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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 30/11/2012

BEH n°46-47/2012

30/11/2012
Numéro thématique – VIH/sida en France : données de surveillance et études

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Le numéro (pdf- 1,79 Mo)

 
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    Jean-François Delfraissy1 et Francis Barin2
    1/ Directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), Paris
    2/ Responsable du Centre national de référence du VIH, CNR VIH & Inserm UMR 966, Université François-Rabelais et CHU Bretonneau, Tours

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    Leïla Saboni (l.saboni@invs.sante.fr) et al.
    Observatoire régional de santé d’Île-de-France, Paris, France

    

    Cet article présente l’évolution de la connaissance et de la perception du risque du VIH/sida, ainsi que celle des comportements de prévention de la population habitant sur le territoire métropolitain.
    Six vagues d’enquêtes ANRS-KABP ont été réalisées par téléphone entre 1992 et 2010 selon un protocole d’interview identique rendant possible la comparaison des indicateurs. Au total, 18 404 individus âgés de 18 à 54 ans ont été interrogés.
    Les modes de transmission du VIH sont toujours bien connus, malgré la persistance de fausses croyances. Le VIH n’apparaît plus aujourd’hui comme l’enjeu principal des comportements de prévention, notamment chez les plus jeunes. Si le préservatif est toujours utilisé lors des premiers rapports sexuels, son efficacité est de moins en moins reconnue et il est moins utilisé lors du dernier rapport sexuel, en particulier chez les jeunes.
    La banalisation du VIH observée à travers les enquêtes est en partie due au succès des antirétroviraux et à l’allongement de la survie des personnes vivant avec le VIH. Il convient néanmoins de renforcer les actions à l’égard des jeunes en rappelant les enjeux préventifs à la fois contre les infections sexuellement transmissibles, mais aussi contre les grossesses non désirées.

    Mots-clés : VIH, enquêtes, KABP, population générale, prévention
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    Françoise Cazein (f.cazein@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    En France, 15 000 à 30 000 personnes seraient infectées par le VIH mais non diagnostiquées, et la moitié des diagnostics d’infection VIH sont tardifs, à moins de 350 CD4/mm3. Cet article présente des données sur l’activité de dépistage du VIH en France de 2003 à 2011, à partir de l’enquête LaboVIH.
    En 2011, 5,2 millions (IC95% : [5,12-5,24]) de sérologies VIH ont été réalisées en France, soit une augmentation significative de +4% par rapport à 2010. Le nombre de sérologies a augmenté dans les départements d’outremer (DOM) et en métropole, hors Île-de-France, alors qu’il est stable en Île-de-France.
    Environ 10 517 (IC95% : [10 276-10 758]) sérologies ont été confirmées positives en 2011, nombre stable depuis 2007 à l’échelle nationale. Le nombre de sérologies positives augmente depuis 2007 en métropole hors Île-de-France, alors qu’il diminue en Île-de-France et dans les DOM.
    En 2011, 7% des sérologies VIH étaient réalisées dans un cadre anonyme et gratuit, et la proportion de sérologies positives était plus élevée parmi les sérologies anonymes que parmi les sérologies non anonymes (3,2 versus 1,9/1 000 tests).
    Ces données permettent de constater que, dans l’année qui a suivi la publication des recommandations d’élargissement du dépistage, le nombre de sérologies réalisées a augmenté, sans accroissement du nombre de sérologies positives. Un recul plus important est nécessaire pour déterminer si cet élargissement permet un diagnostic plus précoce et une diminution de la prévalence des personnes infectées par le VIH mais non diagnostiquées.

    Mots-clés : VIH, surveillance, dépistage, France
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    Étienne Lucas et al.
    Auteur correspondant : Caroline Semaille (c.semaille@invs.sante.fr)
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    En France, la surveillance virologique, incluant un sérotypage, est réalisée en routine parallèlement à la surveillance épidémiologique des nouveaux diagnostics d’infection à VIH. La combinaison des données virologiques et épidémiologiques permet de décrire les personnes diagnostiquées selon le type, le groupe et le sous-type de VIH.
    Entre 2003 et 2010, parmi les 55 158 découvertes de séropositivité VIH, la part du VIH-2 était de 2%, celle du VIH-1 de 98%. Le VIH-2 concernait majoritairement des personnes contaminées par rapports hétérosexuels, nées en Afrique de l’Ouest. Ces personnes étaient diagnostiquées à un âge plus avancé et à un stade plus souvent asymptomatique que celles infectées par un VIH-1. Les co-infections VIH-1 et 2 concernaient 0,1% des diagnostics, de même que les infections par le VIH-1 de groupe O. Parmi les diagnostics d’infection par le VIH-1, le virus de sous-type B était majoritaire (59%). Les personnes infectées par un virus non-B étaient plus jeunes, plus souvent asymptomatiques que les personnes infectées par un virus B. La part des virus non-B chez les usagers de drogues a augmenté ces deux dernières années.

