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Publications et outils

Publié le 04/04/2019

Maladies infectieuses

Surveillance des infections nosocomiales en réanimation adulte

Réseau REA-Raisin, France, Résultats 2017

Auteur(s) : Raisin
Editeur(s) : Santé publique France
ISSN : 2609-2174
ISBN NET : 979-10-289-0545-3
Citation suggérée : Surveillance des infections nosocomiales en réanimation adulte, Réseau REA-Raisin, France. Résultats 2017. Saint-Maurice (Fra) : Santé publique France, septembre 2019, 80 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

La surveillance des infections nosocomiales (IN) est prioritaire en réanimation, secteur à haut risque du fait de l'état critique des patients et de leur exposition aux dispositifs invasifs.
Depuis 2004, la surveillance nationale REA-Raisin, coordonnée par le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des IN, cible en réanimation adulte les infections associées à un dispositif invasif pour lesquelles une démarche de prévention est essentielle : pneumonie (PNE), colonisation ou infection ou bactériémie (COL/ILC/BLC) liée au cathéter veineux central (CVC) et bactériémie (BAC).
Depuis 2015, les services volontaires recueillent les données de manière continue de janvier à décembre (versus 6 mois auparavant) concernant tout patient hospitalisé plus de 2 jours.

De janvier à décembre 2017, 199 services ont inclus 68 581 patients (âge moyen : 64,2 ans), hospitalisés en moyenne 10,4 j et dont 70,0% relèvent à l'admission de la médecine, 17,8% de chirurgie urgente et 12,2% de chirurgie réglée ; 8,1% des patients sont traumatisés, 15,8% immunodéprimés et 55,8% ont reçu un traitement antibiotique à l’admission. Le score IGS II moyen est de 45,7 et la mortalité intra-service de 16,7%.
L’exposition à un dispositif invasif est fréquente : intubation (60,0%), CVC (63,3%) et sonde urinaire (85,3%). Parmi les 68 581 patients, 9,99% ont présenté au moins une infection surveillée. Les micro-organismes les plus fréquemment isolés sont P. aeruginosa (15,0%), S. aureus (11,2%), S. epidermidis (8,4%). Depuis 2004, la résistance aux antibiotiques diminue pour les souches de S. aureus (15,8% SARM en 2017). Le phénomène de résistance reste élevé pour EBLSE (17,9% de souches productrices de BLSE avec 1,5% I/R à l'imipenème) mais semble stabilisé depuis quelques années.
Les taux d’incidence sont de 15,46 PNE pour 1000 j-intubation, 3,62 BAC pour 1000 j d’hospitalisation, 0,61 ILC et 0,49 BLC pour 1000 j-CVC. Ces taux varient fortement d’un service à l’autre en lien avec les caractéristiques des patients.

Au cours des cinq dernières années (2013 à 2017) sur l’ensemble du réseau, certains facteurs de risque varient (hausse des patients traumatisés, baisse d’antibiothérapie à l’admission, moins de chirurgie réglée et urgente) et le ratio d’exposition à l’intubation diminue. On observe une diminution des taux d'incidence pour 1000 j d'exposition : significative pour BLC (-19,7%) et les ILC (-21,8%).
L'analyse multivariée met en évidence une hausse significative de 2014 à 2017 des PNE liées à l'intubation (OR ajusté: 1,16 ; IC95: 1,09-1,22). Par contre elle confirme une baisse significative des BLC en 2017 (OR ajusté: 0,63 ; IC95: 0,49-0,81), à mettre en relation avec l'amélioration des pratiques professionnelles associées aux dispositifs invasifs en réanimation.

Avec une participation s'élevant à 47,2% des lits de réanimation de France, les données de REA-Raisin constituent une référence nationale pour mieux connaître les IN en réanimation et permettre aux services participants de se comparer, d’évaluer et orienter leurs actions de prévention.

Rapport   [pdf - 2,32 Mo]
Annexes  [pdf - 275,44 Ko]

Mots-clés :

réanimation, infection nosocomiale, surveillance, incidence, France

SUMMARY

Nosocomial infection surveillance in intensive care units

REA-Raisin network, France – Results 2017

Nosocomial Infection (NI) surveillance in Intensive Care Units (ICU) is a priority as patients are at higher risk of infection due to their critical status and invasive procedures they are exposed to.
Since 2004, the REA-Raisin surveillance network targets device-associated infections, for which prevention measures are essential: Pneumonia (VAP), Central Venous Catheter (CVC) colonisation with or without CVC-Related Infection or Bacteraemia (COL/CRI/CRB) and Blood stream infection (BSI).
Continuously from January to December, on a voluntary basis, ICUs collected data for each patient hospitalised more than two days.

From January to June 2017, 199 ICUs included 68,581 patients (mean age: 64.2 years) whose average length of stay was 10.4 days. At admission, 70.0% of patients were medical, 17.8% had emergency surgery and 12.2% scheduled surgery; 8.1% had trauma, 15.8% an impaired immunity and 55.8% received antibiotic treatment at admission. The mean SAPS II severity score was 45.7, with 16.7% of mortality during the stay.
Exposure to invasive devices was frequent: intubation (60.0%), CVC (63.3%) and indwelling urinary catheter (85.3%). Among 68,581 patients, 9.99% had at least one infection.
The most frequently isolated micro-organisms were P. aeruginosa (15.0%), S. aureus (11.2%), and
S. epidermidis (8.4%); since 2004, antimicrobial resistance is decreasing among S. aureus strains (15.8% MRSA), high but now stable among Enterobacteriaceae (17.9% ESBL-producing and 1.5% imipenem-resistant).
Overall NI incidence rates were as follows: 15.46 VAP /1,000 intubation-days, 3.62 BSI /1,000 ICU-days and finally 0.61 CRI and 0.49 CRB /1,000 catheter-days. Patients’ characteristics and NI rates greatly varied from one ICU to another.

During the 5 last years (2013 to 2017), variations appeared in patient characteristics (higher trauma and less antibiotics at admission, less surgical patients) with a significant decrease in device utilisation ratio concerning intubation. Incidence rates decreased, significantly for CRB (19.7%) and for CRI (-21.8%).
Multivariate analysis shows a significant increase from 2014 to 2017 for VAP (adjusted OR: 1.16; CI95: 1.09-1.22) and a significant decrease for CRB in 2017 (adjusted OR: 0.63; CI95: 0.49-0.81), to be related to care practices improvement.

With a participation corresponding to 47.2% of the French ICU beds, these results serve as a national reference to better document NIs in ICUs and to allow ICU wards to assess and prioritize their infection control measures.

Keywords :

Intensive care unit, healthcare associated infection, surveillance, incidence, France

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