Fermer



BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 20/11/2012

BEH n°44-45/2012

20/11/2012
Numéro thématique – Épidémiologie des troubles du sommeil en France

Télécharger Télécharger Acrobat Reader

Le numéro (pdf- 1,22 Mo)

 
  •  

    Maurice M. Ohayon
    Director of the Stanford Sleep Epidemiology Research Centre (SSERC), School of Medicine, Stanford University, USA

  •  

    François Beck (francois.beck@inpes.sante.fr) et al.
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), Saint-Denis, France

    

    La connaissance épidémiologique de l’insomnie et des autres troubles du sommeil s’est développée depuis quelques années en France. L’objet de cette étude est de quantifier le temps de sommeil et la prévalence de l’insomnie chronique dans la population des 15-85 ans, et d’explorer les facteurs associés à cette pathologie.
    Dans le cadre du Baromètre santé 2010, enquête en population générale, 27 653 individus de 15-85 ans ont été interrogés sur leurs comportements de santé, en particulier sur leur rapport au sommeil.
    Le temps de sommeil moyen des 15-85 ans est de 7h13, plus élevé pour les femmes que pour les hommes (7h18 versus 7h07 ; p<0,001), tandis que 15,8% des 15-85 ans présentent une insomnie chronique : 19,3% des femmes et 11,9% des hommes (p<0,001). La part d’insomnie chronique est stable avec l’âge parmi les femmes, autour de 19%, tandis qu’elle augmente chez les hommes, de 3% à 15-19 ans à 18% à 45-54 ans, avant de diminuer à 8% au-delà de 65 ans. Elle est par ailleurs liée à des situations de précarité, à certains évènements de vie difficiles tels que les violences subies, tandis que le lien avec l’alcoolisation à risque chronique et le tabagisme disparaît une fois contrôlés les effets de structure dans une modélisation. Observés depuis le début des années 1990 dans le Baromètre santé, les troubles du sommeil déclarés sur les 8 derniers jours apparaissent en hausse par rapport à 1995, avec une stabilisation de la prévalence depuis 2000 à un niveau élevé. L’ensemble de ces résultats justifie la mise en oeuvre d’actions de prévention et d’éducation à la santé visant à aider la population à préserver un sommeil de qualité.

    Mots-clés : Sommeil, temps de sommeil total, insomnie, épidémiologie, comorbidités, enquête en population générale
  •  

    Claire Gourier-Fréry (c.gourierfrery@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    En 2008, un volet sur le sommeil a été intégré à l’Enquête santé protection sociale (ESPS). Les données ont été recueillies par auto-questionnaire auprès de 12 636 résidents en métropole, âgés de 16 ans et plus.
    Les résultats confirment la fréquence des troubles du sommeil en France : une personne sur 5 (19,0%) présentait des symptômes d’insomnie chronique accompagnés de perturbations diurnes (fatigue ou somnolence excessive) (ICPD). La prévalence était plus forte chez les femmes que chez les hommes (22,2% vs. 15,4%). Elle augmentait avec l’âge jusqu’à la classe des 45-54 ans (23,6%), puis diminuait légèrement. En effet, après 55 ans, les perturbations du sommeil étaient fréquemment déclarées sans retentissement diurne. La fréquence du retentissement diurne était maximale entre 25 et 55 ans. L’analyse multivariée révélait une fréquence accrue d’ICPD chez les personnes travaillant en rythme décalé et chez les plus précaires socialement. La prévalence d’ICPD était significativement plus faible chez les célibataires (13,5%) que chez les sujets en couple (20,0%), divorcés, séparés, veufs (24,6%).
    Seuls 7,3% des sujets manifestant une ICPD ne déclaraient aucune comorbidité.
    L’ICPD était indépendamment associée à de nombreuses pathologies chroniques ; la prévalence d’ICPD augmentait avec le nombre d’atteintes somatiques et l’intensité des troubles associés (douleurs, score de santé psychique). Malgré cette forte morbidité, moins d’un tiers (27,5%) des individus manifestant une ICPD avaient déjà consulté pour leurs problèmes de sommeil. Une personne avec ICPD sur 5 (22,2%), 1 sur 2 après 75 ans (48,5%), déclarait prendre de façon habituelle des médicaments pour dormir.
    Il s’agissait de benzodiazépines ou apparentés dans 82% des cas, bien que ces thérapeutiques soient déconseillées au long cours. Ces résultats indiquent une prise en charge encore insuffisante de l’insomnie chronique en France.

