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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 04/09/2012

BEH n°33/2012

04/09/2012

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Le numéro (pdf- 849,97 Ko)

 
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    Anne Fouillet (a.fouillet@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – La surveillance régulière menée par l’Institut de veille sanitaire a mis en évidence une hausse de la mortalité au cours de l’hiver 2011-2012. L’objectif de l’article vise à décrire les fluctuations de la mortalité au cours de cet hiver et à comparer cet épisode à celui observé au cours de l’hiver 2008-2009.
    Méthodes – À partir des décès transmis par l’Insee et des estimations de population entre 2008 et 2011, les nombres de décès pour 100 000 habitants enregistrés sur l’hiver 2011-2012 ont été comparés aux valeurs des années précédentes. L’analyse est réalisée par classes d’âge et par région.
    Résultats – Entre le 6 février et le 18 mars 2012, un excès de près de 6 000 décès (+13%) a été estimé, comparativement aux effectifs enregistrés les années précédentes. Ce résultat s’observe plus particulièrement chez les personnes les plus âgées (85 ans et plus) et se distribue de façon hétérogène entre les régions. Cette surmortalité est comparable à celle observée au cours de l’hiver 2008-2009.
    Discussion-conclusion – Cette étude fournit une première estimation de l’épisode de surmortalité observé au début de l’année 2012, qui correspond à la surmortalité observée sur les seules communes participant au système de surveillance, couvrant 70% de la mortalité nationale. La survenue concomitante de plusieurs facteurs (vague de froid et épidémies saisonnières, notamment grippale) sur la même période peut, au moins en partie, expliquer ce phénomène, mais leur part respective dans cette augmentation reste à évaluer.

    Mots-clés : Mortalité, hiver, surveillance syndromique, SurSaUD®
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    Catherine Galey (c.galey@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    En août 2008, le signalement d’une augmentation de cas de gastro-entérites aiguës (GEA) dans un camping, dont l’approvisionnement en eau potable présentait des anomalies, évoquait une épidémie de GEA d’origine hydrique. Des investigations environnementales et épidémiologiques ont été conduites afin de décrire l’épidémie, d’en préciser l’étiologie et les causes et de préconiser des mesures de contrôle adaptées.
    Une épidémie de GEA a ainsi été documentée parmi les campeurs d’un camping, en pleine saison touristique. La cohorte rétrospective effectuée (276 sujets) a permis de calculer un taux d’attaque de 42%, selon la définition de cas proposée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et deux voies de transmission : ingestion d’eau du robinet, avec une relation dose-effet significative (Chi2 de tendance linéaire p=0,00145, et odd ratio ajusté de 3,7 pour une ingestion d’eau du robinet de 6 verres ou plus par jour), et baignade dans la piscine ou la rivière (odd ratio ajusté de 2,0 pour plus d’un bain par jour dans la piscine du camping et/ou la rivière).
    Les agents pathogènes en cause n’ont pas pu être identifiés, faute d’analyses de selles et d’échantillons d’eaux prélevés en quantité suffisante avant la mise en oeuvre de la désinfection du réseau d’alimentation en eau. Cette épidémie est très probablement d’origine virale, compte tenu des symptômes, de sa durée et du temps de latence.
    Un puits non déclaré utilisé par le propriétaire du camping a été mis hors service. Cette pratique révèle que l’approvisionnement en eau avec une pression insuffisante est sans doute un problème réel dans certaines zones très touristiques. Cet aspect devrait être pris en compte pour fixer les capacités d’accueil des campings.

    Mots-clés : Épidémie, gastro-entérite, camping, eau potable, baignade
 
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    Anne Fouillet (a.fouillet@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Routine surveillance conducted by the French Institute for public Health Surveillance showed an increase in mortality during the 2011/2012 winter. The aim of this paper is to describe the fluctuations in mortality during the winter and to compare this episode to the one observed during winter 2008/2009.
    Methods – From mortality data and estimation of French population between 2008 and 2011 transmitted by the National Institute of Statistics and Economic Studies (INSEE), the number of deaths per 100,000 inhabitants recorded during the 2011/2012 winter were compared with values from previous years. The analysis was conducted by age group and region.
    Results – Between 6 February and 18 March 2012, an excess of nearly 6,000 deaths (+13%) was estimated, compared to numbers recorded in previous years. This result is observed especially among the elderly (over 85 years old) and is distributed heterogeneously between regions. This excess mortality is similar to the one observed during winter 2008/2009.
    Discussion – This study provides a first estimate of the excess of mortality observed at the beginning of 2012, which corresponds to the excess observed in the sample of cities with a computerized civil-status office, covering 70% of the national mortality. The concomitant occurrence of several factors (cold weather and seasonal epidemics including influenza) over the same period may at least partly explain this phenomenon. However, their respective share in this increase is still to be evaluated.

    Key words : Mortality, winter, syndromic surveillance, SurSaUD®
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    Catherine Galey (c.galey@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Increasing numbers of gastroenteritis (AGE) cases were reported in a campground in August 2008 where the drinking water supply revealed some deficiencies. This led to suspect the presence of a waterborne GEA outbreak. Environmental investigations and a cohort study within the campground were completed to identify the source, describe the extent of the outbreak, and look for control measures.
    A GEA outbreak was documented among the campers in the middle of the tourist season. The attack rate among the interviewed campers (N=276) was 42%, a case being defined as recommended WHO. Two risk factors were associated to the illness: tap water consumption from the campground, with a significant dose-response relationship, (Chi2 with a linear trend p=0.00145, and adjusted odds ratio=3.7 for a tap water consumption of six or more glasses per day), and swimming in the pool or the river (adjusted odds ratio=2.0 for more than one bath a day in the campsite swimming pool and/or the river). The pathogens incriminated could not be identified due to the lack of stool and to insufficient water sample collection before the disinfection of the water supply network. This outbreak had most likely a viral origin, given the symptoms, duration and latency.
    An unreported well used by the owner of the campground was taken out of service. This practice reveals that a water supply with insufficient pressure is probably a real problem in some touristic areas. This aspect should be taken into account in establishing campgrounds’ accommodation capacity.

    Key words : Outbreak, gastroenteritis, campground, drinking water, bathing
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