groupes : un groupe A comprenant, après la visite médicale, une consultation infirmière systématique effectuée avec une grille structurée d’évaluation et d’éducation sur la maladie et le traitement ; et un groupe B de patients ayant un suivi pragmatique. Cette étude a été menée au sein de 12 centres. Une comparaison entre un centre expérimenté en éducation thérapeutique (centre 1) et des infirmières nouvellement formées a été réalisée.
    Résultats – 244 patients randomisés (groupe A : 123 ; groupe B : 121) ont été inclus. Les deux groupes avaient des caractéristiques démographiques, cliniques, virologiques et une fréquence de traitement antérieur semblables. L’observance d’une durée de traitement de 48 semaines était meilleure dans le groupe A que dans le groupe B (79,1 % vs. 48,8 %, p<0,005). La réponse virologique soutenue (RVS) était plus fréquente dans le groupe A que dans le groupe B (37,7 % vs. 25 %, p<0,05). Les résultats d’observance et de RVS étaient meilleurs dans le centre expérimenté.
    Conclusion – La consultation infirmière systématique est associée à une meilleure observance thérapeutique et une meilleure réponse virologique. La différence était plus marquée dans le centre expérimenté en éducation thérapeutique.

    Mots-clés : Traitement de l’hépatite C, observance, éducation thérapeutique
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    Michel Bonjour
    SOS Hépatites Fédération, Asud. Vice-président du comité de suivi et de prospective du Plan national hépatites virales B et C 2009-2012

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    Cécile Brouard (c.brouard@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – This article describes hepatitis B virus (HBV) knowledge, perception, and screening and vaccination practices of the general population, compared with those observed for HIV.
    Methods – A module on hepatitis B was added in HIV KABP (Knowledge, Attitudes, Beliefs and Practices) survey, carried out in 2010 by phone among a random sample of 9,014 individuals aged of 18-69 years living in mainland France.
    Results – Sexual and needle exchange during intravenous drug use as modes of transmission are less known for HBV (69.7% and 89.9% respectively) than for HIV (99.4% and 99.1%). The reported use of HBV screening test during lifetime (27.4%) is twice less frequent than for HIV (61.3%). In multivariate analysis, it is more often observed among persons born in areas of high endemicity for HBV (OR=2.1 [CI95%:1.5-2.9] compared with those born in HB low endemicity areas) and among those reporting having used intravenous drugs (OR=2.2 [CI95%:1.2-4.2]). Anti-HBV vaccination is reported by almost one in two respondents (47%), and no more frequently by those two groups at-risk (multivariate analysis).
    Conclusion – These results demonstrate the need to improve the general population’s knowledge on HBV in order to reinforce screening and vaccination practices, especially among at-risk populations.

    Key words : Hepatitis B, knowledge, perception, practices, screening, prevention
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    Arnaud Gautier (arnaud.gautier@inpes.sante.fr) et al.
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, Saint-Denis, France

    Introduction – In France, vaccination of target groups for hepatitis B immunisation (persons at risk, infants, children and adolescents) remains insufficient. The purpose of this survey was to assess and monitor changes in GPs’ opinions and practices with regard to hepatitis B vaccination, given their central role in prevention.
    Method – The survey was conducted by telephone and the Internet between November 2008 and January 2009 among a simple random sample of 2,083 general practitioners (GPs). The results are compared with the data of the previous surveys.
    Results – Most of the GPs questioned (88.3%) reported being vaccinated against hepatitis B. More than nine out of ten doctors (94,0%) stated that they were in favour of vaccination for high-risk adults, 78.7% for adolescents, and 68% for infants. The proportion of GPs claiming to be highly in favour of infant vaccination started to rise in 1998, and considerably increased between 2003 and 2009 (+15 points).
    More than one-third of GPs (36.2%) said that they “systematically” proposed hexavalent vaccine for vaccinating infants, and 21.3% did so “often”. Almost two-thirds of GPs who said that they proposed hexavalent vaccine thought that reimbursement was a factor in improving hepatitis B vaccination coverage in their practices.
    Discussion – There has been a shift in GPs’ opinions in favour of infant vaccinations. This shift together with the reimbursement of the hexavalent vaccine, which many doctors were already pressing for in 2009, has been accompanied by a significant improvement in vaccination coverage among infants. The reduction in the number of injections and simplification of the vaccination schedule offered by this combined vaccine are undoubtedly among the key factors behind this improved adherence.