    Mots-clés : Épidémiologie, troubles du sommeil, insomnie, somnolence, comorbidités, hypnotiques, benzodiazépines
  •  

    Claire Fuhrman (c.fuhrman@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Objectifs – Estimer la prévalence des symptômes évocateurs de syndrome d’apnées-hypopnées du sommeil (SE-SAHOS) et l’importance du sous-diagnostic du SAHOS chez les adultes en France. Estimer l’évolution, entre 2006 et 2011, du nombre de personnes traitées pour SAHOS en France.
    Méthodes – Les données de deux enquêtes déclaratives (Enquête santé et protection sociale (ESPS) 2008 en population générale et Entred 2007 (Échantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques) chez les diabétiques ont été utilisées. Les SE-SAHOS ont été définis par des ronflements fréquents associés à une somnolence diurne excessive ou à des apnées constatées par l’entourage. Les taux annuels bruts et les taux standardisés sur l’âge de personnes traitées par pression positive continue (PPC) ont été calculés de 2006 à 2011 à partir des données de l’échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB) de l’assurance maladie.
    Résultats – En population générale, 4,9% des personnes ont déclaré avoir des SE-SAHOS et 2,4% un SAHOS diagnostiqué. Parmi les personnes avec SE-SAHOS, 15% avaient déjà bénéficié d’un enregistrement du sommeil. Chez les diabétiques de type 2, la prévalence des SE-SAHOS était de 16%, et 28% des personnes symptomatiques avaient déjà eu un enregistrement du sommeil. Le taux annuel standardisé de personnes traitées par PPC a augmenté entre 2006 et 2011 (+15% par an). En 2011, 0,9% des adultes bénéficiaires du régime général de l’assurance maladie étaient traités par PPC.
    Conclusion – Les SE-SAHOS sont fréquents et sous-explorés en France. Le nombre de personnes traitées par PPC est en augmentation, mais la prévalence du SAHOS traité reste inférieure à la prévalence attendue selon les données de la littérature.

    Mots-clés : Syndrome d’apnées-hypopnées du sommeil, épidémiologie, troubles du sommeil, adultes
  •  

    Damien Léger (damien.leger@htd.aphp.fr) et al.
    Institut national du sommeil et de la vigilance ; Université Paris Descartes, AP-HP, Centre du sommeil et de la vigilance, Hôtel-Dieu, Paris, France

    Introduction – Le sommeil de l’adolescent a une importance capitale sur sa santé et son développement. Il est unanimement recommandé aux adolescents d’avoir suffisamment de sommeil, en particulier en période scolaire. Cependant, les normes de sommeil nécessaire en fonction de l’âge reposent davantage sur des traditions que sur des valeurs de référence dans la population générale. Le but de cette étude a été de mieux connaître la réalité du sommeil des adolescents français.
    Méthode – Les données concernant 9 251 élèves de 11 à 15 ans recrutés pour participer à l’enquête française de l’étude internationale Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) ont été analysées ; 50,7% des répondants sont des garçons. Une estimation du temps de sommeil total (TST) déclaré pour les jours avec classe le lendemain (TSTAC), ainsi que pour les jours sans classe le lendemain (TSTSC) a été faite à partir de 8 items spécifiques. Ont été considérés comme « courts dormeurs » les sujets dont le TSTAC était <7 heures et comme « en dette de sommeil » ceux dont la différence (TSTSC – TSTAC) était >2 heures.
    Résultats – Une diminution significative du TSTAC est observée entre 11 et 15 ans, à la fois pour le TSTAC (9 h 26 mn vs. 7 h 55 mn ; p<0,001) et pour le TSTSC (10 h 17 mn vs. 9 h 44 mn ; p<0,001). La dette de sommeil passe de 16,0% des 11 ans à 40,5% des 15 ans (p<0,001). Le sommeil court concerne quant à lui de 2,6% des 11 ans à 24,6% des 15 ans (p<0,001).
    Conclusion – Malgré le besoin de sommeil à l’adolescence, le temps de sommeil habituel diminue avec l’âge à l’adolescence pour devenir très court à 15 ans, créant tout au long de l’adolescence une dette de sommeil de plus en plus fréquente.