    Mots-clés : VIH-1, VIH-2, sous-type B, sous-type non-B groupe O, surveillance
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    Stéphane Le Vu (s.levu@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Les estimations d’incidence de l’infection par le VIH au niveau national en France indiquent que les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) représentent la population la plus touchée avec presque la moitié des nouvelles infections chaque année. L’objectif de cette étude était d’estimer le taux d’incidence du VIH dans un échantillon de HSH fréquentant les lieux de convivialité gay à Paris.
    Méthode – En 2009, l’étude Prévagay a permis de collecter de manière transversale un questionnaire comportemental et un prélèvement de sang auprès d’un échantillon d’hommes fréquentant des bars, saunas et backrooms parisiens. Les échantillons biologiques ont été testés pour l’infection par le VIH. Parmi les sujets infectés, le test EIA-RI a été utilisé pour indiquer une infection récente. Pour exclure les faux résultats d’infection récente dus à un traitement, nous avons testé la présence d’antirétroviraux dans les échantillons.
    Résultats – Parmi 886 participants, 157 (18%) ont été testés positifs pour le VIH. Le taux d’incidence global est estimé à 3,8 pour 100 personneannées (PA) [IC95% : 1,5-6,2]. Le taux d’incidence est estimé à 3,5 pour 100 PA [0,1-6,1] parmi les 557 hommes qui avaient eu un test VIH négatif dans l’année précédente, et à 4,8 pour 100 PA [0,1-10,6] parmi ceux (n=329) qui n’avaient jamais été testés auparavant ou testés depuis plus d’un an (la différence étant non significative).
    Conclusion – Cette étude est la première à estimer un taux d’incidence du VIH parmi des HSH fréquentant des établissements communautaires. Les taux obtenus indiquent un niveau élevé de transmission de l’infection parmi les personnes sexuellement actives, malgré un niveau de recours au dépistage important. Ces résultats confirment la nécessité de disposer de programmes de prévention efficaces ciblant les HSH ayant des comportements à risque.

    Mots-clés : VIH, incidence, HSH, Prévagay, infection récente, Paris, France
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    Caroline Roussillon (caroline.roussillon@isped.u-bordeaux2.fr) et al.
    Inserm U897, Bordeaux, France
    Isped, Université de Bordeaux, France

    Introduction – L’enquête Mortalité 2010 a décrit la répartition des causes de décès en France en 2010 chez les adultes infectés par le VIH (VIH+) et leur évolution depuis 2000.
    Méthodes – Un échantillon national des services impliqués dans la prise en charge du VIH a documenté les décès survenus chez les patients VIH+ en 2010 grâce à un questionnaire standardisé.
    Résultats – Les 90 centres participants ont notifié 728 décès. L’âge médian des patients était de 50 ans, 75% étaient des hommes. Les principales causes initiales de décès étaient : sida (25% vs. 36% en 2005 et 47% en 2000), cancer non-sida non lié aux hépatites (22% vs. 17% et 11%), atteinte hépatique (11% vs. 15% et 13%), atteinte cardiovasculaire (10% vs. 8% et 7%), infection non classant sida (9% vs. 4% et 7%). Les cancers toutes catégories confondues représentaient au total un tiers des causes de mortalité. Le sida (36%) et les infections non classant sida (15%) étaient les principales causes de décès dans les départements d’outre-mer (DOM).
    Discussion-conclusion – En 2010, le sida ne représente plus qu’un quart des causes de décès des patients VIH+ (mais plus d’un tiers dans les DOM). La majorité des patients décède désormais de causes diverses alors que leur infection VIH est contrôlée sous traitement. Une prise en charge pluridisciplinaire (en particulier oncologique) des patients VIH+ paraît désormais indispensable.

    Mots-clés : VIH, mortalité, cancer, départements d’outre-mer
 
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    Jean-François Delfraissy1 et Francis Barin2
    1/ Directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), Paris
    2/ Responsable du Centre national de référence du VIH, CNR VIH & Inserm UMR 966, Université François-Rabelais et CHU Bretonneau, Tours

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    Leïla Saboni (l.saboni@invs.sante.fr) et al.
    Observatoire régional de santé d’Île-de-France, Paris, France

    This article evaluates the trends over the last 20 years in the HIV-related knowledge, risk perceptions and sexual behaviours of adults living in metropolitan France.
    Data were obtained from six ANRS-KABP rounds of surveys conducted by telephone between 1992 and 2010 in a representative sample of the population living in France. Similar in terms of the data collected and the target populations covered, the main common indicators produced were compared.
    In total 18,404 individuals were interviewed.
    HIV routes of transmission remain well known, but some mechanisms of transmission appeared to be misunderstood. HIV is no more considered as the main challenge for prevention, particularly among young adults. Still well used at first intercourses, men and women were less convinced in 2010 that condom use is completely effective, reflecting distrust in its efficacy, especially among young adults.
    HIV trivialization observed during the surveys is partly due to the improvements in treatment efficacy and the increasing life expectancy of people living with HIV. Preventive actions toward young adults need to be reinforced and focused both on sexually transmitted infections and unintended pregnancies.

