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BEH - Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Publié le 18/03/2013

BEH n°8-9/2013

18/03/2013
Numéro thématique – De nouveaux outils pour améliorer la mesure de la couverture vaccinale en France

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Le numéro (pdf- 1,85 Mo)

 
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    Christian Perronne
    Président de la Commission spécialisée Maladies transmissibles du Haut Conseil de la santé publique, Paris

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    Jean-Paul Guthmann (jp.guthmann@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Outre les sources de données classiques, utilisées depuis de nombreuses années (notamment les certificats de santé de l’enfant et les enquêtes scolaires), il existe de nouvelles sources pouvant être utiles à l’évaluation de la couverture vaccinale (CV) et au suivi des tendances de cette CV. Nous avons analysé la pertinence de ces nouveaux outils d’évaluation.
    Méthode – Nous avons recensé les principales sources nouvelles pouvant être utilisées dans l’évaluation de la CV. Les avantages et inconvénients de chacune ont été décrits. Chaque source de données a été classée comme ayant ou non un intérêt dans l’évaluation de la CV en routine.
    Résultats – Les ventes de vaccins permettent de suivre les tendances de l’activité vaccinale, mais ne permettent pas le calcul de la CV. Les données de remboursement de vaccins issues du Système national d’information inter-régimes de l’assurance maladie (Sniir-AM) sont de trois types. D’une part, les données agrégées de remboursement, qui sont proches des données de vente et partagent leurs principales limites. D’autre part, les données issues de l’échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB), qui permettent d’estimer des CV chez l’enfant dans des délais brefs après modification d’une recommandation vaccinale. Enfin, les données issues de la base exhaustive des remboursements de soins DCIR (datamart de consommation inter-régimes), actuellement en cours d’exploration, qui devraient permettre des analyses à des échelles géographiques fines.
    Conclusion – Les données de l’EGB permettent l’estimation réactive des CV nationales chez l’enfant, quel que soit l’âge et pour tout vaccin du calendrier vaccinal, à condition que ce vaccin soit remboursé. Les estimations infranationales pourront être effectuées à partir de la base DCIR. Aucun de ces nouveaux outils ne permet l’évaluation de la CV chez l’adulte.

    Mots-clés : Couverture vaccinale, analyse données, vente vaccins, remboursement vaccins, France
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    Laure Fonteneau (l.fonteneau@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Les couvertures vaccinales (CV) chez les enfants et les adolescents sont estimées en routine à partir des certificats de santé et des enquêtes en milieu scolaire. Ces sources de données permettent des estimations satisfaisantes mais sont peu réactives. L’objectif est d’utiliser l’Échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB) pour estimer les CV dans de meilleurs délais. Nous présentons ici les CV rougeole, rubéole, oreillons (RRO), hépatite B et contre les infections à papillomavirus humain (HPV).
    Méthode – L’EGB est un échantillon représentatif des bénéficiaires des principaux régimes de l’assurance maladie. Il permet de relier les caractéristiques sociodémographiques des bénéficiaires à leurs consommations de soins au cours du temps et, ainsi, de retracer l’histoire de la vaccination de chaque individu.
    Résultats – Pour les années pour lesquelles nous disposons des deux sources de données, les données de l’EGB sont concordantes avec celles des certificats de santé. Au 31 décembre 2011, la couverture à 24 mois des enfants nés en 2009 était de 90,4% pour 1 dose de vaccin RRO et de 58,2% pour 3 doses de vaccin contre l’hépatite B ; 45,3% des jeunes filles âgées de 15 à 17 ans avaient initié une vaccination HPV et 29,9% avaient reçu les 3 doses recommandées.
    Discussion-conclusion – L’EGB permet une mise à jour régulière, réactive et fiable des estimations de CV.

    Mots-clés : Couverture vaccinale, France, rougeole, hépatite B, HPV
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    Damien Mouly (damien.mouly@ars.sante.fr) et al.
    Cire Auvergne, Institut de veille sanitaire, Clermont-Ferrand, France

