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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 11/12/2012

BEH n°48/2012

11/12/2012

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Le numéro (pdf- 1,61 Mo)

 
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    Elsa Gisquet (e.gisquet@onfv.org) et al.
    Observatoire national de la fin de vie, Paris, France

    Contexte – Il existe aujourd’hui une volonté de déshospitalisation de la mort, dans un contexte de maîtrise des dépenses de santé et en accord avec les souhaits et besoins de la population. Cependant, très peu d’études ont été menées en France permettant de mieux cerner les facteurs associés aux décès à l’hôpital.
    Méthode – La répartition des lieux de décès a été étudiée selon des facteurs démographiques et écologiques en utilisant les données des certificats de décès, enrichies de données externes (densité de l’offre médicale, densité des maisons de retraite). L’étude, réalisée dans le cadre des travaux de l’Observatoire national de la fin de vie avec la collaboration du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès de l’Inserm, a porté sur l’ensemble des décès survenus en France entre 1993 et 2008.
    Résultats – En 2008, 57% des décès sont survenus à l’hôpital, 27% à domicile, 11% en maison de retraite et 5% dans d’autres lieux. La proportion de décès à l’hôpital est restée globalement stable au cours de ces 15 dernières années. Elle tend cependant à augmenter pour les décès dus à des tumeurs, et à diminuer pour les maladies du système nerveux. Elle varie selon l’âge, la cause du décès et la région de domicile, mais est peu affectée par la densité de l’offre médicale et des maisons de retraite.
    Conclusion – Cette étude met en évidence la forte médicalisation de la fin de vie en France par rapport à certains autres pays européens, en particulier pour les tumeurs et les maladies cérébrovasculaires. Elle souligne également de fortes variations départementales de la fréquence de décès à l’hôpital, même après contrôle des variables individuelles et environnementales.

    Mots-clés : Fin de vie, hospitalisation, lieu de décès, certificat de décès, épidémiologie, France
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    Rémi Demillac (remi.demillac@ars.sante.fr) et al.
    Cire Ouest, Institut de veille sanitaire, Rennes, France

    Début octobre 2010, les autorités de santé ont été saisies pour « apporter une réponse aux difficultés sanitaires » affectant les enseignants d’une école de Bretagne : fatigue, migraine, irritations ORL aboutissant à des arrêts de travail. Ces symptômes persistaient épisodiquement depuis septembre 2009, avant de s’étendre à la majorité du personnel, entraînant une évacuation des locaux.
    Toutes les parties prenantes ont été réunies en cellule de coordination interdisciplinaire pour partager les informations disponibles, coordonner les investigations utiles – examens médicaux, entretiens individuels avec une psychosociologue, enquête épidémiologique descriptive, expertise environnementale – et proposer les mesures de gestion adaptées.
    Des analyses de l’air ont révélé un confinement des locaux conduisant à des teneurs en CO2 élevées dans les salles de classe. Les autres polluants recherchés présentaient des concentrations usuelles. L’enquête psychosociale a mis en évidence que la conjonction de plusieurs évènements graves dans l’établissement avait généré une forte anxiété, s’ajoutant à des difficultés de communication entre la direction et les personnels et la perception, par ces derniers, d’une non-prise en compte de leurs plaintes. Cette situation avait convaincu les personnels que la fréquentation des locaux faisait courir un risque pour leur santé. L’enquête épidémiologique a conclu à l’absence de danger, l’essentiel des symptômes s’expliquant par le confinement. La résolution de la crise est passée par une intervention technique sur le bâtiment et par l’amélioration de la communication.

    Mots-clés : Syndrome collectif inexpliqué, guide méthodologique, interdisciplinarité, école
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    Nicolas Carré (nicolas.carre@ars.sante.fr) et al.
    Cire Île-de-France et Champagne-Ardenne, Institut de veille sanitaire, Paris, France

    En Île-de-France, les chaudières individuelles sont souvent à l’origine des intoxications par le monoxyde de carbone (CO) survenant dans l’habitat.
    Les caractéristiques des épisodes d’intoxication pourraient être différentes selon le type d’habitat et selon les départements. Les objectifs de cette étude, réalisée dans des logements équipés d’une chaudière individuelle, étaient de décrire les caractéristiques et de comparer les taux d’incidence départementaux des épisodes d’intoxication par le CO survenant d’une part dans les appartements et, d’autre part, dans les maisons individuelles.
    Entre 2007 et 2010, parmi les 200 épisodes signalés dans un appartement, la source se situait généralement dans la cuisine (67,9%) ou la salle de bains (15,3%). Parmi les 235 épisodes signalés dans une maison, la source se situait le plus souvent à la cave (30,4%) ; d’autres appareils que la chaudière pouvaient être incriminés. Le taux d’incidence était de 7,4 épisodes pour 100 000 appartements et de 6,3 épisodes pour 100 000 maisons (p=0,07). Le risque de survenue d’un épisode d’intoxication était 2 fois plus faible dans trois départements de la grande couronne, comparé au département de référence situé en proche couronne.
    Bien que les caractéristiques des épisodes d’intoxication par le CO dans les logements équipés de chaudière individuelle varient selon le type d’habitat, la fréquence de survenue de ces épisodes est similaire dans les appartements et les maisons individuelles.