    Mots-clés : Sommeil, temps de sommeil total, adolescent, dette de sommeil, enquête
  •  

    Damien Léger (damien.leger@htd.aphp.fr) et al.
    Institut national du sommeil et de la vigilance ; Université Paris Descartes, AP-HP, Centre du sommeil et de la vigilance, Hôtel-Dieu, Paris, France
    Institut national du sommeil et de la vigilance, Paris, France

    Introduction – Plusieurs études ont montré un taux élevé de somnolence dans la population générale aux États-Unis et en Europe, mais il existe peu de données, dans la population française, sur la somnolence, les facteurs sociodémographiques associés et ses conséquences.
    Méthode – Une enquête en population générale a été réalisée, dans le cadre de la Journée nationale du sommeil, par l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) en 2011 auprès d’un échantillon représentatif de la population adulte, avec une caractérisation précise des horaires de travail, du temps de transport, de la structure familiale et des catégories socioprofessionnelles. Le questionnaire a été construit par des spécialistes du sommeil et comprend : 1) des items permettant d’estimer le temps de sommeil total (TST) et les pathologies du sommeil déclarées associées ; 2) une évaluation de la somnolence par l’échelle de somnolence d’Epworth (ESS) et des items portant sur la plainte de somnolence, les épisodes d’endormissement diurnes, les siestes ; 3) les caractéristiques de la somnolence au volant et les contre-mesures adoptées.
    Résultats – 1 012 adultes (51% de femmes) de 18 à 60 ans ont été interrogés. Parmi les sujets interrogés, 21% ressentent de la somnolence dans la journée au moins 3 fois par semaine, y compris lorsqu’ils ont bien dormi, 11% se sentent somnolents tous les jours et 7% (15% des hommes) s’endorment régulièrement sans pouvoir résister à la somnolence au moins 3 fois par semaine. Pour 4%, ces endormissements ont lieu tous les jours. En considérant l’ESS : 19% du groupe peuvent être considérés comme somnolents (ESS>10) et 3% comme somnolents sévères (ESS≥16) ; 26% des sujets disent faire parfois la sieste, 9% font la sieste au moins 3 fois par semaine et 2% la font tous les jours ; 12% des conducteurs ont dû s’arrêter de conduire au moins 1 fois pour dormir au cours des 12 derniers mois ; 3% des conducteurs rapportent s’être endormis au volant au cours de ces 12 derniers mois. Les facteurs associés significativement à la somnolence sont le temps de transport quotidien, le travail de nuit et en horaires décalés, et certaines pathologies du sommeil déclarées (syndrome d’apnées, syndrome des jambes sans repos, hypersomnie).
    Conclusion – La somnolence concerne un Français sur 5 et a des conséquences sévères sur le risque d’endormissement au volant.

    Mots-clés : Somnolence, épidémiologie, conduite automobile, travail de nuit
 
  •  

    Maurice M. Ohayon
    Director of the Stanford Sleep Epidemiology Research Centre (SSERC), School of Medicine, Stanford University, USA

  •  

    François Beck (francois.beck@inpes.sante.fr) et al.
    Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), Saint-Denis, France