    Introduction – Une action de sensibilisation à la vaccination contre la rougeole a été mise en oeuvre dans deux départements de la région Auvergne par envoi de courriers aux parents d’élèves début 2011, afin de faire face à l’épidémie de rougeole. L’objectif de ce travail était de chercher à évaluer l’impact de cette action sur les couvertures vaccinales.
    Matériel et méthodes – Les données de ventes de vaccins aux pharmacies provenant du Groupement pour l’élaboration et la réalisation de statistiques (Gers) ont été utilisées, sur une période d’étude s’étendant du 1er septembre 2010 au 30 juin 2011. Le premier indicateur testé comparait une période post-action et une période pré-action d’une durée de quatre mois chacune ; le deuxième comparait les ventes mensuelles et le troisième, les variations de ventes entre les régions Auvergne et Rhône-Alpes pour contrôler l’effet de l’épidémie.
    Résultats – Des augmentations des ventes de vaccins, significativement supérieures dans les départements où l’action de sensibilisation a eu lieu, ont été mises en évidence durant les mois suivant l’action, quel que soit l’indicateur utilisé. Par ailleurs, l’augmentation des ventes est survenue rapidement après l’action de sensibilisation.
    Discussion-conclusion – Les données de ventes de vaccins aux pharmacies fournies par le Gers suggèrent un effet bénéfique sur la couverture vaccinale de l’action de sensibilisation, d’après les indicateurs utilisés, même s’il n’est pas possible de quantifier précisément la part attribuable à cette action. L’absence de déclinaison par classe d’âge des données de ventes de vaccins constitue la principale limite de cette source.

    Mots-clés : Rougeole, action de sensibilisation, couverture vaccinale, ventes de vaccins
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    Bertrand Gagnière (bertrand.gagniere@ars.sante.fr) et al.
    Cire Ouest, Institut de veille sanitaire, Rennes, France

    Contexte – Face à une situation d’hyperendémie d’infections invasives à méningocoque C, une étude a été réalisée à partir des données agrégées du Système national d’information inter-régimes de l’assurance maladie (Sniir-AM) afin de tester l’hypothèse d’un défaut de couverture vaccinale (CV) contre le méningocoque C, dans le Finistère, chez les 1-24 ans qui sont ciblés par les recommandations du calendrier vaccinal.
    Matériel et méthodes – Le nombre de doses de vaccins conjugués remboursées en 2010 et 2011 agrégé par classes d’âges (1-4 ans, 5-9 ans, 10-14 ans, 15-19 ans, 20-24 ans) a été utilisé et rapporté aux estimations de population de l’Insee pour 2009.
    Résultats – La CV entre 1 et 24 ans était égale à 20,1% dans le Finistère, à 18,5% en Bretagne et à 19,4% en France métropolitaine hors Finistère. Le taux finistérien était inférieur de 5% (42,2 vs. 47,3%, p<0,001) au taux national hors Bretagne parmi les 1-4 ans, et légèrement supérieur dans les autres classes d’âges.
    Discussion-conclusion – La CV était insuffisante pour obtenir une immunité de groupe bénéficiant aux groupes d’âges non vaccinés.
    Cependant, elle ne reflète pas une situation particulièrement à risque dans le Finistère. Les données agrégées du Sniir-AM ont permis d’estimer rapidement la CV dans ce contexte d’alerte. Les résultats obtenus étaient cohérents avec ceux estimés à partir de l’Échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB) du Régime général de l’assurance maladie au niveau national.
    Elles ont contribué à l’élaboration par le Haut Conseil de la santé publique, en urgence, d’un avis visant à renforcer la vaccination pour les 1-24 ans dans le Finistère, à la promouvoir dans le reste de la France et à proposer la vaccination de manière transitoire des 2-11 mois dans le Finistère.

    Mots-clés : Méningocoque C, couverture vaccinale
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    Corinne Bois (corinne.bois@ined.fr) et al.
    Elfe, Unité mixte Ined-Inserm, EFS, Paris, France
    Service départemental de protection maternelle et infantile, Conseil général des Hauts-de-Seine, Nanterre, France

 
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    Christian Perronne
    Président de la Commission spécialisée Maladies transmissibles du Haut Conseil de la santé publique, Paris

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    Jean-Paul Guthmann (jp.guthmann@invs.sante.fr) et al.
     Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Besides the classical data sources that have been used for many years (including child health certificates and school surveys), other sources may be useful for the evaluation and monitoring of vaccination coverage.
    We analyzed the relevance of these new assessment tools.
    Methods – We identified the main new tools that can be used in the evaluation of vaccination coverage. The advantages and disadvantages of each one were assessed. Each tool was classified as relevant or not for the routine assessment of vaccination overage.
    Results – Vaccine sales allow the follow-up of vaccination activity trends; however, they do not allow the calculation of immunization coverage.
    Vaccines reimbursement data (from the “Système national d’information inter-régimes de l’assurance maladie”, SniirAM) are of three types. On the one hand, the aggregated reimbursement data, which are close to vaccine sales data and share their main limitations. On the other hand, data from a health insurance random sample (“Echantillon généraliste des bénéficiaires”, EGB) allow a rapid estimate of immunization coverage after changes to the vaccination schedule. Finally, the comprehensive social health insurance database (“Datamart de consommation inter-régimes”, DCIR), currently under exploration, should enable more reliable subnational analysis.
    Conclusions – EGB data allow a rapid update of national vaccination coverage estimates in children whatever their age, and for all recommended vaccines provided that they are reimbursed. Subnational coverage estimations will be provided by the DCIR database. None of these new tools are suitable for the evaluation of vaccination coverage among adults.

