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Points épidémiologiques

Publié le 21/04/2017

Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 20 avril 2017.

21/04/2017

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Point au 20 avril 2017. (pdf- 887,63 Ko)

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Protection par la vaccination contre le méningocoque W

Le méningocoque W de la séquence type 11 (ST11), associé à un haut taux de létalité, s’est installé en 2016 en Côte-d’Or.
Un agrégat spatio-temporel de 3 cas, dont 2 décès, a été observé fin 2016 sur le campus de l’université de Dijon, ce qui a conduit à l’organisation d’une campagne de vaccination. Une telle campagne avait un double objectif de protection individuelle de chaque personne vaccinée et de protection collective par la diminution du nombre de personnes susceptibles d’être porteuses de la bactérie.
Le clone de ce méningocoque provient initialement d’Amérique du Sud et a atteint l’Angleterre où le nombre d’IIM W est passé de 19 en 2008-2009 à 176 en 2014-2015 (soit 24 % des cas d’IIM tous sérogroupes confondus).
En réponse à cet accroissement de cas, un programme de vaccination des adolescents contre les méningocoques A,C,W,Y a démarré en août 2015. Public Health England a mené une étude(1) qui a montré que le taux de couverture vaccinale de la première cohorte vaccinée était de 36,6 % et avait conduit à une diminution de 69 % du nombre de cas observés par rapport au nombre de cas attendus, aucun des cas n’ayant été vacciné.
Si l’absence de cas parmi les vaccinés était attendu, les auteurs de l’étude notent que la diminution du nombre de cas est importante malgré le taux de couverture vaccinale de seulement 36,6 %. Ce taux n’a pas permis l’éradication de la maladie, car la souche continue à circuler, mais a fortement diminué le risque en divisant le nombre de cas par un peu plus de 3. Ces résultats confirment l’intérêt d’une vaccination dans le cas de circulation accrue de ce méningocoque W de séquence type 11 dans une population. Les résultats britanniques portant sur une population vaccinée importante ont montré qu’avec un taux de couverture vaccinale de 36,6 % le risque collectif est fortement diminué, même s’il persiste des cas. D’autre part la protection individuelle est assurée avec aucun cas parmi les vaccinés.
Ces résultats sont les premiers concernant l’efficacité collective de la vaccination contre le méningocoque W. Ils suggèrent que la couverture vaccinale obtenue sur le campus de Dijon, bien que dans un contexte différent, supérieure à celle observée en Angleterre, a abaissé fortement le risque d’apparition de nouveaux cas en augmentant l’immunité de groupe. Toutefois cela ne permet pas d’exclure totalement qu’il puisse y avoir apparition d’un nouveau cas.

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