    Mots-clés : Chaudière individuelle, appartement, maison, taux d’incidence
 
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    Elsa Gisquet (e.gisquet@onfv.org) et al.
    Observatoire national de la fin de vie, Paris, France

    Background – In a context of healthcare expenses control, and according to the wishes and needs of population, the dehospitalisation of death has become a topic of wide interest for public health policy. However, very few studies of the factors influencing the place of death have so far been conducted in France.
    Methods – This study examined the proportion of deaths taking place in hospitals in relation to demographic, epidemiological and health care factors using data from death certificates from 1993 to 2008, gathered via anonymously linked health care statistics. The study was undertaken within the framework of the “Observatoire national de la fin de vie” and the “Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès de l’Inserm”.
    Results – Of all deaths in France in 2008, 57% took place at hospital, 27% at home, 11% in a nursing home and 5% in other places. The proportion of hospital deaths remains stable for these last 15 years but tends to increase for malignancies and decrease for nervous system diseases. The rate of hospital deaths varied according to age, cause of death, districts, rural or urban residence but few differences were due to the nursing home and hospital bed availability in the region.
    Conclusion – This study underlines the important medicalization of end of life in France compared with other European countries particularly for malignancies and cerebrovascular diseases. Variations according to districts were also underlined.

    Key words : End of life, hospitalizations, place of death, death certificates, epidemiology, France
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    Rémi Demillac (remi.demillac@ars.sante.fr) et al.
    Cire Ouest, Institut de veille sanitaire, Rennes, France

    In early October 2010, health authorities were requested to “respond to health problems” affecting teachers in a school of Brittany: fatigue, headache, ear, nose and throat irritations, resulting in sickness leaves. These symptoms had been persisting sporadically since September 2009, before spreading to the majority of staff, resulting in the evacuation of the premises.
    All stakeholders were gathered in an interdisciplinary coordination unit to share available information, coordinate useful investigations – medical examinations, individual interviews with a psychosociologist, descriptive epidemiological survey, and environmental expertise – and propose appropriate management measures.
    Indoor air analyses revealed the presence of air confinement in the premises leading to elevated CO2 levels in classrooms. The concentrations of the other investigated pollutants were usual. The psychosocial survey showed that the combination of several serious health events in the school generated high anxiety and convinced the staff that attendance of the premises posed a health risk, in a context of problems of communication between the management team and the staff and perception of the non-consideration of complaints.
    The epidemiological investigation confirmed the absence of danger, most symptoms being explained by the confinement. The crisis was solved through a technical intervention on the building and improved communication.

    Key words : Mass psychogenic illness, sick building syndrome, guideline, interdisciplinarity, school
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    Nicolas Carré (nicolas.carre@ars.sante.fr) et al.
    Cire Île-de-France et Champagne-Ardenne, Institut de veille sanitaire, Paris, France

    In the region Île-de-France, individual boilers are frequently involved in carbon monoxide (CO) poisoning episodes occurring in houses or apartments. Characteristics of those episodes could be different according to the type of housing and to the administrative area in the region.
    The aim of this study realised in housing fitted with individual boilers were to describe the characteristics of CO poisoning episodes according to the type of housing and the geographical area in Île-de-France. From 2007 to 2010, among the 200 episodes reported in apartments, the source of CO was usually located in the kitchen (67.9%) or in the bathroom (15.3%). Among the 235 episodes reported in houses, this source was mostly located in the cellar (30.4%). Other devices than boilers could be involved. The incidence rate was 7.4 episodes for 100 000 apartments and 6.3 episodes for 100 000 houses (p=0.07). The risk of occurrence of an episode was twice lower in 3 administrative areas located in distant Paris suburbs, compared to the administrative area of reference which is located in the inner suburbs of Paris.
    Although the characteristics of CO poisoning episodes differ according to the type of housing, the frequency of those episodes was similar for apartments and individual houses.

    Key words : Individual boiler, apartment, individual house, incidence rate
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