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Publications et outils

Publié le 20/03/2018

Environnement et santé

Rapport d'analyse de l'étude Fos-Epseal

Saisine n° 17-DSPE-0217-1513-D du 3 mars 2017

Auteur(s) : Kermarec F et les membres du comité d'appui
Editeur(s) : Santé publique France
ISSN : en cours
ISBN NET : 979-10-289-0425-8
Citation suggérée : Rapport d’analyse de l’étude Fos-Epséal. Saisine n° 17-DSPE-0217-1513-D du 3 mars 2017. Saint-Maurice : Santé publique France, 2018. 108 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

Santé publique France a été saisie par l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur en mars 2017 afin d’analyser la méthode mise en oeuvre dans l’étude « Fos-Epséal » menée à Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône et les résultats qui en sont issus sur les conséquences des expositions industrielles sur la santé des populations. Pour répondre à cette saisine, Santé publique France a constitué un comité d’appui composé de scientifiques internes et d’experts externes à l’Agence. Les points traités par ce comité ont été : l’analyse critique de la méthode et des résultats de l’étude ; l’apport de la dynamique participative proposée par l’étude.

L’étude Fos-Epséal est une étude participative en santé environnement (approche dite « d’épidémiologie ancrée localement »). Elle a été réalisée par une équipe du Centre Norbert Elias de Marseille (EHESS, CNRS, Université d’Avignon, Université d’Aix-Marseille) en lien avec une équipe américaine (College of Liberal Arts and Human Sciences – Virginia Tech University, School of Public Health -University of California, Berkeley) et financée par un appel à projets de recherche de l’Anses.

Le comité conclut que le rapport aurait gagné à avoir une présentation claire des méthodes utilisées et une structuration rigoureuse séparant les résultats statistiques de leur interprétation. La comparaison des résultats statistiques basés sur les déclarations des personnes interrogées à des données de référence régionales ou nationales fait apparaître des excès de risque pour plusieurs pathologies au sein de l’échantillon de populations des communes enquêtées. Toutefois, le comité a estimé que l’existence de ces excès et leur ampleur est limitée par des biais de sélection de l’échantillon enquêté, les références retenues et les méthodes d’ajustement utilisées.

Malgré des faiblesses méthodologiques, les résultats présentés confirment que ce territoire nécessite une grande attention de la part des autorités publiques. Les argumentaires utilisés pour faire le lien entre un résultat sanitaire (une pathologie localement observée en excès) et une cause environnementale, présentés dans l’étude comme des « éléments d’analyse participative », doivent être considérés comme des hypothèses émises par les chercheurs et les populations, que des études ad hoc plus précises seraient en mesure de confirmer.

L’intérêt porté sur les maladies qui préoccupent la population, la prise en compte de la santé telle qu’elle est exprimée par la population et les concertations mises en place lors de l’étude Fos-Epséal représentent les intérêts majeurs de cette étude. La démarche d’épidémiologie ancrée localement, fondée sur les perceptions et l’expérience des populations, apparaît complémentaire à l’approche de l’épidémiologie traditionnelle. La coexistence de ces deux approches est utile pour maintenir la crédibilité et optimiser l’efficacité du système français d’alerte en santé environnementale.

Rapport  [pdf - 3,08 Mo]

Mots-clés :

SANTÉ ENVIRONNEMENTALE, ÉPIDÉMIOLOGIE, FRANCE, ENVIRONNEMENT, ÉTUDE PARTICIPATIVE ANCRÉE LOCALEMENT

SUMMARY

Santé publique France (the French National Public Health agency) was commissioned by the local health authorities (ARS) of Provence-Alpes-Côte d’Azur in March 2017 to analyze the method implemented in the study “Fos-Epseal” conducted in Fos-sur-Mer and Port-Saint-Louis-du-Rhône, and the subsequent results on the impact of industrial exposures on the health of populations. To respond to this referral, Santé publique France set up a support committee composed of in-house scientists and external experts to the agency. The topics addressed by this committee were: the critical analysis of the study method and results; the contribution of the participative dynamics proposed by the study.

The Fos-Epseal study is a participatory study in environmental health (also called community-based approach). It was conducted by a team from the Norbert Elias Center in Marseille (the School of Advanced Studies in the Social Sciences (EHESS), the National Centre for Scientific Research (CNRS), the University of Avignon, the University of Aix-Marseille) in collaboration with an American team (College of Liberal Arts and Human Sciences - Virginia Tech University, School of Public Health, University of California, Berkeley) and funded by an ANSES (French Agency for Food Safety) call for research projects.

The committee concluded that the report would have benefited from presenting the methods used more clearly, and from a more rigorous structure separating the statistical results from their interpretation. The comparison of the statistical results based on the reports from the respondents to regional or national reference data revealed an excess risk for several diseases in the sample of populations living in the communes surveyed. However, the committee considered that the existence of these excesses and their extent were limited by selection biases of the sample surveyed, the selected references, and the adjustment methods used.

Despite methodological limits, the results presented confirmed that this territory requires a great level of attention from the public authorities. The arguments used to determine the link between a health outcome (a disease locally observed in excess) and an environmental cause, presented in the study as “elements of participatory analysis”, should be considered as assumptions made by the researchers and populations that more precise ad hoc studies could confirm.

The interest in the diseases that are of concern to the population, the consideration of health as expressed by the population and the consultations implemented during the Fos-Epséal study represent the major interests of this study. The community-based epidemiological approach, based on people’s perceptions and experience, seems to complement the approach of traditional epidemiology. The coexistence of these two approaches is useful for maintaining the credibility and optimizing the efficiency of the French environmental health warning system.

Keywords :

ENVIRONMENTAL HEALTH, EPIDEMIOLOGY, FRANCE, ENVIRONMENT, COMMUNITY-BASED PARTICIPATORY STUDY

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