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Publié le 02/07/2018 - Dernière mise à jour le 09/07/2018

Environnement et santé

Étude d’imprégnation autour d’anciens sites miniers dans le Gard et échanges avec les parties prenantes : analyse et propositions

Auteur(s) : Cochet A, Fillol C, Bidondo ML, Chesneau J, Guillet A et al.
Editeur(s) : Santé publique France
ISSN : 2609-2174
ISBN NET : 979-10-289-0456-2
Citation suggérée : Étude d’imprégnation autour d’anciens sites miniers dans le Gard et échanges avec les parties prenantes : analyse et propositions. Saint-Maurice : Santé publique France, 2018. 129 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

Dans le Gard, les sites de Carnoulès et Croix-de-Pallières ont hébergé une importante activité d’extraction de minerais métalliques jusqu’au siècle dernier. Des études environnementales ont mis en évidence des teneurs en plomb et en arsenic exceptionnellement élevées pour les deux sites, ainsi que des teneurs en cadmium élevées pour le site de la Croix-de-Pallières.

Afin de mieux comprendre les sources et modes d’exposition des populations riveraines de ces anciens sites miniers, Santé publique France a réalisé une étude d’imprégnation et s’est appuyée sur un comité d’appui externe pluridisciplinaire pour accompagner la transposition des résultats en propositions de gestion. Cette étude avait pour objectifs de mesurer l’imprégnation des riverains, d’identifier les déterminants de l’imprégnation et de formuler des propositions adaptées au contexte local pour réduire les expositions.

Une étude transversale d’exposition biologique a été réalisée en population générale, à partir :

  • de prélèvements biologiques pour le dosage des biomarqueurs (plombémies, arsenic et cadmium urinaires) ;
  • de questionnaires sur les comportements et habitudes alimentaires ;
  • de mesures environnementales dans les sols des jardins des participants et les poussières des logements.

L’inclusion s’est faite sur la base du volontariat et les facteurs de risque liés aux imprégnations au plomb, à l’arsenic et au cadmium ont été quantifiés à partir d’un modèle linéaire généralisé.

Le taux global de participation était de 23,5 % (651/2774). Près d’un quart des participants présentaient une surimprégnation en arsenic par rapport aux données en population générale et 12 % une surimprégnation en cadmium. Les niveaux d’imprégnation en plomb n’étaient pas différents de ceux observés au sein de la population française. Aucun cas de saturnisme infantile n’a été identifié.

En plus des déterminants classiques habituellement décrits dans la littérature (âge, sexe, consommation d’alcool et de tabac), les niveaux d’imprégnation étaient influencés par les concentrations en polluants dans les sols et la consommation de certains produits locaux (oeufs, volailles, lapins, gibiers, champignons). Les concentrations en poussières n’étaient pas corrélées aux niveaux d’imprégnation des participants par contre, la fréquence de passage de la serpillère humide, proxy des concentrations dans les poussières, a été retrouvée associée à une diminution de l’imprégnation en plomb et en arsenic.

Le comité d’appui a souhaité compléter la démarche par la rencontre de différentes parties prenantes (élus, autorités locales, associatifs et représentants des riverains). Ces échanges ont permis de mieux cerner les enjeux et attentes au niveau des populations locales et d’adapter les propositions au plus près du terrain.

Trois catégories de propositions ont été dégagées de ce travail, des propositions :

  • visant à réduire les expositions : au niveau de la gestion collective des sources de contamination, au niveau du comportement individuel (concernant les poussières dans les logements et l’alimentation) et en accompagnant les personnes par un dispositif spécifique ;
  • d’ordre méthodologique : préférer les études multicentriques, intégrer en amont les parties prenantes, adapter le plan d’échantillonnage et améliorer les connaissances ;
  • d’ordre organisationnel : impliquer les autorités sanitaires et les professionnels de santé et d’action sociale, mieux coordonner les investigations environnementales et sanitaires menées sur des situations de sites et sols pollués, nécessité d’une communication claire et transparente.
Rapport  [pdf - 6,21 Mo]
Synthèse  [pdf - 1,99 Mo]
Questions-réponses  [pdf - 623,23 Ko]

SUMMARY

Significant pollution of soils with lead, arsenic and cadmium has been observed in the surroundings of closed metal mines in the Gard department (Southern France). To better understand the exposure of neighboring populations, Santé publique France (the French Public Health Agency) conducted a population biomonitoring study and relied on a multidisciplinary external advisor committee to translate the results into appropriate operational measures.

The objectives were to measure the biological exposure levels, to identify the key factors of exposure and to propose appropriate measures to reduce human exposure.

A cross-sectional study was conducted among the general population; different data was collected:

  • biological samples (blood for lead and urines for arsenic and cadmium),
  • questionnaire on eating habits and lifestyles,
  • environmental samples in gardens soils and house dust.

Participation was on a voluntary basis and a generalized linear model was used to determine the risk factors of exposure to lead, arsenic and cadmium. The participation rate was 23.5% (651/2774). Nearly a quarter had an over-exposure of arsenic and 12% of cadmium. Blood lead levels were not different from those observed in the French population.

In addition to the expected key factors (age, sex, alcohol and tobacco consumption), biological levels were influenced by pollutant concentrations in soils and the consumption of certain local products (eggs, poultry, rabbits, game, mushrooms). Pollutants in dust were not correlated with biological levels. However, the frequency of home cleaning was associated with a decrease in lead and arsenic biological levels.

The committee completed the process by interviewing various stakeholders (elected officials, local authorities, associations and residents' representatives). These discussions provided the opportunity to better understand neighboring populations’ issues and expectations and to adapt proposals to the local context.

Three categories of proposals were formulated:

  • collective and individual proposals for exposure reduction: management of the sources of contamination, changes in individual behaviors (concerning house dust and food) and personalized advices to accompany people in these changes;
  • methodological proposals: to prefer multicenter studies, to early involve stakeholders, to adapt the sampling plan and to improve knowledge;
  • organizational proposals: to involve health authorities and health and social workers, to better coordinate environmental and health investigations carried out on contaminated sites and soils and to guarantee clear and transparent communication.

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