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Publié le 05/04/2019

Maladies chroniques et traumatismes

Traumatismes crânio-faciaux consécutifs à un accident de la route : analyse des données du Registre du Rhône 2005-2014

Rapport, avril 2018

Auteur(s) : Thélot B, Paget LM, Pédrono G et al.
Editeur(s) : Santé publique France
ISSN : 2609-2174
ISBN NET : 979-10-289-0549-1
Citation suggérée : Traumatismes crânio-faciaux consécutifs à un accident de la route : analyse des données du Registre du Rhône 2005-2014. Rapport avril 2018. Saint-Maurice : Santé publique France, 2019. 62 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

Les accidents de la route sont l’une des principales causes de traumatismes crâniens (TC), notamment des plus graves. Ils touchent une population jeune avec comme conséquence des années de vies perdues ou vécues en incapacités.

Matériel et méthode
Les données proviennent du Registre du Rhône. Il a sa source en milieu médical et inclut toute personne tuée ou blessée à la suite d’un accident survenu dans le département du Rhône. Les informations recueillies concernent la victime, son accident, ses lésions et son devenir. Les lésions sont codées selon l’Abbreviated Injury Scale (AIS). Les victimes sélectionnées sont celles atteintes de lésions crânio-faciales sur la période 2005-2014. Après avoir fait une synthèse de l’ensemble des travaux sur ce sujet à partir du registre, une analyse des atteintes de toute l’extrémité céphalique a été faite, suivie d’une étude plus spécifique des lésions cranio encéphaliques.
Il s’agit de décrire les caractéristiques accidentelles et individuelles des victimes, la nature et la gravité des blessures et les évolutions au cours du temps.

Résultats
L’incidence moyenne annuelle de 120/100 000 pour les atteintes crânio-faciales et 28,5/100 000 pour les TC. Le sex-ratio est respectivement de 1,8 et 2,6. Pour les TC, la létalité est de 7,7% et on observe un décalage du pic d’incidence entre hommes et femmes, plus précoce et plus marqué chez les hommes (15-19 ans) que les femmes (20-24 ans). Les victimes atteintes de TC sont principalement automobilistes (36%), puis usagers de deux-roues motorisés (24%), piétons et cyclistes (17% chacun). Les atteintes graves de la tête (AIS 3+) sont moins observées chez les usagers de deux roues casqués : 26% contre 37% pour ceux qui ne portaient pas de casque. La connaissance de la nature et du siège des lésions intracrâniennes est indispensable pour comprendre les déficiences. Les blessures siègent principalement au cerveau sous forme d’hémorragies sous arachnoïdiennes (15%), contusions (8%), hématomes sous duraux (7%), oedèmes cérébraux (6%), hématomes intracérébraux (3%), et enfin les extra-duraux (3%). La typologie lésionnelle varie en fonction des types d’usagers : les hématomes sous duraux sont fréquents chez le piéton ; les hématomes extra-duraux se retrouvent plus souvent chez l’usager de deux-roues motorisé ou non ; les contusions cérébrales s’observent majoritairement chez les occupants de voiture. Depuis 2005 on a observé une baisse des traumatismes crâniens -48% chez les automobilistes, de -38% chez les piétons, de -20% chez les usagers de deux-roues à moteur et de -11% chez les cyclistes.

Conclusion
Cette étude fournit des données nouvelles sur les TC consécutifs aux accidents de la route. Les traumatismes crâniens ont presque été divisés par deux chez les automobilistes, notamment du fait des politiques de sécurité routière mises en place en France depuis 2002, en particulier l’introduction des radars. Toutefois des efforts restent à faire chez les usagers vulnérables (cyclistes et piétons). La prévention des atteintes crânio-faciales et en particulier des TC passe par la promotion de l’utilisation des dispositifs de protection. En ce sens, une première mesure a été prise en France en mars 2017 rendant obligatoire le port du casque à vélo pour les enfants de moins de douze ans.

Rapport  [pdf - 1,16 Mo]

Mots-clés :

traumatisme crânien, accidents de la route, épidémiologie

SUMMARY

Road accidents are one of the leading causes of traumatic brain injuries (TBI), including the most serious ones. They affect a young population resulting in years of life lost or lived in disability.

Material and method
Data come from the Rhône Register. It originates from the medical world, and includes anyone killed or injured as a result of an accident in the Rhone district. The information collected concerns the victims, their accident, their injuries and their future. Lesions are coded according to the Abbreviated Injury Scale (AIS). The selected victims are those with craniofacial lesions over the period 2005-2014. After a synthesis of all the work on this subject from the register, an analysis of all injuries of the whole cephalic extremity was made, followed by a more specific study of craniocephalic lesions. The aims was to describe the accidental and individual characteristics of the victims, the nature and the severity of the wounds, and the evolutions over time.

Results
The average annual incidence was 120/100 000 for craniofacial injuries (CFI), and 28.5 / 100 000 for TBI. The sex ratio is respectively 1.8 and 2.6. For TBIs, the lethality is 7.7% and there is a shift in the peak of incidence between men and women, earlier and more marked in men (15-19 years) than women (20-24 years). Victims with TBI are mainly motorists (36%), followed by motorized two-wheelers (24%), pedestrians and cyclists (17% each). Serious impairment of the head (AIS 3+) is less observed among users of two helmeted wheels: 26% against 37% for those who did not wear a helmet. Knowledge of the nature and location of intracranial lesions is essential to understanding impairments. Injuries mainly occur in the brain in the form of subarachnoid haemorrhages (15%), bruises (8%), subacute hematomas (7%), cerebral oedemas (6%), intracerebral hematomas (3%), and finally extra –dural lesions (3%). The type of lesion varies according to the types of users: subdural hematomas are common in pedestrians; extra-dural hematomas are found more often in the user of motorized two-wheelers or not; brain contusions are mostly observed in car occupants. Since 2005 there has been a decrease in head injuries -48% among motorists, -38% among pedestrians, -20% among motorized two-wheelers and -11% among cyclists.

Conclusion
This study provides new data on TBIs resulting from road accidents. Head injuries have almost halved among motorists, in particular because of the road safety policies implemented in France since 2002, in particular the introduction of radars. However, efforts remain to be made for vulnerable users (cyclists and pedestrians). The prevention of cranio-facial lesions, and in particular TBIs, requires the promotion of the use of protective equipment. In this sense, a first measure was taken in France in March 2017 making it compulsory to wear a bicycle helmet for children under 12 years old.

Keywords :

traumatic brain injury, road accidents, epidemiology

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