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    Mathilde Coudray (mcoudray@sis-association.org) et al.
    Observatoire SIS Association, Montpellier, France

    Background – In France there are more than 220,000 people living with chronic hepatitis C virus (HCV), although the condition remains little known to the general population. Limited data is presently available on people living with HCV and the impact of the virus on their lives.
    Methods – “Hépatites Info Service” (HIS) is a helpline designed to meet callers’ needs for information and counseling on viral hepatitis. The survey is based on a questionnaire accessed directly on the HIS internet site or calling the free telephone line. The sample is made up of 165 participants.
    Results – Almost all participants undergoing treatment at the time of the survey, or in the past, had experienced especially serious side effects (96%), of whom 26% had to interrupt treatment early, and 69.2% went on sick leave. Fatigue topped the very long list of treatment-associated problems, all of which have a strong impact on psychological health/ well-being.
    Discussion-Conclusions – Participants’ profiles correspond closely to the national epidemiological data of French Institute for Public Health Surveillance (InVS). The survey highlighted the many varied backgrounds and problems of people living with HCV. A global care approach needs to take into account this diversity.

    Key words : HCV, treatment, prevention, perception
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    Catherine Enel (enelc@orange.fr) et al.
    Registre des hépatites virales de Côte-d’Or et du Doubs, Faculté de médecine de l’Université de Bourgogne, Dijon, France

    Introduction – Screening and treatment of chronic viral hepatitis C are still inadequate in France. Implementing effective strategies in order to increase the number of infected people taken into medical care requires a good understanding of representations of the infection and its treatment.
    Material and methods – During a qualitative survey conducted in Burgundy between 2006 and 2008, 11 persons suffering from chronic viral hepatitis C were interviewed before and after treatment.
    Results – The analysis of interviews showed an evolution of representations between pre- and post-treatment interviews. Perceptions noticeably reflected medical discourse in pre-treatment interviews, but became more personalized in post-treatment interviews. The analysis highlighted the state of shock following diagnosis, the reasons for medical care acceptance that varied according to each person’s representations, as well as the violence of treatment effects experienced as a necessary harm.
    Discussion-conclusion – In order to improve health care management of patients infected with HCV and to break down existing barriers, interventions from health care providers specialized in therapeutic education are necessary.

    Key words : Hepatitis C, representations, treatment, qualitative study
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    Dominique Larrey (dom-larrey@chu-montpellier.fr)
    Service d’hépato-gastroentérologie et transplantation, Hôpital Saint-Eloi, CHU Montpellier ; Inserm U1040-IRB, Montpellier, France

    Introduction – Failures of PEGIFN-a2a/b-ribavirin combination in chronic hepatitis C are mainly due to a poor adherence and side effects. No prospective study has validated the real impact of therapeutic education so far.
    Objective – To assess the effect of systematic nurse-provided therapeutic education on adherence and efficiency of bitherapy in chronic hepatitis C. Patients and methods – Multicentric, prospective study, randomized in two groups: Group A: systematic nurse consultation after medical consultation, performed with a standardised grid for assessment and education on the disease and its treatment; Group B: pragmatic follow-up. This study was performed in 12 centres. A comparison between a centre specialised in therapeutic education (centre 1) and newly trained nurses was carried out.
    Results – 244 randomized patients (Group A: 123; Group B: 121) were included in the study. Baseline demographic, clinical, virological characteristics were similar, as well as the frequency of previous treatment between groups.
    Adherence to the complete 48 week-treatment was better in Group A than for Group B (79.1% vs. 48.8%, p<0,005). Sustained virological response (SVR) was more frequent in Group A than in Group B (37.7% vs. 25%, p<0.05). Adherence and SVR were better in the specialised centre.
    Conclusion – The systematic nurse-provided therapeutic education is significantly associated with a better adherence to the treatment and a better virological response. The beneficial effect was higher in the specialised centre for therapeutic education.

    Key words : Hepatitis C treatment, adherence, therapeutic education
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