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Santé des détenus

Publié le 01/07/2015 - Dernière mise à jour le 10/01/2017

Améliorer les connaissances épidémiologiques sur la santé des personnes détenues

Le manque de données épidémiologiques nationales ne permet pas de connaître de manière précise l’état de santé des personnes incarcérées. Pourtant, les problèmes de santé sont multiples en milieu carcéral et nécessitent d’être davantage investigués afin d’adapter la prise en charge sanitaire au plus près des besoins à couvrir.

Mieux surveiller la santé des personnes détenues

Un plan d’actions stratégiques 2010-2014 "Politique de santé pour les personnes sous main de justice" a été publié en 2010 par le ministère chargé de la Santé en collaboration avec celui de la Justice. Dans ce cadre, l’InVS a été chargé d’identifier les besoins en matière de surveillance de la santé des personnes détenues et de proposer une architecture pour un dispositif pérenne de surveillance épidémiologique en milieu carcéral.

En savoir plus :

Develay AE, Verdot C. Dispositif de surveillance de la santé des personnes détenues. Synthèse des connaissances et recommandations. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2015. 52 p.

Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des Femmes. Plan d’actions stratégiques relatif à la politique de santé des personnes placées sous main de justice.

Godin-Blandeau E, Verdot C, Develay AE. La santé des personnes détenues en France et à l’étranger : une revue de la littérature. Bull Epidémiol Hebd. 2013;(35-36):434-40.

Godin-Blandeau E, Verdot C, Develay AE. État des connaissances sur la santé des personnes détenues en France et à l’étranger. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2014. 94 p.

Verdot C, Godin Blandeau E, Develay AE. Dispositifs de surveillance et enquêtes nationales sur la santé des personnes incarcérées en France et à l’étranger. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2014. 48 p.

Develay AE, Verdot C. Dispositifs de surveillance de la santé des personnes détenues. Synthèse des connaissances et recommandations. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2015. 52 p.

Verdot C, Godin Blandeau E, Gremy I, Develay AE. Monitoring systems and national surveys on prison health in France and abroad. Eur J Public Health. 2015;25(1):167-72.

Comprendre la surveillance épidémiologique et se doter d’outils efficients

L’InVS a réalisé une étude visant à décrire les différents dispositifs et enquêtes sur la santé des personnes incarcérées, existants au sein de 15 pays. Peu de pays disposent actuellement de dispositifs de surveillance en routine de la santé des personnes incarcérées. Lorsqu’ils existent, ils portent le plus souvent, sur la mortalité en prison ou sur une thématique de santé spécifique comme les maladies infectieuses ou la santé mentale. Les quelques dispositifs de surveillance multithématiques existants reposent soit sur un enregistrement systématique de données de santé (issues ou non du dossier médical des personnes détenues, comme au Canada ou en Belgique), soit sur un système d’enquêtes épidémiologiques régulièrement répétées (États-Unis, Australie). En dehors de ces dispositifs, la majorité des pays dispose d’études épidémiologiques ponctuelles, permettant de produire des données de référence à un moment donné.
 
Cette étude, riche d’enseignements, devrait permettre, à terme, de contribuer à définir les étapes nécessaires pour parvenir à un système de surveillance adéquat et fiable (informatisation, standardisation des outils et des données, participation des professionnels de santé intervenant en milieu carcéral).

En savoir plus :

Develay AE, Verdot C. Dispositifs de surveillance de la santé des personnes détenues. Synthèse des connaissances et recommandations. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2015. 52 p.

Verdot C, Godin Blandeau E, Gremy I, Develay AE. Monitoring systems and national surveys on prison health in France and abroad. Eur J Public Health. 2015;25(1):167-72.

Verdot C, Godin Blandeau E, Develay AE. Dispositifs de surveillance et enquêtes nationales sur la santé des personnes incarcérées en France et à l’étranger. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2014. 48 p.

Utiliser les dossiers médicaux des personnes détenues pour améliorer les connaissances ?

L’InVS a mené une étude exploratoire à partir d’un échantillon de 306 dossiers médicaux et d’entretiens avec des médecins travaillant au sein des unités sanitaires en milieu carcéral. Cette étude a porté sur 11 établissements représentatifs (6 maisons d’arrêt, 4 centres de détention et 1 maison centrale). Les résultats montrent qu’à ce jour les dossiers médicaux des personnes détenues ne sont pas exploitables, en l’état, dans une perspective de surveillance épidémiologique. En effet, l’information médicale est dispersée au sein des établissements, les dossiers médicaux ne sont pas informatisés, ni standardisés d’un établissement à l’autre : le contenu des dossiers (informations recueillies) est hétérogène, rendant leur utilisation difficilement exploitable dans une perspective de surveillance épidémiologique.

En savoir plus :

Develay AE, Emmambux S. Étude de faisabilité de l’utilisation des dossiers médicaux des personnes détenues à des fins de surveillance de la santé en milieu carcéral. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2014. 64 p. 

Develay AE, Verdot C. Dispositif de surveillance de la santé des personnes détenues. Synthèse des connaissances et recommandations. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2015. 52 p.

http://www.inpes.sante.fr/10000/themes/sante-penitentiaire/role.asp

http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/equilibre/numeros/106/sante_en_prison_publication_d_un_referentiel.asp

Vers un système de surveillance épidémiologique des suicides des personnes détenues ?

L’étude publiée en 2016 par Santé publique France et réalisée avec l’administration pénitentiaire pose les premières bases d’un possible système de surveillance des suicides en détention. Cette analyse des causes de décès de 2 541 personnes décédées sous écrou entre 2000 et 2010 a été réalisée en appariant les données des décès sous écrou transmises par l’administration pénitentiaire avec celles des certificats de décès.

L’administration pénitentiaire a enregistré 1 219 suicides durant cette période de 10 ans. Sur cette même période, 1 043 suicides ont été déclarés dans les certificats de décès. 982 suicides étaient communs dans ces deux sources. L’estimation du nombre de suicides sous écrou entre 2000 et 2010 serait entre 1 258 et 1 295.

Comparé au taux de suicide dans l’ensemble de la population française, le décès par suicide était sept fois plus fréquent chez les hommes et 20 fois plus fréquent chez les femmes. Inversement, les décès par « causes naturelles » étaient moins fréquents chez les personnes écrouées que dans l’ensemble de la population française, à l’exception du sida.

Dans plus de la moitié des certificats de décès des personnes décédées par suicide sous écrou, aucune pathologie somatique ni psychiatrique n’était mentionnée. Les pathologies psychiatriques étaient mentionnées dans seulement 15,5 % des cas, et étaient vraisemblablement sous déclarées. Ainsi, la mise en place d’une surveillance épidémiologique des suicides en détention nécessiterait un retour aux dossiers médicaux via les unités sanitaires en charge de la personne détenue décédée, ainsi qu’une amélioration de la transmission des informations sanitaires complémentaires du certificat de décès par les instituts médico-légaux.

En savoir plus :

Chan Chee C, Moutengou E. Suicide et autres décès en milieu carcéral en France entre 2000 et 2010. Apport des certificats de décès dans la connaissance et le suivi de la mortalité. Saint-Maurice : Santé publique France ; 2016. 61 p.

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