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Leptospirose

Publié le 28/05/2013 - Dernière mise à jour le 09/02/2016

Contextes épidémiologiques

Le contexte épidémiologique de la leptospirose est très variable selon les régions géographiques en raison des variations de climat, de la diversité des espèces potentiellement réservoir, et des activités et modes de vie différentes. Ainsi il faut distinguer les contextes épidémiologiques de la France métropolitaine et ceux des départements d’outre-mer (DOM) où les taux d’incidence sont 10 à 100 fois plus élevés.

Dans les pays industrialisés des zones tempérées, la leptospirose est une maladie qui touche certaines catégories professionnelles exposées (éleveurs, égoutiers, pisciculteurs) et les adeptes de loisirs en plein air (pêche, rafting, canyoning) par contact avec les eaux douces souillées par les urines d’animaux infectés.
En France métropolitaine, un cas confirmé est défini par la mise en évidence de la bactérie (culture) ou de son génome (PCR) ou d’une séro-ascension ou d’une séro-conversion sur deux sérums prélevés à 15 jours d’intervalle avec la technique de référence de micro-agglutination (MAT).

Depuis septembre 2014, la nomenclature des actes de biologie médicale pour le diagnostic de leptospirose a été modifiée, introduisant l’ELISA IgM et la PCR comme test de dépistage et retirant la technique MAT.

Les cas comptabilisés par le CNR incluent les cas avec une clinique évocatrice pour lesquels il a été mis en évidence la bactérie (culture) ou son génome (PCR) ou une sérologie positive par ELISA IgM (kit commercial ou ELISA CNR) ou MAT.

Depuis 2006, entre 186 et 628 cas de leptospirose ont été diagnostiqués chaque année en métropole (incidence moyenne sur les 8 ans de 0,46 cas/100 000 habitants) (tableau).
En 2014, l’incidence estimée était de 0,98 cas pour 100 000 habitants, soit la plus forte incidence depuis que la surveillance de la leptospirose est mise en place en métropole. A ce stade les raisons de cette augmentation du nombre de cas n’ont pas été expliquées. L’augmentation de l’incidence en 2014 s’observe sur l’ensemble du pays et ne fait pas suite à la détection de foyer de cas groupés (informations sur les expositions à risque recueillies par le CNR grâce aux fiches accompagnant le prélèvement). On notera également que la répartition des cas par sexe et par âge reste similaire comparée aux données de 2013. Un hiver 2013-2014 particulièrement doux et pluvieux pourrait être un des facteurs responsable de cette augmentation.

En France métropolitaine, le sérogroupe Icterohaemorrhagiae reste le principal sérogroupe retrouvé chez les personnes diagnostiqués par la sérologie par micro-agglutination (MAT).

Dans les départements et collectivités d’outre-mer, la leptospirose est un problème de santé publique important avec des taux d’incidences beaucoup plus élevés qu’en métropole. L’incidence est de 10 fois (Réunion, Nouvelle Calédonie) à 30 fois (Mayotte, Guyane, Guadeloupe, Martinique, Polynésie Française) plus élevée. On y retrouve également un caractère saisonnier avec l’apparition de pics épidémiques lors de la saison des pluies ou de phénomènes climatiques inhabituels tels que les ouragans.

Océan Indien

A la Réunion, un système de surveillance spécifique régional a été mis en place depuis 2004. De 2006 à 2010, on a observé une augmentation du taux d’incidence annuel, probablement due en partie à une meilleure exhaustivité des signalements. En 2014, 61 cas ont été recensés (7,4 cas/100 000 habitants).
A Mayotte, 162 cas ont été recensés en 2014. L’isolement des souches locales a permis de confirmer une épidémiologie particulière à Mayotte, avec une grande diversité au sein des souches isolées avec cependant une prédominance du sérogroupe Mini.

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Antilles-Guyane

Actuellement il n’existe pas de système de surveillance régional renforcée de la leptospirose aux Antilles et en Guyane. Une étude a été réalisée en 2011 pour évaluer l’incidence et mieux caractériser les cas de leptospirose aux Antilles. L’étude s’est déroulée en Guadeloupe continentale et Martinique du 1er janvier au 31 décembre de l’année 2011. Elle a permis, par le renforcement du diagnostic dans les principaux laboratoires locaux, d’améliorer l’exhaustivité du recensement des cas. Durant l’année d’étude, l’incidence a été estimée à 69 cas pour 100 000 habitants en Guadeloupe et de 60 cas pour 100 000 habitants en Martinique, soit des incidences trois à quatre fois supérieures aux données de surveillance  de la période  2002-2008.

En 2014 150 cas ont été diagnostiqués en Guadeloupe et  141 cas en Martinique (incidences de 37 et 35 cas/100 000 habitants). En Guyane le nombre de cas est en augmentation avec 92  cas diagnostiqués en 2014 (36 cas en 2013), soit une incidence de 39 cas pour 100 000 habitants.

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