    The epidemiology of chronic insomnia and other sleep disorders has recently been developed in France. The aim of this study is to evaluate total sleep time and chronic insomnia prevalence in the general population aged 15-85 years, and to investigate factors associated to sleep disorders.
    Within the framework of the Health Barometer 2010, a French general population survey, 27,653 individuals aged 15-85-years were questioned about their health behaviours and attitudes, in particular about their sleeping time and habits.
    The average sleeping time of the 15-85 year-olds was 7h13mn. It was higher for women than for men (7h18mn vs. 7h07mn; p<0.001), whereas 15.8% of the population presented criteria for chronic insomnia, 19.3% of women and 11.9% of men (p<0.001).
    The prevalence of chronic insomnia was stable with age among women, around 19%, whereas it increased for men from 3% in the 15-19 year-olds to 18% in the 45-54 year-olds before decreasing in 8% beyond 65 years.
    Chronic insomnia was also related to precarious situations, to several difficult events of life such as violence, whereas that observed with or chronic alcohol abuse and with tobacco smoking disappeared when socio-demographic characteristics were controlled in a logistic regression.
    Studied since the early 1990s in the Health Barometer, sleep disorders reported in the last 8 days are higher than in 1995, with a stable but high prevalence since 2000. These results highlight the need for implementing prevention and health educational initiatives in the general population to promote a better quality of sleep.

    Key words : Sleep, total sleep time, insomnia, epidemiology, co morbidity, general population survey
  •  

    Claire Gourier-Fréry (c.gourierfrery@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    In 2008, a module on sleep disorders was included in the French Health, Health Care and Insurance Survey (ESPS). Data were collected by a selfadministrated questionnaire for 12,636 people living in metropolitan France, aged 16 and above.
    Results confirm the high prevalence of sleep disorders in France: one out of 5 people (19.0%) reported chronic insomnia symptoms with daytime perturbations (fatigue or excessive somnolence) (ICPD). Prevalence was higher among women (22.2%) than among men (15.4%). Prevalence increased with age, up to the 45-54 age groups (23.6%), and then slightly decreased. Above 55 years, the subjects frequently reported insomnia symptoms without daytime repercussions. The frequency of daytime repercussions was maximal between 25 and 55 years. Multivariable analysis revealed an increased rate of ICPD among people working in staggered shifts, and among the most socially deprived people. ICPD prevalence was lower for single people (13.5%) than for those living with a spouse or partner (20.0%) or those divorced, separated, widowed (24.6%).
    Only 7.3% of the people with an ICPD declared no comorbidity. ICPD was associated with numerous chronic diseases and ICPD risk gradients were observed with the number of somatic issues and the intensity of associated problems (pain, mental health score). Despite this high morbidity, less than one third (27.5%) of the subjects with ICPD had already consulted for their sleep disorder. Although chronic use of hypnotics and anxiolytics is not advised especially for aged people, one out of 5 people with an ICPD (22.2%), one out of 2 aged 75 and above (48.5%), declared that they regularly took drugs for sleep difficulties (benzodiazepines or benzodiazepine-like drugs in 82% of the cases).
    These results indicate that chronic insomnia is still insufficiently treated in France.

    Key words : Epidemiology, sleep diseases, insomnia, sleepiness, comorbidity, hypnotics, benzodiazepines
  •  

    Claire Fuhrman (c.fuhrman@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Objectives – To estimate the prevalence of symptoms indicative of obstructive sleep apnea-hypopnea syndrome (SE-OSAH) and the extent of obstructive sleep apnea-hypopnea (OSAH) underdiagnosis among adults in France. To assess the trends in the number of people treated for OSAH from 2006 to 2011.
    Methods – Data from two declarative surveys (ESPS 2008 in the general population, and Entred 2007 among people with diabetes) were used. SE-OSAH was defined by frequent snoring plus excessive daytime sleepiness and/or witnessed apneas. Using data from a representative sample of beneficiaries of the major French health insurance system, annual crude and agestandardized rates of people treated with continuous positive airway pressure (CPAP) were calculated from 2006 to 2011.
    Results – In the general population, the prevalence of SE-OSAH was 4.9% and that of self-reported OSAH diagnosis was 2.4%. A previous sleep monitoring was reported by 15% of people with SE-OSAH. Among people with type 2 diabetes, the prevalence of SE-OSAH was 16% and 28% of symptomatic people reported a previous sleep monitoring. From 2006 to 2011, the annual agestandardized rate of people treated with CPAP increased by 15% per year. In 2011, 0.9% of adult health insurance beneficiaries were treated with CPAP.
    Conclusion – The prevalence of SE-OSAH is high in France and OSAH remains underdiagnosed. The number of people treated with CPAP is increasing but the prevalence of treated OSAH remains lower than the expected prevalence of OSAH.

