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Publié le 12/09/2011 - Dernière mise à jour le 12/09/2011

Mercure (Hg)

Foire aux questions

Qu'est-ce que le mercure ?

Le mercure se présente sous différentes formes chimiques, inorganiques et organiques.
Sous sa forme métallique, il est argenté et c'est le seul métal liquide à température ambiante. Il est obtenu à partir de minerais, dont le principal est le cinabre.

Quelles sont les utilisations du mercure ?

Il est utilisé dans diverses applications industrielles, notamment des équipements électriques, des piles, des lampes (notamment les nouvelles ampoules à faible consommation d’énergie), des appareils de mesure comme les manomètres, les baromètres, autrefois dans les thermomètres. La fabrication de thermomètres médicaux contenant du mercure est interdite, en France, depuis la fin des années 1990.
Le mercure métallique a été largement utilisé pour sa capacité à dissoudre l'or et l'argent sous forme d'amalgames. Il est ainsi employé dans des amalgames dentaires (dénommés à tort plombages aujourd’hui) et sert à la récupération des métaux précieux. Il a été utilisé pour la dorure et la production de miroirs. Il est encore largement utilisé par les chercheurs d'or, notamment en Guyane française.
Les applications du mercure dans le domaine pharmaceutique sont de moins en moins nombreuses, mais certains composés sont encore utilisés comme conservateurs ou antiseptiques, en particulier au niveau ophtalmique ou dans certains vaccins.
Certaines crèmes cosmétiques pour blanchir la peau, produites hors de France, ou des remèdes traditionnels peuvent contenir du mercure. Par ailleurs, le mercure est parfois également utilisé comme protecteur pour lutter contre les mauvais sorts lors de rites magico-religieux dans certaines communautés des Caraïbes.

Que devient le mercure dans l'environnement ?

Hormis les cas de pollution de l’environnement, la concentration du mercure dans les sols et dans l’air extérieur est généralement faible. Les centrales thermiques fonctionnant au charbon sont des sources notables d’émission de mercure inorganique dans l’environnement. Le mercure est également émis à partir de sources naturelles comme les volcans, certains sols.
Le mercure inorganique libéré dans l’air par l’exploitation minière, les fonderies, les activités industrielles ou l’utilisation de combustibles fossiles se dépose sur le sol, dans l’eau et les sédiments, où des microorganismes le transforment en méthylmercure (forme organique). Ce dernier s’accumule dans les organismes vivant le long de la chaîne alimentaire, en particulier aquatiques ; les poissons carnivores (brochets, perches, etc., en eau douce, et thons, espadons, requins, etc., en eau de mer) et les mammifères marins à longue durée de vie présentent les teneurs les plus élevées.

Comment puis-je être exposé au mercure ?

Pour la population générale, les apports de mercure sont principalement alimentaires, essentiellement du fait de la consommation de poissons. Le mercure alimentaire est surtout du mercure organique et essentiellement du méthylmercure.
Afin de s'assurer tous les bienfaits de la consommation de poissons (acides gras essentiels, protéines, vitamines, minéraux et oligo-éléments), tout en minimisant les risques de surexposition au méthylmercure, l'Agense nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande à l’ensemble de la population, dans le cadre d’une alimentation diversifiée, la consommation de deux portions de poissons par semaine, dont une à forte teneur en acide gras essentiels Oméga-3 (saumon, sardine, maquereau, hareng, truite fumée...).
Pour les femmes enceintes et allaitantes, et les enfants en bas âge (moins de 30 mois), l’Anses recommande de prendre des précautions particulières. Elles ne remettent pas en cause les recommandations de consommation de poisson préconisées dans le cadre du Programme national nutrition santé.
Elle recommande de varier les espèces de poissons consommées en évitant, à titre de précaution, de consommer les poissons les plus contaminés en mercure, des poissons prédateurs sauvages tels que les requins, lamproies, espadons, marlins (proche de l'espadon) et sikis (variété de requin). Elle préconise également de limiter la consommation de poissons susceptibles d'être fortement contaminés à 150 grammes par semaine pour les femmes enceintes et allaitantes et à 60 grammes par semaine pour les enfants de moins de 30 mois.
Des informations détaillées sur les recommandations de consommation de poisson et les variétés de poissons correspondantes sont disponibles sur le site de l'Anses (www.anses.fr).
Les amalgames dentaires sont la principale source de mercure inorganique pour la population générale. L’apport quotidien qui leur est attribué est augmenté par la consommation fréquente de chewing-gum qui facilite la libération de mercure par les amalgames. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps - www.afssaps.fr) a réactualisé les connaissances concernant le niveau de sécurité sanitaire des amalgames dentaires basées notamment sur les travaux des comités d’experts publiés au cours des 20 dernières années. Elle indique, qu'en l’état actuel des connaissances, rien ne permet d’affirmer que les amalgames dentaires présentent un risque sérieux pour la santé de la population. En revanche, ces amalgames restent particulièrement utiles et pertinents pour certains types de caries.
Des expositions au mercure sont également signalées lors de la pratique de l’orpaillage (des chercheurs d'or), de bris d’appareils de mesure contenant du mercure, de certaines pratiques culturelles utilisant le mercure métallique, de l’utilisation de remèdes traditionnels. C’est ainsi, qu’en raison d’activité d’orpaillage en Guyane, un suivi de l’exposition et de l’imprégnation par le mercure de la population est réalisé depuis le début des années 1990.

