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Publications et outils

Publié le 22/08/2017

Environnement et santé

Investigation de deux épisodes collectifs de symptômes irritatifs dans un établissement d'enseignement et de recherche à Paris (75) en 2013

Auteur(s) : Legout C., Garnier R., Merle C., Kermarec F.
Editeur(s) : Santé publique France
ISSN : en cours
ISBN NET : 979-10-289-0333-6
Citation suggérée : Legout C., Garnier R., Merle C., Kermarec F. Investigation de deux épisodes collectifs de symptômes irritatifs dans un établissement d’enseignement et de recherche à Paris (75) en 2013. Saint-Maurice : Santé publique France, 2017. 69 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

En réponse à l’apparition en juin 2013 d’un épisode collectif de symptômes irritatifs de survenue brutale dans le bâtiment en chantier d’un établissement public d’enseignement et de recherche parisien, une enquête a été mise en place par la Cellule d’intervention en région (Cire) Île-de-France de Santé publique France. L’investigation a suivi le protocole établi pour le diagnostic et la prise en charge des syndromes collectifs inexpliqués (InVS, 2010), en lien avec l’Agence régionale de santé, le centre antipoison, la direction et le CHSCT de l’établissement concerné. En octobre 2013, au décours de l’enquête, des agents travaillant dans une autre partie du bâtiment ont fait part de symptômes irritatifs chroniques associés à la survenue d’odeurs et ont été intégrés dans la population d’étude.

La cellule de coordination, composée des référents techniques de l’établissement et des membres du CHSCT, a été associée à la construction des outils de l’investigation, aux visites sur le site, au partage d’information et à la discussion des hypothèses étiologiques.

L’investigation a confirmé deux épisodes collectifs de symptômes irritatifs relevant selon toute vraisemblance de phénomènes plurifactoriels différents.

Le premier épisode, qui a touché un ouvrier du chantier et au moins 21 agents entre juin et août 2013, pourrait avoir été la conséquence d’une exposition aiguë aux hydrocarbures volatils contenus dans une peinture glycérophtalique appliquée sur des canalisations au sous-sol du bâtiment. La configuration de ce dernier et sa mauvaise ventilation ont pu contribuer à la dispersion et stagnation de ces vapeurs dans les étages supérieurs. Pour l’une des équipes concernées, des signes de mal-être au travail ont fait l’objet d’une prise en charge spécifique.

Le second, qui a concerné 12 personnes entre septembre et novembre 2013, s’est caractérisé par l’apparition aléatoire d’odeurs irritantes et de symptômes parmi différentes équipes. Il avait commencé dès 2012. La chronicité des plaintes et des nuisances olfactives associées, sans difficulté particulière recensée au niveau de l’organisation ou des conditions de travail, était en faveur d’une exposition chimique intermittente inconnue et non maîtrisée.

Plusieurs enquêtes environnementales associant le centre scientifique et technique du bâtiment et le laboratoire d’hygiène de la Ville de Paris ont permis d’avancer l’hypothèse d’une exposition des agents à des réactions chimiques secondaires survenant dans les gaines d’extraction des laboratoires avant rejet en toiture.

Le premier événement sanitaire, circonscrit dans le temps, n’appelait pas d’actions particulières sur le bâtiment. En revanche, pour le second, une intervention technique visant à améliorer la dispersion des rejets atmosphériques en toiture a été réalisée.

Rapport  [pdf - 1,67 Mo]

Mots-clés :

Cellule d'intervention en région (Cire), syndrome collectif inexpliqué, exposition professionnelle, pollution air intérieur, odeur, Île-de-France

SUMMARY

Investigation of two irritative collective episodes in an educational and research institution in Paris in 2013

In response to the occurrence in June 2013 of an irritative collective syndrome of sudden onset in a building under construction of a public teaching and research institute in Paris, an investigation was initiated by the Regional Epidemiologal Unit (Cire IdF) of Santé publique France (the French Institute for Public Health Surveillance) The investigation followed the protocol established for the diagnosis and management of unexplained collective syndromes (InVS, 2010), in conjunction with the Regional Health Agency, the poison control center, the management and the occupational health teams of the incriminated institute. In October 2013, as the survey was ending, agents working in another part of the building reported chronic irritative symptoms associated with the occurrence of odors, and were included in the study population.

The coordination unit, composed of technical referents of the institute and members of the occupational health team, was involved in the construction of investigation tools, site visits, information sharing, and discussion of etiological assumptions. The investigation confirmed two collective episodes of irritative symptoms likely due to different multifactor phenomena.

The first episode involving a construction worker and at least 21 workers between June and August 2013 may have been due to an acute exposure to volatile hydrocarbons contained in glycerophthalic paint applied to piping in the basement of the building. The lay out of the basement and its poor ventilation may have contributed to the dispersion and stagnation of these vapors in the upper floors. For one of the teams concerned, the signs of discomfort at work were specifically addressed.

The second episode, which involved 12 people between September and November 2013, was characterized by the random appearance of irritative odors and symptoms in different teams. It started in 2012. The chronic nature of complaints and associated olfactory nuisances, with no particular difficulty identified in terms of organization or working conditions, was in favor of an uncontrolled and unknown intermittent chemical exposure.

Several environmental surveys involving the scientific and technical center of the building and the hygiene laboratory of the City of Paris suggested the hypothesis of an exposure of the agents to secondary chemical reactions occurring in the extraction ducts of the laboratories, before being rejected on the roof.

The first health event, circumscribed in time, did not call for any special actions on the building. On the other hand, for the second event, a technical intervention aimed at improving the dispersion of atmospheric emissions to the roof was performed.

Keywords :

Regional Epidemiological Unit (CIRE), unexplained collective syndrome, occupational exposure, indoor pollution, odor, Ile-de-France

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