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Publications et outils

Publié le 10/07/2014

Maladies infectieuses

Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français

Résultats AES-Raisin 2011-2012

Auteur(s) : Réseau d'alerte, d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin)
Editeur(s) : Institut de veille sanitaire
ISSN : 1956-6956
ISBN NET : 979-10-289-0056-4
Citation suggérée : Surveillance des accidents avec exposition au sang dans les établissements de santé français. Résultats AES-Raisin 2011-2012. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2014. 92 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

Contexte : l’Accident d’exposition au sang (AES) et aux liquides biologiques est un risque professionnel majeur pour les professionnels de santé. La réduction de la survenue des AES est l'une des priorités du plan stratégique national pour la prévention des infections associées aux soins et du programme national pour la prévention des infections associées aux soins. La surveillance des AES en France est standardisée depuis 2002 et est dirigée par le réseau national "Raisin" (Réseau d'alerte, d'investigation et de surveillance des infections nosocomiales et associées aux soins), en collaboration avec le Geres (Groupe d’étude sur le risque d’exposition des soignants).
Objectif : Surveiller les AES dans les établissements de santé (ES) français.

Méthodes : la participation des ES à ce réseau de surveillance (AES-Raisin) est volontaire et anonyme. Les AES ont été documentés à l'aide d'un questionnaire standardisé et adapté par le GERES. Le questionnaire documente la nature, les circonstances (mécanisme, type de dispositif, statut infectieux de la source) et le suivi de chaque AES. La survenue des AES a été rapportée au nombre de lits des hôpitaux, au nombre de professionnels de santé (en équivalent temps plein) et à l’utilisation de certains dispositifs médicaux.

Résultats : 17 148 AES en 2011 et 18 829 AES en 2012 ont été respectivement documentés dans les 849 ES en 2011 et dans 1 019 ES participant au réseau de surveillance en 2012, soit 39,3 % des ES et 72,3 % des lits d'hospitalisation pour cette dernière année. Le taux de participation à la surveillance AES-Raisin est en constante augmentation depuis 2003. L’incidence globale des AES était de 6,6 avec un IC95% [6,5-6,7] en 2011 et de 6,3 avec un IC95% [6,2-6,3] en 2012, allant de 1,0 IC95% [0,9-1,1]
à 16,0 IC95% [14,9 à 17,1] en fonction des catégories professionnelles. Pour l'ensemble des ES participants et dans la cohorte stable des 342 hôpitaux qui ont participé chaque année de 2008 à 2012, les taux d'incidence AES pour 100 lits ont diminué de 14,9 % et 13,9 % respectivement. L’accident percutané a été la cause la plus fréquente d'AES rapportée, et a représenté 14 885 AES en 2012 soit 79 % de la totalité, principalement dans le cadre de blessures par piqûre (n=12 842), la moitié d'entre elles étant liée à la manipulation des aiguilles (48,8 %) qui reste le principal type d'exposition signalée. L’utilisation croissante des dispositifs sécurisés a été observée sur la période de l’étude. Au sein de la cohorte stable, la conformité de l'usage des gants dans les ES rapportant des AES est passée de 67,7 % en 2008 à 72,5 % en 2012, ainsi que la mise à disposition des boîtes PCT (piquant coupant tranchant) passant de 69,9 % en 2008 à 73,7%. En 2012, l’AES reste toutefois un évènement évitable grâce au respect des précautions standard dans 30,9% des cas (4 602 de 14 885). Au sein de la cohorte stable entre 2008 et 2012, une diminution statistiquement significative de la proportion des AES évitables (-18,8 %) et parmi eux des APC par recapuchonnage (-11,4 %) est observée.

Conclusions : nos résultats permettent de penser que la sécurité d’exercice des professionnels de santé a été fortement améliorée au cours des dix dernières années en France. En conclusion, en participant à cette surveillance, les professionnels de santé ont une meilleure connaissance des AES qui permet d’optimiser leur prévention. Cependant, ces efforts méritent d’être poursuivis pour maintenir et continuer à optimiser la sécurité d’exercice.

Rapport  [pdf - 2,09 Mo]
Annexes aux résultats AES-Raisin 2011  [pdf - 720,37 Ko]
Annexes aux résultats AES-Raisin 2012  [pdf - 841,50 Ko]

Mots-clés :

accidents d’exposition au sang, professionnel de santé, surveillance, prévention, AES, AES-Raisin

SUMMARY

Surveillance of occupational blood and body fluids exposures in French healthcare facilities in 2012

Background: blood and body fluids exposure (BBFE) is a major occupational hazard for healthcare workers (HCW). Reducing the occurrence of BBFE is one of the priorities of the national strategic plan for the prevention of healthcare associated infections and for the national program for the prevention of healthcare associated infections. Surveillance of occupational BBFE in France is standardised since 2002 and conducted by a French national network “Raisin” (Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales: Nosocomial Infection Early Warning, Investigation and Surveillance Network) in collaboration with the “Geres” (Group for the Prevention of Occupational Infections in Healthcare Workers).

Objective: to monitor and challenge BBFE in French hospitals.

Methods: participation of healthcare facilities (HCF) to this surveillance network (called AES-Raisin) is voluntary and anonymous. BBFE were documented using a standardised questionnaire adapted from previous Geres attempts. The questionnaire documented the nature, circumstances (mechanism, type of device, infectious status of the source) and follow-up of each BBFE. The occurrence of BBFE was compared to the number of hospital beds, the number of full-time equivalent HCW and the consumption of certain medical devices.

Results: in 2011, 17,148 BBFE were documented. In 2012, 18,829 BBFE were documented in 1,019 participating HCF, which accounted for 39.3% of HCF and 72.3% of hospitalisation beds in France. The participation rate to AES Raisin survey is in steady increase since 2003. BBFE overall incidence was 6.6 per 100 beds CI95% [6.5-6.7] in 2011 and 6.3 per 100 beds CI95% [6.2-6.3], ranging from 1.0 CI95% [0.9-1.2] to 13.5 CI95% [13.1-13.8] depending on the professional categories. Overall and within the cohort of 342 hospitals that have participated each year from 2008 to 2012, BBFE incidence rates per 100 beds have decreased from 2008 to 2012 by -14.9% and -13.9%, respectively. Percutaneous injury have been the most frequent cause of BBFE, still accounted for 14,885 (79%) of all BBFE in 2012, mainly needlesticks injuries (12,842), half of these being associated with handling needles (48.8%) which, remains the main type of exposure. An increasing use of safety-engineered devices was observed over years. Compliance to glove use increased from 67.7% in 2008 to 72.5% in 2012 as did the sharps disposal containers accessibility from 69.9% in 2008 to 73.7% leaving however a huge number of at-risk behaviors. BBFE remained avoidable in 30.9% of cases (4,602 of 14,885). A significant decrease (-18.8 %) in the proportion of avoidable percutaneous injuries has also been shown among the cohort stable from 2008 to 2012. Among the percutaneous injuries, a significant decrease (-11.4 %) in the proportion of recapping has been shown among the cohort stable from 2008 to 2012.

Conclusions: our results led us to think that HCWs safety has been sharply increased during the past ten years in France. In conclusion, by participating, HCW have better knowledge of BBFE and can enhance prevention in order to improve of global BBFE prevention. However, efforts undertaken to improve safety need to be sustained.

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