Comment le mercure pénètre-t-il dans mon organisme et que devient-il ?

Le devenir du mercure dans l’organisme varie de façon importante selon sa forme chimique.
Le mercure métallique est volatil et principalement absorbé par voie respiratoire. Son absorption par le tube digestif est négligeable. Le taux d’absorption digestive des dérivés inorganiques du mercure ingérés est de l’ordre de 10-30 %. Après absorption, le mercure inorganique se retrouve essentiellement dans les reins et, dans une moindre mesure, dans le foie.
Après absorption, le mercure organique se répartit dans tous les tissus et se concentre dans le cerveau. La diffusion à travers le placenta est également très facile.
Le mercure métallique et ses dérivés inorganiques sont éliminés principalement dans les urines. Pour le mercure organique, l'élimination est principalement fécale. Le mercure organique est également excrété dans le lait maternel, les cheveux et les poils.

Comment le mercure peut-il affecter ma santé ?

La toxicité du mercure chez l’homme dépend de sa forme chimique, organique ou inorganique.
Les effets principaux du mercure inorganique consistent en des atteintes des reins et du système nerveux.
Les effets majeurs de la toxicité du mercure organique chez l’homme concernent le système nerveux, mais des effets néfastes sur les systèmes immunitaire et cardio-vasculaire ont également été rapportés.
L’exposition chronique au méthylmercure (organique) peut entraîner un engourdissement et des picotements aux extrémités, une vision trouble, une baisse de l’audition, un manque de coordination musculaire et une baisse des facultés intellectuelles. L’exposition prénatale peut perturber le développement du système nerveux central du fœtus et provoquer des retards de développement.
Les composés du méthylmercure sont classés cancérogènes possibles (2B) par le Centre international de recherche sur le cancer.

Existe-t-il un dosage biologique pour savoir si je suis exposé au mercure ?

Le mercure dans les cheveux (et le sang) est un excellent indicateur de l’exposition au mercure organique, alors que la concentration urinaire du métal est un bon indicateur de l’exposition au mercure inorganique.
Ces dosages ne sont pas faits en routine, c'est-à-dire qu'ils doivent être effectués dans un laboratoire spécialisé.
La présence d’une quantité mesurable de mercure dans le sang ou les cheveux est un indicateur d’une exposition au mercure, mais ne signifie pas qu’il en résultera nécessairement des effets nocifs sur la santé.
L’Organisation mondiale de la santé et le Programme des Nations Unies ont estimé qu'il ne fallait pas dépasser une concentration capillaire de 10 microgrammes de mercure par gramme de cheveux chez l’enfant. Cette concentration est considérée encore comme trop élevée pour certaines institutions publiques, comme le JECFA (Comité d’experts internationaux sur les additifs alimentaires) ou les CDC américains (Centers for Disease Control, appartenant au département de la santé) ; elles appliquent alors à cette valeur un facteur de sécurité, qui peut être différent ; ceci a conduit à l'établissement de différentes valeurs seuils pour le mercure en vue de protéger les enfants et fœtus des effets sur le système nerveux.
Ainsi, selon le JECFA, les enfants et les femmes enceintes ou allaitante ne devraient pas dépasser une concentration de mercure dans leurs cheveux d'environ 2,5 microgrammes par gramme et le double pour les autres adultes, soit environ 5 microgrammes par gramme de cheveux.
Selon les Américains, le seuil est de 1 microgramme par gramme de cheveux.

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