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Publié le 13/09/2018

Environnement et santé

Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban 2014-2016) - Chapitre Consommations alimentaires

Volet Nutrition. Chapitre Consommations alimentaires

Auteur(s) : Équipe de surveillance et d’épidémiologie nutritionnelle (Esen)
Editeur(s) : Santé publique France
ISBN NET : 979-10-289-0468-5
Citation suggérée : Équipe de surveillance et d’épidémiologie nutritionnelle (Esen). Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban), 2014-2016. Volet Nutrition. Chapitre Consommations alimentaires. Saint-Maurice : Santé publique France, 2017. 193 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

L’Étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition (Esteban 2014-2016) comprenait un volet nutritionnel correspondant à la ré-édition de l’Étude nationale nutrition santé (ENNS) réalisée en 2006-2007 et permettant ainsi de fournir des données fiables d’évolution de la situation nutritionnelle en France. Ces deux études rentrent dans le cadre de l’évaluation du Programme national nutrition santé (PNNS) mis en place en 2001 par le ministère de la santé et reconduit tous les 5 ans dans le but d’améliorer la santé de la population en agissant sur la nutrition. Ce rapport présente les consommations alimentaires observées dans l’étude Esteban ainsi que leurs évolutions sur une période de dix ans depuis ENNS, par sexe, classe d’âge et niveau de diplôme. Une analyse spécifique des déterminants psychosociaux de la consommation de fruits et légumes a également été effectuée.

À la suite d’un tirage au sort selon un plan de sondage à trois degrés, un échantillon d’enfants de 6 à 17 ans et d’adultes de 18 à 74 ans résidant en France métropolitaine a été inclus dans l’étude Esteban, entre avril 2014 et mars 2016 pour tenir compte de la saisonnalité de l’alimentation et des expositions éventuelles. Le recueil des données sur les consommations alimentaires, contrôlé par des diététiciennes, consistait en trois rappels des 24 heures répartis sur une période de 15 jours, réalisés par téléphone ou internet. Chez les enfants de 6-10 ans, les rappels ont été remplacés par des enregistrements. Les informations recueillies avaient pour but d’évaluer l’alimentation des participants au regard des repères et des indicateurs d’objectifs du PNNS. Les analyses ont porté sur un échantillon national représentatif de 2 834 adultes et de 1 279 d’enfants. Elles ont été pondérées en tenant compte du plan de sondage et redressées selon plusieurs caractéristiques sociodémographiques.

Globalement, il n’a pas été observé de grandes évolutions des consommations alimentaires en France entre 2006 et 2015, chez les enfants comme chez les adultes. Les résultats ont montré que certains aliments et nutriments restaient des enjeux de santé publique, notamment la part des acides gras saturés trop élevée dans la ration alimentaire (seulement 17 % des adultes avaient des apports en acides gras saturés inférieurs à 36 % des apports en lipides totaux et 16 % des enfants inférieurs à 37 %) ; la faible consommation de poisson et produits de la pêche (un quart seulement en consommait deux fois par semaine avec une forte diminution depuis dix ans de cette proportion chez les enfants) ; ainsi qu’une faible consommation de fibres. Seuls 13 % des adultes et 2 % des enfants en consommaient au moins 25 g par jour, ceci étant une des conséquences d’une consommation insuffisante de fruits et légumes (42 % des adultes et 23 % des enfants en consommaient au moins 5 par jour) et de produits céréaliers complets et légumes secs (60 % des adultes et 71 % des enfants n’en avaient pas consommés sur les trois jours d’enquête alimentaire). La consommation de sel trop importante s’est amplifiée en dix ans (seulement 22 % des adultes et 40 % des enfants en consommaient moins de 6 g par jour en 2015). Enfin, la consommation de boissons sucrées chez les enfants restait élevée (plus d’un tiers en consommant au-delà de la recommandation d’un demi-verre par jour).

