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Publications et outils

Publié le 02/01/2019

Environnement et santé

Syndrome collectif inexpliqué chez les salariés d’une administration territoriale publique de Nouvelle Aquitaine

Rapport d’investigation, mars 2017

Auteur(s) : Castor C, Chemin F, Jouanthoua F, Raffalovich G, Querre M, Verdun-Esquer C, Goulard H.
Editeur(s) : Santé publique France
ISBN NET : 979-10-289-0494-4
Citation suggérée : Castor C, Chemin F, Jouanthoua F, Raffalovich G, Querre M, Verdun-Esquer C, Goulard H. Syndrome collectif inexpliqué chez les salariés d’une administration territoriale publique de Nouvelle Aquitaine. Rapport d’investigation, mars 2017. Saint-Maurice : Santé publique France, 2018. 63 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

Début 2017, la Cellule régionale de Santé publique France est sollicitée pour un syndrome collectif inexpliqué avec survenue de symptômes récurrents touchant les salariés d’une administration. Ces symptômes sont apparus après l’intégration d’un bâtiment entièrement rénové et l’instauration d’une nouvelle organisation de travail. Des investigations ont été menées avec un groupe d’expertise multidisciplinaire.

L’environnement, le contexte épidémiologique et le contexte psychosocial ont été explorés. Des expertises ont été menées sur la qualité de l’air intérieur, la ventilation, l’acoustique et l’éclairage. Une cohorte rétrospective a été mise en place auprès des salariés pour caractériser les événements sanitaires et les conditions de travail. Enfin, une évaluation du contexte psychosocial a été réalisée (entretiens, chronogramme des événements).

Une ventilation défaillante a été identifiée ainsi qu’un inconfort thermique et acoustique et des problèmes au niveau des éclairages. Au total, 78 % des salariés ont été symptomatiques en l’espace de six mois, avec un taux d’attaque plus élevé chez les femmes (85 % vs 68 %, p=0,009) et 89 % de personnes avec des épisodes récurrents. Les personnes ont présenté majoritairement des céphalées (58 %), de l’asthénie (56 %) ou des picotements oculaires (42 %). Pour plus de 70 %, les symptômes disparaissaient à la sortie du bâtiment. Au total, 71 % des personnes étaient insatisfaites du travail en open space. Au niveau psychosocial, le bouleversement de l’organisation du travail ou un environnement de travail subi et impersonnel ont pu favoriser le phénomène épidémique.

Les caractéristiques épidémiologiques de cet épisode, la présence de nombreux facteurs environnementaux et la nouvelle organisation de travail en open space ont permis de caractériser ces événements en Syndrome du bâtiment malsain. Des recommandations portant sur des points techniques et sur les conditions de travail ont été élaborées en concertation avec la direction.

Rapport  [pdf - 4,05 Mo]

Mots-clés :

syndrome collectif inexpliqué, syndrome du bâtiment malsain, étude épidémiologique, santé au travail, bâtiment administratif

SUMMARY

Investigation of an unexplained collective syndrome among employees of a public territorial administration of Nouvelle Aquitaine, March 2017

In early 2017, the Regional Unit of the national public health agency (Santé publique France) was commissioned for a mass psychogenic illnesses with recurring symptoms affecting employees of an administration office. These symptoms had emerged with the relocation in a new building completely renovated and cumulative new working conditions. Surveys were conducted by a multidisciplinary expert group.

The environmental, epidemiological, and psychosocial contexts were investigated. Expertises were conducted on indoor air quality, ventilation, acoustics and lighting. A retrospective cohort survey was set up among the employees to characterize health events and working conditions. Finally, an assessment of the psychosocial context was carried out (interviews, chronogram of events).

The environmental expertise revealed a poor ventilation system, insufficient thermal comfort, acoustic discomfort and lighting problems. As a result, 78% of employees were symptomatic within 6 months, with a higher attack rate among women (85% vs. 68%, p = 0.009) and 89% of people with multiple episodes. Individuals presented a variety of symptoms with a higher incidence of headache (58%), asthenia (56%) and eye stinging (42%). For more than 70% of them, the symptoms disappeared when they left the building. In total, 71% of people were dissatisfied with the work in open space. At the psychosocial level, the disruption of the organization of work or a damaged and impersonal work environment could have favored the epidemic component.

The epidemiological characteristics of this episode, the presence of many environmental factors, and the new organization of work in open space led to characterizing these events as sick building syndrome. Recommendations on technical points and working conditions were developed in consultation with the management.

Keywords :

mass psychogenic illness, sick building syndrome, epidemiological study, occupational health, office bulding

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