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Air et santé

Publié le 18/03/2015

Les projets européens

Au-delà de son programme national, l’Institut de veille sanitaire inscrit son action dans le domaine de la santé environnementale à l’échelle internationale. Participer à des projets européens et internationaux permet de capitaliser nos expériences mutuelles, d’harmoniser nos méthodes de travail, d’obtenir des résultats comparables et à terme d’agir plus efficacement contre un problème commun.

Le projet Aphea a permis, au début des années 1990, de montrer qu’il y avait un effet de la pollution atmosphérique sur la santé, notamment en termes de mortalité, même à des niveaux moyens ou faibles de pollution, couramment observés en zones urbaines. Pour mesurer l’importance de ces effets en termes de santé publique, l’InVS a conçu le premier système de surveillance des effets sur santé de la pollution atmosphérique à l’échelle européenne, et ceci au travers de la coordination de deux projets : Apheis et Aphekom.

L’expertise acquise par l’InVS en matière d’évaluation des impacts sanitaires de la pollution atmosphérique a pu être mise à profit d’autres facteurs de risque environnementaux dans le cadre des projets ENHIS et EBoDE.

Au regard de l’importance de l’interaction entre pollution atmosphérique, climat et santé, l’InVS s’est investi dans un projet interdisciplinaire innovant, le projet AC-HIA.

Les travaux de l’InVS ont également contribué à la révision de l’évidence sur l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique (REVIHAAP), coordonnée par l’OMS.

L’impact sur la santé potentiellement différent selon la composition chimique des particules a conduit l’InVS à suivre les travaux du projet MedParticles.

En l’absence d’étude européenne pouvant fournir des risques pour la santé sur les effets à long terme de la pollution, l’InVS s’est également associé au projet Escape pour être en mesure d’utiliser les résultats de cette étude pour mesurer l’impact sanitaire à long terme, en termes de santé publique.

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    Aphea est un projet européen lancé en 1993 qui est à l’origine du développement en Europe des méthodes d’analyse statistique ayant permis de mettre en évidence la persistance d’un impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine à court terme, aux niveaux moyens ambiants mesurés. Ce projet a estimé les effets sur la santé des particules suspendues dans l’air, de l’ozone, des oxydes d’azote et du dioxyde de souffre, et a notamment établi des relations entre l’augmentation de la pollution atmosphérique et le nombre de décès toutes causes confondues ainsi que par pathologie, cardiovasculaires ou respiratoires.

    L’InVS était impliqué dans le projet Aphea, en particulier en ce qui a trait aux développements méthodologiques pour les analyses à court terme entre pollution atmosphérique et santé.

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    Le programme européen Apheis a été conjointement coordonné par l’InVS (France) et l’Agencia de Salut Publica de Barcelona (Espagne), à compter de 1999. Il a permis de développer des méthodes de recueil de données, d’analyse épidémiologique et d’évaluations d’impact sanitaire standardisées assurant la comparabilité des résultats dans 26 villes européennes de 12 pays européens. Le processus et les besoins en information des utilisateurs à chaque maillon de la chaine décisionnelle a pu être également analysé ce qui a permis de délivrer des messages utiles aux décideurs, aux professionnels de la santé et de l’environnement, aux médias et au grand public. Apheis a été utilisé comme référence pour le volet "Air" du programme de surveillance en santé environnement du CDC aux Etats-Unis.

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    Aphekom (Améliorer les connaissances et la communication pour une prise de décision sur la pollution atmosphérique et la santé en Europe) est un projet interdisciplinaire européen que l’InVS a coordonné entre 2008 et 2011. En évaluant les impacts sanitaire et économique de la pollution atmosphérique dans 25 villes européennes, couvrant 39 millions d’habitants répartis sur 12 pays, son objectif était d’apporter aux pouvoirs publics les informations permettant d’orienter les politiques de réduction des niveaux de pollution de l’air.

    Aphekom a ainsi montré que si les niveaux de particules fines dans l’air étaient abaissés aux niveaux préconisés par l’OMS, jusqu’à 22 mois d’espérance de vie pourraient être gagnés dans certaines villes européennes et près de 3 000 décès prématurés pourraient être évités chaque année représentant un gain de près de 5 milliards d’euros pour les 9 villes françaises participantes. Ce projet a apporté un nouvel éclairage en termes de coût des effets sanitaires de la pollution et a développé une stratégie de communication adaptée aux publics. Les résultats du projet Aphekom ont été utilisés par l’OMS et la Commission européenne dans le cadre de la révision des directives européennes de qualité de l’air de 2013. Ils continuent à être utilisés aujourd’hui par nos tutelles, par le Sénat et par d’autres instances dans le cadre du plan national santé environnement et du plan cancer.

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    ENHIS est un système d’information interactif en santé environnementale qui vise à soutenir les politiques de santé publique et environnementale dans la région européenne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une meilleure comparabilité des indicateurs décrivant les politiques et leurs conséquences sanitaires au niveau européen. Les indicateurs nationaux et évaluations régionales issus de cette base de données offrent des informations telles que les expositions, les effets sur la santé et les actions liées aux quatre priorités identifiées : améliorer l’accès à l’eau potable, agir contre l’obésité et les traumatismes à travers des environnements et des modes de vie sains, prévenir les maladies en améliorant la qualité de l’air intérieur et extérieur et enfin prévenir les maladies liées à l’environnement chimique, biologique et physique.