De manière générale, les personnes les plus diplômées rendaient compte d’une alimentation plus conforme aux recommandations même si les inégalités sociales semblaient s’être estompées en dix ans. Toutefois, ceci serait dû à une dégradation de la consommation des personnes les plus diplômées entre 2006 et 2015.

Ces résultats ont mis en évidence une appropriation insuffisante des recommandations alimentaires chez les adultes et les enfants vivant en France métropolitaine en 2015 comme en 2006. Dans une perspective de santé publique, cette situation montre la nécessité de renforcer les moyens d’intervention pour promouvoir une alimentation saine auprès du plus grande nombre. De plus, les résultats du volet sur les déterminants psychosociaux de la consommation de fruits et légumes ont souligné la nécessité de créer des environnements facilitant les choix favorables à la santé.

Rapport  [pdf - 6,08 Mo]

Mots-clés :

consommations alimentaires, aliments, nutriments, enfants, adultes, France

SUMMARY

Health Study on Environmental, Biomonitoring, Physical Activity and Nutrition (Esteban 2014-2016)

Nutrition section. Chapter Food Consumption

The Health Study on Environnment, Biomonitoring, Physical Activity and Nutrition (Esteban 2014-2016) included a nutritional part corresponding to the renewal of the National Nutrition and Health Survey (ENNS) realized in 2006-2007, providing reliable data on the evolution of the nutritional situation in France. These two studies fall within the scope of the evaluation of the National Nutrition and Health Program (PNNS) established in 2001 by the Ministry of Health reconducted every 5 years with the aim of improving the health of the population by intervening on nutrition. This report present food consumption in the Esteban study and its evolution over the ten years period since ENNS, by gender, age, and educational level. Furthermore, psychosocial determinants of the fruits and vegetables consumption was analyzed.

Following a three-degree sampling plan, a national sample including 6-17 year old children and 18-74 year old adults living in France was included in Esteban between April 2014 and March 2016 to take into account the seasonality of the diet and eventual exposures. Concerning food consumption, data collection, controlled by dietitians, consisted in three 24-hour diet recalls over a period of 15 days and were realized by phone or internet. Among children aged between 6 and 10 years old, data collection has been replaced by food records. Data collected aimed at evaluating food consumption of participants with regards to diet recommandations and objective indicators of the PNNS. Analyses concerned a representative national sample of 2 834 adults and 1 279 children and have been weighted according to the sampling plan and to several socio-demographic characteristics.

Globally, there were no major evolutions of food consumption in France between 2006 and 2015, in children as in adults. Results showed that some food groups and nutrients continued to be a challenge in terms of public health, notably the high part of Saturated Fatty Acids in the feed ration (only 17% of adults had intake of Saturated Fatty Acids less than 36% of total fat, and 16% of children less than 37%) ; the low consumption of fish and seafood (only a quarter consumed twice per week of this food group with a significant decrease of this proportion in children), and the low consumption of fibers. There were only 13% of adults and 2% of children who consumed more than 25 g per day, this is one of the consequences of insufficient intake of fruits and vegetables (only 42% of adults and 23% of children consumed more than 5 per day) and whole-grain foods and legumes (60% of adults and 71% of children had not consumed once on the three days of food records). Excessive salt consumption increased in 10 years (only 22% of adults and 40% of children consumed less than 6 g per day in 2015). Finally, sweetened beverage consumption in children was still important (more than a third consumed over the recommended half glass per day).

Overall, people with higher level of education were more consistent with food recommandations even if social inequalities seemed to decrease in 10 years. However, this may be due to a degradation of food consumption of people with a highest level of education between 2006 and 2015.

These results showed an insufficient appropriation of diet recommandations in adults and children living in France in 2015, as in 2006. According to public health perspectives, the situation demonstrate the need to strengthen intervention ressources in order to promote a healthy diet among the largest population. Moreover, the results on psychosocial determinants of fruits and vegetables consumption highlighted the need to create environments facilitating healthy choices.

Keywords :

food consumption, foods, nutrients, children, adults, France

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