Fermer



Publications et outils

Publié le 10/01/2017

Maladies chroniques et traumatismes

Suicides et autres décès en milieu carcéral en France entre 2000 et 2010

Apport des certificats de décès dans la connaissance et le suivi de la mortalité

Auteur(s) : Chan Chee C, Moutengou E
Editeur(s) : Santé publique France
ISSN : 1956-6964
ISBN NET : 979-10-289-0284-1
Citation suggérée : Chan Chee C, Moutengou E. Suicide et autres décès en milieu carcéral en France entre 2000 et 2010. Apport des certificats de décès dans la connaissance et le suivi de la mortalité. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 61 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

Les données des décès sous écrou transmises par l’administration pénitentiaire ont été appariées à celles des certificats de décès de la base nationale de mortalité du CépiDc-Inserm afin d’étudier les pathologies associées aux suicides et autres décès survenus en milieu carcéral.
Entre 2000 et 2010, 2 613 décès sous écrou ont été rapportés par l’administration pénitentiaire. L’appariement a permis d’identifier 2 541 individus (97,2 %) dans la base nationale de mortalité. L’administration pénitentiaire a enregistré 1 219 suicides tandis que 1 043 suicides ont été déclarés dans les certificats de décès. Le suicide était noté pour 982 décès dans les deux sources. De plus, pour 182 suicides identifiés par l’administration pénitentiaire, aucune cause de décès n’était notée dans le certificat de décès correspondant. À partir de ces deux sources, l’estimation du nombre de suicides sous écrou entre 2000 et 2010 serait entre 1 258 et 1 295.
Une surmortalité par suicide sous écrou a été retrouvée (SMR de 7,3 chez les hommes et supérieur à 20 chez les femmes) tandis que la mortalité par « causes naturelles », à l’exception du sida, était moins importante chez les personnes écrouées que dans l’ensemble de la population française.
Dans plus de la moitié des certificats de décès des personnes décédées par suicide sous écrou, aucune pathologie somatique ni psychiatrique n’a été mentionnée, les pathologies psychiatriques, mentionnées dans seulement 15,5 % des cas, étaient vraisemblablement sous-déclarées.
La mise en place d’une surveillance épidémiologique des suicides en détention nécessiterait un retour aux dossiers médicaux ou une interrogation des unités sanitaires en charge de la personne détenue décédée, ainsi qu’une amélioration de transmission des informations par les instituts médico-légaux vers le CépiDc-Inserm.

Rapport  [pdf - 2,41 Mo]

Mots-clés :

prison, décès, suicide, appariement, France

SUMMARY

Suicides and other deaths in prisons in France between 2000 and 2010

Contribution of death certificates in the knowledge and surveillance of mortality

In order to examine the comorbidities associated with suicides and other deaths in prisons, data on deaths in prison reported by the prison administration were matched with the death certificates from the national mortality database managed by the CépiDc-Inserm.
Between 2000 and 2010, 2613 deaths in detention have been reported by the prison administration. The linkage identified 2541 individuals (97.2%) in the national mortality database. The prison administration recorded 1219 suicides while 1043 suicides have been reported in the death certificates. Suicide was noted for 982 deaths in both sources. In addition, for 182 suicides identified by the prison administration, no cause of death was noted in the corresponding death certificate. Using data from these two sources allows an estimate between 1258 and 1295 suicides in prison in the years 2000 to 2010.
Excess mortality by suicide in detention was found (SMR 7.3 in men and over 20 in women) while mortality rates for 'natural causes' excepted for AIDS were lower in prisoners compared to the entire French population.
In more than half of the death certificates of detainees who died by suicide, no somatic or psychiatric comorbidity has been mentioned; psychiatric conditions mentioned in only 15.5% of the cases, were likely to be under reported.
The implementation of an epidemiological surveillance of suicide in detention requires an access to the medical records or to the health professionals in charge of the deceased detainee, as well as an improvement in the transmission of information by the forensic institutes to the CépiDc-Inserm.

Keywords :

prison, death, suicide, data linkage, France

Haut de page