    L’InVS a contribué à l’élaboration des indicateurs de santé environnementale et a coordonné les évaluations d'impact sanitaire (EIS) pour l’étude de la pollution de l'eau de boisson, la pollution de l'air ambiante, le tabagisme passif et le bruit.

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    EBoDE est un projet (aujourd’hui achevé) coordonné par l’OMS pour définir une méthodologie commune à l’échelle européenne pour calculer des indicateurs synthétiques de type "part attribuable à l’environnement" ou "années de vie ajustées sur l’incapacité" (DALYs) pour neuf facteurs de risque environnementaux dans six pays européens dont la France. Les principaux résultats pour 2004 ont montré, pour les pays participants, qu’environ 3 à 7 % de la charge annuelle de la maladie est associée aux facteurs de risque environnementaux étudiés. Les particules dans l'air constituent ainsi le principal facteur de risque. Le tabagisme passif, le bruit de la circulation (y compris routier, ferroviaire, et le bruit de la circulation aérienne) et le radon jouent également un rôle important. Ces indicateurs constituent une avancée méthodologique importante pour améliorer les outils d’aide à la décision au niveau européen.

    L’InVS a contribué aux développements méthodologiques et aux analyses statistiques pour la France.

    • Plus d'informations sur : http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0018/113265/EBODE_1stMtg.pdf
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    Le projet AC-HIA dont l’’originalité est d’avoir mené ses analyses de manière cohérente sur trois échelles géographiques (monde, Europe, Ile-de-France), avait pour objectif d’estimer les impacts sanitaires futurs (2030-2050) de l’ozone et des particules fines selon différents scénario d’évolutions climatiques et de réductions des émissions polluantes. Fondée sur les outils les plus récents de modélisation du climat, de la qualité de l’air et de la santé l’étude a comparé les impacts sanitaires attendus d’un scénario correspondant à la législation actuelle pour les émissions polluantes, et d’un scénario correspondant à une baisse plus significative des émissions, s’appuyant sur le recours à des technologies moins polluantes. Dans ce projet, l’InVS a étendu la méthode des EIS utilisée dans les précédents projets européens pour la coupler avec des modèles numériques de prévisions de la qualité de l’air.

    Globalement, si tous les pays du monde mettaient en œuvre l’ensemble des technologies de réduction des émissions connues à ce jour par exemple dans le domaine des transports, du chauffage, de l’industrie, etc. 1,5 millions de décès prématurés pour causes cardiovasculaires pourraient être évités chaque année.

    En 2010, plus de 250 millions d’européens étaient exposés à des niveaux de particules supérieures à la valeur recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé élevés. Ce nombre pourrait être diminué de moitié en 2030 si la réglementation actuelle est respectée. Ainsi, dès 2030, 109 000 décès pour causes cardiovasculaires pourraient être retardés chaque année.

    En Ile-de-France, en 2050, le scénario le plus ambitieux pourrait « retarder » plus de 2 800 décès chaque année. Par rapport à 2010, cela représenterait une baisse de la mortalité cardiovasculaire de près de 20 %.

    Les principaux résultats de l’EIS du projet ACHIA sont publiés dans Science for the Total Environnement.

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    Les résultats des projets internationaux REVIHAAP et HRAPIE ont été communiqués à la Commission européenne, notamment, afin que celle-ci  puisse prendre des décisions éclairées en matière de pollution atmosphérique et de santé. Il s’agissait en fait, à travers ces deux projets, de revoir les données scientifiques existantes et de répondre à 26 questions posées par la Commission européenne sur la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé.

    Dans le cadre de ces projets, l’InVS a ainsi fourni les résultats du projet Aphekom et répondu à un questionnaire sur les évaluations d’impact sanitaire.

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    Actif de 2010 à 2013, le projet européen Med-Particles avait pour objectif de renforcer nos connaissances sur les caractéristiques des particules de la pollution atmosphérique dans 14 villes issues de 4 pays méditerranéens (France, Espagne, Italie et Grèce), en particulier sur les différences géographiques qui pourraient exister dans la taille et la composition des particules et les conséquences sanitaires.

    L’InVS a contribué en fournissant les données pour la ville de Marseille.

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    Escape est un projet qui, de 2008 à 2012, a rassemblé des chercheurs de 24 universités et instituts autour de l’investigation des effets à long terme sur la santé humaine de l’exposition à la pollution atmosphérique en Europe. En particulier, ont été étudiés la santé périnatale et le développement des maladies respiratoires et allergiques (asthme) chez l'enfant, les pathologies respiratoires et cardiovasculaires chez l’adulte, l’incidence du cancer et la mortalité. Les données ESCAPE vont être utilisées pour faire des études en France.

    L’InVS a réalisé en collaboration avec les associations de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa) le recueil des données de mesures de pollution et des données géographiques locales pour la construction du modèle d’exposition à la pollution atmosphérique et a calculé les valeurs modélisées à l’adresse des participants pour l’analyse épidémiologique effectuée par les équipes de recherche.

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