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Publié le 12/09/2011 - Dernière mise à jour le 12/09/2011

Plomb (Pb)

Foire aux questions

Qu'est-ce que le plomb ?

Le plomb se trouve naturellement dans les sols et les roches. Sous forme de métal, il est malléable, dense, de couleur bleu-gris. En raison de son utilisation depuis des siècles, le plomb est aujourd’hui un toxique industriel courant et un polluant de l’environnement.

Quelles sont les utilisations du plomb ?

Les métallurgies du plomb et du zinc (minerais de plomb et de zinc sont généralement associés) sont des sources d’exposition.
Par ailleurs, le plomb a une grande variété d'applications industrielles :

  • dans la fabrication de batteries ;
  • de soudures ;
  • la production et l’utilisation d’alliages métalliques (dont certains types de laiton, bronze et acier) ;
  • de matières plastiques (comme pigment ou stabilisant) ;
  • de verre (surtout le cristal) ;
  • de munitions (dont plombs de chasse) ;
  • d’émaux (céramique, médailles) ;
  • d’anciens caractères d’imprimerie ;
  • d’isolants contre le bruit, les vibrations et les rayonnements ionisants.

On le retrouve également dans des pigments, des vernis, des mastics ou des peintures (comme le minium), dont l’utilisation n’a pas cessé de diminuer au cours des dernières décennies. Dans le passé (jusqu’au milieu du 20e siècle), des dérivés du plomb (en particulier la céruse) ont été très largement employés pour la peinture intérieure des logements.
Le métal a été utilisé dans la plomberie pendant des siècles.
Par ailleurs, des dérivés du plomb sont parfois utilisés dans certains cosmétiques traditionnels (khôl, surma).

Que devient le plomb dans l'environnement ?

En plus des rejets industriels liés à la métallurgie, de petites quantités de plomb peuvent aussi être émises par la combustion de charbon, de pétrole. L’usage du plomb dans l'essence comme antidétonant est aujourd'hui interdit (depuis le 1er janvier 2000 dans l’Union européenne). Les émissions de plomb émanant du transport automobile ont pratiquement disparu et il y a eu des réductions importantes des émissions industrielles.
Après son émission au niveau atmosphérique, le plomb se redépose sur les sols où il se fixe aux particules.

Comment puis-je être exposé au plomb ?

Depuis les années 1970, des mesures ont été prises en Europe pour réglementer les niveaux de plomb dans l’essence, la peinture, les boîtes de conserve et les canalisations et ces mesures ont eu un impact important sur la réduction de l’exposition.
Pour les enfants, les sources majeures d'exposition sont les anciennes peintures au plomb, la poussière (peintures et sol) et la contamination du sol.
Chez les adultes, les expositions principales ont tendance à être limitées à certaines sources professionnelles et de loisirs. Hormis, le cas d’expositions professionnelles (essentiellement soudeurs, peintres), l’ingestion est en pratique le principal mode d’entrée du plomb dans l’organisme.
Pour la population générale, les principales sources d’exposition au plomb sont :

  • l’alimentation ;
  • l’eau de boisson ;
  • et la poussière.

Les situations qui favorisent une forte exposition au plomb, sont de : 

  • résider et d'effectuer des travaux dans un habitat ancien (anciennes peintures au plomb et canalisations en plomb) ;
  • pratiquer certains loisirs tels que le tir, la chasse, certains types d’artisanat (avec peintures, vernis, émaux, poterie, vitraux…).

Les aliments n’apportent habituellement qu’une faible quantité de plomb, à condition qu’ils ne proviennent pas de végétaux cultivés (ou d’animaux élevés) dans des zones contaminées, qu’ils n’aient pas été préparés dans des ustensiles contenant du plomb ou conservés dans des boîtes soudées au plomb (ce qui est aujourd’hui exceptionnel, pour les conserves industrielles). Les aliments acides (vinaigrettes, jus de fruit, etc.) conservés dans des récipients riches en plomb (étains décoratifs, céramiques artisanales, cristaux) peuvent être responsables de l’ingestion de doses massives de plomb.
En France, dans la plupart des régions, la concentration du plomb dans l’eau distribuée est faible (inférieure à 25 µg/L) ; elle peut cependant dépasser cette valeur dans les régions où l’eau est faiblement minéralisée (peu de minéraux) et acide, si le réseau de distribution contient du plomb (tuyauterie, soudures, robinetterie).
Les logements anciens (datant d’avant 1948) peuvent constituer une source d’exposition au plomb par la présence d’anciennes peintures au plomb qui peuvent se retrouver dans les poussières. Malgré des interdictions progressives au début du 20e siècle, les peintures à la céruse (à base de plomb) ont été encore utilisées jusqu’en 1948. C’est pourquoi, des précautions doivent être prises lors des travaux de rénovation des habitats anciens, car le décapage des peintures (notamment des plinthes, portes, fenêtres) peut entrainer une contamination très forte de l’environnement et des occupants, en particulier des jeunes enfants ; ceux-ci ont un risque élevé d’intoxication, du fait d’une importante activité main-bouche.
D’autres sources d’exposition au plomb sont la contamination par les vêtements de travail indûment rapportés au domicile par un proche exposé professionnellement, l’utilisation de cosmétiques (surma ou khôl) ou de certains remèdes traditionnels contenant du plomb, le tir, la fabrication de munitions et de soldats de plomb.