    Key words : Sleep apnea syndrome, epidemiology, sleep diseases, adults
  •  

    Damien Léger (damien.leger@htd.aphp.fr) et al.
    Institut national du sommeil et de la vigilance ; Université Paris Descartes, AP-HP, Centre du sommeil et de la vigilance, Hôtel-Dieu, Paris, France

    Introduction – Sleeping has a major impact on health and development in adolescents and they are usually recommended to have “a good night’s sleep” especially during school term. However, the standards on the amount of sleep needed in teens are based on tradition rather than on reference values in the general population. The goal of this study is to better understand the adolescents’ sleep situation in France.
    Method – Data on 9,251 children aged from 11 to 15 years old interviewed on their sleeping behaviour in the French part of the Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) were analysed. Over half of respondents (50.7%) are boys. An estimation of the Total Sleep Time (TST), the Total sleep time before school days (TSTAC), and the Total sleep time before non-school days (TSTSC) was carried out based on eight specific items. Sleeping was considered too short when TSTAC was <7 hours. There was a sleep debt when TSTSC minus TSTAC was >2 hours.
    Results – TST decreased significantly between 11 and 15 years old, both for TSTAC (9 hours 26 minutes vs. 7h 55 min.; p<0.001) and at a lesser extent for TSTSC (10 h 17 min. vs. 9 h 44 min.; p<0.001). Sleep deprivation concerned 16.0% of chidren aged of 11 yo vs. 40.5% of those of 15 years (p<0.001). Too short sleep was reported by 2.6% of the 11 yo vs. 24.6% of the 15 yo (p<0.001).
    Conclusion – Despite the obvious need for sleep in adolescence, TST drastically decreases with age among children from 11 to 15 years old inducing significant sleep debt increasing with age.

    Key words : Sleep, total sleep time, adolescent, sleep debt, survey
  •  

    Damien Léger (damien.leger@htd.aphp.fr) et al.
    Institut national du sommeil et de la vigilance ; Université Paris Descartes, AP-HP, Centre du sommeil et de la vigilance, Hôtel-Dieu, Paris, France
    Institut national du sommeil et de la vigilance, Paris, France

    Introduction – Several studies have shown a high prevalence of sleepiness in the general populations of USA and European countries. However, there are few data on sleepiness and its consequences in the French national population.
    Method – A national survey was conducted as part of the National Sleep Day of the Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) in a representative sample of the French adult population using items on work hours, transportation time, family structures, and socio-professional categories. The questionnaire was built by sleep specialists and included: 1) items on total sleep time (TST) and sleep disorders; 2) items on sleepiness, Epworth sleepiness scale (ESS), diurnal sleep episodes and naps; 3) characteristics and countermeasures of sleepiness at the wheel.
    Results – 1,012 adults (51% females) from 18 to 60 years old were interviewed. Among them, 21% reported sleepiness at least 3 times per day after sufficient sleep, 11% reported feeling sleepy everyday, and 7% (15% of men) fell asleep regularly being overwhelmed by sleepiness at least 3 times per week. Four per cent of these sleeping episodes happen every day. According to the ESS scale, 19% of respondents have daytime sleepiness (ESS>10) and 3% severe sleepiness (ESS≥16). Twenty-six per cent of respondents reported having occasional naps, 9% at least 3 times per week, and 2% everyday.
    Twelve per cent of drivers had to stop driving due to sleepiness in the last 12 months. Three per cent of them reported sleeping while driving. The significant factors associated to sleepiness were the total transportation time per day, night and shift work, and some reported sleep disorders (sleep apnea, restless leg syndrome and hypersomnia).
    Conclusion – Sleepiness concerns one in five adults in France and has severe consequences on driving.

    Key words : Sleepiness, sleep, epidemiology, driving, night work
Consulter tous les numéros Haut de page