    Key words : HIV, studies, KABP, general population, prevention
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    Françoise Cazein (f.cazein@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    In France, an estimated 15,000 to 30,000 HIV infected persons are undiagnosed and half of HIV infected people are diagnosed late at less than 350 CD4/mm3. This article presents data on HIV testing in France in 2003-2011, from the LaboVIH survey.
    In 2011, 5.2 million (95% CI: [5.12-5.24]) of HIV tests were performed in France, representing an increase of 4% compared with 2010. The number of tests performed increased in French overseas departments (FOD) and in mainland France except in the Paris region, where it remained stable.
    The number of HIV positive tests in 2011 was 10,517 (95% CI: [10,276-10,758]). This number increased since 2007 in mainland France except in the Paris region, whereas it decreased in the Paris region and in the French overseas departments.
    In 2011, free anonymous testing accounted for 7% of all HIV tests performed, and the rates of HIV positive tests were higher than in confidential testing (3.2 versus 1.9/1,000 tests).
    These data show an increase of HIV testing activity during the year following the publication of national guidelines that promoted an expanded HIV testing policy. However, there was no increase in the number of HIV positive tests. Further data will show if expanded HIV testing is able to improve early diagnosis and to decrease the undiagnosed HIV prevalence.

    Key words : HIV, surveillance, testing, France
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    Étienne Lucas et al.
    Auteur correspondant : Caroline Semaille (c.semaille@invs.sante.fr)
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    In France, virological surveillance, including serotyping, is routinely performed in parallel with epidemiological surveillance of new diagnoses of HIV infection. Virological data combined with epidemiological data contribute to describe HIV infected persons by type, group and subtype of HIV.
    Between 2003 and 2010, among 55,158 new HIV diagnoses, the proportion of HIV-2 was 2%. HIV-2 concerned mainly people infected through heterosexual intercourse born in Western Africa. Those people are diagnosed at an older age and are often more asymptomatic than those infected by HIV-1. HIV-1 and 2 dual infections accounted for 0.1% of diagnoses, as well as HIV-1 group O infection. Among HIV-1 diagnoses, B subtype virus was predominant (59%).
    People infected with a non-B virus were younger, and more often asymptomatic than those infected with B virus. The proportion of non-B virus has increased among drug users during the last two years.

    Key words : HIV-1, HIV-2, B subtype, non-B subtype group O, surveillance
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    Stéphane Le Vu (s.levu@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Background – Population-based estimates of HIV incidence in France reveal that men who have sex with men (MSM) are the most affected population and contribute to nearly half of new infections each year. We sought to estimate HIV incidence among sexually active MSM in Paris gay community social venues.
    Methodology – A cross-sectional survey (PREVAGAY) was conducted in 2009 in a sample of commercial venues such as bars, saunas and backrooms. We collected a behavioural questionnaire and blood sample. Biological samples were tested for HIV infection and positive specimens then tested for recent infection by the enzyme immunoassay for recent HIV-1 infection (EIA-RI). We assessed the presence of antiretroviral therapy among infected individuals to rule out treated patients in the algorithm that determined recent infection.
    Findings – Among 886 MSM participants, 157 (18%) tested HIV positive. The overall HIV incidence was estimated at 3.8% person-years (PY) [95% CI: 1.5-6.2]. Although differences were not significant, incidence was estimated to be 3.5% PY [0.1-6.1] in men who had a negative HIV test in the previous year, and 4.8% PY [0.1-10.6] in men who had their last HIV test more than one year before the survey, or who were never tested.
    Conclusions – This is the first community-based survey to estimate HIV incidence among MSM in France. It includes ART detection and reveals a high level of HIV transmission in sexually active individuals, despite a high uptake of HIV testing. These data call for effective prevention programs targeting MSM engaged in high-risk behaviours.

    Key words : HIV, incidence, MSM, PREVAGAY, recent infection, Paris, France
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    Caroline Roussillon (caroline.roussillon@isped.u-bordeaux2.fr) et al.
    Inserm U897, Bordeaux, France
    Isped, Université de Bordeaux, France

    Introduction – The “Mortalité 2010” survey aimed at describing the causes of death among HIV infected patients (HIV+) in France in 2010 and their trends since 2000.
    Methods – A national sample of clinical sites involved in the management of HIV infection notified and documented deaths through a standardized questionnaire.
    Results – The 90 participating centres notified 728 deaths. Median age was 50 years and 75% were men. The main underlying causes of death were AIDSrelated (25% vs. 36% in 2005 and 47% in 2000), cancer non-AIDS or hepatitis related (22% vs. 17% and 11%), liver-related (11% vs. 15% and 13%), cardiovascular disease (10% vs. 8% and 7%), non-AIDS related infections (9% vs. 4% and 7%). Neoplasia accounted for a third of the causes of all deaths. AIDS (36%) and non-AIDS related infections (15%) were the main underlying causes of death in French overseas departments (FOD).
    Discussion-conclusion – In 2010, AIDS accounted for a quarter of the causes of death of HIV infected patients (but over one third in FOD). The majority of patients died of various causes, while their HIV infection was well controlled under treatment. These results argue in favor of a better case management of HIV-infected patients based on a multidisciplinary approach (prevention, screening, treatment), especially in oncology

    Key words : HIV, mortality, cancer, French overseas departments
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