Comment le plomb pénètre-t-il dans mon organisme et que devient-il ?

L’absorption digestive du plomb est faible chez l’adulte (5 à 10 %) et beaucoup plus importante chez le jeune enfant (40 à 50 %). Elle est augmentée par le jeûne, les régimes riches en graisses et, surtout, par la carence en fer, la vitamine D, les régimes pauvres en calcium, en magnésium, en fer ou en zinc.
Le plomb sous forme de vapeurs peut être inhalé. L’absorption à travers la peau est très faible.
Après absorption, le plomb est distribué initialement dans divers tissus mous, y compris le cerveau, les reins, la moelle osseuse et les organes reproducteurs (testicules, ovaires), et plus lentement dans les os et les dents. Plus de 90 % (75 % chez l’enfant) du plomb se retrouvent finalement dans l’os, d’où il peut être libéré massivement en cas de déminéralisation (ostéoporose, tumeur osseuse, immobilisation prolongée).
Pendant la grossesse, le plomb franchit aisément la barrière placentaire. Il est faiblement excrété dans le lait.
L’excrétion du plomb est principalement urinaire (plus de 75 %) et fécale.

Comment le plomb peut-il affecter ma santé ?

Le plomb perturbe de nombreuses voies métaboliques et différents processus physiologiques. Il interfère notamment avec des éléments essentiels comme le calcium, le zinc et le fer et inhibe certaines enzymes. Les principaux organes atteints sont :

  • le système nerveux central ;
  • les reins ;
  • la moelle osseuse ;
    mais il peut avoir également des effets sur la reproduction.

Ses effets sur le système nerveux diffèrent selon l’importance de l’exposition.
Les fortes contaminations provoquent des troubles de la conscience, des convulsions et peuvent conduire au décès ou à des séquelles invalidantes.
Des intoxications plus modérées sont à l’origine d'une détérioration intellectuelle, des troubles de l’humeur (irritabilité) et de la personnalité. Le jeune enfant, dont le système nerveux n'est pas encore mature, y est particulièrement sensible, notamment in utero. Même une faible exposition de plomb peut nuire au développement intellectuel, au comportement, à la croissance et à l'audition des nourrissons. L'intoxication par le plomb chez l'enfant, appelée saturnisme infantile, est une maladie à déclaration obligatoire.
Le plomb a également une toxicité rénale. Il inhibe la production d’hémoglobine et peut produire une anémie.
Une altération de la qualité du sperme (diminution des spermatozoïdes et de leur motilité, augmentation des formes anormales) a été observée dans de nombreuses études pour des expositions au plomb relativement élevées, mais les conséquences pour la fertilité masculine sont mal évaluées.
Le Centre international de recherche sur le cancer a classé les composés inorganiques du plomb dans le groupe 2A des agents probablement cancérigènes pour l'homme, notamment pour les cancers cérébraux, de l’estomac et du rein.

Existe-t-il un dosage biologique pour savoir si je suis exposé au plomb ?

La plombémie, le dosage du plomb dans le sang, est le meilleur indicateur de l’exposition au plomb et de sa dose interne, dans l’organisme.
Comme pour les autres métaux, il est impératif que le prélèvement soit réalisé dans des conditions prévenant tout risque de contamination externe et que le dosage soit effectué par un laboratoire expérimenté et participant à des contrôles de qualité.
Ainsi, en pratique, la plombémie est l’indicateur de référence pour mettre en évidence une contamination par le plomb, pour déterminer l’urgence d’une intervention médicale ou apprécier l’efficacité de la prise en charge. Chez les individus qui n’ont pas d’exposition spécifique au plomb, la plombémie est inférieure à 100 µg/L (100 microgrammes par litre).
Les effets neurotoxiques du plomb sont ceux qui surviennent aux plus faibles doses. Chez le jeune enfant (avant 6 ans) et pendant la grossesse (pour le fœtus), ils sont sans seuil ; la plombémie doit donc être aussi faible que possible. En France, une plombémie au moins égale à 100 µg/L définit le saturnisme infantile qui est une maladie à déclaration obligatoire.

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