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N° 1 . 25 mai 2011

Dépistage des hépatites B et C en France : état des lieux et perspectives

Coordination scientifique : Cécile Brouard et Christine Larsen, Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France

Dépistage de l’hépatite B : caractéristiques des personnes dépistées antigène HBs positif en France en 2008

Characteristics of hepatitis B antigen positive people screened in 2008 in France
Date de soumission : 10/03/2011 Date of submission: 03/10/2011
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Introduction

L’infection par le virus de l’hépatite B (VHB) est une maladie à prévention vaccinale, fréquemment asymptomatique. Elle est transmissible lors des relations sexuelles, par le sang ou ses dérivés, de la mère à l’enfant lors de l'accouchement et par contacts intrafamiliaux.
En France, le dépistage de l’antigène HBs (AgHBs), marqueur sérologique du VHB, est obligatoire au 6ème mois de grossesse [1]. Il est recommandé pour les partenaires sexuels et l’entourage proche des personnes atteintes d’hépatite B, les personnes infectées par le VIH ou le virus de l’hépatite C (VHC) et, avant vaccination, pour les migrants de première ou seconde génération originaires de zones de forte endémie [2]. Par extension, il est généralement proposé aux adultes à risque pour lesquels la vaccination est recommandée [3;4].
La France métropolitaine est un pays de faible endémicité pour le VHB, avec une prévalence de l’AgHBs estimée en 2004 à 0,65% de la population adulte [5], soit 281 000 personnes atteintes. Parmi elles, 55% ignoraient leur statut sérologique. L’incidence annuelle des infections aiguës (symptomatiques et asymptomatiques) a été estimée à 2 400 entre 2005 et 2009, dont près de 200 cas passant à la chronicité [6]. La mortalité imputable a été estimée à plus de 1 300 décès par an [7]. Dans ce contexte, la réduction de la transmission, notamment par la vaccination, et le renforcement du dépistage constituent des axes stratégiques du plan 2009-2012 de lutte contre les hépatites B et C [8].
Afin de fournir des éléments d’évaluation de ce programme, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a élargi, en 2008, la surveillance de l’activité de dépistage de l’AgHBs, mise en place depuis 2001 dans les Consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) [9], au réseau de laboratoires RenaVHC/B ainsi qu’au réseau des pôles de référence «hépatites » (services hospitalo-universitaires d’hépato-gastroentérologie assurant la prise en charge des malades atteints d’hépatite B chronique).
L’objectif de cet article est de décrire les principales caractéristiques des personnes dépistées AgHBs positif en 2008 à partir de ces trois réseaux.

Méthodes

Description des réseaux

RenaVHC/B
Ce réseau sentinelle est constitué de laboratoires d’analyse de biologie médicale volontaires, hospitaliers ou privés, représentant 4,5% des laboratoires effectuant les sérologies AgHBs en France (données de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, non publiées).
Depuis janvier 2008, ces laboratoires adressent trimestriellement, pour les personnes âgées de plus d’un an :

  • le nombre (total et par sexe) de sérologies AgHBs (Elisa, neutralisation) effectuées quelle que soit l’indication (dépistage, confirmation ou autre) ;
  • le nombre (total et par sexe) de sérologies de contrôle de dépistage positives pour la première fois au laboratoire (Elisa, neutralisation) ;
  • les caractéristiques (sexe, âge) des patients contrôlés positifs pour la première fois dans le laboratoire.

CDAG
Réparties sur l’ensemble du territoire, ces consultations accueillent toute personne sollicitant une information ou un dépistage du VIH, VHB ou VHC. Depuis 2001, elles adressent annuellement à l’InVS les nombres de dépistages de l’AgHBs positifs et négatifs par sexe et tranche d’âge.

Pôles de référence « hépatites »
Répartis dans toute la France, ces services hospitalo-universitaires d’hépato-gastroentérologie incluent dans la surveillance de l’hépatite B chronique tout patient âgé d’au mois 18 ans, porteur de l’AgHBs depuis au moins six mois, consultant ou hospitalisé pour la première fois dans le pôle. Des caractéristiques épidémiologiques des personnes (sexe, année et pays de naissance, date et circonstance(s) de découverte du dépistage positif) ainsi que des données cliniques (stade de la maladie), biologiques, virologiques et histologiques sont recueillies.

Analyses statistiques

Les analyses concernent les données de l’année 2008 pour RenaVHC/B et les CDAG (hors prison).
Pour les pôles de référence, sont inclus dans l’analyse les patients dépistés AgHBs positif en 2008, pris en charge entre janvier 2008 et mai 2010 et ayant accepté de participer à la surveillance. Les analyses sont stratifiées selon le niveau de prévalence de l’AgHBs du pays de naissance  : zone de faible endémicité (< 2%), de moyenne endémicité (2% à 8%) et de forte endémicité (> ou =8%) [10].
La sévérité de la maladie (cirrhose ou carcinome hépato-cellulaire) est établie à partir d’une classification clinico-biologique et morphologique [11].

  • Delphine Rahib1
  • Cécile Brouard1
  • Corinne Pioche1
  • Stéphane Le Vu1
  • Elisabeth Delarocque-Astagneau2
  • Caroline Semaille1
  • Christine Larsen1

Pour le groupe des pôles de référence et laboratoires de virologie, le réseau RenaVHC/B et les Consultations de dépistage anonyme et gratuit

1/ Institut de veille sanitaire, Saint-Maurice, France
2/ Institut Pasteur, Paris, France

RÉFÉRENCES

[1] Décret n° 92-143 du 14/02/92 relatif aux examens obligatoires prénuptial, pré et postnatal.

[2] Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé. Diagnostic et suivi virologiques des hépatites virales (à l'exclusion du dépistage en cas de dons du sang, d'organes ou de tissus). Paris : Anaes, 2001.

[3] Institut national de prévention et d'éducation pour la santé. Prévention de l'hépatite B auprès des personnes les plus exposées. Repères pour votre pratique 2005.

[4] Le calendrier des vaccinations et les recommandations vaccinales 2010 selon l'avis du Haut Conseil de la santé publique. Bull Epidémiol Hebd. 2011;(10-11):101-57.

[5] Meffre C, Le Strat Y, Delarocque-Astagneau E, Dubois F, Antona D, Lemasson JM, et al. Prevalence of hepatitis B and hepatitis C virus infections in France in 2004: social factors are important predictors after adjusting for known risk factors. J Med Virol. 2010;(82):546-55.

6 [6] Antona D, Couturier E, Larsen C. Epidémiologie des hépatites virales en France. Rev Prat. 2011;61(1):25-7, 30-2.

[7] Péquignot F, Hillon P, Antona D, Ganne N, Zarski JP, Méchain M, et al. Estimation nationale de la mortalité
associée et imputable à l'hépatite C et à l'hépatite B en France métropolitaine en 2001. Bull Epidémiol Hebd. 2008;(27):237-40.

[8] Ministère chargé de la Santé et des Sports. Plan national de lutte contre les hépatites B et C (2009-2012) .

[9] Circulaire DGS/SD6 A n° 2000-531 du 17 octobre 2000 relative aux modalités de désignation et aux missions des Consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG).

[10] Organisation mondiale de la santé. Répartition mondiale des hépatites A, B et C, 2001. Relevé épidémiologique hebdomadaire 2002;77:41-8.

[11] Institut de veille sanitaire. Dossier thématique "Hépatite B". Prise en charge de l'hépatite chronique B au sein des pôles de référence hépatites.

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