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Publications et outils

Publié le 03/04/2019

Travail et santé

Investigation d’un syndrome collectif inexpliqué parmi le personnel d’un centre de recherche dans l’Hérault

Auteur(s) : Rivière S, Cochet A et al.
Editeur(s) : Santé publique France
ISSN : 2609-2174
ISBN NET : 979-10-289-0548-4
Citation suggérée : Investigation d’un syndrome collectif inexpliqué parmi le personnel d’un centre de recherche dans l’Hérault. Saint-Maurice : Santé publique France, 2019. 58 p.
Publication non disponible au format papier

RÉSUMÉ :

En février 2017, Santé publique France (région Occitanie) est contactée pour un signalement concernant un problème d’odeur dans un centre de recherche. Depuis le mois d’avril 2016, des épisodes d’odeurs (décrites comme des odeurs de solvants ou d’éther) incommodent fortement les personnels travaillant dans le bâtiment de l’animalerie. La plupart de ces personnels décrit des symptômes tels que maux de tête, nausées, vomissement, irritations des voies aériennes…

Une réunion, organisée en avril 2017, a permis de présenter et proposer à l’ensemble des acteurs la démarche d’investigation proposée par Santé publique France selon le guide de diagnostic et prise en charge des syndromes collectifs inexpliqués. Les investigations ont été menées par un groupe multidisciplinaire et se composaient de 4 volets : épidémiologique, clinique, environnemental et psycho-social.

Six personnes sur huit travaillant dans l’animalerie au moment de l’enquête épidémiologique ont ressenti des symptômes. En 2017, cinq salariés sur huit ont été affectés, en moyenne une fois par semaine. Les symptômes sont sans gravité, relativement brefs, réversibles, majoritairement sans aggravation dans le temps mais peuvent être handicapants pour le travail quotidien. La simultanéité des odeurs et des symptômes n’est pas en faveur d’un phénomène exclusivement psychosocial. L’hypothèse la plus plausible concerne une contamination du réseau des eaux usées. Des mesures réalisées fin 2017 dans le réseau d’eaux usées ont montré la présence de chloroforme, à des niveaux toutefois relativement faibles, odeur cohérente avec l’odeur éthérée décrite par les salariés. Le chloroforme ou d’autres sous-produits chlorés peuvent en effet se former par action du chlore sur la matière organique, des laboratoires de biologie rejetant à l’évier de grandes quantités d’eau de javel en amont de l’animalerie. Plusieurs propositions pour guider les mesures de gestion au niveau des effluents ont été avancées à l’issue de ces investigations.

Rapport  [pdf - 4,03 Mo]

Mots-clés :

syndrome collectif inexpliqué, santé au travail, centre de recherche, effluents

SUMMARY

In February 2017, the Regional Unit of the French national public health agency (Santé publique France) was commissioned for a problem of odor in a research center. Since April 2016, episodes of odors (described as ethereal or of solvent by the workers) disturbed many workers in the breeding farm building. Most of them described symptoms such as headache, nausea, vomiting, respiratory tract irritations…

A meeting organized in April 2017, contributed to present to all the stakeholders the investigation method proposed by Santé publique France according to the guidelines for diagnosis and management of unexplained collective syndrome. Surveys were conducted by a multidisciplinary group according to 4 steps: epidemiological, clinical, environmental and psychosocial.

At the time of the investigations, six out of eight workers in the breeding farm building had symptoms. In 2017, five out of eight workers were impacted once a week on average.
Symptoms were not severe, relatively short, reversible, mainly without aggravation over time, but could be very disabling for the daily work. The simultaneity of odors and symptoms is not in favor of an exclusively psychosocial phenomenon. The most plausible hypothesis is a contamination of the wastewater network. Measurements realized in the wastewater network at the end of the year 2017, revealed the presence of chloroform, at a relatively low level, which was consistent with the ethereal odor described by workers. Chloroform or other chlorinated by-product components could indeed be produced by the action of chlorine on organic matter.
Indeed, research biological laboratories located upstream from the breeding farm building reject large amounts of bleach in their sinks. As a result of these investigations, several actions regarding the wasterwater network were proposed.

Keywords :

mass psychogenic illness, occupational health, breeding farm building, wastewater network

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