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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 18/12/2012

BEH n°49-50/2012

18/12/2012

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Le numéro (pdf- 2,62 Mo)

 
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    Dieter Van Cauteren (d.vancauteren@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Différents dispositifs de surveillance épidémiologique des virus du chikungunya et de la dengue existent en France métropolitaine en fonction ou non de l’implantation du moustique Aedes albopictus, vecteur de ces deux arboviroses.
    Méthodes – Ces dispositifs sont la déclaration obligatoire (DO), la surveillance via un réseau de laboratoires, et un dispositif de surveillance renforcée régional dans les départements où Aedes albopictus est implanté.
    Permettant une surveillance régionale et/ou nationale, ces dispositifs utilisent des critères de notification ou de signalement différents. Ils n’ont pas la même exhaustivité et ni les mêmes objectifs.
    Résultats – En 2011, 12 cas de chikungunya et 55 cas de dengue ont fait l’objet d’une DO. Le nombre de cas en métropole rapporté par le réseau de laboratoires s’élève à 34 pour le chikungunya et à 276 pour la dengue.
    Du 1er mai au 30 novembre 2011, période d’activité du moustique vecteur, et dans les départements où il est implanté, 17 cas importés de dengue et 4 cas importés de chikungunya ont été identifiés par le dispositif de surveillance renforcée et le réseau de laboratoires. Aucun cas autochtone de chikungunya ou de dengue n’a été confirmé en 2011.
    Conclusion – Le nombre de cas importés de chikungunya et de dengue en France métropolitaine est essentiellement déterminé par le contexte épidémiologique international et le flux des voyageurs des zones où ces virus circulent. Avec l’extension de l’implantation du vecteur vers d’autres régions métropolitaines, une réflexion sur une évolution du plan anti-dissémination du chikungunya et de la dengue doit être envisagée, prenant en compte les ressources disponibles et la performance des systèmes de surveillance.

    Mots-clés : Surveillance, chikungunya, dengue, France métropolitaine
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    Guy La Ruche (g.laruche@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – En raison du risque de cycle local, les cas importés de dengue posent un problème de santé publique potentiel dans les zones d’implantation du moustique Aedes albopictus.
    Méthode – En utilisant une méthode de capture-recapture, nous estimons l’incidence annuelle de la dengue et l’exhaustivité de deux systèmes de surveillance : la déclaration obligatoire et un réseau de laboratoires.
    Résultats – Le nombre de cas de dengue importés en France métropolitaine de 2007 à 2010 est estimé à plus de 8 300, dont 4 500 en 2010 pendant les épidémies de grande ampleur survenues aux Antilles. Pendant ces quatre années de surveillance, 327 cas sont survenus dans le Sud-Est en période d’activité du vecteur (mai à novembre), dont 234 en 2010 ; la plupart des cas étaient potentiellement virémiques. Les estimations d’exhaustivité de la déclaration obligatoire et du réseau de laboratoires sont respectivement 9% et 38% sur l’ensemble de la période et du territoire ; elles sont plus élevées dans le Sud-Est de mai à novembre, respectivement 32% et 69%.
    Conclusion – L’exhaustivité des systèmes nationaux de surveillance est satisfaisante en zone et période cruciales pour la surveillance métropolitaine de la dengue. Le nombre de cas importés peut augmenter du fait de l’expansion mondiale de la dengue, du caractère hyperendémique aux Antilles et de l’accroissement des voyages.

    Mots-clés : Dengue, Aedes albopictus, capture-recapture, déclaration obligatoire, incidence, exhaustivité
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    Isabelle Parent du Châtelet (i.parent@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – L’incidence des infections invasives à méningocoque (IIM) en France se situe depuis plus de vingt-cinq ans autour de 1 cas pour 100 000 habitants. Les données récentes sur les cas survenus en 2011 sont présentées.
    Méthodes – Le suivi épidémiologique des IIM repose sur la déclaration obligatoire à l’Institut de veille sanitaire et sur la caractérisation des souches invasives par le Centre national de référence des méningocoques. Le taux d’exhaustivité de la DO en France métropolitaine est estimé supérieur à 90% depuis 2005.
    Résultats – En 2011, 574 IIM ont été déclarées dont 559 en France métropolitaine, ce qui correspond à un taux d’incidence, corrigé pour la sousnotification, de 0,97/100 000 habitants. L’âge médian des cas était de 16 ans.
    En France métropolitaine, parmi les 530 IIM dont le sérogroupe était connu, 72,8% étaient du sérogroupe B, 15,5% du C, 2,6% du W135, 8,5% du Y et 0,6% de sérogroupes rares. La létalité était de 10% en 2011 (57 décès), elle était de 7% pour les IIM B (28 décès) et de 17% pour les IIM C (14 décès). L’incidence est quasi-stable depuis 2005 pour les IIM B et W135. Les IIM Y sont en augmentation depuis 2010. Le dernier pic d’IIM C remonte à 2003 et la baisse de l’incidence observée entre 2005 et 2010 ne s’est poursuivie que chez les 1-14 ans en 2011.
    Conclusions – L’incidence des IIM est modérée en France. Les IIM restent majoritairement liées aux méningocoques du sérogroupe B. La diminution de l’incidence des IIM C observée entre 2010 et 2011 chez les enfants entre 1 et 14 ans pourrait témoigner de l’impact de la vaccination. Le niveau de couverture vaccinale atteint est cependant insuffisant pour protéger, par immunité de groupe, les nourrissons de moins de 1 an non ciblés par les recommandations du calendrier vaccinal.

