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Points épidémiologiques

Publié le 10/11/2017

Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 9 novembre 2017.

10/11/2017

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Point au 9 novembre 2017 (pdf- 1,48 Mo)

A la Une - Cigarettes électroniques et tentatives d’arrêt du tabac

Depuis leur arrivée sur le marché à la fin des années 2000, les cigarettes électroniques (ou e-cigarettes) sont devenues populaires avec 6 % de vapoteurs (utilisateurs d’e-cigarette) parmi les 15-75 ans, dont la moitié était des vapoteurs quotidiens [France en 2014]. Parmi les vapoteurs, 83 % étaient également des fumeurs de tabac et 15 % des ex-fumeurs. En France, le Haut Conseil de la santé publique a publié un avis en 2016 dans lequel il présente l’e-cigarette comme « un outil d’aide à l’arrêt du tabac pour les personnes désireuses de sortir du tabagisme », et comme « un mode de réduction des risques du tabac en usage exclusif », mais a souligné le risque de renormalisation du tabagisme. Or les connaissances existantes sur l’effet de l’utilisation des e-cigarettes sur l’arrêt du tabac sont contradictoires.
Une étude récente de SpFrance1 a évalué si l’utilisation régulière de la cigarette électronique par des fumeurs est associée à l’arrêt du tabac. Via Internet, 2 057 français métropolitains âgés de 15 à 85 ans ont répondu à une enquête initiale et ont participé à un suivi à 6 mois. Lors du recrutement, 1 805 (88 %) étaient des fumeurs exclusifs de tabac et 252 étaient des vapo-fumeurs (fumeurs utilisant régulièrement une e-cigarette).
Les trois principaux indicateurs mesurés à 6 mois étaient : la réduction d’au moins 50 % du nombre de cigarettes fumées par jour, les tentatives d’arrêt d’au moins 7 jours et l’arrêt effectif du tabac depuis au moins 7 jours à la date du suivi. Les modèles statistiques utilisés ont pris en compte des variables socioéconomiques et des caractéristiques de la consommation de tabac :
- Les vapo-fumeurs avaient plus souvent que les fumeurs exclusifs réduit de moitié leur consommation de cigarettes par jour en 6 mois (25,9 % contre 11,2 %, p<0,001, ORa*=2,6, IC95%: [1,8-3,8]).
- Ils avaient également fait plus souvent une tentative d’arrêt d’au moins 7 jours (22,8 % contre 10,9 %, p<0,001, ORa*=1,8 [1,2-2,6]).
- Aucune différence significative n’a été observée pour les taux d’arrêt depuis 7 jours ou plus à 6 mois (12,5 % contre 9,5 %, p=0,18, ORa*=1,2 [0,8-1,9]).
Donc parmi les fumeurs, ceux qui utilisaient régulièrement une e-cigarette ont plus souvent essayé d’arrêter de fumer et ont réduit leur consommation de cigarettes au suivi à 6 mois. Pour autant 6 mois après, il n’est pas démontré que ces vapoteurs étaient plus nombreux que les autres fumeurs à avoir arrêté de fumer et l’efficacité de l’e-cigarette pour arrêter de fumer reste en débat. Le vapotage régulier parmi les fumeurs pourrait avoir un effet seulement à court terme, encourageant les tentatives d’arrêt, mais pas l’arrêt du tabac sur le long terme. Cela peut être cohérent car en France, en 2014, près de la moitié des vapoteurs ont utilisé l’e-cigarette pendant une courte durée (moins de 3 mois).

* ORa = odd-ratio ajusté

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