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Publications et outils

Publié le 10/02/2017

Maladies chroniques et traumatismes

Étude de cohorte IMPACTS*. Première étape : juin-octobre 2015

* Investigation des Manifestations traumatiques Post-Attentats et de la prise en Charge Thérapeutique et de Soutien des personnes impliquées dans les attentats de janvier 2015 en île-de-France

Auteur(s) : Vandentorren S, Sanna A, Aubert L, Pirard P, Motreff Y, Dantchev N, Baubet T
Editeur(s) : Santé publique France
ISSN : 1956-6964
ISBN : 979-10-289-0308-4
ISBN NET : 979-10-289-0309-1
Citation suggérée : Vandentorren S, Sanna A, Aubert L, Pirard P, Motreff Y, Dantchev N, Baubet T. Étude de cohorte Impacts. Première étape : juin-octobre 2015. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2017. 92 p.
Publication disponible au format papier

RÉSUMÉ :

Suite aux attentats survenus en île-de-France du 7 au 9 janvier 2015, Santé publique France et l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France ont mis en place l’enquête épidémiologique IMPACTS. L’objectif est d’estimer, parmi les personnes exposées à ces attentats, l’impact psycho-traumatique et les facteurs prédictifs, ainsi que le recours aux soins. L’enquête s’est déroulée de juin à octobre 2015. La population d’étude a été définie comme les personnes civiles exposées aux attentats ainsi que les intervenants impliqués dans la réponse, selon le critère A de l’ESPT du DSM-V. La passation des questionnaires a été menée par des psychologues formés au psycho-traumatisme auprès de 190 civils et 232 intervenants (forces de l’ordre et de secours, secours médico-psychologique et associatifs). Parmi la population civile, 18 % présentaient un ESPT et 20 % des troubles dépressifs et anxieux (en l’absence d’ESPT).
Un quart des personnes avaient consulté un médecin pour un problème de santé autre que psychologique qu’ils considéraient lié aux événements. Un tiers des civils se sont retrouvés dans l’impossibilité de travailler. Plus de la moitié des personnes exposées ont bénéficié d’une prise en charge médico-psychologique ou d'un soutien dans les suites des évènements. Les facteurs associés à l’ESPT à 6 mois sont le score STRS (Shortness of breath, Tremulousness, Racing heart and Sweating rating scale) et un faible soutien social. Les facteurs qui favorisent la survenue de troubles dépressifs ou anxieux (en absence d’ESPT) sont le sexe féminin, un faible niveau socio-professionnel, un impact économique sur l'entreprise dans laquelle la personne travaille, et l'absence de prise en charge immédiate par les services d'urgence médico-psychologique. Parmi les intervenants, 3 % ont présenté un ESPT et 14 % au moins un trouble anxieux. La moitié d’entre eux ont été pris en charge dans les suites des attentats. Cette étude a permis de souligner l’importance d’une prise en charge médico-psychologique, le repérage de toutes les victimes (directement menacées ou témoins), ainsi que la nécessité de sensibiliser les professionnels de santé (hospitaliers et libéraux) à la problématique du psychotraumatisme pour assurer un relais efficace. Chez les intervenants, l’absence de préparation et de formation au stress semble avoir été un facteur de risque d’ESPT.

Rapport  [pdf - 3,31 Mo]

Mots-clés :

terrorisme, état de stress post-traumatique, santé mentale, France, prise en charge

SUMMARY

Mental health impact assessment amont those directly exposed to the January 2015 Paris terrorist attacks

A series of terrorist attacks occurred in Paris area in January from the 7th to the 9th of January 2015. In total 17 people were killed and 20 injured. Santé publique France conducted the “IMPACTS” study 6 months after the attacks to assess the mental health impact of these events among victims and rescue workers and policemen and their access to health care.
We implemented a cross-sectional design between June and October 2015 in the four geographic area affected by the attacks. The study population was defined as the exposed civilians and the rescue and police staff involved in the response according to the exposure criteria A for PTSD of the DSM-5. Interviews were conducted face-to-face by trained psychologists. We included 190 civilians and 232 rescue and police staff involved. Among civilians 18% reported symptoms of PTSD and 20% suffered from anxiety disorders or depression (without PTSD). A quarter consulted a physician for a health problem other than psychological, related to the attacks. A third of the civilians were unable to work. More than a half of the exposed people had a psychological support. Factors associated with PTSD at 6 months of age were STRS (shortness of breath, tremulousness, Racing heart and sweating rating scale) and low social support. The factors associated with depressive or anxiety disorders (without PTSD) were the female gender, a low socio-professional level, an economic impact on the company in which the person works, and lack of Immediate medical and psychological emergency services support. Rescue and police staff reported lower symptoms of PTSD (3%) and anxiety disorders (14%). Half of the professional had mental health support after the attacks.

Keywords :

terrorist attacks, mental health, post-traumatic stress disorder, France, health care

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