    Key words : Vaccination coverage, data analysis, vaccine sales, vaccine reimbursements, France
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    Laure Fonteneau (l.fonteneau@invs.sante.fr) et al.
    Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

    Introduction – Vaccination coverage (VC) in children and teenagers is estimated using 24th months health certificates data and through school surveys.
    Although both tools allow reliable estimations of vaccination coverage, data are available only several years after the vaccination is performed. We used the Permanent Beneficiaries Sample (“Échantillon généraliste des bénéficiaires”, EGB) for the estimation of vaccination coverage, in order to improve the timeliness of coverage measurement. We present here measles, mumps, rubella (MMR), hepatitis B and HPV vaccination coverage data.
    Method – The EGB is a representative sample of the population affiliated to the main French social security system. It contains for each individual his/her past vaccine reimbursements history.
    Results – For children born in 2009, MMR vaccination coverage at 24 months of age was 90.4% and hepatitis B vaccination coverage was 58.2% for three doses in December 2011. For girls aged 15-17 years, 45.3% had begun HPV vaccination, and 29.9% had received the full vaccination scheme.
    Discussion-conclusion – EGB data are consistent with health certificates data. This tool allows regularly updated reactive and reliable vaccination coverage estimations.

    Key words : Vaccination coverage, France, measles, hepatitis B, HPV
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    Damien Mouly (damien.mouly@ars.sante.fr) et al.
    Cire Auvergne, Institut de veille sanitaire, Clermont-Ferrand, France

    Introduction – A local awareness campaign for immunization against measles was implemented in two French districts of the Auvergne region by sending letters to parents early 2011 to address a measles outbreak. The objective of this study was to assess the impact of this action on vaccination coverage.
    Materials and methods – Data from vaccine sales to pharmacies from the statistics committee GERS were used over the period 1 September 2010 to 30 June 2011. The first indicator tested compared a post-action and preaction for a period of four months each, the second comparing monthly sales, and the third compared variations in the sales of MMR vaccine between the Auvergne and Rhône-Alpes regions to monitor the impact of the outbreak.
    Results – A few months after the campaign, increases in MMR vaccine sales were significantly higher in districts where the campaign took place, regardless of the indicator used. Moreover, the increase in sales occurred soon after the action.
    Discussion-conclusion – The use of vaccine sales data to pharmacies provided by GERS suggests a beneficial effect of raising awareness on immunization coverage through indicators, although it is not possible to estimate the share attributable to this action. The lack of declination by age data from vaccine sales is the main limitation of this source.

    Key words : Measles, promotion action, vaccine coverage, vaccine sales
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    Bertrand Gagnière (bertrand.gagniere@ars.sante.fr) et al.
    Cire Ouest, Institut de veille sanitaire, Rennes, France

    Context – Facing an increase of meningitis C incidence, a study was carried out from the Système national d’information inter-régimes de l’assurance maladie (SNIIRAM) aggregated dataset to test the hypothesis of an insufficient meningococcal C vaccine coverage (VC) in the Finistère District (France) among 1-24 years old who are targeted by the vaccine recommendations.
    Material and methods – Age aggregated (1-4 years, 5-9 years, 10-14 years, 15-19 years, 20-24 years) numbers of conjugate vaccine doses reimbursed in 2010 and 2011 were used and divided by Insee population estimates for 2009.
    Results – 1-24 years vaccine coverage was equal to 20.1% in Finistère, 18.5% in Brittany, and 19.4% in France outside Brittany. Finistère 1-4 years coverage was 5% lower than that of France outside Brittany (42.2 vs. 47.3%, p<0.001). It was slightly higher in all other age-groups.
    Discussion-conclusion – Meningococcal C VC was not sufficient among 1-24-years to induce herd immunity to the rest of the population. However, the Finistère situation is not particular in France. In an emergency situation, the SNIIRAM aggregated data contributed to quickly estimate VC. Our results were consistent with those available at the national level from the Permanent Beneficiaries Sample (EGB). This analysis contributed to issue new recommendations by French public health authorities in order to reinforce vaccination among 1-24 years old in Finistère, promote vaccination in the rest of France among 1-24-years old, and temporarily propose it to 2-11 months old children in Finistère.

    Key words : Meningococcus C, vaccine coverage
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    Corinne Bois (corinne.bois@ined.fr) et al.
    Elfe, Unité mixte Ined-Inserm, EFS, Paris, France
    Service départemental de protection maternelle et infantile, Conseil général des Hauts-de-Seine, Nanterre, France

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