    Mots-clés : Surveillance, infections invasives à méningocoques, France
 
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    Dieter Van Cauteren (d.vancauteren@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Surveillance of chikungunya and dengue viruses in metropolitan France is based on different systems depending on the establishment of Aedes albopictus, vector of both viruses.
    Methods – These systems comprise mandatory notification, a national laboratory network and enhanced regional surveillance in the districts where Ae. albopictus is established. Due to their specific reporting criteria or objectives in terms of local and/or national surveillance, they vary in terms of case definitions and exhaustivity.
    Results – In 2011, 12 chikungunya and 55 dengue cases were registered through mandatory notification and the laboratory network reported 34 chikungunya and 276 dengue cases in metropolitan France. During the vector activity period, from 1 May through 30 November 2011, 4 imported cases of chikungunya and 17 imported cases of dengue were reported in the districts where Ae. albopictus is established. No local transmission of chikungunya or dengue occurred in metropolitan France in 2011.
    Conclusion – The number of imported cases of chikungunya and dengue in metropolitan France is mostly influenced by the epidemiological situation in the tropics, in particular in the French overseas territories, where these viruses circulate.
    The preparedness and response plan against the dissemination of chikungunya and dengue in metropolitan France should be adapted, due to the ongoing spread of Ae. albopictus towards other regions in metropolitan France, taking into account the available resources and the surveillance systems performance.

    Key words : Surveillance, chikungunya, dengue, Metropolitan France
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    Guy La Ruche (g.laruche@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Due to the risk of local cycles, imported dengue cases pose a potential public health problem in areas where the Aedes albopictus mosquito is established.
    Methods – Using a capture-recapture method, we estimated the annual incidence of dengue fever and the completeness of two surveillance systems: mandatory notification and a laboratory network.
    Results – The number of imported cases of dengue in metropolitan France from 2007 to 2010 is estimated at more than 8,300, including 4,500 in 2010 during the intense epidemics in the French West Indies. During this four-year period, 327 cases occurred in southeastern France during the vector activity period (May-November), of which 234 in 2010; most of them were potentially viremic. Completeness estimates of mandatory notification and laboratory network systems are 9% and 38% respectively throughout the period and territory.
    They are higher in southeastern areas from May to November, 32% and 69%, respectively.
    Conclusion – The completeness of national surveillance systems is satisfactory in the most crucial area and period for dengue surveillance in France.
    The number of imported cases may increase due to the global expansion of dengue, the hyperendemic epidemiology of dengue in the French West Indies and the increase of travelers.

    Key words : Dengue, Aedes albopictus, capture-recapture, mandatory notification, incidence, completeness
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    Isabelle Parent du Châtelet (i.parent@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – For more than 25 years, the annual incidence rate of invasive meningococcal disease (IMD) in France has varied between 1 and 2 cases per 100,000 inhabitants. We present the data collected for cases notified in 2011.
    Method – The epidemiological follow-up of IMD is based on the mandatory notification to the French Institute for Public Health Surveillance (InVS) and the characterization of invasive strains at the National Reference Centre for Meningococci. The completeness of mandatory reporting has been estimated at more than 90% since 2005.
    Results – In 2011, 574 IMD cases were notified (559 in mainland France), representing an incidence rate, corrected for under-reporting, equal to 0.97 per 100,000 inhabitants. The cases’ median age was 16 years. In mainland France, among the 530 IMD cases with a known serogroup, 72.8% belonged to serogroup B, 15.5% to C, 2.6% to W135, 8.5% to Y, and 0.3% to rare serogroups. Case fatality rate (CFR) was 10% (57 deaths) in 2011, 7% for serogroup B (28 deaths) and 17% serogroup C (14 deaths). The incidence rates of B and W135 IMD have been stable since 2005 whereas the number of Y IMD has increased since 2010. The last peak of C IMD occurred in 2003. The regular decrease of C IMD incidence observed between 2005 and 2010 continued in 2011 only for the 1-14-years old age group.
    Conclusion – IMD incidence is moderate in France. Most of the cases are due to serogroup B meningococci. The observed decrease of incidence among the 1-to-14-year-old children is likely due to the conjugate Men-C vaccination introduced into the French immunization schedule in 2010 (for 1-24 years). However, vaccination uptake estimated in 2011 remains insufficient to protect infants <1 year by heard immunity.

    Key words : Surveillance, invasive meningococcal disease, France
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