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Points épidémiologiques

Publié le 02/02/2018

Surveillance du paludisme à Mayotte. Point épidémiologique au 29 janvier 2018.

02/02/2018

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Point au 29 janvier 2018 (pdf- 1 006,00 Ko)

Situation épidémiologique de 1970 à 2016

Le paludisme est endémique dans l’archipel des Comores. A Mayotte, la transmission est assurée par deux vecteurs : Anopheles gambiae et Anopheles funestus.
Vers la fin des années 70, la mise en place d’une lutte intégrée contre cette maladie avait permis de faire baisser de manière significative le nombre de cas (sous le seuil de 100 cas / an jusqu’en 1990). Cette stratégie reposait sur une lutte contre les moustiques vecteurs reposant sur les aspersions murales intra-domiciliaires d’insecticides (AID) et les traitements des gîtes larvaires, associée à une chimioprophylaxie et à un traitement présomptif de tous les accès fébriles. La diminution des efforts de lutte contre le paludisme à Mayotte entre 1990 et 2000, avec en particulier l’affaiblissement de la lutte anti vectorielle systématique, a eu pour conséquences une explosion du nombre de cas (plus de 1000 cas / an) et une augmentation du nombre de décès (10 décès dus au paludisme en 2001).

De 2002 et 2010, la réorganisation de la lutte contre le paludisme avec la reprise des AID systématiques et la lutte anti larvaire, parallèlement à l’amélioration du diagnostic (mise en place de test de diagnostic rapide) et la modification de l’arsenal thérapeutique ont permis de diminuer le nombre de cas annuel en (moins de 1000 cas). A partir de 2011, le nombre annuel de cas a fortement diminué pour atteindre 25 cas autochtones en 2012. Une nouvelle stratégie de lutte anti-vectorielle (LAV) a été adoptée en 2012 avec la distribution et l’installation de moustiquaires imprégnées de deltaméthrine (MIILD) sur tout le territoire de Mayotte. Le bilan de la distribution fait état de plus de 140 000 moustiquaires distribuées ou installées dans 47 000 foyers avec une moyenne de 3 MIILD par foyer. Le taux de couverture était de 91,4%.

De 2013 à 2015, seulement 1 ou 2 cas autochtones par an ont été recensés. Dans le même temps, le nombre de cas importés des Comores diminuait lui aussi du fait des programmes mis en place par le programme national de lutte contre le paludisme de l’Union des Comores. Mayotte est entrée officiellement selon l’OMS dans la phase d’élimination du paludisme en 2014. Au vu des efforts menés dans l’Union des Comores, une élimination dans l’ensemble de l’Archipel paraissait possible si les efforts de lutte étaient maintenus. Néanmoins, on a observé en 2016 une recrudescence inquiétante du nombre de cas de paludisme autochtone à Mayotte, qui s’est poursuivie en 2017 et en ce début d’année 2018 (Figure 1). Par ailleurs une nette augmentation du nombre de cas de paludisme a été signalée en 2017 sur l’île de la Grande-Comore.

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